Surdité nerveuse avec éréthùme
HabitfieUement , les personnes affectées de cette forme de surdité remarquent un affaiblissement progressif «de louïe^ sans que Foreille ait été le siège d aucune sensation douloureuse. Presque toujours le mal n affecte qu un des organes à la fois, et je puis dire que je n ai jamais vu le contraire. Ceux qui spnt atteints de cette maladie ne commencent à s'en apetcevoir que dans les circonstances où il est nécessaire d'avoir Touïe très fine; aussi regardent-ils leur surdité comme on accident passager, car ils n'éprouvent aucune gène dans les conditions ordinaires de la vie. Ils oublient volontiers qu'ils ont mal entendu, et oroient que cette surdité , dout ils ont eu à se plaindre une fois par hasard, a disparu spontanément; mais, plus tard, le malade ou les personnes qui l'entourent s'aperçoivent que l'ouïe devient faible , et cela au milieu des relations ordinaires de la vie , dans des conditions où la surdité devient évidente.
(1) Depuis la publication de aon livre , M. Kramer a singulièrement mxf^ê&é cette division fondamentale. Il dit en effet, dans un Mémoire inséré dans ses Beitraege (Ailditippa), que les bourdonnements d'oreilles peuvent accompagner toutes les maladies de cet organe, sans que Ton puisse indiquer les conditions matérielles de ce phénomène. La présence ^t Pabaence de ces bruits sont tout à fait inexplicables , aussi bien dans les affections franchement inflammatoires de Toreille que dans la surdité nerveuse proprement dite. Cette considération Ta engagé à supprimer la distinction qu'il avait basée sur ce phénomène, et il n'ad- ■let plus qu'une seule espèce de surdité nerveuse. Comme il ne m^est pas possible d'opérer ce changement radical dans le fond et dans la forme du troisième chapitre de cet ouvrage, Je le laisse tel q^'il a été imprimé par l'auteur, me réservant d'y introduire quelques modificationt partieUea svffisaates pour foire apprécier les idées nouvelles de M. Kramer. P. M.
Cette augmentation de la maladie n'est jamais bien prompte; on la constate, non pas au bout de quelques mois, mais bien plus tôt, après Tintervalle d'une année; et presque toujours alors les deu? oreilles se trouvent afFectées de la même manière. Tant que Tun de ces organes était saiu, cela suffisait pour masquer la maladie de Tautre, mais la chose devient évidente quand ce progrès s'est effectué.
Les bourdonnements se montrent quelquefois dès le début de la surdité nerveuse ; dans d'autres cas, ils se développent plus tard , et Ton remarque qu'ils sont touJQurs plus violents dans l'oreille primitivement affectée. Le malade compare ces bruits d'abord à un murmure sourd, semblable à celui des vagues d'une mer lointaine, puis au "bruissement qu'occasionne lu pluie en tombant sur le feuillage; dans certains cas , ils ressemblent aux bourdonnements des insectes, puis au tintement des cloches; •enfin quand le mal s'aggrave , ces bruits se transforment en sons clairs, chantants, lés uns resseoiblent aux gazouillements des oiseaux, les autres aux sifflements du vent d'orage, aux bouillonnements aigus delà vapeur qui s'échappe d'une théière dont l'eau est en ébuUttion. Tout cela est bon à noter, car ces divers degrés peuvent servir à apprécier la grarvité de la maladie, , Beaucoup de personnes ont de la peine à se rendre compte de ces phénomènes. Les unes croient que le bruit a son siège, hon pas dans les oreilles, mais bien dans la cavité du crâne, les autres ne savent pas <ian$ quelle oreille il existe. Quoi qu-il en soit, les bourdonnements subissent Tinfluence directe d'un grand nombre de causes extérieures ou intérieures. Ainsi tout travail de téta y toute contention d'esprit, tout épuisement moral pu physique, augmente ces bruits; il en est de même du temps orageux, d'un froiid vif et piquant, d'une accélération notuBle dans le ipouvemeut circulatoire; Toujours au
SUfiDITÉ NEEVEUSE. 557
coQtraire on les voit diminuer d*une manière sensible sous Finfluence du repos, de la gaieté, des conditions qui assurent le calme de Tesprit et la satisfaction morale.
Pour que ces bruits soient effaces par ceux du dehors, il faut qu'ils soient faibles , car aussitôt qu ils ont pris un certain degré d'intensité , cette condition extérieure n'agit plus sur eux.* Quand ils n'ont pas beaucoup de force, ils se font remarquer plus particulièrement dans le calme de la solitude.
En général la surdité donne lieu aux mêmes observalionsque les bourdonnements. Elle est toujours plus forte quand le temps est sombre, orageux et froid, quand le malade est en proie à des idées tristes , qu'il passe les nuits sans dormir, qu'il s'affaiblit par suite de pertes quelconques, et qu'il vit dans un repos absolu. L'altération de l'o^e diminue dans toutes les conditions opposées, et cette diminution , bien qu'elle soit de peu de durée , est souvent assez considérable pour donner aux malades une trompeuse sécurité. Ils négligent la maladie, ils comptent sur uneguérison spontanée, ou bien ils perdent un temps précieux et réclament beaucoup tn^ tard un traitement qu'ils ne suivent qu'avec peu de zèle.
Quelles que soient les variations que présentent les bruits et la siupdité, cette dernière augmente toujours plus ou moins promptement, et le malade ne peut plus substituera l'ouïe^qui manque, un degré d'attention capable d'en diminuer les inconvénients. En dépit de tous les* auxiliaires , il est forcé de reconnaître que le sens faiblit et que la surdité ne peut plus être considérée comme un résultat de distractions ou de l'inattention. Peu à peu cette infirmité devient gênante, non seulement pour celui qui en est affecté, mais encore pour tout son entourage, et cette maladie acquiert une grande importance quand le malade occupe certaines positions sociales dans lesquelles une bonne oreille est indispensable. Ainsi les avo-
cats , les juges , les jurisconsultes , les professeurs , les militaires se voient dans la fâcheuse nécessité de renoncer à îeur carrière. La vie domestique elle-métne petA une grande partie de sdn charme, toute conversation confidentielle devient impossible quand il y a nécessité déparier haut, de placer la bouche près dune oreille paresseuse, et les expressions cordiales ou affectueuses trouvent difficilement place dans une phrase qu'il faut crier avec force.
Ces tristes conséquences de la surdité en entraînent d'autres qui ne sont'pas moins déplorables. Le malade qui se trouve ainsi isolé , tliéme au milieu de sa famille et dans le cercle de ses meilleurs amis , devient triste , défiant, et les bruits dont il est sans cesse tourmenté dans sa solitude, contribuent encore à augmenter son malheur^ Les bourdonnements prennent souvent une intensité désespérante, ils poursuivent le trïalade dans toutes les actions de sa vie, raccompagnent au lit, retardent son sommeil , Finterrompentet revientient avec une nouvelle force dès Tinstant qu'il se réveille; ils occasionnent une pesanteur de tète qui devient très fatigante , Ils donnent lieu à des étourdissements, des vertiges ^ et s'opposent au libre développement de la pedsée.
Presque toujours cet état nerveux s'accompagne d'une diminution notable de la sécrétion cérumineuse, il y a souvent dans les méats des démangeaisons très fatigantes, et la peau de ce conduit se dessèche, se gerce et devient le siège d'une desquamation habituelle. Il arrive deux choses fort opposées ; ou bien l'intérieur du méat perd sa sensibilité tactile, ou bien cette sensibilité s'exalte à un point extrême. Le premier cas, qui est le plus fréquent, fait croire au malade que son oreille est paralysée, ou qu elle est revêtue d'une feuille de parchemin , et quelquefois cet état singulier de la peau du méat s'étend à tout le pavillon et même aux parties voisines.
SUBDITi NERVEUSE. S 59
Si Ton tie parvient pas à s'opposer aux progrès de la maladie quand elle est arrivée à ce degré, la sensibilité des nerfs acoustiques diminue de plus en plus, et la sur^ dite finit par être complète. Alors le malade ne peut plus saisir la voix, même quand elle est forte et qu'on lui parle à loreilFe, et bientôt au milieu du monde, il se trouve dans «ne solitude absolue. Très souvent le sens de Fodorat et celui de la vue s'affaiblissent en même temps , et je n'ai jamais eu Foccasion de rencontrer un seul individu chez lequel les autres sens aient acquis un surcroît d'activité vitale, sorte de compensation théorique dont tout le monde parle sans en donner la preuve. Le malade n'éprouve de consolation au milieu de ses peines que par la diminution des bruits; ceux-ci s'apaisent graduellement, et cessent enfin lorsque la surdité est totale. I^ nerf acoustique , à mesure qu'il devient inhabile. à saisir les sons extérieurs, perd en même temps la faculté de percevoir les bruits mtérieurs, et le patient n'est 'plus tourmenté parée tapage qui fatiguait son cerveau.
Il est à remarquer que les malades affectés de surdité nerveuse ne peuvent supporter les grands bruits extérieurs, et surtout celui que font en parlant certains individus à là voix claire et perçante. La conversation devient pour eux impossible avec ceux qui parlent ainsi, Foreille malade devient douloureuse ; tandis que les personnes qui ont la voix grave, vibrante, sonore, pleine, avec une sorte de résonance métallique, leur causent une impression agréable. L'oreille malade saisit avec facilité la parole qui est lente et bien accentuée, et le pauvre sourd se réjouit de rencontrer une voix qu'il entend aussi bien.
Dans bien des cas , l'habitude de converser avec les mêmes personrles , l'étude de la physionomie , celle du mouvement des lèvres , donnent au malade une singulière aptitude à saisir les paroles, et Ton peut croire, surtout dans le téte-à-téte , que la surdité est beaucoup
moins forte qu'on ne le pensait. C'est encore là une des causes qui entraînent le retard que Ion met à se faire soigner, et qui rendent ces sortes d afFections trop souvent incurables. Toutes les fois que. le malade, placé. dans iin cercle nombreux, ne distingue plus les paroles des divers interlocuteurs , quand la conversation générale ne forme plus pour lui qu un murmure confus et inintelligible, alors îl est temps, et plus que temps, de se soumettre à un traitement convenable, et peut-être pourra-t-on en retirer quelques résultats utiles.
Quand une personne affectée de surdité nerveuse se trouve dans une voiture qui roule sur le pavé, lorsque dans une chambre , elle appuie la tête contre le montant d'une fenêtre au moment où les voitures qui passent dans la rue font trembler la maison, lorsque Ton sonne les cloches du voisinage , lorsque Ton bat le tambour, ces bruits sourds et réguliers produisent une telle excits^tion sur les nert^s acoustiques, que le malade entend alors la voix, pendant leur d^rée, mieux que les individus, dont l'oreille est tout à feit saine. Ces derniers , en effet , sont assourdis par ce tapage. Ce phénomène singulier que les malades regardent comme une améhoration , ne dure pas plus longtemps que la cause qui le produit. Les sons aigus, éclatants, comme les trompettes, les limpalles , produisent toujours un effet opposé et nuisent constamment a l'oreille affectée de cette sorte d'affaiblissement de l'ouïe.
ir arrive quelquefois que la maladie s'arrête d'ellemême à un certain degré qu'elle ne franchit plus , et cela sans (|ue Ton puisse savoir à quelle circonstance on doit attribuer cette chance favorable. Les faits de ce genre sont rares, isolés, et Ton ne peut jamais s'en autoriser pour omettre ou pour retarder un traitement si nécessaire.
St}A01TÉ ?iEK\ËU8£ TOBPIDE. 361
S. Surdité nerveuiê torpidê ou avee foràlytiê^
Cette maladie ne difFère de la précédente qu'en ce que les bourdonnements sont nuls. Ainsi les mêmes causes produisent des phénomènes semblables , seulement la sensibilité des nerfs acoutisques n'éprouve pas cette surexcitation qui produit les bruits dont il a été question.
La surdité s'accroît de plus en plus jusqu'à ce que le malade cesse enfin d'entendre la voix de ceux qui lui parlent. "Les méats sont dépourvus de cérumen , et ce conduit reste tout à fait sec. Rien n'est plus rare que la présence de cette matière grasse dans une oreille ainsi paralysée. Le plus souvent la peau du pavillon perd une •grande partie de sa sensibilité tactile , comme je l'ai déjà indiqué ^aus la surdité nerveuse avec éréihisme. J'ai toujours troi^véy dans les deux formes de maladie » la membrane du tympan blanche comme du papier , et plus ou moins opaque. Cela tient peut-être à ce que les mouvements moléculaires quis'opèrent au $ein des tissus vivants se ralentissent et cessent même tout à fait dans les organes privés de leur activité vitale ( i ).Mais l'abus fait .par les malades de certaines applications irritantes, de liquides spiritueux, me parait une cause bien plus directe de l'o-
(1) Ce paragraphe (t oyez aussi page 358) contient la seule mention que M. Kramerait fidte, dans son livre, des lésions des nerfii accessoires de foreiUe. Cette insensilHlité de la peau du méat externe et du pavillon provient, sans nul doute, de Tafiection du nerf facial, ou portion dure de la septième paire. J*ai été surpris, Je Tavoue, d^une semblable omission. Pal rencontré un grand nombre de paralysies de la face dqnt le point de départ était jine maladie de Poreille moyenne ou interne, et je me réserve de décrire la connexion intime .qui existe entre cette perte de la sensi-^ bilité ou de motilité , et les formes chroniques de l'inflammation de la caisse. Cest un sujet d'études nouvelles très capables de Jeter quelque lumière sur les fonctions de certaines parties contenues dans la cavité de ToreiUe moyenne. P. M.-
s 62 MALADIES DB l'OREILLE INTERNE.
pacité de la cloison tympaniaue, et ces causes matérielIes^ doivent avoir une grande efficacité pour produire ce résultat fâcheux.
En général , le conduit auditif externe et la trompe d'Eustachi sont dans Tétat normal. Lorsqu'il existe quelques complications de ce côté , on peut les enlever , les détruire complètement, sans qu'il en résulte aucune amélioration pour loreille malade. Ainsi on débarrasse le méat externe de concrétions cérûmineuses, on enlève de la trompe des mucosités qui s*y sont accumulées, on peut même remédier entièrement à un rétrécissement de ce canal membraneux, sans que le malade entende mieux ; et dans le cas où l'ouïe s'éclaircit un peu, ce n'est jamais aussi marqué que quand les obstacles matériels sont la seule cause de la surdité.
Bien que, dans la première partie de ce chapitre, j'aie attribué aux bourdonnements une importance extrême comme moyen de diagnostic pour la surdité nerveuse, je ne prétends pas cependant que la présence de ce symptôme forme le seul caractère de cette maladie. On a vu, dans les chapitres précédents , que les bruits dans les oreilles se rencontraient dans plusieurs affections bien distinctes, et l'on a même cherché à tirer parti de la diversité de ces bruits pour arriver, parla, au diagnostic de certaines maladies de l'organe auditif. Jusqu'ici cette tentative n'a pas réussi , et je crois que l'étude de ce phéno» mène singulier conduit directement à une eondusioa.biftn diflFérente. On arrive à penser que les bourdonnements ne peuvent pas être considérés comme une maladie spéciale, mais qu'ils se rattachent d'une manière quelconque à certains états pathologiques de l'appareil auditif, sans cependant que cela s'observe d'une manière réguUère et ooBstante.
Beaucoup d'auteurs , parmi lesquels je citerai èuftotrt
SURDITÉ NERVEUSE tORPItNS. 363
Swan (i), Saunders et Curtis , ont cru que la présence seule des bourdonnements suffisait pour regarder la surdité comme nerveuse , et cette manii^re de penser, acceptée par beaucoup de praticiens , sur la seule reconi mandation de Fautorité de ces médecins aurlstes , a produit les plus fâcheuses conséquences. Il n'y a pas moins d'inconvénients à considérer les bruits acoustiques comme le résultat habituel d'une congestion sanguine vers la tête et plus particulièrement vers les oreilles. Les traitements basés stir ces vues théoriques absolues sont presque toujours préjudiciables aux malades. La t^ongeslion sanguine est rare et on ne l'observe que quand il y a un mouvemenl fébrile très prononcé.
Les bourdonnements se rencontrent dans des cas de simple embarras cérumineujt du méat externe, ou d'en-
![ouement muqueux de la trompe d'Eustachi ; ils se déveoppent sous l'influence de ces causes, disparaissent quand l'obstacle est levé, ou bien ils manquent tout h fait. Souvent alors Ils dépendent d'une complication nerveuse, et pour tout observateur attentif, il sera clair que ces bruits ne sont pas le résultat d'un afflux sanguin vers l'oreille, de varices ou de dilatations artérielles dans le système vasculaire de l'appareil auditif.
Dans la surdité nerveuse avec excès d'irritabilité, la cause prochaine des bourdonnements se rencontre dans celte disposition même du nerf acoustique. Or, les mouvements circulatoires qui se passent auprès des différentes branches constituant l'appareil nerveux de l'oreille interne , sont facilement perçus par ces organes dont la sensibilité est exaltée, et cela se remarque plus particulièrement pendant les accès de fièvre, en raison de l'afflux sanguin qui se fait vers ces parties délicates. On comprend très bien comment ui\ exercice violent qui
(1) Â fTMlifi an di$e<u$ê and iniuri$$ofth$ nervm. 2* édit. 1834. p,3«7et8e<).
S6& MALA0IK8 DE LOEEILLB INTKRME.
accélère le mouvement circulatoire > détermine une aug* mentation considérable de ces bruits» absolument comme cela arrive sous Tinfluence des passions tristes qui réagissent sur le système nerveux cérébral.
Le diagnostic de cette maladie ne peut être établi avec quelque certitude que d après un examen attentif de i oreille. On trouve le méat externe libre , sain , et le plus souvent entièrement dépourvu de cérumen, et dans le cas où cette matière s'y trouve accumulée, la présence ou Tabsence de ce corps étranger n'ont aucune influence notable sur louïe. On trouve également là trompe d'Eustachi dans l'état normal ; la caisse est libre , le malade {)eut y pousser de Tair avec facilité; et si Ton pratique le cathétérisme, on reconnaît que la cavité de Toreiile moyenne est exempte de toute lésion appréciable. On ne doit pas se contenter des renseignements que le malade fournit sur ce point, il importe de passer une sonde et de s'assurer d'une manière précise"des phénomènes que je viens de décrire. En appliquant l'oreille sur celle du malade, on sent l'air arriver dans la caisse et bruire contre la membrane du tympan , il remplit la cavité de l'oreille moyenne et l'on dirait que ce fluide passe de là dans l'oreille de l'opérateur.
Presque toujours, à la suite de cette opération , le malade remarque, et c'est là un signe certain de l'existence d'une surdité nerveuse , que- les bourdonnements augmentent d'une manière notable et que l'ouïe devient plus mauvaise; ces deux phénomènes ne durent ordinairement que quelques heures , ainsi que le sentiment de vertige (|ui les accompagne. Ces suites du cathétérisme sont d'autant plus marquées que la douche d'air a été plus violente et que l'excitabilité du nerf acoustique est plus considérable.
Lorsque la surdité nerveuse avec éréthisme se trouve compliquée. d'engouement muqueux et même de rétré-
SUtolTÉ NERVEUsr TORPIOE. S65
dssement de la trompe d'Eustachi, Faction nuisible de la douche d'air ne se fait sentir que quand elle a fait disparaître ces deux lésions accessoires. Il en est résulté d'abord une certaine diminution de la surdité et des bourdonnements» mais cette amélioration s'arrête là, et FefFet secondaire ne tarde pas à détruire les espérances que Ton s'était bâté de concevoir. Aussitôt que Tinjection d air dans la caisse ne donne plus lieu à un bniit de gargouillementy et que ce fluide arrive sur la cloison tympanique sans mélange de ces bruits causés par Tagitation des matières muqueuses , la maladie principale reparaît avec ses premiers symptômes , et elle s'accroît à mesure que Ton persévère dans Fusage des moyens qui avaient d abord paru réussir.
Les effets de Fair comprimé sur Foreille sont d'autant plus considérables que celle-ci est affectée d une lésion nerveuse plus aiguë, ils le sont d'autant moins qu'elle se rapproche davantage de la forme torpide ou paralytique; et cependant ils peuvent encore avoir une action très fâcheuse sur cette dernière si Fon donne beaucoup de force au jet de fluide lancé par la pompe foulante.
On pourrait encore regarder comme un signe diagnostique de la surdité nerveuse, la facilité avec laquelle les malades entendent la voix au milieu des bruits les plus étourdissants; mais ce phénomène, dont j'ai déjà parlé, n'est pas assez constant pour qu'on doive y attacher une grande importance. C^est un accident singulier , inexplicable et dont on ne peut faire un caractère vraimeut spécifique.
Swan (i) et quelques autres auteurs (2) sont davis que Fon ne doit regarder comme une surdité nerveuse que celle dans laquelle le malade est absolument privé de la foculté d'entendre. Ils refusent cette dénomination aux
(1) A ir$at. on dii$a$»$andinj. ofthe nerv, p. 267. (t) Heckèr'i Annalen 1834. Maen Heft. p. 337-354.
maladies dans lesquelles il y a encore perception de sons AU travers des ois temporaux, ou quand le sens s'exerqe par lentremise des corps conducteurs solides appliqués contre loreille. Suivant eux, il fiiut que If paralysie des nerfs acoqstiques soit complète , mais cette manière de voir est tout à £iit erronée. Il doit y avoir, dans cette espèce pathologique, des degrés différents , comme dans toutes les autres maladies, et cette abolition dfB la sensibilité acoutisque est une chose heureusement fort rare. Tontes les nuances d*altération de la sensibilité de Toreille, depuis la santé parfaite jusqu a la paralysie complète, doivent être considérées comme des degrés de la Biu*dité nerveuse, dès que Ion a constaté qu il n'existe dans Tappareit auditif aucune lésion capable de rendre compte de cet aflaiblissçnient de la sensibilité.
Sur les aooo malades qui figurejit dans mon taUeau Tpage 66) il y en a 1 074 qui m'ont offert des affections du nerf auditif , et cela n a rien de surprenant si Ion a égard à lextréme activité vitale de Tappareil acoustique. Ce sens fonctionne dès le moment de la naissance, il perr siste jusqu'à Tinstant de la mort et cesse à peine pendant le sommeil. L'oreille n'est pas protégée comme Tcçil, contre les impressions trop violentes qui viennent du dehors, et cela explique la fréquence de ses altérations nerveuses.
Cette espèce de surdité a taujours une durée considérable , son développement n'est jamais rapide, et sa marche, qui est dabord lente et obscure jusqu'au moment où le malade commence à remarquer son infirmité de ce côté, s'accroît ensuite de mois en nlois, d'année en année, et reste quelquefois à l'état stationnaire, mais cela est rare. Il iaut pour cela que le patient se trouve dans dçs circonstances très favorables, mais comme on observe souvent la condition contraire, le mal s'aggrave et constitue une privation énorme. Les efforts de la nature se
SUBDITÉ NERVEUSE TOB^IDp. |67
manifestent rarement dans ces circonstances, et Ton ne doit pas compter sur leur intervention. D'ailleurs la maladie tend à se perpétuer en raison du retard que mettent les malades à demander les secours delà médecine. Voici une indication en cbifFres de Tépoque à laquelle j'ai été consulté par les personnes atteintes de surdité nerveuse. Une seule s'est adressée à moi dans la première semaine de la maladie, celle ci dépendait d'une chute sur la tète; 5 individus étaient affectés depi^is un mois, 23 depuis moins d'un an. Il yen avait 998 qui étaient malades depuis plus d'une aniiée, et parmi ces derniers, 253 étaient sourds depuis plus de dix ans, et 94 depuis plus de vingt ans.
Parmi les causes de la surdité nerveuse , on doit noter en première ligne l'hérédité. J'ai trouvé que chez plus d'un tiers des malades affectés dç cette lésion de Toreille, il y avait d^es accidents semblables dans la famille. Cfsla explique comment des hommes, très robustes d'ailleurs, sont atteints de cette espèce de surdité. Dans le plus grand nombre des cas , la débilité du système nerveux est une cause prédisposante très efficace, et chez les individus doués de ce genre de constitution, la plupart des agents excitants sont capables de produire cette maladie. Les progrès de l'âge eqtrainent , comme conséquence nécessaire, Tafiaiblissement de tous les organes, et en par^ ticulier du sens de Toiue, et, dans ce cas, la surdité nerveuse affecte la forme torpide ; mais il s'en faut bien que tous les vieillards en soient également affectés.
D'après mes observations , l'influence du sexe sur la production de cette maladie ne serait pas très marquée , et en effet, je compte 58 1 hommes et 447 femmes. Cependant il faut supposer que cette différence tient à quelque circonstance particulière, car les affections nerveuses SQot toujours plus fréquentes chez les femmes, leur constitution étant éminemment fevomble au développement de ces sortes de maladies.
s 68 MALADIES DE l'oREILLE INTERKE.
A quelque âge que Fou observe la surdité nerveuse, on là voit s'accroître progressivement, et j ai vu des hommes desoixante et même de quatre-vingts ans présenter, sous ce rapport, une ressemblance parfaite avec des individus de vingt ans. Le degré de surdité n oflFre pas de variations bien notables, et quand il s'en présente ils sont ordinairement de peu de durée.
Si l'on pouvait s'en rapporter exclusivement aux malades, les refroidissements seraient la cause occasionnelle la plus ordinaire de la surdité nerveuse , mais dans le plus grand nombre des cas , les individus affectés de cette lésion des oreilles ne peuvent indiquer d'une manière exacte l'époque précise du début de la maladie. Il est certain que toutes les causes débilitantes ont beaucoup d'influence sur l'apparition de ces premiers symptômes, et sur leur accroissement progressif. On doit placer en première ligne les grandes inquiétudes , le cha* grin accompagné de larmes abondantes , la colère , les veilles prolongées. Je note encore comme très efficaces, l'action directe du froid sur la tête, les applications d'eau froide sur cette partie et sur les oreilles , les saignées fréquentes, les applications de sangsues derrière les oreilles, les diarrhées chroniques , la masturbation , une vie trop inactive, les fièvres nerveuses, les suppurations longtemps entretenues au moyen des sétons, des cautères, etc. On a voulu placer sur la même ligne les convulsions des enfants (i ), la dentition difficile, les douleurs de dents à toutes les époques de la vie, les afïections vermineuses, etc., mais je crois que c'est à tort; J admets cependant que les violentes secousses delà tête ont une in-
(1) 11 est certain que là surdité complète qui se déf eloppe pendant les deux ou trou premières années de la fie, et qui entraîne le mutisme, arrÎTe le plus son? enl à la suite de convulsions. Or, ceUe espèce de mtdite doit être surtout considérée comme nerfeuse, et M. Kramer me lui refusera pas ce titre. Donc son assertion est beaucoup trop exclusive.
SURMTÉ NERVEUSE TORPIOE. 369
fluence fâcheuse sur Fouie; j ai constaté plusieurs cas de surdité complète occasionnée par des soufflets fortement appliqués sur la joue. Dans d'autres circonstances , la même .infirmité résultait de lexplosion du Canon ou de grands bruits analo{jues.
Le pronostic de la surdité nerveuse ne peut être établi d'unejnanière générale. Ce que j ai dit plus haut à propos de la durée de la maladie , doit être pris en grande considération, il faut également tenir compte de Tâge des malades et des divers moyens de traitement qui ont été mis en usage. Lorsque la surdité. est telle que le patient entend à peine une montre qui est entendue à ^a distance de lo mètres par une personne ayant louïe saine, lorsque cette montre n'est plus entendue quand on lapplique sur le pavillon de Toreille, on peut, en général, regarder cette affection comme incurable. Les chances de guérison deviennent moindres encore si Tindividu est également sourd des deux oreilles, s'il est déjà dans un âge avancé, si sa constitution et son genre de vie habituelle sont capables d'entretenir ou d'aggraver le mal sans que Ton puisse rien changer à ces circonstances défavorables. Le pronostic devient plus grave à mesure qu^ ces conditionsr fâcheuses s'accumulent chez le ménàe individu. La jeunesse est toujours avantageuse en ce que la maladie peut être plus facilement modifiée par tous les agents extérieurs, et que le nerf auditif , à mesure que l'on avance en âge, résiste aux divers modes de traitement qui conviennent dans ces sortes d'affections.
On doit encore tenir compte d'une autre circonstance. Dans la surdité nerveuse avec excès de sensibilité, il faut administrer un certain nombre de remèdes légèrement toniques, fortifiants, et dont les bons effets ne se font sentir qu'après qu'on les a employés pendant un temps considérable. Cette particularité doit engager le médecin à se montrer fort circonspect dans son pronostic, et sur-
^70 MALAOtfcâ bE l*orèilLë interne.
tout à ne pas se hâter dannoncer les heureux résultats qu il attend de ses soins.
Très souvent le$ malades oublient qu on leut avait donné peu d espoir ; ils croient que quelques mois de traitement doivent améliorer leur position d une feçon remarquable , et c'est pour prévenir les inconvénients de (iette disposition d*esprit, que je me suis fait une loi de consigner par écrit mon opinion sur la maladie et sur les suites probables du traitement que je mets en usdge. Grâce à cette précaution, on peut toujours prévenir les reproches qUe les malades adressent au médecin quand la guérison n'arrive pas au gré de leur impatience (i).
Cette guériSon est d'autant plus difficile que les individus ont été plus profondément débilités par remploi de remèdes excitants. Les tierfs acoustiques sont fortement ébranlés par l'emploi de certains agents très actifs, comme le séton, les cautères, les bains de mer, et plus particulièrement encore par rélectricité,le galvanisme, et même par le magnétisme. Dans la surdité nerveuse avec ététhisme, loreilleest puisshmMent Irritée par ces agents, et quatid ils ont été employés avec peu de prudence, on peut dire qtle la maladie est devenue incurable.
Si Ion compare les deux formes de la surdité nerveuse sous le rapport du pronostic, ou trouvera que la première offre généralement moins de chances fiivorables que la seconde. Le tnode de traitement qui est appHca-
(1) S*il éUit convenable de louer un médecin quand il agit d'une aanlére honorable et conscîencieufte , Toccasion ne m^aurait pas manqué dans le cours de ce traYail ; mais ce soin est inutile, et lous ceux<iui liront le livre du praticien de Berlin reconnaîtront la sincérité de ses paroles. La précaution qu'il indique dans ce paragraphe est eicelle&te, et, avant de la trouver ainsi recommandée , Je l'avais prise pour mon propre compte, dans le but d'établir bien clairement les progrés de la surdité ou ceux de la guérison obtenue à l'aide de mes soins. Il sertit à désirer que tous les médecins agissent de la même manière, q«e Ton se servit toi^ours de la même montre, et que ces évaluations se fissent avec une précision rigoureuse. P. M.
SUIIDITÉ MIRVBtJSE T0RP10£. 171
Me à Fexoès de sensibilité doit être dirigé avec uoe prudence extrême^ puisqu'il est lui-même excitant, aussi doitil agir avec moins de promptitude.
En général 1 amélioration de Fouïe, dans ces sortes de maladies, n'est pas incompatible avec Texercice ordinaire du sens auditif, tel que cela doit avoir lieu dans les rap** ports sociaux habituels, maiale succès du traitement est gravement compromis toutes les fois qu il se développe une fièvre nerveuse, ou que le malade est en proie à des chagrins pi^ofonds. L'action prolongée du iroid n'est pas noins dangereuse en pareil cas.
La crainte des rechutes devient moins fondée à mesure que ramélîoration de la maladie date déjà de plus loin et que le traitement a été suivi avec plus de régularité. Le traitement de cette espèce de maladie ne peut jamais durer moins de (rois mois, et j ajoute qtie les résultats favorables deviendront d'autant plus certains et plus brillants^ que le patient aura consenti à prolonger davantage lapplication des remèdes dont je parlerai bientôt.
Il fout dire, en outre, que même dans les circonstances les plus défevombles, lorsque la maladie, déjà très ancienne, ne peut plus laisser qu'un foible espoir de soulagement, il convient de soumettre le patient à im traitement méthodique dans le but d'empêcher la surdité de foire des progrès , et pour conserver un reste d'ouïe qui M tarderait pas à disparaître tout à foit.
On peut dire que les tnédecins anglais sont ceux qui ont le plus dévié de la bonne voie dans la thérapeutique des affections nerveuses de l'oreille, et cela est une couséquence de leur manque de diagnostic précis dans ces sortes de maladies. Ils assurent cependant avoir obtenu de brillants succès dans ce genre de traitement. Gleland(i) qui a eu la modestie de déclarer qti'il abandonnait la surdité nerveuse aux savants de ta Faculté ^ n'a (1) Philo$. Tranêae$. p.848etaeq. — nV)-41.
pis trouve d'imitateurs parmi ses compatriotes. Ainsi Gurtis (i) dans certains cas det surdité nerveuse non démontrée , a osé administrer le calomel et quelques autres purgatifs, aussi longtemps que les forces ^u malade le permettaient. Lorsque cette espèce de surdité lui paraît évidente, et Ton sait combien ses moyens de diagnostic sont imparfaits 4 il prescrit les cantharides, les saignées, uu régime débilitant, le calomel et le sulBeite de magnésie.
Swan (a) administre au début de la maladie, de fréquentes doses de calomel que le patient doit prendre le soir; dans le jour, il donne la poudre de jalap et le sulfate de magnésie; de plus, il applique, une fois par semaine, des sangsues derrière les oreilles , et il interdit au malade Fusage de la viande et des boissons spiritueuses. S'il y a quelques signes de congestion saifguine vers la tête, il ouvre la veine du bras, de crainte que le malade ne soil frappé d apoplexie.
Wright (3) conseille Fusage de la rhubarbe, de Faloës, du séné et du soufre. Si ces divers médicaments n'amènent pas la guérison, il engage le' malade à chercher un traitement médical convenable.
Saunders (4) a recours aux applications de sangsues , aux purgatifs drastiques , et enfin à quelques préparations de quinquina destinées à opérer la résolution de l'engorgement lymphatique qu'il suppose exister dans les enveloppes du nerf acoustique.
■ Buchanan (5) paraît accordor beaucoup de confiance aux remèdes dits altérants, ainsi qu'aux vésicatoires , aux sétons et aux purgatifs salins.
(1) Loe. cit. p. 74.
(2) A trealiié on the diieasêê ofthe nervês. 2* édit. p. 2W.
(3) On nervous deafnêss, p. 78.
(4) Th$ anat, of the kuman ear, p. S7.
(5) An ehgraved repreientation ofthe anatomy of thê human 9at. Synopt. tablt, Genui XL
SURDITÉ M£AV£USE TORPIDe. 373
Ces diverses méthodes de traitement n ont aucun rapport exact avec la nature de la surdité nerveuse , et il en doit être ainsi puisque tous les médecins dont les noms précèdent, nopt jamais établi le diagnostic précis de cette maladie. J'en puis dire autant des traitements vantés par Beek, Yering, Jos. Frank, Saissy, etc., ces praticiens en auraient eux-mêmes jreconnu Tinutilité s*ils avaient acquis quelques idées exactes sur la nature de cette affection du nerf acoustique.
Deleau n a rien dit sur sa manière de traiter cette maladie. Il n a pas osé suivre la voie judicieuse ouverte par Itard, et dans laquelle ce médecin, après y avoir fait quelques pas, n a pas eu le courage dé persévérer. On trouve dans son ouvrage (i) plusieurs faits de paralysie essentielle des nerfs auditifs. La première observation de ce genre a été diagnostiquée d'une manière fort incomplète; la trompe d'Eustacbi n a pas été examinée, aussi ne peut-on avoir une opinion motivée sur la valeur des moyens de traitement mis en usage dans cette circonstance. Itard donda à l'intérieur des préparations ferrugineuses , et de plus, il appliqua plusieurs moxas sur la région mastoïdienne. Cette observation ne peut être considérée comme concluante, car on ne sait pas précisément en quoi consistait la maladie.
Le second malade affecté, suivant Itard, de pareil ysie du nerf acousdque, n a pas été examiné avec plus rie soin que le précédent, et le diagnostic n'est basé que sur des considérations générales tout à fait insuffisantes en pareille circonstance.
En résumé, je me crois parfeitement autorisé à formuler la proposition suivante : Dans aucun ouvrage publié jusquh ce jour y il n'existe un seul /ait de surdité nerveuse dia^ gnostiifué avec soin , et j'ajoute comme corollaire que^jus-
(1) Traité, e(c. t. 11. p. 328-345.
ZIU MALAD1RS DE LOBKILLB INTBKNE.
qu à présent^ on n'a pas encore établi la véritable méthode ewrative de cette maladie.
Tout ce que Itard a dit, sur ce point important, n*est base que sur des considérations théoriques et n a pas été soumis par lui à l'expérience clinique. Ses conseils peuvent être considérés comme non-avenus, puisqu'ils ne sont pas fondés sur un diagnostic rigoureux (i).
Dans le traitement de la surdité nerveuse, il importe beaucoup de tenir compte de la santé générale du patient« Il s agit , en efFet , de combattre une débilité locale, et Ton ne saurait le foire avec quelques chances de succès, tant que la débilité générale persistera , tant que le système nerveux sera affecté, tant que l'appareil digestif ne fonctionnera pas bien , tant qu'il y aiHra une diarriiée persistante, des dérangements dans le flux menstruel, un trouble dans l'intelligence, etc.
Il ne faut ps croire que la surdité devra disparaître lors même que l'on sera parvenu à rétablir dans leur ordre régulier, la plupart des fonctions dont je viens de parler. Ce serait une grande erreur. Très souvent même, il arrive que ces soins bien entendus , et qui ont eu une si heureuse influence sur la santé générale , diminuent les bourdonnements et rendent la surdité moins forte, mais l'amélioration se borne à cela, et encore n'est-elle pas de longue durée. Toutefois, il ne fout pas désespérer du
(1) Cette finme d*«rgiioif nt«tîan att,eo«Bie on «pa 1« remarquer mhi- Tcnt dans le court de cet ouvrage, très habituelle à M. Kramer. Je oe crou pas qu'une logique rigoureuse puisse s>n accommoder. Qu'aurait-on dit de Laënnec (f espère que M. Kramer acceptera cette co^nparaison) ^ avait aie les épidémies de pneumooies observées par StoU, par Sydeoham, par Baillou et autres grands praticiens des siècles précédents, sots prétexte qu'ils n'ataient pas pratiqué Tauscultalion et constaté la présence du râle crépitant ? tJn homme comme Itard a pu diagnostiq«or «ne surdité nerreuse sans prendre tant de précautîooa minatieiMOS et peut-être bien, sans dire qu'il les eût prises, et je ne pense pas que l'on puisse rayer d'un seul trait de plume' ce qu'il a écrit sur un sujet qu^il possédait d'une manière supérieure. P. M.
SUHDITÉ I«EgVfiU8E T0B9IDE. $7$
succès. Lorsque ls\, constitution 4u malade est raftermie» on doit s'ocuper avez zèle du traitement de la |ésioi| d^ l'appareil auditif.
Je regarde comme absolument inutiles et superflui^ tous les moyens à T^ide desquels on essaie de ranimer Tactivité vitale du nerf acoustique, ou de détruire une humeur métastatique » ou de poipbattre une pblegrq asiç que riei^ pa démontre. Ainsi les vésicatoires , les sétons, les cautères, la ponunade stibiée , ]^s moxas, rélectricit4^ p ont aucune ef^cacité en pareil cas» Je crois même pouvoir affirmer que, le plus souvent, ils aggravent la maladie, apcélèrent le moment ou }a paralysie s'emparç de ces nerfs et devient incurable.
Une £3ule de moyens etnpiriques ont été vantés dans le traitement de cette fâcheuse malfidie , et sans que Fou. puisse citer à lappui un seul fait ayant quelque valeur. Ainsi lapplication sur les oreilles d'un pain chaud fendu suivant sa longueur, les instillations dans les méats de liquides spiritueux, les frictions avec des pommade§ irritantes dans Tintérieur du conduit auditif, sont des remèdes souvent dangereux ; ou voit à la suite de leur emploi la peau du méat s'epflammer, le tympan est en* vahi parla phlegmasie aiguë pu chronique, il devient opaque, il s épaissit et sa texture délicate subit des modifications très fâcheuses. Quand Touïe s améliore un peu sous Tinfluence de ces remèdes irritants , ce n^jeux est très passager, et bientôt la maladie réparait avec un surcroît d'intensité.
Quelques médecins ont vanté différentes espèces de bains , et plus ps^rticulièreipent encpre les afTusionç d'eau froide sur la tête. On a dit que ce moyen avait surtout la propriété de réveiller la sensibilité des ueyk acoustiques que Ton supposait affaiblie > ^t Ton favorisait cette action imaginaire en administrant à Tintérieur quelques remèdes toniques, comme le q^inquin9> les diverses j)ré-
376 MALADIKS DE LOBEILLE INTEBNE.
parafons ferrugineuses, Tinfusion <1e fleurs d arnica, Fassa-fœtida j etc. Ce traitement provoque d*une manière certaine, des congestions sanguines vers les principaux viscères, surtout vers Tencépbale; il détermine une surexcitation nerveuse du sens de l'ouïe et un prompt épuisement de sa sensibilité. Prescpie toujours les bourdonnements et la surdité font de rapides progrès.
Le traitement local de la surdité nerveuse doit différer en tout point de ce que Ton a iait jusqu'ici. Itard, le premier, a quitté la voie empirique où s'égaraient ses devanciers, il a songé à diriger, vers l'organe malade, des médicaments nouveaux , et sous ce rapport, il a iait faire un grand pas à la science. Il a proposé d'introduire dans la cavité de l'oreille moyenne des vapeurs d'éther acétique qui se dégageaient d'un appareil (i) de son invention. L'éther était versé dans un petit vase fortement chauffé par la flamme d'une lampe à alcool ; mais il faut noter que ce liquide, soumis ainsi à une haute température, se décompose au lieu de se vaporiser, et fournit à l'oreille moyenne, en place de vapeurs éthérées , des gaz irritants qui , s'ils peuvent convenir dans le cas de surdité nerveuse avec paratysie, sont certainement nuisibles quand il s'agit de surdité nerveuse avec excès d'irritabilité. L'acide carbonique, l'hydrogène carboné avec excès de carbone, l'hydrogène pur ou mêlé à une certaine quantité d'air ou à des vapeurs éthérées , sont en général nuisibles aux nerfs acoustiques quand on les introduit dans la cavité tympanique, et ces résultats sont tellement positifs qu'on peut d'avance prévoir l'insuccès où les inconvénients des tentatives qui auraient pour but d'employer dans ce genre de traitement, l'oxigène ou certains autres gaz également excitants.
On a essayé de vaporiser l'éther acétique d'une autre
(1) Traité, etc. t. II. pi i. fig. 7.
dUBDITÉ NEBVEUSE TORPIDB. 377
façon. Un petit flacon rempli de cette substance volatile a été placé dans un vase plein d'eau chaude, et la vapeur ^i s'en échappait était dirigée vers la caisse, au moyen diin tuyau approprié à cet usage. Ce procédé a de grands inconvénients. L'éther se vaporise avec une extrême rapi<^ dite y et loreille moyenne en est inondée.
Voici le moyen qui m'a paru le plus convenable. Un grand flacon, de la contenance de dix litres de liquide , est fermé par un bouchon , dans lequel passent deux tnyaux de cuivre pourvus chacun d un robinet. L'un de ces tubes est muni à son sommet d un petit entonnoir, dans lequel on peut verser de Teau ; l'autre reçoit un long tube flexible servant à conduire les vapeurs d'éther jus* que dans Tintérieur de loreille moyenne.
Quand on veut se servir de cet appareil, on place sur l'ouverture du flacon le bouchon armé de ses deux tuyaux. On ouvre le robinet de celui qui est terminé par un entonnoir, et Ion introduit par là, dans le vase, la quantité d'éther dont on a besoin. On souffle par ce tube,,a6n de diasser le fluide volatil dans Tintérieur du flacon , et Ion ferme le robinet. Bientôt Téther se vaporise par le seul fait de la température ambiante. Ces vapeurs remplissent le grand vase, font efifbrt contre ses parois, et si Ton ouvre alors le robinet de Tautre tube, elles s en échappent avec un sifflement aigu.
Pour entretenir la sortie de ce fluide élastique, on verse peu à peu dans Tentonnoir, une certaine quantité d'eau froide qui tombe dans le vase et prend la place des vapeurs qui s'échappent. On obtient ainsi des vapeurs d'éther exemptes de tout mélange ; on sait quelle est la quantité qui sort du grand flacon, et Ton peut fiacilement apprécier leur mode d action sur l'oreille. Il est nécessaire de proportionner la quantité de vapeurs à la susceptibilité des nerfs acoustiques, et de modérer la sortie de ce fluide en raison de Tinflueûce qu'il exerce sûr les bour-
379 MAtADIKi DE LOBElLLi: IMTËKNE.
donneroents. Souvent, en effet, les bruiiis augmentent beaucoup , et la surdité devient bien plus forte que quand on n emploie que les simples insufflations d air dans IW térieur de la caisse. Il ne faut pas oublier que cette cavité a des dimensions fort exiguës, et que les vapeurs qui y pénètrent lont bientôt remplie; il en est ainsi, à plu# forte raison, pour le labyrinthe dans lequol^lles s'introduisent par la fenêtre ovale (i).
Je pense que Téther acétique est celui qui convirat le mieux dans cette circonstance. L'étber sulfurique» surtout quand on lui adjoint le camphre, les huiles essentielles, la teiuture de café, ma toujours paru produire une surexcitation fâcheuse des nerfs acoustiques, alors même que j'employais ces divers agents à de faibles dose^, Is malade doit être assis près d'une table sur laquelle il appuie le bras qui tient le tube par pù sort la vapeur de* tber, afin d'éviter que Finstrument ne se déplace et n'abandonne lentonnoir du cathéter.
J ai rhabitude de donner à ces séances d'insufflation de vapeurs éthérées une durée d'un quart d'heure environ; je les répète tous les jours, alternativement sur chaque oreille, quand elbs sont affectée^ toutes deu^. Il me sem* ble imprudent de faire la même opération sur les deui oreilles dans la même séance. Le malade doit donner une grande attention à ce qui se passe chez lui ; il doit éta* dier les bourdonnements, afin de savoir s'ils sont augmentés par l'emploi de ce remède, et alors lopéEiateiir devra diminuer la dose des vapeurs ou la durée de la
(i) rai cru d*«bord quUl y avait quelque obscurité daoi U t«xtf ; mais, en conanltant Touvrage original^ on Tpit que M- Kramer a bien nettement exprimé sa pensée. C'est tout simplement une erreur anatomique. La base de Pétrier remplit la fenêtre ovale, il n'y a pas de commanîçation possible entre ToreiUe moyenne et le vestibule. S% u'ê^çmsait par hasard de la fenêtre ronde, Pcrrenr ne serait pas moindre. Voir la dissertation de Scarpa : De êtrueturd fenêêtrœ rotuniœ auHs, et dé tympmw saeimclano mmiùmimÊ cb§$mmti9nê$. Maal««e, 1771. P. M.
«yUDITt liSAVEUSS T0|||»1J)«. 379
$é9Mê. $i loreille devient meilleure après cette opération, on doit regarder ce signe comme favorable. Le fait contraire n est pas une preuve d'insuccès, car lopératioa en elleHOdéme est fatigante; le bandage frontal cause de la gône, et'toutes ces choses irritent la tête et occasionnent une augmentation momentanée de la surdité. Ces symptômes accidentels ne durent pas plus d'une demi-heure habituellement. Cependant si, à la suite d*un certain nombre de séances, il y avait un accroissement notable de la maladie, si les bourdonnements prenaient une grande intensité, il faudrait diminuer la quantité d'éther et n en user que quelques gouttes, ou même une seule. Dans ce cas, on est rédnit à interrompre le traitement , jusqu à ce que la maladie soit revenue à son état primitif, et lorsque ee résultat est obtenu, on recommence lemploi de la même méthode curative, mais en ne donnant d'abord que les plus faibles doses du médicament Si cette seconde tentative occasionne les mêmes accidents, on doit considérer le mal comme incurable. Mais il faut regarder ces cas eomme très exceptionnels.
Presque toujours on voit la surdité diminuer et les bourdonnement^ $ arrêter pendant que Ion insuffle les vapeurs d ether acétique. Après une ou deux semaines de ces soins, la montre est entendue à une distance de plus en plus'considérable, et cette amélioration est ordinairement en rapport avec les conditions favorables que prétrate le patient. Plus l'individu est jeime, plus la maladie est ré^nfe, et pliis il y a de chances de succès.
Il convient de foire des insufflations d*éther tous les jours, sans interruption ; c'est le meilleur moyen d arriver à un bon résultat. L'époque menstruelle ne doit pas même élre un obstacle, à moins toutefois qu elle ne soit accompagnée d'un surcroît de bourdonnements très considérable. La grosfesse, au contraire, ne permet pas que l'on ait recours à ce. genre de traitement. La malade qui se
560 MALàOlES DE l'oREILLE INTERNE.
trouve enceinte doit prendre beaucoup de précautions pour empêcher laflaiblisseaient du système nerveax, et pour mettre ses oreilles à Tabri du froid et des autres causes qui pourraient donner lieu à une affection catarriiaie des trompes, car cette maladie accessoire deviendrait plus tard un grand obstacle à Tintroductien des vapeurs étbérées dans la cavité de Toreille moyenne. On sent qu*il est nécessaire de remédier à cet inconvénient quand il'existe, et qu'il y a là un traitement préalable à mettre en usage, afin de favoriser l'emploi de celai qui doit remédier à la principale cause de la surdité.
Tout ce que je viens de dire sur les insufflations de vapeurs d'éther acétique ne s applique pas à la surdité nerveuse avec paralysie. Il faut recourir, dans ce cas, à des stimulants plus énergiques, et cest alors qu'il convient d'employer les procédés indiqués par Itard. L'éther, décomposé par la haute température du vase de cuivre dans lequel on le verse, doit donner des produits d'une grande puissance; mais l'appareil d'Itard est très imparfait. Le petit vase rougi au feu se refroidit avec une grande rapidité; il faut le remplacer par un autre dont la température baisse tout aussi rapidement, de sorte qne les vapeurs dégagées sont d'abord brûlantes, puis à peine tièdes. Ces variations sont f&cheuses, et l'oreille les supporte difficilement.
J'ai cherché à remédier à cet inconvénient majeur, et voici ce que j ai fait. La cloche de verre est soudée sur une base métallique de peu d'épaisseur, et que l'on chaufife par dessous, au moyen d'une lampe ordinaire. Cette chaleur sufRt pour vaporiser très promptement l'éther, qui tombe goutte à goutte sur la plaque, et cette vapeur s'échappe par le tuyau qui la conduit jusque dans la cavité tympanique. J'ai ajouté à cela un petit thermomètre qui repose sur le food du grand vase et indique la température des vapeurs qui s'y dégagent.
SURDITÉ N£AV£USK TOAPIOE. 58 1
Dans les cas de surdité nerveuse torptde, il feut répéter les séances, comme dans lautre forme de maladies; on doit traiter chaque oreille successivement, et en mettant un jour d'intervalle entre chaque application du remède. On peut prolonger les séances au-delà du quart d'heure indiqué pour la surdité avec excès d'irritabilité. On observe une notable amélioration à la suite de ces insufflations stimulantes , non pas toujours d'une manière prompte et immédiate , parce que la fetigue de l'opération, la gène du bandeau 'frontal et autres causes peuvent empêcher ce résultat (i); mais ordinairement on constate . la diminution de la surdité au bout de peu de temps. Ici encore, c'est Téther acétique qui doit être choisi de préférence à tout autre, et les autres circonstances accessoires doivent être les mêmes que quand il s'agit de la surdité avec éréthisme.
Observation LF. — Mademoiselle Wol..., âgée de.onze ans, d'une bonne santé habituelle, est affectée depuis deux ans environ d'une surdité accompagnée de bourdonnements dans les deux oreilles. Cette maladie est survenue sans que l'on puisse savoir à quelle occasion , et. Jusqu'à ce jour, elle n'a été l'objet d'aucun traitement. J'ai trouvé les deux méats externes parfaitement sains, les deux trompes m'ont paru exemptes d'altération , et une injection d eau tiède ayant été faite dans le conduit auditifexteme, il en résulta une douleur aiguë qui dura jusqu'au soir. Ma montre est entendue à 15 centimètres
(i) J'ai dit qa^il était possible de se passer de tout cet aUirail , et, pour mon compte, il y a longtemps que Je n'y ai plus recours. Le succès de Topération est 4'autant plus assuré que le malade la supporte plus facilement 11 faut donc agir atec t>eauconp de légèreté , simpli6er le manael, et abréger un peu la dorée de ces séances, qui deriennent très fatigantes surtout pour les femmes. Il m'arrite très souvent d'interrompre Topération, d'accorder un temps de repos au patient, et de recommencer la manœuvre. Ce moyen m'a sourent réussi, et Je le recommande.
Sft2 MALADtlfS DE L'oABILLB IlffTBRNE.
du Côté gauche, et seulement à la distance de 4 centimètres à droite.
Au commencement de janvier 1 8S2, je poussai tous les jours des vapeurs d'éther dans la cavité de la caisse , en ayant soin d alterner les séances et de ne^iraiter qu une oreille par jour. Je versais seulement six gouttes d'éther acétique dans le flacon , et j'y introduisais ensuite 5oo grammes d eau pour chasser la vapeur éthérée. Aucun autre remède ne fut employé. Les bourdonnements dis-
' parurent tout à feit au bout d*un mois de traitement, et dans cet ihtervalle, qimnd quelque exercice violent les réveillait , ils ne duraient que fort peu de temps. La jeune malade se plaignait de ressentir vers le tympan des pico-
. tements aigus pendant toute la durée de la séance.
Ces soins furent continués avec une grande persévérance pendant quatre mois consécutifs. L'enlant se portait à merveille et ne changea rien à son genre de vie habituelle. Au commencement de juin, la même montre était entendue à la distance de 2 mètres par loreille droite, et à îè mètres 60 centimètres à gauche. Je oessai tout traitement, parce que la malade quitta la ville et séjourna pendant neuf mois dans une campagne éloignée. Lors de son retour, je constatai que Touïe avait conservé son même degré de finesse, bien qne la irienstruation se fût établie au milieu de quelqties troubles assez considérables.
En mars i833, je repris le traitement et le continuai pendant cinq mois. L'amélioration de Toreille allait toujours en augmentant, et, à la fin de cette seconde période de soins, ma montre ^tait entendue, de chaque côté, à lll distance de 10 mètres. La jeune personne pouvait être considérée comme parfaitement guérie, et les l)ourdonnements avaient tout à fait disparu.
Cette observation prouve quelle heureuse influence peut exercer un traitement de ce genre. Je ne me suis
StJRDtTÉ NfeRVEUSE TOtll^IDE. 8^3
occupé que de la maladie locale; la thérapeutique hiise en usage n a eu d'action que sur l'organe nerveux lésé, et le succès a été complet. Il ne faut pas oublier qu un^^pareil résultat ne peut être obtenu qiie par une grande per* sévérance dans l'emploi de ces insufflations de vapeurs éthérées.
Observation LVL — Un jeune homme de seize ans , M. Gren..., de Postdam, d'une bonne santé habituelle, est affecté de surdité depuis sa première enfance, et cette faiblesse de l'ouïe s'accompagne de bourdonnements perpétuels dans les deux oreilles. On n'a pas pu me dire quelle est la cause de cette maladie , ni comment elle s'est développée ; seulement j'ai appris que la sitrdité avait paru s'aggraver d'année en année ^ bien que l'on eût largement employé les vésicatoires, les sangsues, les purgatifs, les injections aqueuses et les douches de vapeurs dans les conduits auditifs externes.
Un examen attentif me prouva que les méat^ n'étaient le siège d'aucune altération. Les trompes d'Eustachi étaient également saines, et le jeune malade disait que son oreille droite était le siège d'un bruit semblable au chant des oiseaux , tandis que la gauche éprouvait un bourdonnement moins fort et moins soutenu. Ma montre n'est entendue du côté gauche que quand elle est appliquée sur le pavillon métne; l'oreille droite est meilleure, et elle perçoit le son de cet instrument à la distance de 16 centimèti*es.
Pendant quatre mois de l'année 1833, je soumis .Ce jeune homme à l'usage Aei insufflations de vapeurs d'éther acétique , et ce traitement réussit à un tel point que les bourdonnements et les autres bruits disparurent entièrement, et que la même montre fut entendue du côté droit à a mètres 3o centimètres , et à a mètres 60 centimètres du qôté gauche.
Revenu plus tard à Postdam, il éprouva un grand re-
394 MALADIES DE t'ORElLLE INTEfiNE.
froidissement qui occasionna une affection catarrhale de la trompe d'Eustachi. La finesse de louïe diminua aussitôt dans une proportion considérable , mais je pus remédier à ce symptôme fâcheux au moyen de quelques inr sufflations d'air dans la trompe, et louïe se rétablit parfaitement. Il y eut cependant de fréquentes rechutes; la moindre imprudence ramenait la surdité^ et je conseillai les eaux de Marieubad pour combattre cette tendance au retour des affections catarrhales des membranes muqueuses. Le malade redoubla de précautions pour éviter les refroidissements ; il fut soumis en outre à des insufflations dair pendant six semaines, et tous ces soins furent couronnés d'un plein succès. Il y a maintenant plus d'un an qu'il est guéri de cette maladie, etToreille a conservé le même degré de finesse qu elle avait à la fin du traitement.
Observation LVIL — Un jeune homme du même âge que le précédent, M. Lor... deRœnigsberg (Prusse), d'une faible constitution , lymphatique , scrofuleux même , et très sujet aux syncopes, a commencé à éprouver, vers Tâge de huit ans, des bourdonnements d oreilles qui se sont bientôt accompagnés d'une surdité notable. Le mal a fait des progrès lents , et Ion ne sait à quoi Fattribuer. J'ai appris qu'il y avait dans la famille plusieurs personnes affectées d'une surdité assez grande. -
Ce jeune homme a pris des bains de mer pendant trois années consécutives et sans en retirer aucun bénéfice. En i833, ma montre était entendue à la distance de 8 centimètres du côté droit, et de i mètre 32 centimètres à gauche. Le méat droit n'offrait aucune lésion appréciable, tandis que le gauche contenait une sorte d'excrobsance charnue, rougeàtre, de la grosseur d'un pois , située près du bord du tympan, et sécrétant une certaine quantité de matière purulente. Les deux trompes d'Ëustachi étaient hbres et saines.
SURDITÉ NEHVEUSE TORPIUE. S 85
Jem'occapai d'abord dé ce petit polype, et après Tavoîr cautérisé au moyeu du nitrate d argent^ il fut bientôt entièrement détruit. Ceci terminé, je fis pendant cinq mois des insufflations <ie vapeurs d'éther acétique dans }es deux oreilles moyennes, et à cette époque il ne restait pas de traces des bourdonnements occupant loreille gauche; ceux de la droite étaient devenues tellement faibles que le malade avait besoin d'une grande attention pour reconnaître leur présence. L'ouïe avait feit de grands progrès et la même montre était entendue , du côté gauche, à la distance de près de 5 mètres, et à i mètre 3o' centimètres du côté droit.
Dans le courant du mois de décembre de la même année , le jeune homme ayant voyagé de Berlin à Kœnigsberg, éprouva un refroidissement qui donna lieu à une affection catarrhale de la caisse avec une surdité consi* dérable des deux côtés. On put remédier assez promptement à ces accidents fâcheux , mais il resta dans les deux oreilles, une disposition aux catarrhes qui se manifestait à la moindre occasion. Ces rechutes entraînaient toujours un affaibjissement notable de Touïe , et le malade n€ pourra en être débarrassé que quand un traitement approprié aura fait cesser cette altération de la membrane muqueuse qui tapisse la trompe et la caisse. Il faudra recourir aux procédés indiqués dans le second chapitre de cet ouvrage. Malheureusement, le malade n'a pu, jusqu'à ce jour quitter son pays et revenir à Berlin , et Kœnigsberg parait entièrement dépourvu des moyens de traitement qui seraient applicables à sa maladie. Je renvoie aux détails contenus dans YObservation LVI pour faire voir comment il fout combattre une complication d'affection catarrhale de loreille moyenne.
Obsef^ation LVJII. — Mademoiselle von Pan ,
grande et robuste , d'une excellente constitution , est tourmentée depuî» cfuelques années par des bourdonne-
ItC MALâDiRS DB LORBILLK INTERNE.
ments continuels qui s'accompagnent d'une surdité croissante. Tous ces accidents augmentent à la suite de quelque travail fatigant , et même à IVccasion d'une prome* nade un peu longue, et, dans cette ciroonstance , la malade se plaint d'avoir la tête lourde et d éprouver des étourdissements.
Beaucoup de remèdes ont été employés sans succès. Les bains russes, les instillations de substances iiTi'> tantes, les fomentations les plus actives» Télectrictlé même, n'ont produit aucun bon résultat , et ces diverses tentatives infructueuses ont donné lieu à un grand découragement. La malade est triste, abattue; elle croit que tous ces moyens de traitement ont aggravé sa surdité , et elle désespère de lé guérison. Elle ignore tout à fiiit la cause de sa maladie ; sa marche a été lente , tes progrès presque insensibles , mais cependant la chose est arrivée à un tel point que l'oreille gauche n'entenri le bruit de ma montre qu'à la distance de 5 centimètres , et la droite qu'à celle de 1 1 centimètres.
Il a été facile de constater une absence de toute lésion notable dans les deux méats ; les trompes étaient également saines 9 mais la susceptibilité des nerfs acoustiques était si grande, que la seule insufflation de l'air dans les caisses dbnnail lieu à un accroissement de la surdité et à des étourdissements considérables. Ces deux accident étaient, à la vérité , de peu de durée. Enfin , la malade se plaignait surtout d'éprouver dans les oreilles la même sensation que produit la présence du bout du doigt quand il est placé dans les méats.
J'eus recours k l'insufflation des vapeurs étbérées , et les séances furent continuées pendant trois mois et demi sans interruption. A cette époque, il n'y avait plus dé* tourdissemenis, plus de bruits, et ce sentiment de gène, décompression dans les méats externes avait totalement disparu.
SUADITR NKAVEVSE TOaPlDE. 387
L'ouïe 8 était améliorée d'une manière très notable ; ma montre était entendue » à gauche» à la distance de 66 centimètres , et , à-droite , à la distance d'uo mètre. Je regarde ce résultat comme dautant plus remarquable que la malade ayant été soumise à Faction de Télectricité, la sensibilité spéciale des nerfs acoustiques avait dû être ébranlée ou épuisée » et la guérison offrait moins de chances favorables.
La malade fut forcée de quitter BerUn, et je ne pus en conséquence continuer mes soins et améliorer les oreilles. J'ai su depuis que cette amélioration s'était effectuée dans le cours des mois suivants, et ce phénomène ^ qui survit à l'application immédiate du remède » est une des choses les plus constantes et les plus remarquables de ce mode de traitement.
Observation LIX, «^- Madame Ja..., douée d'une coa* stîtution robuste, mais avec prédominance sanguine, appartient à une fomille dans laquelle on compte plu^ sieurs exemples de surdité. Elle a éprouvé une inflam* mation érysipélateuse du pavillon de Toreille droite, et cette maladie , qui est survenue à In suite d'un dernier aco^uchement, s'est reproduite chaque année depuis cinq ao6. La phiegmasie cutanée a envahi les yeux , et à produit une ophihalmie cbronique qui n'a cédé qu'à l'emploi des bamssaUns. Le mal a reparu aux oreilles. Le méat gauche a été, a diverses reprises, le siège de petits abcà« très douloureux qui ont été traités avec avantage par les bains russes.
En id33, la malade se rendit à Tœplitz, y prit btauooiip de bains qui mirent un terme à la maladie du co»diiît auditif; mais il survint des bourdonnements dus^ svftvant toute apparence, à la haute température de ces eaux thermales , et la surdité resta abselun^ot au métB% point. L année suivante, je trouvai les deux BBéats externes et les tyuapans dans I état naturel ,. et je
remarquai même qae le cérumen était sécrété d'une façon normale. La trompe d'Ëustacbi droite était libre , mais la gauche olFFrait un engouement muqueux qui ne céda tout à fait qu'à de nombreuses et fortes insufflations d air ; il me fallut plus de dix séances pour rétablir le passage de ce fluide au travers de ce conduit. Du côté droit, il n'y avait pas de bourdonnements, et ma montre était entendue à la distance de i mètre 33 centimètres. A gauche, au contraire , les bruits étaient forts et continus, et le bruit de la même montre n'était perçu qu'à 6 centimètres.
Le 2 juin , je commençai à injecter dans les caisses des vapeurs d'éther acétique, et le la juillet suivant, les bourdonnements avait entièrement cessé, bien que la malade fût tourmentée par les chaleurs d'un été brûlant. Malheureusement, cette dame fut prise, le 1 6, d'une inflammation aiguë des gencives, au côté gauche de la mâchoire supérieure, et les bourdonnements se firent sentir de nouveau à cette occasion. Quelques semaines plus tard, ils disparurent et revinrent à diverses reprises, mais à un moindre degré , et finirent par persister , mais sans nuire à l'audition qui s'était considérablement améliorée. En effet, après cinq mois de traitement, ma montre était entendue du côté gauche, à lo mètres de distance, et à plus de 6 mètres à-droite. La mauvaise saison ^tant survenue, la malade voulut cesser tout traitement. Je sais convaincu qu'en contiuuant ces soins , le résultot eût été encore plus rei^iarquable.
Observation LX. — Mademoiselle We..., de Grossen, d'une bonne santé habituelle , mais sujette aux angines gutturales , est affectée d'un gonflement chronique des amygdales qui est la conséquence de ces fréquentes inflttmmations. Depuis quelques années, la phlegmasie du gosier n'avait pas reparu , mais il était survena à sa place, iles bourdonnements violents, accompagnés d'une
SURDITÉ NERVEUSE Te>fiP|]>e* 989
surdité considérable. On avait cherché àt^ombattre cette maladie d'oreilles par des douches de vapeurs dirigées dans les conduits auditifs, par des bains russes , des saignées locales et générales , par des cautères et des instillations de liqueurs irritantes. La maladie fit des progrès rapides , et tous ces moyens de traitement demeurèrent sans efficacité.
En janvier i832t, je constate que ma montre n'est entendoe, du côté droit, qu à la faible distance de quelques millimètres; elle ne Test pas du tout à gauche. Il y a des bourdonnements violents dans les deux oreilles, et la malade croit toujours entendre de leau en ébullition. Les deux méats externes sont dans letat normal. La trompe droite est également saine , mais la gauche est obstruée au point de ne pas permettre à Tair insufflé d'arriver jusque dans la caisse du tympan.
Je fis quelques injections deau tiède dans la trompe droite , et il en résulta tout à la fois des douleurs dans la cavité tympanique, et une augmentation des bruits et de la surdité. 11 me fallut répéter cette opération un assez grand nombre de fois pour que le liquide arrivât dans loreille moyenne gauche ; il y produisit les mêmes symptômes que dans la droite, mais à un degré inférieur. La trompe, ainsi douchée, resta perméable , mais sans qu'il en résultât rien d'avantageux pour l'audition.
Je traitai cette surdité nerveuse par des insufflations d'hydrogène carboné; puis j'employai de Fhydrogène pur, et enfin de l'hydrogène mçlé à lair dans des proportions déterminées.Tous ces agents médicamenteux produisirent des effets fâcheux : les bruits augmentèrent; la surdité devint plus forte , aussi je me hâtai de rempliacer ces différents gaz irritants par des vapeurs d'éther acétique.. Après les avoir administrées pendant près de trois mois consécutifs, et sans avoir eu recours à aucun moyeu auxiliaire, les bourdonnements diminuèrent d'une ma-
oitre très notable,et louïe s améliora an peu. Ma montre fut entendue à 6 centimètres à droite, et à 3 centimètres à gauche.
Le traitement fut suspendu pendant quatre mois , et le changement favorable que je viens d'indiquer se soutint à merveille; je recommençai les insufflations de vapeurs éthérées , et les séances furent continuées pendant cinq autres mois. A cette époque, il n*y avait plus de traces de bourdonnements, et lauditioi^ s'était améliorée au point que ma montre était entendue à 3o centimètres du doté droit et à 1 8 centimètres du cdté gauche.
Il y eut encore un intervalle de deux ans pendant lequel l'ouïe ne subit aucun* changement fâcheux, et la malade, avec ce degré d'audition, n'éprouvait presque pas de gène dans l'accomplissement des devoirs sociaux. Elle avait été si longtemps presque tout à fait sourde, que son état actuel lui paraissait comparativement très heureux.
Au commencement de l'année i835, il survint un état catarrhal de la trompe d'Eustachi, et la sensibilité de l'oreille en fut affectée d'une façon très fôcheuse , mais cet accident céda assez promptement aux insufflations d'air dans la caisse et à l'emploi d'une mixture de sel ammoniac. Je jugeai ft propos de recourir encore une fois aux vapeurs d eiher acétique et je repris les séances depuis le 3 mars jusqu'au 1 5 avril. La portée de l'ouïe s'accrut encore de 5 à 6 centimètres de chaque côté, les bourdonnements disparurent presque complètement, et la malade n'en ressentait plus aucune incommodité.
Observation LXL — Un jeune homme de vingt ans, M.DeI...,deBréme, d'une bonne santé habituelle, bien que ■ sujet à quelques accès de lypothymie , est affiecté, depuis environ quatre ans, d'une surdité occupant les deux oreilles; elle s accompagne de bourdonnements sourds qui s'accroissent à l'occasion d'un exercice un peu violent,
SURDITÉ MIRVKDSI TOIPIDI. |tl
^disparaissent et revienneot de tempe en temps* aui* vant son genre de vie. li y a des sourds dans sa fiuDtllet et rbérédité,dans ce cas, est la seule cause appréciable 4ê eetce maladie. Ce jeune homme ayant pris beauœup de bains sulfureux à Eilsen, le mal fit de rapides progrès, surtout lorsqu'on lui eut administré des douches de vft» peurs sur les oreilles. On eut recours aux saigniées, aux applications de sangsues, aux purgatifs, on en vint même à remploi de 1 électricité sous diffisrentes formes , mate sans en obtenir aucuns bons effets.
L'examen des oreilles malades me fit reconnaître, daM les deux méats externes, uneassee grande quantité de eê» rumen brun, altéré, adhèrent aux parois ; je Tenievai , mais la surdité resta au même point. Les deux trompes étaient parfaitement libres , et ma montre était entendue de chaque côté à la distance de 3o centimètres.
Le 1 2 mai , je commençai les insufflations de vapeurs d*éther acéti(|ue, sans avoir recours à aucun autre moyen aeoessoire. Les séances eurent lieu tous^ les jours peu* dant plusieui^ mois. Les bruits ne furent pas sensiblement modifiés, mais l'ouïe s améliora beaucoup; ma montre put être entendue à la distance de 3 mètres, et tout me porte à croire (|ue le succès s accroîtra si le malade « la patience decontinuer le traitement.
Observation LXIL — M. Bro..., âgé de vingt«trois ans, robuste et de bonne santé habituelle, éprouve depuis Tâge de dix*sept ans, une surdité très considérable accompagnée de bourdonnements qui ressemblent au roulement lointain d'une voiture. Cette maladie est due à Faction du froid et un certain nombre de rechutes ont été lerésidtatde ces refroidissements successifs. On a fait usage des vésicatoires* des fumigations émoUientes, des douches de vapeurs, on a administré l'huile de poîesen, enfin l'on a eu recours au remède du docteur Mène Maurice, mais sans en retirer aucun profit.
3f2 MALADIES DE LOREILLE INTERNE.
Les deux méats sont exempts d altératioo « les tympans sont superbes et les caisses pariaitement libres. L'oreille moyenne est tellement sensible qu'une légère insufflation dans la caisse a occasionné des douleurs qui ont persisté pendant huit jours. Ma montre n est pas du tout entendue à gauche , elle Test à droite , à la Eeiible distance de 5 centimètres.
Mon pronostic ne pouvait pas être bien favorable dan6 un cas aussi fâcheux; cependant, je crus devoir recourir à l'emploi des vapeurs d'éther. Je commençai par de feibles doses, et bientôt le malade s'aperçut que ses bourdonnements diminuaient d'une manière très notable. Il en fut ainsi jusqu'à la cinquième séance, mais alors les bruits prirent une intensité extrême. A la huitième séance, le vacarme devint si grand qu'il fsAlxxt cesser, bien que je n'eusse employé que deux gouttes d'éther acétique.
Après quelques semaines de repos , les accidents avaient beaucoup diminué , et je revins aux insufiflatioBs d'éther. Je n'en versai qu'une goutte dans le flacon , et eela suffit pour augmenter les bruits et rendre la surdité plus forte. Toutes les tentatives de ce genre auxquelles je me livrai, eurent un même résultat , et je fus contraint d'y renoncer.
Pensant que le fluide magnétique pourrait être utile à ce malade, je conseillai rem|>loi de cet agent subtil, et il fut administré par le docteur B... Les bourdonnements diminuèrent pendant les quatre premières séances , mais bientôt il se manifesta des symptômes de surexcitation nerveuse tels que l'on dut renoncer à l'usage de ce remède. Le malade en était effrayé , je trouvai le tympan rouge, mais ces accidents locaux ne durèrent que pendant quelques jours.
Je pense que quand le système nerveux de l'oreille reçoit un tel dommage de l'application des vapeurs pro«
8UADITÉ NERVEUSE TORPIDE. 50S
duites par une seule goulte d'éther , il fout considérer la maladie comme absolument incurable ( i).
Observation LXIIL — Une jeune personne de seize ans, mademoiselle von 6r..., de bonne constitution , a éprouvé, dans sa première enfance, une affection cérébrale à la suite de laquelle ses deux oreilles se sont notablement affoiblies.
Ayant été consulté au printemps de >83o , je constatai que les méats externes et les ti*ompes étaient exempts de toute altération. Ma montre n'était entendue de chaque côté , qu'à la distance de 32 centimètres. Je fis quelques injections d*eau tiède dans l'intérieur de Foreille moyenne, et il en résulta divers accidents, des douleurs, un sentiment de pression, et une augmentation notable de la surdité. Il n y a jamais eu de bourdonnements, aussi je pensai que la maladie était une -véritable surdité nerveuse torpide ou avec paralysie.
Par suite de diverses circonstances , le traitement fut différé jusqu a l'automne suivant, et dans cet intervalle, louïe a perdu de sa sensibilité au |)oint <|ue ma montre n'était plus entendue qu'à 1 5 centimètres de chaque côté. Les progrès de la maladie indiquaient clairement la nécessité d'y opposer des remèdes efficaces; en conséquence, je commençai aussitôt l'insufflation des vapeurs d'éther d'après le procédé d'Itard. Je ne m'occupai que del'oreille droite, parce que la malade refusa de laisser
(1) Je peose , moi , que Ton doit recourir à un autre moyen. 11 est impossible de croire que les Tapeurs d^éther soient le seul remède appUcaible à ces maladies, et pour ma part, dans des conditions analogues. J'ai renoncé à ce contro-stimulant , pour employer des yapeurs d'une tout autre nature. Une préparation d^aconiline m'a donné de bons résultats. La jusquiame, la belladone et autres narcotiques puissants, con- Tenablement administrés, ont apaisé cette irritabilité excessive du nerf acoustique ; des vapeurs aqueuses , se dégageant d'un rase où bouillait une décoction d'amandes améres , ont ramené le calme dans l'appareil acoustique , et je crois que l'on ne peut souscrire au désolant pronostio de M. Kramer. P. M*
%%h MALADIES DE LORBILLR ItfTBlNE.
sonder la gauche. Ce caprice de jeune fille me fonrail loccasion d observer la réaction sympathique qu'un or* gane de ce genre peut exercer sur Tautre.
Je renouvelai les séances tous les jours» et la malade sentait la vapeur éthérée arriver dans la caisse » pousser Ja membrane du tympan en la titillant légèrement et dé* terminer, dans la cavité de 1 oreille moyenne, une chalear douce et passagère. Après trois mois et demi de soins, IWeille droite, la seule traitée, oflfnt*une amélioratioQ wnsidërable, mais le succès ne se borna pas à cet organe, car Foreille gauche, à laquelle je u avais pas touché, devint aussi plus sensible A laction des sons. Ce bénéfice sym* paihique n'égala pas cependant celui de Toreille qui rec^ vait les vapeurs d'éther. Loreille droite percevait alors les bruits de ma montre à i mètre 3o centioaètres, tandis que la gauche ne pouvait les saisir qu'A la distance de 85 centimètres.
. Il est probable que le succès eût été encore plus marqué si le traitement eût été continué plus longtemps. Quoiqu'il en soif, la malade éprouva un changement bien favorable dans ses relations de société qui étaient dev<h nues presque nulles par suite de son infirmité. Lu plu* part des individus qui se trouvent en pareil cas , oubÛent volontiers que l'oreille peut être douée d'une finesse ex* tréme , ils ne s'occupent pas de ce qu'ils ont perdu sous ce rapport, et se trouvent très heureux du bien qu'ils ont acquis. Ils regardent comme superflu ce degré d'audition, en quelque sorte exagéré, et Ton peut ne pas s'étonner de cette opinion singulière, car, dans la plupart des rapports socitiux, cette perfection de l'ouïe est vraiment inutile.
C'est en vertu de cette manière de penser qu^un grand nombre d'individus afFectés de surdité nerveuse aneianne abandonnent le traitement dès qu'ils se sentent arrivés A un certain degré d'amélioration. Ils ne tiennent pm à
SURDITÉ ifeicyBU8& TORFims. 39 s
consacrer beaucoup plus de temps au succès complet de cette thcrapeuticjue y et ils se contentent de ce mieux obtenu. Il me semble qu'ils n'ont pas tort puisque cela leur suffit.
Obêervation LXIF. — M. Ros..., âgé de trente ans, d'une constitution robuste et pléthorîque, esl affecté de surdité depuis plusieurs années , les deux oreilles sont prises également et il y a absence de bruits. Sa mère et sa sééur sont très sourdes , et l'hérédité qui n'est pas douteuse dans ce cas , est la seule cause connue de cette ma^ ladie. On lui a fait, pour tout traitement, des instillations dans le méat externe gauche , avec un liquide composé de teinture de myrrhe et d'opium , mais il en est résulté des douleurs violentes et un suintement sanguinolent.
J ai trouvé le tympan gauche rouge et parsemé de petits vaisseaux distendus par le sang. Le méat externe droit est sain. La trompe droite laisse facilement passer l'air, mais ia^^auche est obstruée, et il a fallu répéter plusieurs fois les insufflations d'air pour franchir cet obstacle tt arriver dans la caisse. Ces diverses opérations n'eurent aucune influence sur l'audition. Ma montre est entendue Adroite à la distance de 56 centimètres , et seulement à quelques millimètres du côté gauche.
Pendant plusieurs semaines^ j'envoyai des vapeurs éthérées dans la cavité de l'oreille moyenne de ce malade, mais sans aucun résultat favorable, bien que je me servisse du grand appareil. J'eus recours alors au procédé d'Itard modifié dans le sens que j'ai indiqué plus haut, et l'éther, décomposé par la chaleur^ produisit assez promptement un résultat admirable. En ef¥et^ au bout d'un mois de soins, ma montre était entendue à la distance de I mètre 5o centimètres du côté droit. L'oreille gauche n'a pas subi de changement appréciable. Il ne me fut pas possible de continuer les séances, parce que le malade entraîné par la nécessité de 9t% affaires commerciales, dût s'éloÎQinerde BerKn.
5^6 MALADIBS DE LGMil.LE INTBME.
JLBMTIONS MI TRAMICTEin.
Ce troisième chapitre de Touvrage de M. Kramer lakse beaucoup à désirer. Il contient des détails intéressants sur une seule espèce de maladie, la surdiié nerveuse ^^ mais il me parait impossible de s'en tenir là.
La surdité dépendante d'une affection quelconque du nerf acoustique lui-même , n'est qu'un des symptômes d'une maladie sur laquelle M. Kramer ne donne aucun éclaircissement.C'est un résultat unique d'altérations multiples, et je crois très fermement que des recherches faites avec précision et persévérance, conduiront le médecin i découvrir la cause de cette surdité. Qu'il y ait surexcitation ou atonie nerveuse, qu'il y ait éréthisme ou torpeur du nerf acoustique , peu importe , car ces deux états opposés peuvent se succéder, et le second n'être que la conséquence du premier. Là n'est pas le point essentiel. Il faut chercher à savoir ce qui se passe dans la texture de l'organe, apprécier les modifications matérielles survenues dans le labyrinthe, et rattacher autant que possible ces symptômes aux lésions organiques dont ils ne doivent être que la conséquence et l'expression.
Des recherches cadavériques > instituées dans ce but, m'ont déjà fourni bon nombre de résultats précieux. J'ai pu disséquer avec soin des temporaux d'individus frappés de surdité complète, et j'ai constaté des altérations organiques dans les différentes parties du labyrinthe. Ces altérations se rattachent à plusieurs types, .et la surdité nerveuse, observée pendant la vie, a présenté des variations en rapport avec certaines lésions de l'oreille interne. On trouve dans le vestibule et les canaux demi-circulaires des traces évidentes d'inflammation aiguë; mais, le plus souvent, il s'agit de phlegmasies chroniques donnant lieu à des altérations profondes i soit des parois os-
ADD1T10I9S UU TfiADUGTEUB. 397
seuses elles-mêmes , soit des tissus qui sont contenus dans ces cavitës tortueuses.
Ce sont là des *maladies impossibles à diagnostiquer pendant la vie» du moins ne connaît-on, jusqu'ici, aucun signe qui puisse en faire soupçonner l'existence. Cependant il ne me parait pas impossible d arriver à ce résultat si désirable. Il suffira de rencontrer un cas bien marqué, d'en recueillir les principales circonstances, et de faire une dissection attentive du rocher malade, pour établir avec une précision suffisante les rapports entre Tespèce de lésion et les symptômes observés pendant la vie, et ces données nous mettront sur la voie des autres maladies analogues.
J'ai vu une jeune fille Frappée de surdité complète, absolue, dans le court espace de quelques heures. Voyageant sur une voiture découverte, elle fut exposée, la Buit, à un froid très vif dans le temps de ses règles , et ronïe fut perdue sans que les oreilles eussent été le stége de douleurs. La mort, qui survint promptement, me permit de disséquer avec soin les deux temporaux , et je trouvai dans tout le labyrinthe une sorfe de lymphe plas> tique, rougeàire, qui paraissait le produit d'une exhalation de toutes les surfaces membraneuses tapissant l'oreille interne. Dans un cas très analogue , mais qui ne s*était terminé par la mort que beaucoup plus tard (deux mois après la perte subite de l'ouïe), je trouvai cette même lymphe plastique d'un jaune clair, parsemée d'une multitude de petits points gris , opaques , et ressemblant assez bien à des granulations tuberculeuses coramen* çantes.
Je pourrais multiplier <;es faits, et j'ai été surpris de. n'en pas rencontrer de semblables dans louvrage de M. Kramer, car ils ne sont pas rares. Ces surdités complètes et subites^ qui sont nerveuses au plus haut degré, se -rencooilreBt aussi dans la fièvre typhoïde , et Tooca-
388 MALADIES DE l'OBEILLE IMTEBME.
sion de rechercher sur le cadavre la cause de cette lésion de Touïe, se présente assez souvent pour que Ton puisse avoir une idée exacte des lésions qui la produisent.
Mais ici, il faut noter avec soin les surdités dont la cause est intra-crànienne , celles qui sont cérébrales, et que Ion doit ajouter à la catégorie des surdités nerveuses. Il en est une espèce qui est digne» au plus haut point» de lattention des médecins. Je veux parler de celle qui résulte de lemploi du sulfate de quinine. Les observateurs ont signalé, depuis longtemps, les bourdonnements qui se développent dans les oreilles des personnes §oumises à faction de ce médicament. Ce phénomène, qui est à peu près constant , augmente d'intensité , suivant la dose à laquelle on administre la quinine et suivant la susceptibilité de Tindiviclu. Dans le cas o^ Ton eu foit prendre i gramme, 2 gmmmes et plus par jour, les bruits acoustiques saccompagnent, ou plutôt se compli(|ueni d'une surdité plus ou moins forte, plus ou moins persiS' tante, et qui« quelquefois, devient permanente et définitâve. Je possède cinc| observations recueillies sur des mî- Utaires de notre armée du nord de l'Afrique. On sait que dans ce pays, les fièvres intermittentes, dites pemi* cieuses, donnent souvent lieu à des accidents redoutables et quil importe extrêmement de prévenir. C'est dans Cft.but que Ion administre le suliate de quinine à hautes doses, et tous ceux qui prennent ce remède , savent quil eu résulte un accès de surdité considérable. Ce ph^io» mène nerveux a une durée variable, et, je le ré|)ète, chaB oertains individus, il a entraîné la perte de louïe. Cette action en quelque sorte spécifique du médicament, a déjà été Tobjet de recherches intéressantes^ On s'occupe d^é* tudier les diverses circonstances qui peuvent exf^qiMr catte particularité, et pour ma part, j'ai iait des cjip4> rieaces à ce sujet sur les animaux vivants.
U s'agit évidemment ici d une surdité nerveuse eér^
AiMNTIOMf mj TRMKJCTBUA. 399
bnile ; laclion toxique du sulfele de quioiiie b exerce sur Fencéphale lui-même, et TiiboUtioD du sens de Touîe rencontrée chez cinq individus , s'observe à tous les de^^rés sur une foule d autres qui n ont pas pris cette substance •n aussi grande quantité. En étudiant ce qui se passe tous 1m jours chez les malades à qui Ton administre le sulfate de quinine aux doses ordkiaires, on est conduit à recon* naître lextréme promptitude avec laquelle cette subslimoe influe sur louïe, et Ton reste convaincu qu'il y a là une action élective et spécifique. J'en pourrais dire autant deé préparations d'aconit et de quelques autres substances qui attaquent des points isolés de l'encéphale. La beiladone , la jusquiame , la strychnine sont des agenu dont les propriétés ont besoin d'é|re étudiées sous oe rapport, et qui pourront contribuer ù Tavaneement delà thérapeutique spéciale des maladies de l'oreille. L'éther ne peut pas être considéré comme le seul modificateur de la sensibilité du nerf acoustique, et puisqu'il y a des cas dans lesquels ce médicament ne peut être supporté, il faut bien qu'on ait recours à d'autres.
Je veux encore appeler l'attention des médecins sur un faitqtii me paraît d'nne grande importance. La maladie désignée sous le nom de migraine (hémicrânie) n'est pour moi, dans un grand nombre de cas, qu'un sym» ptôme d'une lésion cérébrale. La coïncidence de la mi» graine et des bourdonnements d'oreilles est chose très commune, mais, ce qui ne Test pas moins, c'est l'afFaibUe^ sèment progressif de certaines fonctions scnsorialee. Beaucoup de personnes ayant longtemps souffert de k migraine, sont affectées d'un commencement d'amanrase, d'une opacité de la capsule du cristallin, ou d'une surdité sans lésion appréciable de l'organe auditif. Ces sortes d'altérations des organes des sens ont vivement excité mon attention, et j'ai cherché à reconnaître le lien q«i exiMoit Mitre la douleur hémior^eniia et c#s
bles de la vision ou de Fouie. J*ai été conduit Areconniittre que, dans bien des cas, la migraine était le véritable symptôme dune altération locale du cerveau; que les vomissements, qui surviennent si souvent alors, ne sont autre chose qu une réaction sympathique de l'estomac, laquelle se manifeste dans d'autres circonstances, par exemple quand la corde du tympan est envahie par la phiogose chronique de la caisse.
Je ne puis ici traiter ce sujet avec toutledéveloppemeot nécessaire ; qu'il me suffise de dire que j^'ai vala lûigratoe et quelques céphalées opiniâtres accompagnées de sur* dite, céder à l'emploi de fumigations de vapeurs étbérées, et qu'il y a là un point de thérapeutique de la plus hafule importance. Je le signale à l'attention des praticiens, et je suis sûr que M. Kramer en reconnaîtra la valeur. Deptits l'époque où j'ai remarqué la eoïncidence de la migraine et de la surdité, j'ai vu que le docteur Mene-Maurice avait déjà indiqué ce fait, et cette idée, qui a servi de base à sa spéculation sur \ huile aco^is/içtie, méritait un raeillear sort. Quoi qu'il en soit, il y a là une vue d'un haut intérêt, et ce point, convenablement développé, formera un nouveau chapitre dans l'histoire des surdités nerveuses.
Il y a , selon moi , une classification à établir dans les lésions du bbyrinthe, et lanatomie pathologique doit servir de guide pour caractériser des espèces distinctes. En procédant du vestibule aux canaux demi-circulaires , de ceux'Ci au limaçon, de ce dernier au méat auditif interne, on trouve des lésions spéciales qui donnent toutes pour résultat une surdité nei*veuse, plus ou moins complète, osais qui offre des diffîérences sensibles dans son mode de développement, dans ses symptômes, et que l'on ne peut pas prétendre socrmettre indtstinctement à la méaie thérapeutique.
Je me contente d'indiquer ces points obscurs de Fliis* teire des stiràités nerveuses ; fetpière fomair p(m tard
AODITIOMS DU TRADUCTEUB. 40 i
ma part de travaux sur cette matière délicate et contribuer à éclaircir ce chapitre ibtéressant de la pathologie de Foreille. Les recherches de M. Kramer n ont pas été diriges àané ce sens» on le voit; mais ce quil a fait n*en a pas moins une valeur réelle. La surdité nerveuse dont il s'est occupé, particulièrement sous le rapport pratique, est une maladie commune et grave > qui produit une infirmité fâcheuse, et qui est très digne d'appeler toute lattention du médecin. Le mode de traitement vanté par M. Kramer est à peu près le seul qui offre quelque chance de succès. L'emploi de Téther, sous forme de vapeurs, constitue un agent actif, puissant, capable de stimuler lappareil nerveux acoustique, et Ion devm toujours savoir gré à Itard d'en avoir enrichi la thérapeutique. M. Kramer a popularisé ce remède; il a mis une extrême persévérance dans son usage; il a prolongé les séances , il les a surtout multipliées, et ces perfectionnements ajoutés à Tinvention d'Itard méritent la reconnaissance du monde médical.
Les changements apportés dans la forme de l'appareil ont beaucoup moins d'importance à mes yeux. Quel que soit le moyen que l'on emploie pour vaporiser Téther, la seule chose nécessaire, c'est Tintroduction de ces vapeurs dans la cavité de l'oreille moyenne , et , pour mon compte, je n'ai pas tardé à reconnaître que les instruments les plus compliqués n étaient pas ceux qui convenaient le mieux en pareil cas. J'ai bientôt renoncé au grand flacon vaporisateur, ainsi qu'ai la flamme d'une lampe, pour hâter la dispersion de l'éther ; j'ai remplacé tout cela par une simple bulle de gomme à parois épaisses et munie d'un rohinet. L'éther versé dans la bulle se vaporise par le seul contact de la main qui tient l'instrument, et il suffit d'une pression légère pour introdijire dans le pavillon du cathéter ces vapeurs si expansives. Depuis plus de huit ans j'ai constamment feit usage de
491 MiUtâMIt Bl liOBBlLLE llim«E.
oette bulle si simple et si commode, ^^]^i fisciletiieat renoncé à tous les autres instruments inventés et modifiée par les médecins qui sH)ccupent de maladies d'oreilles. J'ai ainsi lavantage de diriger la vapeur d'étbër avec le degré de force qui me convient ; je mesure avee ma maim la quantité de ce fluide qui doit pénétrer dan^ la caisse; je reste ainsi, le mettre d exercer une stimuktion variée suivant les circonstances , et qui est soumise à Faction intelligente d un organe sentant.
Une considération importante ma engagé à subsUtuëlce mode d^administration des vapeurs d'ëther à celui qui a été proposé par Itard et perfectionné par M. Kraroer. La surdité nerveuse est une maladie essentiellement chronique ^ et qui exige un traitement fort long. Beaucoup d'individus ne peuvent rester auprès du médecin aurisie pendant des mois entiers , et seraient contraints de renoncer k des soins dont ils sentent vivement la nécessité. J'ai engagé beaticoup de malades à se sonder eux-mêmes; je leur ai enseigné la manière de placer le cathéter et de se faire une insufflation de vapeurs étbérées dans la caisse. Le traitement a pu être oontinué ainsi en Fabsebee du chirurgien 5 et j'ai vu des personnes qui sont arrivées par là ù d'excellents résultats. Pour qu'il en soit ainsi, il est nécessaire que le manuel opératoire soit aussi simple que possible; il faut que la sonde pénètre bien dans la trompe, et, pour le dire en passant, le cathéter d'argent est le seul qui soit applicable eu pareil cas. La sonde flexible de M. Deleau ne peut être employée à cause de la difficulté de retirer le mandrin, et de tenir l'insti^ument en place pendant ce mouvement de retrait. J'ai déjà vu un grand nombre de malades se sondant avec une extrême facilité, et plusieurs d'entre eux sont devenus, par ce moyen, les véritables artisans de leur guérison.
Je dois dire que Tétber sulfuriqne, que j'emploie d'une manière presque exclusive, m'a toujours paru sans
iuooD vénient , et que beaucoup de malades le préfèrent à Téther acétique. J ai essayé un grand nombre de liquides faciles à volatiliser, et jai reconnti que 1 ammoniaque affaiblie jouissait dé propriétés fort utiles en certains cas. La vapeur ammoniacale, ic|ui agit si puissamment sur les membranes muqueuses, a paru, dans certaines circonstances , modifier de. la façon la plus favorable les surfaces muqueuses de la trompe engorgée et de la caisse malade; mais il faut beaucoup de prudence dans l'emploi de cette vapeur suffocante. J ai eu la pensée démêlera une certaine quantité d'ammoniaque étendue d'eau* des substances aromatiques, comme Thuile essentielle d'auis , celle de gérofle , celle de valériane , et quelques autres médicaments analogues, dont l'indication était basée sur la connaissance acquise de certaines causes probables de la surdité nerveuse; et, dans plusieurs caS| j'ai pu ifae féliciter de ces essais que je répète chaque jour , et sur la valeur desquels je pourrai me prononcer avec quelque certitude.
£n résumé, la surdité nerveuse, quelleque soit sa cause, est toujours une maladie très grave , très difficile à traiter et à guérir, et qui exige autant de patience de la part du praticien que de celle du malade. Il y a beaucoup de choses à ajouter au chapitre que M. Kramer a consacré à cette affection de l'oreille interne, et les efforts de tous les médecins doivent tendre à augmenter la somm^ de nos eonnaissanees êur ce point de la science. P. M.
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