JNFL. DE LA MUQUEUSE DE. LOREILLE MOYENNE
avoir iait'iin grand nombre d'expériences pour savoir distingi>er les phénomènes qui se passent dans celle cavité restreinte , et y trouver des signes diagnostiques capables de iaire reconnaîlre la nature deja maladie.
Quand on s'aperçoit que Tair insufflé n'arrive pas jasque dans la caisse, il faut alors introduire dans le cathéter une corde de boyau que Ton tâche de faire parvenirjusqu'à la face interne de la inembrane du tympan. Cette opération réussit assez bien quand on a le soin de prendre une sonde de petit calibre, parce que la corde de boyau qui la parcourt, remplit son canal , ne peut dévier, et sort par son extrémité sans pouvoir quitter la direction que lui imprime rinstrumcnt. Dans le cas contraire , en effet, il arrive très souvent qu'elle se recourbe dans la trompe, se replie, et revient vers le pharynx , ce qui Ciiuse une grande gène au malade^ provoque la tqnx et donne des nausées. Une seconde condilion est égadement indispensable, il faut que la sonde soit fortement engagée dans la trompe , et que son bec soit bien dirigé en haut et en arrière, suivant la direction du canal, il importe encore de se servir d'une corde de harpe (de la lettre E) et de la mesurer sur la longueur du cathéter. On ajoutera à cette longueur un excédant de 4 ù 5 centimètres, pour le reste du trajet à parcourir, et Ton a soin de ramollir un peu cette -portion de la corde afin de lui i*endre le glissement phisfacile(i). Ce tempsde Topéraiion doit être conduit avec beaucoup de douceur; il fout pousser la corde de boyau lentement, h petits coups, et de façon à bien reconnaître les obstacles qui peuvent se rencontrer dans la longueur de la ti^ompc.
(i) Ce ramolliffsement préalable de la corde de boyau me parait de nature à rendre impossible son introduction dans la sonde. On sent bien qu'il ne s*agit ici que de certains degrés de consistance que l'opérateur apprécie à son gré ; il y a là un certain tour de main diflicile à saisir et plus dilCcile encore à décrire; mais Je ne crob pas au succès de cette ■MDoeuTre. P. M.
33 ft MALADISd DE L'OBktLLt IlOYMHfe.
Quand on a constate que la corde de boyau q parcouru un trajet de 4 centimètres au-delà du bec de la sonde , on observe alors plusieurs choses. D'abord le malade ne sent qu'une légère impression de gerçure , de frotte* ment désagréable dans le trajet de la trompe ; quelquefois niéme il n'est averti de son passage qu'au moment où le corps étranger se trouve tout prêt àentrerdans la caisse. Il se rend bien compte des progrès ultérieurs de oette sorte de sonde flexible, il la sent passer entre le manche du marteau et lenclume, et arriver peu à peu jusqu'à la face interne du tympan. Cette sensation devient déplus en plus vive et elle ressemble à une piqûre quand il y a contact avec la cloison tyrapanique. Pi*es(|ué toujours alors le malade s'imagine que la bougie va sortir par le méat externe et qu'il sera possible de la saisir dans l'intérieur dujnéat (i).
Si h'on juge convenable de laisser la bougie en place « voici ce qu'il feut faire. On saisit celle*ci à quelques centimètres au-dessous du pavillon delà sonde, on la tient immobile tandis que l'on retire doucement le cathé^ ter, en ayant soin d'exécuter cette manœuvre de foçon à ne pas entraîner la bougie en même temps que le cathéter. On agit ainsi successivement jusqu'à ce que l'instrument soit tout à fait sorti de la narine, en prenant bien garde de suivre lacourburc la plus commode de la narine,afin de ne
(1) Dans la seconde partie de mon Mémoire «tir V^plonUian de l'appareil auditif {\oyet Gaxelie médicale de Parie, 18 février 184il), J'ai exposé âtec quelque détail lesmolit'squi me portaient à considérer cette introduction de la bougie dans la catité de Toreille moyenne comme une chose impossible. Une corde de boyau, du volume de celle qvi porte dans le commerce la lettre £ , n^a pas la consistance suffisante pour franchir la partie supérieure de la trompe, et vingt fob sur le cadavre yai vainement essayé d'y parvenir. Je n'ai pM élé plus bettre«x sur le vivant , bien que J'eusse choisi des individus ayant la trompe libre. Une ti^ méullique, qui glisse dans le cathéter, peut seule arrt» ▼er Jusque dans la caisse, ei Je maiatieiia ot («t Jusqu'à preuve dttcea^ traire. F. Ji.
INFL. K Là «WUWAMK Htt^ M L*OMN4LfiHiOYEtlNE. MS
pM imprifser èe sceôusses «f^lo beti([i€, et ftlers on coupe eelle<ci à <(iieli)iM6 cenlknèuies en ckhors de Torifice du nez. On la c»Ue*à la peau de Taîk dh^noE au moyen d'tm peftk JMoréeau de laffeiaa fjOmxné. Ainsi placée, elle ne oatise aucune gène au malade, ne Tempêche pas de manyer^-OMiis elle ne peut pas séjourner longtemps dans la tpoaipe d'Eustachi. La corde de boyau se gonfle bientôt , se ramoHk, pin«rette tombe dans la cavité pharyngienne et y déCernAÎiie nd sentiment pénible auquel le malade dok dmiaer tou^ son attention ; car c'est le signe qui im dique la néoe$silé*d'ea)ev«r aussitôt le eorps étranger.
i. — loflamoMkiion de far membrane muqueuse de Pareille mofeaae, avec engouement muquedx. .
Cette-maladie n'est aceompagnée d'aucune douleor k son début, il y a quelquefois dans Kofeille un sentiment de plénitude, de piressien, qui s-étend au côté correapon* dant de la tête. Le plus souvent une seule oreille est affoctée de ces légers symplétnes , quelquefois ies deux o^ ganes sont pris ensemble, et le malade dit que la surdité defBt il eskaiteint est leTésuitat de la présence d'une sorte de voile qui recouvre les oreilles ; il lui semble qu* hIio soupape s'est fermée tout à coup et que louïe se rétobli* raii si fim pouvait lever cet obstacle. Il y a des personnes qui diftot éprouver des craquements dans la profondeur de Toreille, d'autres ressentent des démangeaisons plus eu moins vives dans le fond du méat ; mais ces divers, symptômes sont loin. d'être cphstants.(i). La surdité, q«N
(i] Ces symptômes, que j'ai obserTés atec un soin extrême, servent, wéon mot , à indiquer la nature et fai marche de la maladie. On peut , à Taidede ces petits accidents locaux, distinguer uneaflection de la (rompe de rafleclion de la caisse, reconnaître si le tympan participe à la mala- &, et si rinflammation catarrbale de la membrane muqueuse qui le recontre en dedans conserve ce caractère ou tend à prendre une certaine extension. £n un mot, Vétude de ces symptômes me parait d'une hanta îappcnrtance pour établir le diagnostic et le pronostic des maladies qui. se déveloplMttt dluu la oanté àt r<Nreille moyenne. P. M.
3M MAiièAiM DE 'fcWflK.iie. vmrmNft. -
varied*uiteMské, n'est pa« toujourMiMoinpagiiée^deiNMiff^ (loiiBeiiients, et ceui-ct, quafid il«-existettt, sont très va*> riables. Le plus souvent ils diminuent et ne -tardent pas à disparaitr-e pendant le cotirs de ia maladie et lorsqdekt SMcdité augmente.
Cet affaiblissetnent de louïe est le seul symptéme coBëtant de cette maladie^ mai» il offre des difiRérenoes eoAsidérables dans son intensité et dans sa durée; On remiai^e que louïe est meilleure quand 4e temps- est clair et lorsque la température est élevée, elle est meilleure la nuit et le matin, lorsqu'il y a eu utt peu de transpiration'^ meilleure encore après un exercice violent qui a provoqué une sueur abondante, et quand le nez et la gorge ont fourni une abondante excrétion de mucosités. Toutes les aondttions contraires augment la surdité. Cn nsFroidissenfteAt4;ubit,rhabitairon dans un lieu froid et humide, une vie trop sédentaire, la solitude sous Tinfluence des idée^ tristes , sont des causes qui sont très efficaces pour àggra* v«r la maladie de ia cavité tympanique. Cependant ces vfffiaticms considérables de la surdité sont loin de consti* tuer un symptéme caractéristique de cette sorte de ma^ ladie, et l'on toit souvent des personnes chex qui elles* manquent complètement.
On observe fréquemment deux choses fort différentes dans la marche de cette maladie. Souvent rengoiftmeift catarrlial de la caisse du tympan' avec un certain degré de surdité, persiste ait ttiéme degré pendant une année et pkis, et la maladie semble tout à fait stationnaire ; dans bijen des cas, au coiitraiie, elle s agjjrave ptn a j>t:u , la surdité s'accrott et le mtil a de h tendance à persister, quelque traitement ([u*on lui oppose.
En examinant le nmlade avec soin, on trouve aituvent chae lui la plupart des indices du tempérament lymphatique exagéré , cest-ô-tlire de la coDâtitulion scrofufeuse. liC nez est gvos^ large A la buse^ la lèvœ supérieure
INPL. DE LA MBIfMAIfB MVq. DE l'oEBILLE MOYENNE, m
en épaisse, Fiadîvidu est sujet è de fréquents coryzas, il se mouche beaucoup , il crache souvent , le méat auditif eat garni d'un cérumen abondant et un peu pâle , les régions parotidiennes soni^saillantes , le fond du gosier est presque toujours le siège dune irritation chronique, la membrane muqueuse de cette région est rouge, le voile du palais est épais, la luette est molle et pendante. H faut dire cependant que , chez certains malades, on nobserve rien de semblable; leur constitution est robuste, ils sont dans la force de l'âge, le méat est presque sec, le tympan ti-ansparent, nacré, brillant, et, malgré tout cela, la caisse est le siège d'un engouement mu queux très considérable et parfaitement caractérisé.
. Il est évident que tous ces symptômes nont aucune valeur réeUe et quil faut rechercher des signes qurae puissent laisser aucun doute dans Tesprit d*un médecin attentif. Lie cathétérisme de la trompe d'Eustachi peut seul conduire à la connaissance de la vérité. Mais pour que cette exploration soit utile, il faut se bien garder de la &ire suivant la méthode de Lentin. Voici comment procédait ce médecin :
Lentin jdisposait son malade de telle fiiçôn que la tête était appuyée sur une table, et loreille affectée tournée en haut* Il remplissait le conduit auditif d'eau tiède et engageait le patient à faire une forte expiration , le nez et la bouche étant fermés. Au momentdeoet effort, Lentin regardait le liquide remplissant le méat et examinait avec soin s'il était agité ou s'il restait immobile. Dans ce dernier cas, il en concluait que la trompe d'Eustachi était obstruée.
Cette manœuvre fondée sur une idée théorique très exacte,, ne donne pas de résultats satisfaisants, parce qu'il esta peu près impossible que le malade conserve une immobilité complète. On peut faire le même reproche a« procédé d'Itnrd. Cet auteur conseille également de foire
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une forte expiration, le nez et la bouche étant fermés, par exemple ,* lorsqu'on va étemuer. L'air, chassé avec violence, traverse les trompes -et pénètre dans la cavité tympanique. Le malade doit en avoir la sensation , il se rand compte de la puissance qui a surmonté lobstacle, lors même qu'il existait dans le trajet de la trompe *d'Eus^ tachi. Mais il y a peu de malades en état d'apprécier ainsi la valeur de ces sensations particulières, le degré de sensibilité des parties affectées est loin d'être le même chez taut le monde, et l'on ne peut pas s'en rapporter seulementaux malades pour apprécier le mode d'altération de l'oreille moyenne.
L'introduction du cathéter dans la trompe d'Eustachi et l'insufflation , dans la cavité de la caisse , d'une cer^ taine quantité d'air pins ou moins comprimé , sont les <leux moyens indispensables pour arrix'er à undiajjnostic certain. En feisant cette opération , on constate ou bien que l'air ne pénètre pas dans la caisse , ou bien qu'il y arrive en produisant un bruit de gargouillement. On ne peut pas conserver le moindre doute sur l'existence d'un engouement muqueuxde la caisse, quand l'air, poussé par \a troknpe, arrive dans la caisse et vient éclater derrière le tympan avec im bruit de gros râle humide, et ce diagnostic est encore bien plus positif quand, àla suite de ces phénomènes, le malade remarque qu'il entend mieux. Presque toujours, alors, il y a un soulagement marqué de tous les petits accidents qui accompagnent la maladie , mais il faut ne pas oublier que la diminution subite de la surdité ne dure jamais bien longtemps. Les expériences faites avec la montre doivent être dirigées de fish çon à constater nettement les changements produits par cette opération. A mesure qu'on 4a répète, le maiade éprouve un soulagement plus grand et surtout plus duvable, et quelquefois la guérison est le résultat immédht d.e ce mode de traitement