MALADIES DU CONDUIT AUDITIF JEXTERNE
cône formé par les cuillers du spéculum , on les enfonce dans le conduit autant que le permet la sensibilité des parties profondes , leur {gonflement, etc., puis oa presse doucement les branches de Tinstrumeat et on écarte les deux valves autant que cela est nécessaire à Texamen de la maladie. On donne à la tète du patient un degré dMnclinaison suffisant pour que la lumière du soleil pénètre jusqnà la membrane tympanique. Cette lumière est préférable à toute autre , et i on doit toujours s'en ser^ vir quand il s agit de faire quelque opération sur le tympan ou dans son voisinage.
On a fait beaucoup de tentatives pour remplacer le soleil absent, mais avec assez peu de succès. Cependant on est parvenu à pouvoir examiner le fond dfi méat en tout temps. Cleland (i) se servit d'abord d'un verre convexe, monté sur utt -manche , et offrant un diamètre de i o centimètres. Une bougie allumée et tenue convenablement , projetait sa lumière Sur cette lentille, ci le foyer lumineux était introduit dans le méat. Ce moyen ^st grossier etincommode. B:zzini (2) conserva la bougie allumée, et chercha à condenser ses rayons au moyen d\in miroir concave placé derrière elle; mais ce procédé réussit mal. Deleau (3) a recommandé un appareil colDpôsé de deux miroirs con*caves, recevant la lumière d'une bougie et la réfléchissant vers Toreitle; mais cela est tout à fait insuffisant. Buchanan (4) se servit d'un double réflecteur très analogue au précédent, et l'on a pu 9e convaincre que ces appareils uellonnaient pas assez de clarté pour permettre d'examiner facilement le fond du méat.
J ui cherché à faire mie^ix que mes devanciers. J'ai fait construire autour d'une lampe d'Argant, une botte en fer- Ci) PAf(oi. Trans. ?•!. XLI. part. n. p. 848«
(2) Der Lichtleiter, 1 8 07.
(3) ÀnnalêM de Cinduitrie. 1823. I. XII. p. 157 et suiv.
(4) IHuUraiions ofacrutic iurgery, 1825.
blanc, noircie à rintérieur, percée en dessus pour laisser passer le verre, et de plus, ouverte latéralement pour que la lumière jaillisse vers un point déterminé. Au côté opposé à celte ouverture, se trouve un miroir concave qui réfléchit et condense la lumière de la lampe. L'ouverture par où le faisceau lumineux doit sortir est garnie d'un tube ayant 38 centimètres de longueur, et portant à ses deux extrémités deux lentilles convexes de 8 centimètres de diamètre. On comprendra aisément que les rayons lumineux reçus par le miroir concave et projetés sur les verres convexes du tube directeur, donnent une lumière très brillante et très capable d'éclairer Tintérieurdu méat auditif. Ce faisceau offre un fDyer qui a plus de !i centimètres de diamètre. .
Que Ton se serve de la lumière solaire ou de celle d*une lampe , il est toujours nécessaire, pour bien explorer le méat, d employer le spéculum. Curtis, Itard , Wright et beaucoup d'autres médecins auristes , ont ajouté à cette inspection oculaire la sonde exploratrice, au moyen de laquelle ils achèvent leur examen. Je pense que cette pratique est inutile et même mauvaise. L'œil bien dirigé suffit pour établir un diagnostic précis quand il s'agit des lésions du méat et du tympan. Le contact d'un corps étranger, avec quelque délicatesse qu'on le condoise, est toujours douloureux , et la vive sensibilité du tympan ne peut s en accomnioder.
Bucbanan (i)ii (ait pour le méat externe de l'oreille ce qu'il avait fait pour le pavillon. (1 s'applique à y trouver ..des conditions matérielles propres à favoriser 1 ouïe. La paroi infërieurede ce conduit, qu'il désigne sous le nom de courbe déprimée^ a pour usage, suivant lui, d'empêcher la conftision des oiuh^s sonores qui résulte d'une trop grande ouverture du méat. Il appelle cercle tabulaire céntmi^
(1) Phifiiohgieal HluHraiionê ofêhêérgoH ofk$aHn§. p. 6 et teq.
MALADIE» OU CONDUIT AUDlTlf EXTERNE. 91
henSf la couche de cérumen qui revêt la moitié externe du méat, et lui attribue le pouvoir de réunir les sons, de les rendre mélodieux. L'absence de cérumen permet aux ondes sonores d entrer irrégulièrement dans le canal auditif, de se réfléchir sur tous les points de ce conduit , et de donner lieu à une confusion très préjudiciable à l'ouïe. H faut conclure de tout cela, que cet auteur regarde (i) ^ la sécrétion régulière du cérumen comme nn% condition incompatible avec la surdité. On peut observer tous les jours la preuve du contraire. Les lésions de Toreille moyenne et interne n'ont souvent aucune influence sur la sécrétion de cette matière grasse. Les opinions de Buchanan sont tout â fiiit imaginaires, et il ne peut citer aucun fait probant à Tappui. Ha imaginé une pommade (2) très compliquée et destinée à remplacer le cénimen absent. J'en ai fait usage très souvent , et je déclare n'en avoir jamais retiré aucun avantage. Martin Coates (3) a également pensé qu'il existait des formes de snrdité produites par la sécheresse du méat, auxquelles on pouvait remédier efficacenient par des pommades introduites dans cette cavité. Il conseille en même temps le oalotnei à Tintérieur. Il survient, dans la quantité et "* dans la qualité du cérunieR, des changements qui doivent être considérés comme des symptômes d'altérations lo*cales, et ([ui n'ont véritablement aucune importance. Ce sont rarement des maladies idlopathiques, et lors même que cela se rencontre , elles sont sans influence notable sur l'audition.
Les maladies du conduitauditif externe sont ordinaireaientde nature inflammatoire; elles ont rarement un caractère aigu , et lorsque cela existe au début, elles • prennent bientôt une marche chronique. Chez les jeunes
(i) Ibii., p. 70.
(«)/6erf.,p.47Mtf^.
(3) Médical Gwieilê, fêbr. 1834/
sujets^ le méat est un organe de sécrétion, les fluides y affluent, mais cela cesse avec Tàge. Il en doit résulter que les maladies de ce conduit sont plus communes dans Tenfance et la jeunesse c[u*aux autres époques de la vie, tandis que celles de Toreille moyenne et interne sont réservées à Fâge mûr et à la vieillesse.
Les maladies du méat externe ont été classées de diverses manières. Du Verney (i) les divise en douleur d'oreille causée par du cérumen acre , ou par des liquides irritaats sécrétés par les glandes de ce conduit; en inflammation avec abcès , avec des ulcérations; en obstructions causéespar des abcès, par des corps étrangers, par du cérumen épaissi , etc. : on voit que cette classification est tout à fait arbitraire.
Itard {%) donne la division suivante : i"* Otite catarrhale et purulente; st° otorrhée muqueuse et purulente (ces deux affections résultent d'un même état inflammatoire); 3^ otaigie; 4** vers et insectes dans le méat; 5"* rétrécissement congénital de ce conduit; 6° oblitération ou rétrécissement acquis; 7° polypes; 8* engouement cérumineux du méat (ces trois afl^ections devraient venir après lotite externe , parce qu'elles en sont les suites ordinaires); 9^ corps étrangers dans le méat (cela rentre dans Fétiologie de l'otite externe) , etc.
Saissy ne dit rtan des maladies de l'oreille externe. Deleau(3)a publié une classification très étendue , carde chaque symptôme il fait une maladie particulière. Ainsi ' Ton trouveaun* 8, Tétroitesse du conduit auditif ; au n® 1 9, les dartres du méat; au n^ 20, la phlegmasie du méat, mais sans écroulement; au n** 21 , la même avec écoulement; n"* 23, épaississemënt des parois du conduit auditif, etc.
Saunders (4) fait remarquer très brièvement, et sans
(1) Traité dé Votrfanêdê Vouti, etc. p. lltt et seq.
(2) Traité, etc. t. L p. 337.
(3) Tëibleau det maladiei qui mgendrent la êurdité.
(4) Th€ aiMtom^y etc. p. 43.