INFLAMM. AIGUË DE LA HEMBRANE DU TYMPAN
00 frictionne la région sous-mastoïdienne avec la pommade stibiée. Ce moyen est destiné à prévenir les altéra* tiens organiques qui s'opèrent ordinairement à cette époque de la maïadie^et dans bien des cas j'en ai constaté les grands avantages.
Dans le cas où il y a un peu d'otorrhée muqueuse ou purulente, que cela tienne ou non à une perforation plus ou moine considérable delà cloison tympanique, il convient d'aider l'action de la pommade stibiée par les injections d eau chargée d'acétate de plomb ( i ). Quelquefois même il £iut instiller ce liquide presque pur dans le fond du méat, et cela est surtout nécessaire chez les malades qui ne peuvent pas supporter les frictions stibiées, chez lesquels la peau s'enflamme , s'ulcère et donne lieu à des cicatrices profondes. Il m'est souvent arrivé de formuler an liquide contenant 6 décigrammes de sel de plomb dans 3o grammes d'eau, mais cela est rarement nécessaire à celte dose.
S*il y a des polypes attachés au tympan, et s'ils ont, comme cela est habituel , un court pédicule , on doit les enlever au moyen d'un couteau mousse , légèrement courbe sur le plat, et tranchant des deux côtés. Cet instrument, qui convient à merveille en pareil cas, permet de raser la surface de la cloison tympanique (2). Lorsque
(1) Quelques Kgnes plus haat, M. Kramer accuse cette préparation de &voriser répaiwissenient du tyiipan malade. On ne voit pas trop quelle différence il 7 a entre une inflammation aiguë de cette membrane et celle qui s^accompagne d'otorrhée et môme de la perforation de cette doÎMn. P. M.
(3) Quelle que soit la forme et la courbure d*un pareil instrument , il est impossible d'agir avec sécurité au fond du méat , là où la Inroiére pénétre peu, là çù les mouvements sont toujours très limités. Il faudrait que le malade conservât une immobilité absolue , ce qui est à peu près ii^oasible. Notes que ces végétations charnues se rencontrent plus particnliérenient cbes les jeunes sujets , lesquels ont le méat plus étroit. Ajoutex encore que les enfants sont peureux, indociles , impatients, et ▼ons comprendrez que Tintroduclion d'un instrument tranchant dans le conduit auditif est véritablement dangereuse. Des essais sur le cadavre
IftI MALAOlfed Dfe l'oreille BXTIIRNE.
tout a été endisé^ oti promède légèretoent un p«tit crayon dé nitrate d'argent sur la partie saignante i mais il fotil ne pas perdre de vue la téooitë de la membrane sur laquelle on agit, ainsi que sa sensibilité vive et les accidenta qui en sont la conséquence. Dans la plupart des cas^ Taoétate de plomb est beaucoup plus efficace cpie le nitrate d'argent ; il a la propriété de s opposer à la force végétati?e de ces productions charnues, ses qualilét astringentes flétrissent rapidement le polype et rendent sa des* traction facile. L'opération en elle-même est assez diflEn cile, elle exige une main alerte et délicate^ il faut en outre qu'elle soit dirigée par une vue excellente. On doit d'abord nettoyer le méat avec le plus grand soin au moyen d'injections, oU bien encore avec un petit pinceau ou une éponge de très petit vcdume.
La ligature est impossible dans le plus grand nombre des cas , car les polypes développés sur le tympan se trouvent à une telle profondeur qu'on ne peut diriger le fil dans le sens convenable. Lors même que l'on parviendrait à entourer le pédicule d'une ligature, on devrait redouter le moindre tiraillement, car le tympan pourrait être déchiré avec une grande facilité, et il est bien difii«* cile de faire un nœud et de serrer le fil sans exercer des tractions dangereuses. On ne doit pas attaquer les polypes du tympan avec des ciseaux courbes, ni avec des pinces à ctt>cbets ; le méat alterne est trop éuroit pour que l'on puisse manœuvrer ces iostninlents d'une» manière avantageuse.
Quand le tympan est recouvert de petites excroissances charnues du volume d'une lentille, on doit les attaquer avec le crayon de nitrate d^argent, mais en pre-
m^ont convainca qtie de pardfles mâniteatres sont inpr«fiGaMes4 Là côOlimre du méat, la direction obHqve du tyiayan , soMenoore da# obstacles dont on ne comprend la talenr ({de qoand on a «Msyé ée pfi* Uqiier ces sortes d'opérations. P. M.
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tumt tootéft les précautidûs dont j'ai parlé plus baut. Si te moyen échoue, on aura recours à la solution d'acétate de plotnb qui est la seule ressource en pareil cas. Il est certain qtie ces petits polypes sont très difficiles à détruire. Quand, au contraire, ces corps charnus sont blanchâtres, insensibles, durs, presque cartilagineux, aplatis et à large base , on doit s'abstenir de tout traite^ ment. Les caustiques, et en particulier le nitrate d'argent, de talent Hen. Sous leur influence, les polypes grandissent, et la maladie doit être considérée comme incurable.
Les polypes qui se développent sur le tympan donnent lieu à une si grande altération (i) de texture, que cet organe, lorsmétne qu'il est débarrassé de ces végétations charnues , ne peut recouvrer les propriétés tiécessairesà Texercice régulier de ses fonctions. Cela doit rendre très circonspect dans le prouostié de ces maladies. L'ouïe peut bien s'améliorer un peu , mais presque jamais elle ne redevient bonne. L'épaisslssement de cette membrane ne transmet plus les ondes sonores, et loreille interne, lors même qu elle est saine , ne perçoit plus les sons.
Qttand le tympan est devenu d'un blanc mat, opaque, soit partiellement, soit dans toute son étendue , comme cela se voit à la cornée transparente affectée de taies , Fart ne peut rien pour remédier à ces altérations fâcheuses. Jos. Frank (2) a cependant cru qu'il obtiendrait de grands succès en appliquant un cautère au bras du malade, en faisant injecter dans le méat des solutions de sublimé, d'ammoniaque; mais l'expérience n'a pas con« firme ses vues théoriques, et il est à désirer que l'autorité
(1) J'ai déjà eu r^ccasion de faire remarquer que le polype est un eAet et doo pas une cause. Les altérations du tympan ont précédé le d黫ioppeMCBt du polype ; elles lui suftiv ent, souYent même elles le reproduisent Les ternes de la proposition de M. Kraner doivent être raterrertis. P. M.
'ff^^rù9éOi méitcm univenw prœcêpta, II. I. sect. 2. b. p. 90B.
de ce grand médecin ne fasse pas adopter cette pratique dangereuse. Deieau (i) croit avoir guéri un épaississement de la membrane du tympan en employant d*abord un vësicatoire au bras, puis des injections d'eau de Baréges et quelques autres moyens analogues. Le fait n ofFre pas de détails suffisants. La guérison n a été supposée que d après le rapport du malade , le tympan n a pas été exploré, et par conséquent on ne peut considérer cette cure comme authentique. Cet auteur ajoute que le même mode de traitement a été sans succès contre des maladies semblables.
Si Ton a constaté avec beaucoup de soin que le tympan est très épais , tout à fait insensible au contact de la sonde, de consistance cartilagineuse, et que Touîe soit en même temps très afTaiblie, on doit alors se décidera pratiquer la perforation de cette membrane, car c'est la seule ressource qui reste en pareil cas. Pour se décider à faire une semblable opération , il faut que les deux oreilles soient également mauvaises. Si cependant Tune des deux n'était pas altérée et qu'elle fût affectée de surdité également forte, ou devrait encore recourir à ce moyen extrême, car il y a peut-être là une chance de salut. Mais, avant d'opérer , il faut avoir acquis la certitude que l'organe n'est le siège d'aucune autre maladie plus profonde # qui puisse compromettre le succès de l'opération. Ces précautions, sur lesquelles j'insiste avec^tant de force, ne doivent pas être considérées comme surperflues. Il faut se rappeler qu'en faisant une ouverture au tympan , on prive l'oreille d'un moyen de protection très puissant. La caisse ainsi ouverte en dehors, devient, par cela même, accessible à des causes morbides , qui jusque là ne pouvaient l'atteindre. Il peut survenir des altérations de l'oreille moyenne et même de l'oreille interne qui prennent quelquefois un caractère d'une gravité extrême. (i) Uém. fur la perforation de la memhrane du tympan. 1821 p. 148.