MALADIES DE LA MEMBBANE DU TYMPAN
Gurtis paratt ignorer les véritables caractères anatomiques de la membrane du tympan. Il croit quune violente explosion , comme un coup de tonncn*e, ou de canon y peut refouler le tympan vers la caisse et lui donner une forme concave en dehors. Il faudrait en conclure que cet auteur n'a jamais examine cette membrane, et qu'il ne sait pas que cette concavité est sa forme normale. Et cependant c'est sur cette singulière erreur qu'il base les conseils propres , selon lui , à remédier à cet accident. Il veut que Ton insuffle de Tair par la trompe, afin de repousser le tympan en dehors; et quand la trompe n'est pas libre , il conseille de placer dans le méat externe un tube de métal qui s'y applique exactement, et d'opérer une forte aspiration pour, entraîner la membrane et lui redonner sa position première. **
Saissy (i) admet que lé tympan peut être repoussé de dedans en dehors et former une convexité dans le méat, mais il (>ense que cela n'arrive que quand il y a rupture de cette membrane, de^tructigil de ses adhérences (2). Il conseille de la repousser en dedans au moyen d'une sonde mousse, mais il ne rapporte aucun fait qui prouve que cette maladie se soit jamais rencontrée et que l'on ait pratiqué cette manoeuvre opératoire. Ce même auteur semble considérer la concavité naturelle du tyuopan comme une disposition morbide, au moins dans certains cas, et il prescrit d'insuffler de l'air par la trompe
(1) Eêioi, etc. p. 47 et 49.
(2) La plupart des aseertions si tranchantes de M . Kramer peuvent élre diKotées et combattues avec avantage. Pour mon propre compte , J^m vu le tympan refoolé en dehors , formant une couvexité qui remontait plus ou moins dans le méat ; ]'ai trouvé que cette membrane n^était plus adhéreMe à la longue branche du marteau; J^ai vu , un grand nombre de fiMS, Tair insufflé dans la caisâc, repousser la clobon tympanique en dehors, la rider, lui faire perdre sa l'orme conchoïde, et prouver avec la déniée évidence que cetle membrane est beaucoup plus mobile que M. Kramer voudrait le faire croire, P. M.
îkt MALADIES M l'oUBILLE EXtERRR.
pour nm#ii§r la membrane à sa position réguliir«. Ces êrrëtttê MdllnUnM à Ciirtis et à 8aîs9j ne paraissent paît atoir pdri4 UM «Meuse atteinte à leur réputation oooune MriMes.
Celle diseuitloli toPBra , je pense , pour qu'il nie eoit permis de ray«r de la liste des maladies de Foreille ce re^ IftebeMenI et (3ette tension imaginaire de la membrane du tympan (i). (tard la fait avant moi je lavoue^ mais il n'a pas cru devoir en donner les motifs. Je ne puis pas bM plus adfMttre la rupture spontanée de cette me»-* liralfe tans qu'elle soit préalablement enflammée. Gepen* daM Du Veniey^ Lescfaevin» Iiord (2), Saissy et Carti8(3)
H) %UsH tk^Ht^ t^ hàk cftie d'argttnietiler aitisi et éê prodter ksle* ment rabêurdité et esrtaÎMt oiHOÎeaa que Poa éonsetoas écs aiser^ ligM co&trairet. L'espace me manque peur discuter conveaableoMnt k question si intéressante que M. Kramer a soulevée dans <^ chapitre. Je ▼et» me boftter k dire : 1* qti^eti eiatiHnant Toreille de quelques perasaan éouées d'une euie tieeUeBlei J'ai pu coasf aier tréa fucilemsitt la ■Mbililé du tympan par suite de la contraction tolontaire des muscles intrinsèques de la cabse, ce qui prouve que ces muscles peuvent tendre oti ItïtAcher cette membrane (s'ils neftisaient pas cela, k quoi sertiratent- Hs ?); a* qa'ene eccleiion de la trompe détermine la raréfaetioB de Pair contenu dans la caisse, et que, sous Tinfluence de cette cause, le tympan se déprime d'une manière très apparente ; 3* qu'une inflammation al^ in la caisse produit une eollectiod de mucus eu de pus qui potnse le tympan en dehors, el altère beameep sa forme babiteeUe ; 4* qne la guérison de cette dernière maladie, caractérisée par la résorption complète des matières épanchées dans la caisse , entraîne le retrait de la iflettibt^ne vers le fond de l'oreille moyenne ^ el, dans cette circonalKiee, le tympan acquiert une concavité très remarquable. Je pourrais multiplier ces faits incontestables , et prouver surabondamment que le tympan n'est pas un organe immobile. Qu'y a-t-il dono d'étonnant que Pon parle de tensioa et de reiâdieawm, lorsqee tant de oirce— tanees se rtncontfwt daaa lesquelles on voit cette cloison changer de forme ? le ne veai pis dire pour cela qoe Popinton de WilHset deteus ses oopisias dette être acceptée sans contrôle ; mais Je ne puis me dispenser de protester eentre les asserlioas de M. KraeMr. n y a là «a scrjet d'étades fbri îméfeasMlsi, et Je possède «a grand nombre de ûdts qni eentribeêreol, Je l'espère, k édaircir ee point de la pathologie de l'oreille* P. M.
(t) loeo 9iitê. t. Il, p« lia.
(3; Céêêi iUuiirativ9, etc.
MALADIES DS LA MBIiBRAKE DU TYMPAN. 147
croknt <|iie cela peul arriver. Il fiiut considérer que cette cloisoa membraneuse est tendue et fortement adhéreute au cercle osseux qoî l'encadre, que sa directiou oblique nelexpose (^as à des chocs directs, que la courbure du méat est un obstacle à l'entrée subite et dangereuse des oudes sonores; il ne faut pas oublier, en outre, que la longue branche du marteau, qui adhère dans toute sa longueur à sa &ce interne, lui prête un appui tellement solide, que ni les éternuments ni les grands bruits ne peu- ▼eut apporter de changement dans sa forme. Je me suis assuré un grand nombre de fois que la plus forte injection d'eau lancée dans le méat externe ne pouvait notablement léser cette membrane , lors même qu'un état in* flammatoire avait dû diminuer sa force de cohésion. D'un autre côté , les plus fortes insufflations poussées par les trompes au moyen de la pompe à air , non seulement ne parviennent jamais à déchirer le tympan , mais encore ne ctuMigent rien à sa forme concave (i).
Itard (a) pense que certaines perforations du tympan se forment spontanément en vertu d'une sorte de résorption des tissus; il considère cette maladie, dans quelques cas, comme une affection primitive, essentielle, et qui peut se déveloper dès la naissance. Je ne puis admettre cette manière de voir. Je ne crois pas que 1 on ait jamais observé dé perforation du tympan sans reconnaître les
(i) J^ai observé des fkits qui contredisent de la manière la plus for- OM^ cette assertion beaucoup trop absolue. J'ai vu le tympan se briser, éditer ateo an bruit explosif très remarquable, chex une dame à qui Je finsaia «m aÙBple û^)eolîon d'air dans la caisse. Cette membrane était très mince, très transparente, peut-être même son tissu était-il raréfié» aminci; mais enfin la rupture eut lieu sans que J'eusse poussé l'air avec plus de foroe que de coutume, ^e me servais d'dne sonde d'argent et d'mM buDe eo gomme, pressée par ma main. Ce cas a p« se rencontrer d'antres fois, et il est impossible de ne pas en tenir compte. A plus forte raison peut- il se produire quand on pousse l'air avec une pqpope foulants. P. M.
(2) TraiU, etc. 1. 1. p. SM.
i&8 MALADIES DE L OREILLE EXTERNE.
traces d'une inflammation préexistante. L'opinion de ce médecin n'est pas fondée sur une exacte observation des faits, il n'explorait le tympan que chez les personnes dont les méats étaient larges et directs , par conséquent il n'a pu acquérir sur ce point toutes les données nécessaires pour l'établir d'une manière vraiment scientifique.
Dans la plupart des perforations regardées comme spontanées, les malades indiquent quelques accidents capables d'expliquer le phénomène. Ils prétendent s'être blessés avec une épingle , un cure-ôreilie ou tout autre instrument analogue. Je n'ai jamais pu vérifier directement ces assertions que je crois peu fondées. IF me semble que la forme courbe du méat auditif externe, la vive sensibilité de ses parois et celle, bien plus grande encore, du tympan lui-même, ne permettent guèreque l'on blesse cette cloison avec ces corps étrangers » et je regarde ces lésions comme impossibles.
A la vérité, on rencontre quelquefois des perforations sans écoulement muqueux ni purulent, mais si Ton examine les choses avec attention , l'on voit au fond du méat ou sur le tympan lui-même , un peu de matière visqueuse qui s'y attache et s'y dessèche. Toujours , en pareil cas, la membrane du tympan est rosée, rouge, opaque, épaissie; mais pour arriver à reconnaître ces altérations, il faut se servir d un spéculum, etdirigerau fond du méat un jet de lumière solaire qui "permette d'apercevoir les moindres détails de cette région profonde. La sonde dont se servent un certain nombre de médecins auristes est incapable de fournir aucun renseignement avantageux ^ et l'on doit y renoncer.
Je crois utile de Faire voir, par un exemple instructif, combien il importe de foirles vaines spéculations de l'esprit lorsqu'il s'agit de l'appréciation rigoureuse des faits matcricïs. Ribes (i), faisant une nécropsie, a trouvé le
(i) Dtcf. tfet Seiencei médiealei. I. XXXVIII. p. 30.
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manche du marteau brisé, et il établit que cette lésion a dû résulter de quelque cause accidentelle.. Il pense que les fragments de cette ruptui*e ont pu déchirer le tympan. C'est là une supposition gratuite. Le même auteur admet que la présence d une masse de cérumen durci peut déterminer Tusure y Térosion du tympan par suite d'un contact prolongé; mais cette opinion n'est fondée sur aucun fait bien observé. J'ai enlevé un grand nombre de ces concrétions céruroineuses qui étaient manifestement en contact avec la cloison tympanique , et je n ai ja* mais observé aucune de ces érosions. Habituellement le tympan est rouge , injecté , et ce résultat de la présence du corps étranger cesse très peu de temps après qu'il a été enlevé. D'un autre côté , les peiforations très nombreuses que l'on rencontre sont survenues sans que le méat ait été rempli de cérumen, de sorte que l'on ne peut admettre les assertions de Ribes.
Je ne dois pas omettre de parler de cette espèce de membrane qui, suivant quelques auteurs, recouvre le tympan des nouveaux-nés. Fabrice de Hilden est le premier qui ait fait mention de cette particularité anatomique, et je ne sache pas qu'aucun autre médecin l'ait rencontrée. Du Vemey dit avoir observé une pellicule de ce genre sur un homme adulte, mais il est fort probable que cette pellicule dépendait de la présence de l'épiderme décollé et soulevé. Leschevin, Saissy, etc.^ se bornent, comme de coutume, à copier ce qu'ont dit leurs devanciers. Morgagni (i), qui a discuté les faits connus, les réfute victorieusement et les réduit à la condition d'hypothèses. On peut consulter son ouvrage à ce sujet Suivant Ittiy la cloison surnuméraire qu'on prétend avoir observée n est autre chose que la couche épidermique, ou plutôt la matière caséiforme qui revêt la peau des enfants nais*
(1) Ih itHbuê 9t eomtf marborum. 1. p. 227.
sants. Cette couche se dessèche , adhère au tympan , puis elle s*en détache en fragments plus ou moins considérables , et c*est sous cet aspect qu^elle a été prise pour une membrane spéciale.
Plusieurs auteurs , parmi lesquels il fout surtout compter Itard (i)^ admettent que la perforation du tym* pan n'entratne pas nécessairement la surdité. Cette opi* nion vient de ce que ceux qui ont voulu constater oe fait n*ont pas eu recours à un moyen capable d'indiquer les légères variations que Ton rencontre dans Taudidon. Quand on ne se sert pas d un instrument dont le bruit est toujours le même , quand on se contente d*apprécier la qualité de Touïe par la façon dont se comportent les malades dans leurs relations sociales, rien n'est plus fa cile que de se tromper en pareil cas. Je renvoie à ce que j'ai dit sur ce sujet à la page 28 et suivantes.
En examinant attentivement les individus affectés d*une perforation du tympan , on peut s'assurer que s'il n'en résulte pas une surdité considérable , au moins Tau* dition est-elle toujours lésée d'une manière notable. L'affaiblissement de l'ouïe est, en général, proportionnel à la perte de substance de l'organe; elle varie suivant qu'elle est placée en avant ou en arrière de l'insertion de la branche du marteau, elle est plus considérable quand la lé* sion du tympan a entraîné celle des osselets de l'ofùlte, et qu'il en est résulté des changements plus notables dans la disposition intérieure de la caisse. J'ai vu des mal^rdes ayant le tympan perforé, qui entendaient encore ma montre à deux mètres , mais aucun d^eux n'a pu Tentendre à dix mètres , comme le font ceux qui ont l'oreille saine. Il est certain que ce degré de surdité n'incommode pas sensiblement ceux qui en sont atteints, et cependant j'en ai vu qui avaient une perforation capable d'admet-
(1) lAiw eitato. t. U. p. 199.
INFLAMIfr AlGUE DE LA MEMBEAttE DV TYMt>AN. iSl
ire un pois. D'autres , chez lesquels louverture accidentelle est beaucoup plus étroite, n'entendent ma montre qu'à un ou deux centimètres ; ce qui dépend probable^ ment de quelque lésion intérieure de la caisse ou d upf complication de surdité nerveuse.
Il résulte de tout ce que je viens de dire que les seules lésions matérielles du tympan doivent trouver place dans fie travail. Elles dépendent toutes d'un état inflammatoire de cette membrane; ainsi l'opacité, l'épaississement, la per£dration, la suppuration et les polypes sent les coQséquences de cette pblogose et doivent être émdiées successivement.
À. — InHanmutioB «igaë de la membrane du tympaa.
Cette maladie débute tout à coup. Elle donne lieu è nue douleur plus ou moins vive, occupant le fond du méat, s'étendant au sommet du pharynx, au col, et elle s'accompagne ordinairement de bruits variés, singuliers, comme celui que produit le vol d'un insecte qui bourdonne, etc. Si l'on examine le tympan, on le trouve rouge par plaques, rarement dans sa totalité. Les parties extérieures de l'oreille sont saines. Le malade n a pas de 6èvre , et s'il prend quelques précautions prudentes « le tout peut disparaître eu quelques jours.
Lorsque la maladie est plus aiguë, elle envahit rapide* ment toute la surface de la membrane, et à l'examen , on observe sur celle-ci , outre une rougeur très vive, une feule de petites saillies glandulaires, et des faisceaux vasealaires très marqués. Dans cet état, l'on ne peut pins ^siiaguer l'insertion de la longue branche du «aneau. Les douleurs sont violentes, déchirantes, mais elles sont très locales , et les mouvements de la m&ohoire infiirieure n'ont pas d'influenee sur elles. L'ouïe est très feibbi mais eepeodant très sensible aux bruits t il y a des bonr-^
doDnemcnts très forls, puis il survient de la fièvre qui aug[niente pendant In nuit. Presque toujours l'accès du soir ne s'arrête (|uVprès la sueur qui survient le matin. Ici encore, le pavillon et le méat ne participent pas à la phlegmasie du tympan; mais il est à^emarquer que la sécrétion du cérumen reste suspendue pendant toute la durée de la maludie.
Si Ton abandonne cette inflammation à elle-même ou si Von feit des injections irritantes dans le méat, presque toujours il survient un «coulemeut de matière muoosopurulente , striée de sang. Ces nouveaux symptômes s'accompagnent d'une diminution* notable des premiei*s accidents, à l'exception de la surdité qui fait des progrès. $i Ton examine alors le fond du méat, on observe dans la partie inférieure du tympan, et généralement au devant du point d'insertion de la branche du marteau, une ou plusieurs ouvertures de la taille d'une piqûre d'épingle , souvent plus larges , et ayant quelquefois le diamètre d'un pois. Enfin, dans certains cas plus graves, les deux tiers du tympan sont détruits, et les parties de cette membrane qui restent sont couvertes d'excroissances charnues variables en grosseur et en consistance.
Lorsque la maladie est traitée convenablement, on voit diminuer la fièvre, les douleurs se calment et il n'y a plus qu'une sensation de plénitude et de pression profonde. Les bourdonnements ne persistent jamais bien longtemps , mais la surdité augmente parce que le tympan s'épaissit par suite d'une infiltration lymphatique ou séi*euse qui s'opère entre les feuillets membraneux qui le composent. On voit la rongeur s'eflacer rapidement, et l'on rencontre à peine quelques vaisseaux injectés qui rampent isolément à la surface. L'épiderme se détache en lames plus ou moins grandes, elles sont jaunes, transparentes, et alors le tympan se montre dénudé, blanc, mais toujours opaque. Il ne redevient diaphane que
INFLAftlM. AIGOE DE LA MEMBRANE OU TYMPAN. 155
loitgtemps après la guérison y quelquefois même cette propriété ne se rétablit jamais ; et clans ces cas, qui sont les plus graves, louïe reste toujours beaucoup plus faible. Lorsque les douleurs cessent , Ion vort la sécrétion du cérumen commencer de nouveau. Enfin, lorsque Tépanchement de lymphe plastique entre les lamelles du tympn est très considérable , ce fluide s'organise , se combine avec les parties voisines et se transforme en une sorte de plaque cartilagineuse ou même osseuse, et tout à fait insensible au contact des instruments.
Le cai*actère franchement inflammatoire de cette maladie a été méconnu jusqu'ici , surtout dans la forme la plus légère que Ton désigne sous le nom de mul d'oreille. Cette dénomination est impropre, et a donné lieu au traitement le moins convenable. On a conseille les topi* ques irritants, qui sont toujours nuisibles.
Itard (i) considère cette affection comme une olalgic purement nerveuse , et cependant il hésite à la traiter par les préparations d'opium , ce qui serait fort convenable si le mal n'avait rien d'inflammatoire. Mais la phlegmasie du tympan serait fort incitée par une application de ce genre , et cet auteur aurait pu trancher la difficulté s'il eût pensé à employer les moyens d'exploration qui conviennent en pareil cas. Je déclare que je n'ai jamais vu de douleurs aiguës dans les oreilles qui ne dépendissent de phénomènes inflammatoires , bien reconnaissabies soit aux parois du méat, soit à la membrane du tympan. Tous ceux qui ne sont pas habitués à explorer le conduit auditif ne peuvent avoir d'opinion sur ce point, et les observations d'otalgies nerveuses que l'on trouve dans les recueils scientifiques ou ailleurs n'ont absolument aucune valeur.
11 est impossible de confondre l'inflammation du tym-
(I) Loeo eiiaio. 1. 1. p. S86. Sao.
ISA M4MD1B3 DE I.OBËILLE ËXTSUNË*
pan avec celle de la caisse» La première 'est beaucoup moins grave, et les caractères anatomiques qui se déve* loppent dès son début la font reconnaître très facilement. Lorsque la phlogose de la caisse se propage è la cloison tympanique, les accidents fébriles sont plus ooa^ sidérables , mais jls se développent plus lentement, plus tard, lorsque la membrane envahie se ramollit et va tantôt se perforer pour livrer passage au pus accumulé dans Toreille moyenne.
L'inflammation du tympan, quand elle est modérée, ne dure que quelques jours; mais elle peut persister pendant plusieurs semaines , si le mal est plus intense et si on l'abandonne à lui-même. Ordinairement , une seule oreille est affectée, quelquefois cependant les deux soot envahies en même temps, beaucoup plus rarement Tuoe après l'autre.
Quand les accidents aigus sont calmés , on voit alors des lésions consécutives qui persistent pendant un temps considérable. Ces altérations de tissus suivent une marche chronique, résistent souvent au traitement le mieux dirigé, et constituent certaines iuBrmités qui sont tout à fait incurables.
Cette maladie à l'état aigu est assez peu commune i mais la forme chronique se rencontre très souvent. Cette dernière est la cause de la plupart des altérations orgftoi^ ques que Ton observe sur cette membrane délicate. La phlogose aiguë du tympan ne dépend jamais d'un viee de la constitution générale de l'individu. On l'observe généralement entre les limites de vingt à quarante ans. L'inflammation chronique, au contraire, est le résultat d'une disposition scrofqleuse.Ëlle se développe dans l'enfiiiiMt pendant les dix premières années de la vie, et bien pltti tôt encore pendant les deux premières années. EUe est surtout favorisée par les maladies exanthématiques si communes à cette époque.
INFLAliM. AUrUe W Li lUMiM^K PU TYMPAN. i^S
hà cftttte la plus ordinaire de Tinflammation du tympan est, sans contredit, le froid, sous quelque forme qui! sapplique auj( oreilles* Dens biep des cas où les malades ont à peine senti son action, elle nen a pas moins été téeUe. Les injections irritantes, )es frictions avec des pommades .acres , les fumigations de vapeurs chaudes , rélectricité, le galvanisme et beaucoup d'autres agents également énergiques, produisent souvent, d*upe Hianière directe, cette pblegmasie aiguë de la cloison tympanique. Les concrétions cérumineuses n'y donnent pas lieu, même après un séjour de plusieurs années dans le fond du conduit auditif. Leur seul effet notable, c'est la présence de quelques vaisseaux engorgés et groupés autour de l'insertion de la branche du marteau; encore disparaissent-ils très promptement quand la masse étrangère est enlevée. £n6n, certains exanthèmes fébriles» camma la scarlatine ei la rougeole, lorsqu'ils viennent à disparattre tout à coup» donnent Heu à une inflammation aignë du tympan.
Tant que cette maladie ne s'est pas terminée par suppm'ation et que les altérations consécutives sont peu pro* fiondes, le pronostic n'est pas grave, et l'on peut garder l'espoir de la guérison , lors même que le tympan est de* venu épais et opaque. Lorsque la membrane est perforée, l'art reste a peu près impuissant, le traitement le plus méthodique fait disparattre les accidents inflammatoires , mais la cicatrice de cette ouverture ne se fait pas. On ne peut pas non plus détruire les végétations poly* ptôses qui se développent sur cette membrane ( i ), car la
(i) J'ai r«Moatré plafiean Ibb im pelU Mn^ 9YrifiHiBf , i«^ dbéàlafiMM6xteniodiityia|Mm. J*ai paTaBlafer sampsiae «a noyfla ëwmiê patka plset à éÊU^ de ienrii . IJoa aantéfÎMlion lé^ira 4o pàat diafflrtîeB a mS po«r préiaMr la ratepr ëa.la maladie, ai il a'aa ait réMdIé qataa légère taajba aqr la tya^NUb (> ||aa M. Kraaiar aMNdIa «^ gitmUêm pô^fpmm, att ma état iailiaïamnira aa farta diMpial la Um eimoa da tyaiyaa — raaaaffa 4t baiargenai alawiai, aamaia la ftit la
racine échappe au caustique et le mal se reproduit toujours , quoi qu'on fasse.
Lorsque le tympan est épaissi , cartilagineux même, on peut tenter la perforation de cette membrane , mais cette opération est loin de donner les heureux résultats que promet la théorie , et je ne conseille pas de la faire.
Le traitement de la phleg^masie du tympan est fort simple. On doit d abord recouvrir loreille malade, afin de la préserver de l'action du froid. Le malade gai*dera la chambre lorsque la saison est mauvaise, et l'on doit surtout ne pas appliquer sur l'oreille ou dans le conduit, des substances irritantes capables de provoquer une inflammation plus violente. Ces soins bien simples suffisent lorsque le mal est léger et limité; tout au plus pourra* t-on y ajouter quelques instillations de la solution saturnine. Mais quand Tinflammation s'accompagne de fièvre, quand elle occupe tout le tympan, et que cette membrane tuméfiée est devenue très douloureuse, il est nécessaire de placer une douzaine de sangsues autour de loreille, de couvrir cet organe de larges catapinsines émollients, et de verser dans le méat quelques gouttes d'huile tiède. Il ne faut pas négliger de donner des purgatifs 'salins, qui sont toujours salutaires en pareil cas. On doit éviter de se servir des préparations de plomb, qui ont Tinconvénient de favoriser Tépaississement de lorgane malade.
Lorsque par suite de ce traitement, les douleurs aiguës se sont apaisées, et que les principaux phénomènes inflammatoires ont disparu, il convient de provoquer une révulsion sur la peau voisine de l'oreille , et pour cela ,
peau quand l'épiderme a été enlevé par un Tésicatoîre. Eh bien , même dans ce cas, la guérison est très possible, l'emploi de la solution de nitrate d'argent est très utile , celle d'acétate de plomb rend des services signalés , et il ne faut pas désespérer du succès. S'il s'agissait de longesites de mauvaise nature , Je coucevrab l'opinion de M. Kramer ; mais ces sortes de dégénérescences sont très rares et viennent bien plutôt è b suite des maladies du tissu osseux du méat ou de la caisse. P. M.