‹ Traité des maladies de l'oreilleChapitre 10 sur 57 · MALADIES DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE · texte numérisé non relu

MALADIES DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE

le iraitement le plus simple suffit pour amener la guérison.

§ 1(. — Maladies dn conduit auditif externe*

Ce canal , dont la forme est ovalairc, est composé de peau, de cartilages et d'une portion de Kos temporal . Il est situé entre Fapophyse mastoïdeetla surface avec laquelle s articule le condyle de la mâchoire inférieure (Fig. i).Son orifice est silué au fond de la conque, en avant, et il sér

Espiicalion de ta Figure i.

Um coape varticala permet de voir la moilié iM>st¥rieiire de l'oreille externe «I nMane. A est le mëat ; B, le tympan ; C« la caisse ou cavité tjmpanique; D, la tmape d*Ea8tach}.

tend jusqu'à la membrane du tympan qui le sépare de la cavité de loreille moyenne. Ce conduit a 4 à 5 centimètres de longueur, et il offre plusieurs courbures dont la principale est de bas en haut et d'avant en arrière. La parpi supérieure est un peu plus courte que Tinférieure. La surfece interne est recouverte par là peau qui s'àmifteit

BO MALADIES DK LOKKILLR EXTEHNE.

à mesure qu'elle pénètre piusavant^ et fournit une lame superficielle* très mince qui revêt le tympan en dehors* Vers 1 orifice du méat, on voit beaucoup de petits poils roides, et un peu plus loin on trouve une multitude de petits corps glanduleux qui sécrètent le cérumen* Les conduits qui livrent passage h cette matière jaune sont directs. Buclianan (i) dit que ces corps glanduleux sont au nombre de deux mille, et que la plus grande partie se trouvent vers le milieu de In paroi supérieure du méaU La peau, le cartilage et les os sont réunis au moyen d'un tissu cellulaire très dense et dans les mailles duquel il ne s'accumule jamais de graisse.

Le méat auditif externe offre une courbure telle que, dans la position normale des parties, on ne peut apercevoir le tympan. Pour explorer cette membrane (a), il faut nécessairement tirer le pavillon de Toreille en haut et en dehors, redresser la courbure, et permettre à un rayon de soleil d'arriver directement dans le fond du conduit. Cela est d'autant plus fecile, que Ton écarte le tragus de sa direction normale, et que l'on incline la tête de façon à permettre à la lumière de pénétrer jusqu^aù tympan.

Ce mode d'exploration peut suffire quand les parties sont saines, et que le conduit a une largeur ordinaire;

(1) Phyiiological illmlralioni ofihê organofhêaring. p.' 18.

(2) L'exploration de Toreille externe est une chose fort importante et d'où dépend, i mon avis, le succès du traitement des maladies qui s*y déf eloppent. Dans les cours t>ablics que J^ fiiits à TËcole pratique en IMO et 1841 , J'ai décrit atee beaucoup de détails la manière de procMêr à cet eiamen. Depub, J^ai publié dans la Gaxêltè midieale un Hélhoire intitulé : De Vexploraiiou de Vappareil auditif, ou Recherchée $ur lê$ moyenâ propret à conduire au diagnoitic deê wialaiiee de lorwiUe. %i «oAt 1841. Je ren? oie à ce travail, dans lequel je discute la ? aleur des divers moyens qui ont été employés Jusqu'ici pour arriver à la connaissance des lésions pathologiques de roreille. Les procédés de M. Kramer ne me semblent pas à Tabri de tout reproche ; aussi je noterai , k meswe q«e Toocasion s'en présentera, les objections que je crois devoir Wre k ses opinions sur ce point important de la médecine auriculaire.

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mais dao8 la plupart des cas il n'en est pas ainsi, et alors il faut avoir recours à un instrument particulier qui efittce les courbures du méat et favorise l'introduction d'un rayon lumineux.

Fabrice de Hilden ( i ) est Fin venteur du spéculum nuri$; mais celui qu'il a décrit a des 'bronches pyramidales qui rendent son introduction difficile. Tous les auteurs qui , depuis cette époque, ont traité des maladies des oreilles, ont omis de donner la description de cet instrument indispensable , et Saissy, Itard et Deleau n*en parlent pas. J. Frank (a) en fait mention , mais il ne le décrit pas. Wright (3) critique avec juste raison le speculuai A trois branches que l'on emploie en Angleterre (4); mais après avoir vanté celui dont il se sert, il oublie de le décrire. J'ai vu cet instrument. Ses cuillers ont une forme ovale très impropre au but qu'on se propose. Il y en a d'autres dont les branches se meuvent au moyen d'une vis, ce qui est très incommode, et s'oppose à la liberté et à la variété des mouvements que l'on doit imprimer à l'instrument.

Mon spéculum (fig. 2) ^ qui a subi l'épreuve d'un long

rig. s.

usage, est un entonnoir métallique dont la longueur est de Scentim.tlestdivisé en deux branches suivantsa longueur. Le sommet du cône, qui est cylindrique (5), a un très petit

(1) Opéra omnia, p. 7. — 1046,

(S) PraxéOê mêtf. univ. pracêpta^ etc. if r vol. I< s. 2. 6. p. 8M.

(3) On thê f>arietiê$ ofdêaflm$. p. 35 §q. On netvota d$afhe$$.

(4) Onaetountùfinvéniionê aniifnprovem$nts m $urgieaUn$trniRtfils m(tde htf J. Weiu. p. 80. — 1831.

(5) Cette forme me paraît fort iacommode. Le specdum qui eit gêné-

diamètre, et peut, par conséquent, pénétrer dans les conduits auditifs qui sont notablement rétrécis. Ses deux cuillers sont attachées par leur base à deux branches qui forment avec le cône un angle droit. Ces branches, réunies comme des ciseaux par un écrou , sont maintenues rapprocliées au moyen d'un ressort , et il suffit de presser les extrémités des branches pour produire Vécar- * teinent des cuillers. On agit ainsi pour dilater lorifSce du méat et permettre à la lumière directe d'arriver facilement jusqu À la membrane du tympan. Le spéculum à deux valves est très préférable à ceux qui sont formés d'une seule pièce (i). La fece interne des valves doit être peinte en brun (2) ou dépolie afin d'éviter que la lumière s'y réfléchisse, ce qui nuit à Texamen.

Pour se servir du spéculum, il faut que le malade soit assis a^iprès d'une fenêtre, et que l'oreille à examiner soit placée de façon à recevoir une vive lumière. On saisit le paYÎllon avec la main gauche, et on lentralne autant que possible en haut et en arrière. Quelquefois on reccmimande au malade d'ouvrir la bouche , parce que l'abaissement de la mâchoire dilate l'orifice du conduit auditif. Oela étant ainsi, on introduit dans le méat le sommet du

ralement «i^uaet aujourd'hui a les deux valves coniques ; celles-ci sout en outre légèrement aplaties, et leur sommet forme une ouTertûre otalaire. Les branches de rinstrument ont subi une courbure dans la partie la plus rapprochée des valTes, et cela en rend Tapplication beaucoup plus facile. P. M.

(t) Le doctevr Deleatt parait avoir adopté un petit cdne métallique iPune seule pièce, sans branches, et qui, par conséquent, ne peut avoir d*atttre usage que celai de redresser la courbure des parob du méat et de permettre à la lumière d'entrer Jusqu'au tympan. P. M.

(i) L'expérience m'a démontré que quand la lumière du soleil tombe Kur la face interne des TaKes du spéculum , elle est réfléchie et portée au fond du méat de façon à rendre l'examen du tympan beaucoup plus facile. Cela est surtout utile quand, par hasard, on est obligé d'explorer une oreille le soir, la nuit , et lorsque l'on a pour toute ressource une I i«ière artificielle. Le spéculum sert alors de réflecteur, et J'ai eu plusieurs fob l'occasion d'en tirer un bon parti* P. M.

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