‹ Traité des maladies de l'oreilleChapitre 27 sur 57 · INFL. DE LA MEMBRANE MUQ. DE L OREILLE MOYENNE · texte numérisé non relu

INFL. DE LA MEMBRANE MUQ. DE L OREILLE MOYENNE

Quand au contraire la sonde étant bien placée, Tair ne peut arriver jusque dans la caisse» ou a la certitude que la trompe est obstruée. Dans ce cas , le malade n'éprouve aucun soulagement, la surdité persiste au même degré, et il faut répéter cette opération avec une grande persévérance, jusqu'à ce que quelques bulles d air , franchissant Tobstacle , arrivent dans la cavité tympanique et fassent entendre à Toreillede l'opérateur un petit bruit de craquement fin. A mesure que Ion multiplie les tentatives, une plus grande quantité d air pénètre dans la caisse, et le malade sent bientôt que sa surdité diminue. Je crois pouvoir établir que dans les circonstances de ce genre , si Tinsuccès persiste après quatre séances, on peut en conclure que la maladie existe plus particulièrement dans la trompe d'Ëustachi, qu elle consiste en un rétrécissement de ce conduit, peut-être même en une oblitération. J'indiquerai plus tard les signes diagnostiques de ces espèces de maladies.

Lorsque l'obstacle à la pénétration de l'air dans la caisse n'est qu'un simple gonflement de la membrane muqueuse de la trompe , le fluide qui arrive dans la cavité tympanique donne, lieu à un bruit de gargouillement moins fort que dans le cas précédent, et il n'en résulte pas une amélioration aussi notable dans la surdité et dans tous les autres symptômes de la maladie.

La membrane muqueuse qui tapisse l'oreille moyenne est la continuation de celle qui existe dans les fosses nar sales et dans le pharynx, sa structure est la même, elle participe aux afl'ections phlegmasi(|ues et catarrhales de ces depx cavités principales ; les maladies de ce genre qui se développent dans le nez et la bouche se propagent à 'la trompe et dans la caisse , les améliorations des pre* mières se remarquent dans la seconde; par conséquent , il est impossible àe ne pas établir de parité entre ces diverses affections. Mais la configuration de l'oreille

2S0 MAUiDIBS DE LOBKILLE MOYENNE.

moyenne rend bien compte de la durée indëtermifiée de ces lésions catarrhales, qui peuvent persister toute la vie sans que la nature paraisse tenter aucun effort critique pour les gnérir.

Il est à remarquer que eette maladie ne change pas ât caractàre en vieillissant. Sa marche essentiellement chronique ne lui fait pas perdre sa forme catarrhale;t)n ne voit pas, à la suite de cette longue durée, la trompe s*oblît&rety à mmns qu*il ne survienne une violente inflammation de la membrane muqueuse de ce conduit. Ces con^ sidérations essentielles m'ont déterminé à séparer Tea gouement mu^ueux des autres maladies de Toreille moyenne. J y trouve d'ailleurs le grand avantage de rendre le diagnostic plus clair et d'éviter toute confusion dans la description des symptômes.

L'engouement delà caviié tym panique se rencontre le plus ordinairement chez les enfants et dans la première jeunesse. H m'est arrivé très rarement d'en observer* quelques cas chez les personnes avancées en âge. C'est une maladie qui semble être l'attribut particulier des enfonts lympathiques ou même scrofuleux, et cependant les constitutions les plus robustes n'en sont pas toujours exemptes; mais chez ces dernières, l'afiection se borne h l'oreille moyenne et ne se lie pas aux altérations des surfaces muqueuses voisines.

La cause occasionnelle la plus ordinaire , on pourrait même dire, la cause unique de cette maladie, c'est le refroidissement de la tête ou des pieds , et cette action du froid plus ou moins forte donne lieu à un engouement' proportionnel. Très souvent la maladie n'occupe qu'une oreilte, et quand les deux sont affectées en même temps , il y en a toujours une qui est beaucoup plus malade que ' l'autre , et qui résiste au traitement avec beaucoup plus d'opiniâtreté.

L'engouement muqueux de la trompe d'Eustachi est

INFL. DE LAJBBCniANB MUQw DE LOMlIiLB MOYENNE. Wi

note ( I ), et cependant on peut s'étonner qu'il en soit ainsi. L etroitesse extrême de ce conduit, qui est tapisse par une membrane muqueuse, la fréquence des enchifrènemenis et des angines pharyngiennes sembleraient offrir les con** cKtioiis les plus favorables au développement de cette raa^ ladie delatrompe, etlexpériencene confirme pas ces vues théoriques. Cependant on Tobserve pendant le printemps et Tautonme, dans les saisons pluvieuses et surtout dans qiidq«ies pays très humides. Les villes maritimes, telles que Hambourg, Stettin, Swinemiinde, Dantzik, Memel, Otetrin, etc., fournissent la plupart des maladies de ce genre qui se sont présentées à mon observation.

Getleétiologte, qui est fondée sur des fiaits exacts et très nombreux , devrait se rencontrep ailleurs , et cependant les médecins aoristes anglais paraissent ignorer complètement le diagnostic et le traitement de cette maladie. Le ciel brumeux de Londres doit occasionner de Fréquents accidents de ce genre, et je ne puis comprendre comment les médecins de ce pays n'en ont pas fait un objet spécial d*études.

Le pronostic de Tengouement mûqueux de la caisse est généralement favorable. On peut encore guérir cette mairie alors qu elle a été abandonnée à elle-même pen* dant plusieurs années , et dans ce cas, si le mal est trèsgrave, il est encore possible de le diminuer beaucoup. Tout dépend de la docilité du malade à suivre un traitement appit>prié. Lorsque cet engouement est récent, qu il se borne à la trompe d'Eustachi ,. même à J'orifice externe de ce conduit, il peut disparaître spontanément, soit à la » de quelque exercice violent qui provoque ta sueur,

(1) Le tableaii plaoéà k page 66 H*eflre, en effet, que <ft4cetd^aWw ûim êe k troavpe et de k mime , aor mi total de S,066 ndaées. Cï^ait P6«r et «MS ebifires domtM m rétollal Ihm Mtereat; Bii^ Titiomi ^^oHefaiBS tmt ee cnepîlfe , j%MHQiNffai ms CMues qvi eat i sur celte stitistiqiie ëe M. Kramer, ^* M,

2^2 MALADIES DE LOnEIfA^E MOre»N«.

soit par les efforts du vomissement qui secoue \e semm^ du pharynx, ou partoutautre phénomène analogue. Dans ces circonstances, le malade senl tout à coup une sorte • de claqtieiDent qui indique Touverture du canal , le passagexle lair, et le& personnes qui ont déjà éprouvé ce ph#> nomène lattendent de nouveau avet impatience, mais souvent aussi en vain (i).

Cette gtiérison spontanée de Fengoucment mnqtieux conetkue Un accident fort remarquable. Voici ce qui se passe dans cette circonstance.' L'air, qui ne pouvait -arriver jusqu'à la caisse, trouve tout à couple passage libre , et aussitôt il se précipite au travers du canal jus* qu a la cavité tympanique, où il entre en produisant nne sorte d-explosion bruyante. Jamais cela ne se remarque chez les individus qui ont un «ngouement muqueux^^hro^ nique , car alors l'espèce de fluxion catarrhale qui existe stir la membi*ane muqueuse de celte région, ne diminue plus assez pour que les choses se rétablissent dans l'état

(1) L^ouTerture spontanée de la trompe est en effet soutent attendue •B vain ; mais les malades sMtndient à en provoquer le letoiir, et i)s y parviennent souvent, grâces à de petites industries que leur suggère la nécessité. Les personnes qui s'observent avec attention et sagacité arrivent bientôt à reconnaître quelles sont les circonstances qui favorisent cette action salutaire du conduit guttural. J'ai fait beaucoup de redier^ ches sur ce point, et j^ai constaté bien des différences dans U manière de procéder. Il y a des malades qui débouchent leur trompe en se faisant éteHkier avec violence , d^autres qui provoquent le bâiUement et sabissent avec habileté le moment précis où les muscles pharyngiens agissent sur le cartilage de la trompe, pour faire un effort d^expiration et chasser Tair dans le conduit distendu. Pour d^autres , Faction de Tair froid sur le vbage produit tout à coup un resserrement de la muqueuse congestionBée ; il y a là un phénotféne hydrodynamique qui est mit à profit pour vaincre Tobslacle existant dans la trompe. G^est dans ce sens fu'agit Teau froide dont on se lave le visage le matin , et quelques per- SMines qui en ont reconnu Tefficacité ont souvent recours à ces abhia&m salutaires. Je pourrait encore indiquer beaoeoupde.pratîqae» ph» — "HftiBi tingultèresr qui ont pour objet de détobttmer le canal eh qoetl|#n, et qui suffisent dans bien des cas pour renouveler Pair dans la oan\é de Toreille moyenne. P* M.

IMPL. DE LA«IEMJMUN£ MU^i>E LOREJbtE MOYENPrE. 25(

iKUUiel. Lu nMiladie de la troiupe, quand elledale de loin, s'est propagée jusque dans rinlérieur de ^caisse, U mucus sécrété est abondaut, et le malade ne peut plus espérer que les choses revienDentdelles-ioéines à l'étal Bormal.

Le pronostic favorable dopxj'ai déjà parJé plus haut se trouve. modifié . par 1 elat chronique et par Textréme tendance de cette maladie à se reproduire sous Tinfluence des mêmes causes. La guérison est d'autant plus prompte, plus facile, que Tindividu est d'une constitution plus ro* }>aste, et qu'il est moins disposé aux engorgements muqueux. Toutes les fois que les. fosses nasales , le haut du pharynx, le voile du palais et Visthme du gosiei* sont le siège d'une affection catarrhale, on doit s'attendre à voir r^engouement miiqneux de la caisse suivre une marche dironique, et il n'est |K>ssible de guérir cette maladie que quand les membranes muqueuses environnantes sont revenues à Téta t naturel. Encore doit-on remarquer que la maladie de Toreille moyenne ne cède bien que quand elle n'est pas trop ancienne ; car, dans ce dernier cas,elle pent persister lors même que le gosier est guéri.

Il est difficile d'olHenir une graode amélioration chez les personnes chargées d'embonpoint, qui mènent ime vie très sédentaire et meangent beaucoup d aliments gras et indigestes. Presque toujours , alors, le traitement ne peut être que palliatif; le genre de vie de ces personnes entretient sans cesse une forte dose d'irritation de la muqueuse pharyngienne, et les moyens curatifs n'ont pas d'efficacité, il en est de même chez les enfants scrofuleux, et, dans ce cas, il faut s'attendre à voir le mal devenir incurable.

aussitôt qne l'on a reconnu la nature de cette maladie» Ml doit se hâter de receui^ir au traitement indiqué. Celui-ci est général et local. Je vais examiner d'abord les moyens généraux, parce qiië ce sont ceux que Ton doit

294 IIALAMBS DE L'OMlUiB HOTEflIfS.

mettre en usage avant tout, et d autant mieux que le efficacité peut quelquefois renëre inutile le traitement loeal.

Lorsque la maladie est tout à fait récente, on peul4|uelquefois la guérira Taide d'un vomitif (i), d'un bain de va«peurs, de boissons sudorifiques ; dans ce cas, on combat ta cause prochainede Tengouement muqoeuxde lacaisse, c'est>-à-(Kre le froid, qui a produit l'irritation catarrhale de la-muqneuse , mais trop souvent lexpérience prouve toute Tinutilité de ces moyens de trartement. Il est très rare que ronaitToccasion de traiter ces sortes d affections à leur début, et quand cela se rencontre, on est plus ceruiin d obtenir un succès direct en ayant recours am moyens qui agissent localement. Aussitôt que la maladie est devenue chronique, les sudorifiques n'ont plus d'efficacité contre elle. J ai -rencontré un malade qui était afiecté d engouement inuqueux de la caisse depuis très longtemps, je lai traité el j'ai vu la guérison survenir assez promptement pendant que cet individu prenait la décoction de ^itmiann (Voir l'observation 46). Gelait n'est pas aussi concluant qu'on pourrait le croire; car «n même temps que ce remède était pris , je faisais des iusnfHations d'air dans la caisse , et les mucosités qui s'y trouvaient accumulées étaient divisées par le fluide q«e jY poussais. Il en résultait sans doute pour elles une bien plus grande facilité à être expulsées , et cette double aotion du moyen local et du traitement nuteme a eontvtbné à rendre la guérison plus prompte.

Je considèlre comme généralement nuisibles tous les remèdes vicdents donnés à l'intérieur dans le but de coo»battre directement la cause présumée de la maladie, il fnut ne pas oublier que l'oreille est un organe très iseléy fwile à aborder d'une manière directe^t immédiate , iomm

(1) Gtnrlis, beo tfjtoro.

Page 1