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devra donner une grande attention à tous les symptômes qui surviendront de ce côté. C'est une grave erreur de considérer les otorrhées qui se montrent dans ces maladies comme une évacuation critique et salutaire. Il faut songer que Fouverture du tympap dispose le malade aux inflammations aiguës de Toreille moyenne , et que cette phlogose peut se propager rapidement à la portion labyrintbique de Forgane et même au cerveau. La vie des individus peut se trouver ainsi rapidement compromise (i).
Il résulte de tout ceci que le pronostic de l'inflammation chronique du tympan est très déFavorable^ et que sa gravité n'est moindre dans certains cas qu'en raison de circonstances inappréciables. Comme la maladie s'accompagne h^bituellemeat de peu de douleur, on ia négligé , et cette négligence peut être reprochée tout à la fois au patient et auçaédecin. Souvent même le mal est tout à fait indolent , la siippuration est nulle, rien n'indique l'altération qui s'opère au fond du méat, et véritablement personne ne mérite de reproches. Il faut quelque circonstance fortuite pour que le malade soit conduit à consulter un homme de l'art , et alors il arrive le plus souvent que le médecin, peu au courant de la pathologie de loreille, ne conseille aucun traitement utile en pareil cas. Je conviens que cette affection qui dure déjà depuis
(1) Cette étiologie est très incomplète. Je puis dire que dans la plupart des cas de perforation du tympan qui se présentent à mon obseriVtioD , les causes indiquées dans ce chapitre ne Jouent qu^un rl^le seeovdiîre. La plus efficace de toutes est, selon moi, la fièvre typhoïde, et cette grave maladie mérite , sous ce rapport , une attention particulière. J^ai indiqué ailleurs la fréquence des maladies de l'appareil acoustique pendant la durée de ces fièvres graves, J'ai dit combien il y avait de surdi-mutités dues à Pafïection typhoïde des Jeunes enfants, combien de surdités incurables afiectent les adultes dans les mêmes circonstances , et Je crois que les médecins qui ont donné la meilleure description de eeUe maladie ignorent l'importance de cette complication.
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quelques années est presque impossible à guérir et que lart est aussi impuissant que la nature.
La plupart des médecins, consultés en pareil cas, ne se donnent pas la peine d'explorer le méat et de rechercher quelle lésion existe à la membrane du tympan. Ils prescrivent aveuglément des injections krltanteSjqui ne peuvent manquer d augmenter le mal en agissant Sur cette membrane enflammée et perforée; puis vient le tour de Télectricitë, du galvanisme , des baiks russes, des sétons et des cautères , tous moyens capables de fatiguer le malade et de détruire sa santé. On promet au patient de beaux résultats qui n'arrivent jamais, et le mal s^aggrave en raison du dommage que Ton cause à la constitution de l'individu. J ai vu M. Bahrdt employer contre une perforation du tympan survenue chez mademoiselle Mark..., un barreau aimanté avec lequel il frottait la partie lésée. Que dire de semblables pratiques? Rien des personnes, sans instruction médicale, prétendent guérir 4a surdité et se livrent à des pratiques absurdes ; mais comment des médecins osent-ils traiter aussi légèrement des maladies sur la nature desquelles ils manquent de notions exactes? Voici un fait que je crois devoir consigner ici.
l}n jeune garçon de douze ans éprouva, à Tâge de quatre ans, une surdité considérable qui s'était développée à la suite de la scarlatine. Son père le conduisit à Copenhague , pour consulter le docteur B..., praticien justement renommé. Ce médecin ne fit aucune attention aux oreilles, et déclara que la surdité était de nature scrofuleuse. En conséquence, il prescrivit un traitement intérieur destiné à combattre et à détruire cette fâcheuse cachexie. On devait en outre frictionner la région mastoï* dienne avec la pommade stibiée, et instiller dans les méats externes de la teinture de myrrhe. Le père jugea à propos de venir me consulter avant d avoir suivi les prescriptions du docteur B... J'examinai l'oreille de l'en-
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iant, je trouvai deux larges perforations, et de plus, dans roreillegauche,un polype plat très considérable. Le jeune garçon était, du reste, parfaitement sain. Il est évident que le traitement conseillé ne pouvait avoir aucune influence heureuse sur la maladie locale, tandis qu'il devait produire à la longue une altération de la santé générale. La teinture de myrrhe, en contact avec les parties enflam* roées du fond de Toreille , devait hâter le développement des polypes efaugmenter Térosion du tympan. Que pouvait iaire la ponunade stibiée contre une lésion aussi étendue? Dans beaucoup de cas analogues , j ai vu con^ seiller les bains russes. Je n'en finirais pas, si je voulais raconter toutes les erreurs ide ce genre que j'ai été à même de constater dans ma pratique.
Quand on est appelé dès le début de Finflammation du tympan, il est possible d'arrêter le mal et de prévenir toutes les altérations consécutives qu'il entraîne à sa suite; mais lorsque la maladie dure depuis plusieurs an^ nées, on peut être certain que la membrane restera épaisse, opaque, et que la disparition des accidents inflammatoires eux-mêmes n'empêchera pas que l'ouïe ne soit fortement lésée. Si la perforation existe, on doit s'appliquer à arrêter les progrès du mal , car le plus souvent la perte de substance s'accroît graduellement. 11 faut alors combattre l'inflammation chronique, et ici s'appliquent tout naturellement les préceptes que j'ai donnés à propos des polypes qui succèdent à la phlegmasie aiguë du tympan.
La perforation entraine à sa suite une otorrhée dont le traitement le plus rationnel ne parvient pas toujours à diminuer la quantité. La membrane muqueuse de la caisse est exposée au contact derair,elle subit toutes les impressions extérieures, et l'irritation qui en résulte entretient fécoulement. L'inflammation de cette surface ne se propage pas ordinairement au périoste de la caisse et à des
parties plus profondes, lors même que le malade néglige entièrement de se soigner. Dans le cas où Ton emploie des médicaments irritants, le danger augmente, mais presque toujours les douleurs qui en résultent, l'accroissèment de la surdité, les nouveaux caractères que prend la suppuration , avertirent le patient et mettent un terme à ces pratiques blâmables.
Le traitement de cette maladie exige avant tout des soins de propreté. Il faut faire des injections d eau tiè<le aussi souvent que Texige labondance de lotorrhée. La forme irrégulière du méat s^oppose à la libre sortie des matières sécrétées ; par conséquent il faut le laver souvent. Mais cela est assez difficile , et un malade adroit réussit mieux que ne peuvent le faire des mains étrangères (i). Pour ([ue les médicaments que Ton emploie puissent avoir quelque efficacité , il faut absolument que le fond du méat soit débarrassé de toutes les matières étrangères qui sV accumulent.
L'inflammation chronique de la membrane du tympan, avec ou sans perforation , ma toujours paru modifiée de la façon la plus heureuse par des instillations d'acétate de plomb répétées deux ou trois fois par jour. Ce liquide, que j'emploie h la température de Tair ambiant, ou légèrement chauffé , contient une dose variable de sel saturnin, depuis 5 centigrammes jusqu'à 12 décigrammes par 3o grammes d'eau. Lorsque la solution est à ce degré, le tympan et les parois du méat se couvrent de petites lamelles blanches formées par le sel qui se dépose, et je remarque que cette condition est très favorable à Tefficacité du remède. Quand le mal a envahi les parois du méat,
(1) Je ne suis pas de cet avb. Il est toujours incommode de foire toimême cette injection ; il font tenir une cuvette soua Toreille, pousser le piston de la seringue , et la main la plus habile peut difficilement conduire à bien ces choses, qui doivent être foites simultanément. On pourrait réussir plus aisément en se servant de ces clysopompes dont Tusage tend à devenir général, P. M.
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que l'otorrhée est très abondante , et que le patient est d'une constitution lymphatique, il convient alors de donner de fréquents purgatifs salins, de prescrire un régime sévère, et de foire quelques frictions sur la région mastoïdienne avec la pommade stibiée. Les sangsues sont inutiles. •
On a conseillé de substituer aux sels de plomb quelques autres médicaments, comme, par exemple, le nitrate d argent, le sulfate de zinc , l'alun , etc. Je dois dire que, dans les cas où la solution de nitrate d'argent est peu chargée, son effet m'a toujours paru insigniBant. Quand an contraire elle est très concentrée, elle irrite violemment les surfaces malades et Ion ne peut en continuer l'usage. Les autres substances sont dans le même cas. J'en puis dire autant de l'acide pyroligneux à la dose d'un gramme dans 3o grammes d'eau. L'acétate de plomb aie grand avantage de faire disparaître en très peu de temps la mauvaise odeur de la sécrétion purulente, même lorsqu'elle est ammoniacale. Au reste , la crainte d'une suppression brusque de l'otorrhée ne doit pas préoccuper le praticien, le cerveau n'est pas merîacé de quelque phlegmasie métastatique, et même j'ai souvent vu des céphalalgies invétérées diminuer peu à peu et même disparaître tout à foit sous l'influence de cette médication astringente.
Le principal avantage de la solution saturnine, c'est de diminuer l'activité circulatoire dans les parties enflammées. On voit bientôt le tympan devenir blanc; la sécrétion puralente diminue, cesse même, et les bourdonnements, si fotigants pour les malades, s'évanouissent bientôt. Ordinairement aussi l'ouïe devient meilleure. Quand on a constaté que le tympan est devenu blanc, opaque, il est inutile de chercher à obtenir une guérison qui est impossible. S'il y a des indications suffisantes , on peut se décider à perforer la membrane , mais il faut agir avec
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une gi^ande réserve et ne pas oublier que cette opération n'est presque jamais suivie de succès.
Quand il existe une perforation, il faut recommander au malade de fermer le méat auditif avec du cotoq , afin de préserver la membrane enflammée du contact de Tair et de toutes les causes d'irritation. La poussière, les corps étrangers peuvent sans cela pénétrer dans la cavité de loreille moyenne et déterminer des accidents toii}ours fâcheux.
Les excroissances polypeuses qui couvrent le tympan, même lorsqu'elles sont pédiculées, sont très difficiles à enlever. Je renvoie à ce que j ai dit sur ce sujet délicat » tant pour le manuel opératoire que pour les autres moyens cura tifs.
Observation XXVIII. — Caroline Pr... , âgée de vingtsix ans, ayant été exposée, il y a deux ans, à un froid très vif, a éprouvé de violentes douleurs dans les oreilles , et bientôt après un écoulement de pus. Le soir, et surtout quand le temps est orageux , le malade ressent un prurit très fort dans les conduits auditifs, il y a aussi des élancements, d«6 tiraillements , puis de la céphalalgie , et le besoin de se gratter est irrésistible. Il en résulte que les deux oreilles deviennent rouges, brûlantes. I^e mal u empêche pas le sommeil, mais le lendemain au réveil, le prurit se reproduit encore, quoique avec moins de violence. On a placé des vésicatoires derrière les oreilles , on les a entretenus pendant plus de six semaines, et sans aucun avantage. Une exploration attentive des deux méats m'a fourni les résultats suivants. Ma montre est entendue à a5 centimètres du côté gauche, le tympan est blanc, opaque, parsemé de petits points rouges, et couvert d'une légère couche de matière mucoso-purulente. L'oreille droite est meilleure , et ma montre est entendue à 5o centimètres ; la moitié supérieure du tympan est d'un rouge obscur, épaissie , et couverte d'une matière
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bru»^ ; la moitié inférieure Ç9t UaQcbe et opaque. Cette sécrétion purulente devient toujoura plus copieuse quand I9 temps est orageux; il se manifeste alors quelques bourdonnements j mais ils sont de peu de durée. Je prescrivis une solution d'acétate de plomb , 4 décigrammes dans 60 grammes d'eau ; et ce remède» continiié pendant quinze jours, amena une résolution complète de la phleg. masie des deux tympans. Ces membranes sont redevenqai blanches , la sécrétion d^ pus et les démangeaisons ont disparu dans la quinzaine suivante » et Toule s'était améliorée au point que ma montre était entendue à 67 centimètres du côté gaucbe et à 5 mètres du côté droit.
Quelques mois après ce traitement si efficace» la malade éprouva une rechute caractérisée par une douleur aiguë dans les deux oreilles. Les méats externes devinrent le siège d'un gonflement in^mmatoive avec diminution considérable du diamètre de ces conduits. Leur couleur intérieure était d'un rouge pâle, et il sortait de là un fluide épais et rare. Je fis reprendre les injections avec la solution saturnine , et j'y ajoutai des frictions sur la r^ion mastoïdienne avec la pommade stibiée. Douze jours de ce traitement amenèrent la guérison de cette rechute , le méat reprit ses dimensions normales , et l'ouïe se rétablit comme auparavant. Elle ne pourra reprendre toute sa finesse que quand le tympan sera débarrassé de l'épaississement que j'ai noté plus haut.
Observation XXIX. — Mademoiselle Trep... estafÎKtée, depuis sa première enfance^ d'une double otorrhée pulifbrme et fétide , accompagnée de bourdonnements considérables et d'une surdité qui ne l'est pas moins. Elle ne possède aucun renseignement précis ^ur l'origine et la cause de cette maladie. On a fait dans les deux méats, et à plusieurs reprises, des instillations d'huiles irritantes , on a appUqt^é de nombreux vésicatoires , mais toujours
sans succès. En examinant les deux oreilles, je trouve que les conduits auditifs externes sont remplis d'un liquide épais, caséeux, fétide; à gauche, le tympan parait ramolli dans son quart postérieur, il est très rouge en avant et en haut , et ma montre , de ce côté , est entendue à 27 centimètres. A droite, la cloison a perdu sa forme concave, on ne distingue plus l'insertion du manche du marteau , et toute sa surface a laspect d'un bourrelet déprimé, couvert de granulations d'un rouge foncée De ce côté, la même montre n'est entendue qu'à 3 centimètres. Je me suis assuré que les deux trompes d'Eustachi étaient libres et que la santé générale était excel* lente.
Appuyé ^ur ces données exactes, je me contentai de traiter la maladie locale, et j'eus recours à une solution d'acétate de plomb,'qui, en moins de quinze jours, fit disparaître d'abord l'odeur fétide de l'écoulement, et ensuite l'écoulement lui-même; la rougeur de la membrane du tympan s'effaça promptement à gauche et diminua beaucoup à droite. Après un mois de soins assidus , le tympan gauche avait repris presque toutes ses qualités normales, et ma montre était entendue à i mètre 33 centimètres. Le tympan droit continuait de fournir une légère sécrétion puriforme, et l'ouïe ne s'était pas améliorée; il n'y avait presque plus de bourdonnements, mais les altérations chroniques de la cloison membraneuse s'opposaient aux progrès de la guérison. Quelques semaines après, le mieux se manifesta enfin de ce côté, et ma montre fut entendue à I mètre 65 centimètres. Le tympan, encore un peu opaque, paraissait, à cela près, très sain; à gauche la membrane ne fournissait pas de pus , elle paraissait d'un blanc mat, à l'exception d'une tache rouge, lenticulaîre, située sur sa partie antérieure. Les accidents de forme extérieure commençaient à devenir apparents, l'enfoncement ombilical et l'insertion de la longue branche du