‹ Traité des maladies de l'oreilleChapitre 36 sur 57 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

mj DEGRÉ DE GURABILITé DES MALADIES DE L'OREILLE.

Il résulte de ma propre expérience que les maladies de roreiile peuvent être divisées, sous lé.rapport de leur curabilité, en quatre catégories distinctes.

1^ Il y en a qui sont absolument curables y même lorsqu'elles durent depuis longtemps, qu'elles ont été abandonnées à elles-mêmes , et qu'elles ont acquis tout le développement dont elles*sont susceptibles. Parmi celles-ci« on doit placer, en première ligne, Tinflammation de la peau et du tissu cellulaire du pavillon de l'oreille; la phlegraasie de la peau , des follicules ccrummifères et du tissu cellulaire du méat externe ; la pjjilogose aiguë de la membrane du tympan et celle de la membrane muqu.euse de la cavité de l'oreille moyenne ; lors même que cette dernière affection s'accompagne d'une sécrétion abondante de mucosités qui remplissent la caisse.

a* D'autres sont relativement curables quand elles s'accompagnent de certaines conditions heureuses , par exemple , quand elles sont récentes et peu intenses. Cela s'applique surtout à l'inflammation du corium du pavil-

(i)L'oaTrage original de M. Kramer eèt difisé en cinq chapitres. Le quatrième a pour sujet la prothèse auriculaire, les cornets acoustiques. Le cinquième est consacré à Tétude de la surdi-mutitè. Désirant ajouter à ma traduction les divers travaux publiés depuis quelques années par M. Kramer, J*ai fait un noufeau chapitre de son Mémoire sur la curabilité des maladies de Poreille, inséré dans ses Bêitrag$ (Additions). Ce trafail, sur une question de cette nature, offre un grand intérêt, puisque nous connaissons par lui les résultats de la pratique de M. Kramer. J'ai cm devoir le mettre à la suite des seules maladies auxquelles il puisse se rapporter. Il aurait pu trouver sa place à la fin de la première partie, consacrée aux notions générales (voyez page 64) ; mab J'ai pensé qu'il aurait plus d'utilité en servant en quelque sorte de complément à l'ouvrage. P. M.

MALADIES ABSOLUMENT CURABLES. 405

loD de l*oreille » et à celle du périoâte du conduit auditif externe. On peut en dire autant d& la pblegmasie chronique de la membrane du tympan , du rétrécissement de la trompe d'Eustachî , et enÎBn de la surdité nerveuse que j ai désignée sous le nom de dureté doreille ou surdité nerveuse,

.3* Quelques unes sont sevXemeïkt susceptibles d'être améliorées^ quand elles ne s'accompagnent pas de symptômes trop graves» et cela se rapporte surtout à l'inflammation du périoste delà cavité tympanique.

4^ En6n il en est qui sont absolument incurables^ comme, par exemple , Toblilération de la trompe d'Eustacbi et la surdi-mutité.

Examinons successivement cbacune de ces catégories, et voyons les iaits sur lesquels je me suis fondé pour les établir.

1* Maladiet ahtolwMnt eurahl$s.

Je n'ai vu qu'un très petit nombre de cas d'inflammation de la peau et du tissu cellulaire du pavillon de l'oreille ; mais comme cette maladie ne difl^ère en rien de celles qui se développent sur tous les autres points de l'enveloppe cutanée , et que celles-ci sont évidemment durables, je me borne à en faire mention en tête de ce chapitre (i).

L'inflammation de la peau du méat externe est ordinairement si légère qu^les personnes qui en sont affectées réclament rarement les secours de l'art. Ces secours deviennent très nécessaires dès que la maladie, envahis-

(1] Chacun sait, aa contraire, combien certaines maladies de la peau sont rebelles aux médications énerg^iques, combien celles dont on croît atoir triomphé, ont de tendance à reparaître sous Tinfluence d'une cause légère, quand ceUe-H)i agit sur une constitution spéciale. J'ai tu des eczéma chroniques résister avec une opîniâlreté désespérante pour le malade , aussi bien que pour le médecin. * P. M.

k%% MALADIES DE Lt>ilElLLE.

•ant les corps glanduleux qui fournissent le cérumen , donne lieu à une sécrétion anormale de cette matière. Bant ce cas , il feut enlever ce produit morbide au moyen d'injections aqueuses tièdes , et \\m y parvient presque toujours sans être obligé de recourir à des instillations préalables d'huile d amandes douces ; cela n'est utile que quand là concrétion cérumineuse est dure et adhérente. Dans tous les cas , lenlèvement de cette matière étrangère produit une guérison complète, les bourdonnements et les vertiges cessent aussitôt, et la surdité disparaît comme par enchantepient. h^ rougeur de la peau du méat et celle de la (ace externe du tympan s*ef« fucent rapidement.

J'ai obtenu cette guérison complète sur atS malades. La plupart de ceux-ci avaient été traités fort longtemps et infructueusement par d'autres médecins qui n'avaient pas eu la pensée de se servir d'un spéculum pour reconnaître la cause matérielle de cette maladie.

Il ne faut pas oublier que la pré^epçe du cénfmen ne constitue quelquefois qu'une sin^ple cpuiplicatipp dç b| surdité nerveuse , et que l'enlèvement de cette ipc^tière ne peut détruire la faiblesse de l'ouïe. On ne saurait être trop circonspect, quand il s'agit de porter un prqposftc dans les cas de ce genre.

L'inflammation des glandes céruminifères, qq^^nd elle est récente, cède promptement à j'emplo^ (Iç Is^^pJl^tion saturnine , aux frictions irritantes derrière le pavillpii, et aux purgatifs. Cette maladie tepd à devenir chronique chQZ les individus d'une mauvaise constilutioq, chei; ceux qui sont disposés au3t maladies de la peau et des ganglions lymphatiques, et , dans ces cas, il foutrecoqrir au traitement général. J'^i obtenu 49 g^ériMm %W .11 cas de cette espèce ; les deux individus non guéris n'ont pas eu la patience de continuer le traitement pendant le temps nécessaire.

MALAUBS ABSOLUMBHT GHIABLE». Af f

Dans les inflamiiMitions phlegmoneases du m4at ex* terne, on obtient un très bon résultat des applications de sangsues et des cataplasmes émollients, et la gnérison arrive au bout de peu de jours de traitement. Le pus s^é* OQule, tous les accidents cessent, la cifcatrice se foFme, et la surdité, qui dépendait de locclusion mécanique du conduit , disparaît dès que celui-ci a repris ses dioien* sions normales.

La phlegmasie aiguë du tympan exige des sangsues , des instillations d'acétate d^ plomb étendu d'eau, des vésicatoires derrière loreille malade, et babitoeHement cette affÎBction suit une marche très rapide. Les cas les plus aigus durent rarement plus de huit jours.

Lorsque Finflammation de la membrane muqueuse de Toreille moyennes'accompagned'une sécrétion abondante et d'un engouement de la caisse , je suis toujours par* venu à guérir cette maladie en déterminant la sortie des. mucosités et en ramenant les surfaces affectées à leur condition normale. Oe succès s'obtient par Tapplication topique des agents qui modiâent la muqueuse. L'air insufflé dans |a caisse produit très promptement les plus heureux effets sur la maladie quand elle est récente; les matières sécrétées sont peu épaisses , et la surdité qui en résulte disparaît bientôt. On ne doit pas oublier que le patient doit être mis à un régime éhnvenable, et que, dans quelques cas, les accidents résistent à ce traitement rationnel. Gela tient surtout à la grande viscosité du mucus qni reste attaché aux surfaces malades et ne peut être expulsé, ou bien encore à ce que ce produit expulsé est presque aussitôt remplacé par une séa*étion nouvelle. Lorsque Ton rencontre des cas de ce genre ', il faut recourir à des douches dair poussées avec une pompe très puissante, et celle dont je me sers remplit parfaitement ce but. On peut à volonté modifier la fdrce d'impulsion de l'instrument ; on doit tenir son oreille appliquée

&0S MMiADIBS DE LOIEILLB.

sur ceUe du makde et régler la dooche d'air sar le bruit que produit ce fluide en parcourant la trompe et iaccdsse. Cette douche aérienoe exerce une action tonique sur la muqueuse malade. Si le patient est d'une bonne consti* tutien y on peut , par ce seul moyen , guérir la surdité. S'il est affecté de catarrhe « et surtout s'il est scrofuleux , on doit combattre ces complications par une thérapeutique appropriée aux circonstances.

J'ai traité, jusqu'à ce jour, 1 64 individus affectés de cette inflammation de la muqueuse de l'oreille moyenne. J'établis le diagnostic de cette maladie en introduisant un cathéter dans le pavillon de la trompe d'Eustachi, et si j'ai des doutes sur la position de instrument , je pousse dans sa cavité une corde de boyau, laquelle pénètre dans la caisse ei donne lieu à une sensation de piqûre à la face interne du tympan. Le malade croit que l'instrument va sortir par le méat externe. Si le cathéter n'est pas bien placé , la corde de boyau se replie vers le pharynx ; plus on la pousse , plus elle cause de gène dans cette cavité, et il y a absence de sensation dans l'oreille. Ces pré* cautions sont souvent utiles, et j'ai pu, grâce à elles, convaincre certains malades incrédules de la véritable position occupée parla sonde.

Quand les choses sont ainsi disposées et que l'on pousse de l'air dans la caisse, 4es malades et surtout les enfants poi*tent vivement le doigt dans Tomlle, se plaignent d'y ressentir de la douleur, et disent qu'on leur souffle dans Tintérieur de cet organe. Les personnes qui se rendent mieux compte de leurs impressions, disent qu'elles sentent une sorte de pression dans la profondeur du conduit auditif. Si Ton dérange la sonde et que son bec sorte de la trompe, alors les malades sentent lairs-'écbapper dans le pharynx, et il ne se passe plus rien dans la cavité intérieure de Toreille.

L air qui pcu' tre dans la caisse aflectée de lésion catar-

MALADIES ABSOLUMBNT CURABLES. &0d

rhale doiine lieu aux résultats les plus favorables; il chasse les mucosités qui remplissent cette cavité, et Touïe devient aussitôt bien meilleure. On s assure de l'entrée de lairdans la caisse en pbçant son oreille sur celle'du malade, et l'on sent parfaitement le fluide gazeux entrer dans l'oreille moyenne. Si la sonde est mal placée , Ton entend un gros bruit qui se passe alors au sotnmet du pharynx.

Ces phénomènes sont faciles à saisir, et j'insiste sur leur description parce qu'on a nié leur existence. Le docteur Lode(i) a^it qu'il regardait ces bruits comme une œuvre de l'imagination. Il déclare que l'air ne peut pas être injecté dans la trompe, parce que les lois de la physique s'opposent à ce que l'on puisse introduire de l'air dans un canal dont l'orifice reste béant. Cet argument ne pedt détruire les faits dont j'ai parlé. Les applications des phénomènes matériels du monde physique à ce qui se passe dans le corps humain , sont sujettes à de grands inconvénients, et il faut s'abstenir d'en tirer des conclusions rigoureuses. Je croi$ pouvoir conclure de ceci que le docteur Lode n'est pas parvenu à pratiquer le cathétérisme des trompes, et que c'est à cela qu'il faut attribuer l'absence des phénomènes dont il nie la possibilité.

Itard a contesté d'une manière fort nette (2) l'utilité des insufflations d'air dans la caisse pour guérir l'affection catarrhale de cette cavité. Il dit avoir appliqué cette méthode de traitement sur 161 malades (parmi lesquels isii n'avaient pas éprouvé de bourdonnements), et n'en avoir guéri que deux. Chez tous les autres il n'y a eu qu'un soulagement passager, et il est même porté à croire que dans les deux cas de guérison, cet heureux résultat peut être attribué à d autres influences. Il

(i] Journal de Bufeland, août 1944. p. 106-120. (3) Traitiy etct. II. p. 183 et seq. 2« édit.

conclut d^ ceci que ce genre de traiteiuent n a presque 9uouQe efificecité contre cette espèpe de maladie.

Il fout noter que ce médecin n'a pas mis une (prande persévérance dans ses soins, car généralement chaque malade n'a reçu que cinq ou six douches d air, et chaque séance n a duré que de trois à sept minutes. La foroe d'impulsion de l'air a varié d'une demi -atmosphère i deux atmosphères. On voit que ces moyens ont été tout à £iit insuffisants et que 1 opérateur n'a pas songé à placer son oreille sur celle du malade pour apprécier ks effets produits par le fluide gaieux inti*oduit dans la caisse. Ce procédé est cependant le seul à Taide daqud on puisse connaître les phénomènes qui se passent dam IVeille moyenne. Ou voit par là qu'Itard n a pas agi de façon à pouvoir obtenir des résultats de quelque valeur. Il est probable que ce médecin , qui s'est montré hostile à M. Deleau , n a pas pu se défeudre de quelques pré*. vantions défevorables contre rinstrument inventé par ee dernier, et que cette disposition d'esprit à influé itm •a manière d'apprécier l'emploi de ce traitement im)|iveau.

Mon opinion sur lacurabilité absolue de I engoaeoMat de Toreille moyenne a été également combattue par le docteur Loeschner.Ce médecin ne dit pas qu'il s'esf servi de la pompe à air [>dur traiter cette maladie, il déclare sculeqient avoir employé contre elle l'appareil électromagnétique de Keasler. Douze individus , affectés d'eogouement de la trompe, ont été aoumis à ce mode df traitement, et un seul a été guéri. Trois de ces malades ont éprouvé un faible soulagement qui n'a duré que peu de temps, et tous les autres n'en ont retiré aucun béoéfice. Je suis convaincu que'tous ces malades eussent été guéris radicalement par l'usage de ma pompe pneumatique.

Mon ouvrage sur les maladies de l'oreille ayaat été

MALAAICS ABSOLVIIBKT GUIABLES. ait

traduit en anglais en 1837, M. Tiirnbull et quelques autres médecins auristes de Londres, se sont emparés de mon appareil et font appliqué au traitement de toutes les maladies de Torgane auditif. On a considéré les douches dVir comprimé comme un moyen universel de guérison dans ces sortes d affections, et même- Ton a eu l'imprudence d^abandonner aux malades le soin d'ouvrir le robinet qui laisse passer Tair. Suivant moi , le médecin doit se réserver la surveillance de cette partie de lopération , il doit tenir constamment son oreille sur celle du malade et étudier les bruits qui se passent danâ lorgane.

Les médecins anglais , en généralisant Temploi de ma pompe pneumatique , ont eu le grand tort d'appliquer cet instrumc^nt à un certain nombre de maladies d oreilles dans lesquelles il ne peut produire aucun résultat avantageux. Ils ont contribué à discréditer cet agent thé* rapeutique qui est excellent et peut, dans certains cas, rendre de grands services. Je sais que dans deux circonstances, l'emploi inconsidéré des douches d'air comprimé a déterminé la mort du malade. Ce résultat déplorable ne peut être attribué à l'instrument, mais bien à ceux qui en ont fait un si mauvais usage. Et cependant, quelques médecins anglais ont déclaré que cette pompe

Sneumatique était un instrument dangereux. Yearsiey it que c'est un appareil colossal et d'un aspect terrible. Pilcber déclare qu'il aime mieux insuffler de l'air au moyen d'une seringue. Ce^ reproches ne so.nt justifiés P^r fii^n , et le3 «icci^^nu sqrvenus ^tre des poains iph^bilas doiv«Bt être attribués, non pas à l'instrument, mais à cçux qui n'ont pas établi un bon diagnostic de l^o^ladie à traiter, et qu^ n ont pas su pratiquer Topération d'une manière convenable et prudente (i).

(i) 4iiriH|ii9 (('«fKiQwir m» pAct du reiMP0Gh« qiM l|* Kraiper «dcctte aux |iM«pin8 «ngiaM» fvi9m ^m i'«î W^n d« copfi«iiM 4«M V^hm»!

i* Malaiiêi r$UUw0mêm eurablm.

L'iuflammatioQ dy corium du pavillon et du périoste du Dfiéat externe se rencontre ordinairement chez les enfants scrofuleux; aussi sa guérison dépend-elle du succès du traitement général contre la disposition strumeqse. On doit comprendre combien il est difficile d'obtenir des résultats favorables dans des conditions de ce genre, surtout lorsque le périoste est altéré. Je n'ai vu qu'un seul n)alade chez qui Texfoliation osseuse se soit opérée sans qu'il y ait eu lésion do l'ouïe.

L'inflammation chronique du tympan est également liée bien souvent à une constitution scroFuleuse. Plus souvent encore, il se forme sur cette membrane des altérations de tissu, comme épaississement, perforation, fbngosités, polypes, qui ne permettent plus aux parties altérées de reprendre leur texture primitive. Ces considéra* lions doivent faire penser au médecin que les maladies de ce genre ne peuvent être complètement guéries. Cela est surtout vrai pour la perforation de la membrane du tympan. Voici cependant un fait très remarquable, et que je regarde comme exceptionnel.

M..Wet..., conseiller à la Cour des comptes de Berlin, était affecté d'une inflammation chronique des deux tympans, avec perforation de ces membranes. L'ouverture était capable, d'admettre un pois. Le traitement a duré

en question. J'ai dit , dans mes additions an chapitre troisième , que Je me contentab , dans la majorité des cas, dHnsuffler des Tapeurs d^éther ao moyen d*mie simple balle de gomme , et J'ai indiqué les moliib qui me portent à en agir ainsi. Mon moyen , extrêmement simple , ne peut Jamais avoir les inconvénienls que Ton a observés à la suite des opérations pratiquées chez nos voisins d'outre-mer. Je reconnais qii*â est des cas dans lesquels on doit employer le grand récipient qui sert à vaporiser Téther, mais Je crois que chez la plupart des malades ilsufiit de se servir de la bulle de gomme dont Je fais usage depuis longtemps, sans avoir Jamais éprouvé un seul accident quelconque. P. m.

MALADIES RKLATIVKMENT CURABLES. lk\%

deux années; il n'est même pas encore terminé, et ces deux perforations se sont complètement oblitérées (i).

Les polypes développés sur le tympan peuvent être enlevés, à lexception toutefois de ceux qui ont une large base et qui se reproduisent rapidement; Ljemploi méthodique des caustiques peut rendre de.grands services; mais lors même que ces sortes de végétations charnues sont guéries, le tympan conserve des traces d'altération plus ou moins profondes.

Dans la moitié des cas de phleginasie chronique' du tympan, il y a perforation de cette membrane; un quart au moins s'accompagne de végétations polypeuses ; par conséquent, il est difficile d'obtenir de grands succès dans le traitement de ces maladies graves. Je n'ai obtenu qu'une guérison sur quatorze malades ; mais je suis parvenu à produire une amélioration considérable sur un beaucoup plus grand nombre. La suppuration diminuait ainsi que les autres accidents, et la surdité elle-même devenait beaucoup moins forte. Quelques cas plus graves ont été tout à fait incurables (2).

(1) Il serait difficile d'être plus concis, et ce fait exceptionnel, sui- Yant M. Kramer, méritait bien quelques déyeloppements. J'ai déjà dit que ces sortes de guérisons n'é(aient pas rares, et J'en ai obsejrvé un boa nombre. P. M.

(2) Quelque* obsenrations nouvelles me font croire que les altérations chroniques du tympan , dont parle M. Kramer, appartiennent à * des lésions dont on n'a pas strictement apprécié la nature. Ce paragraphe et le précédent se rapportent à des ahérations organiques dont il a déjà été question dans le chapitre II, page 108, et Je crois devoir consigner id quelques réflexions à ce si^et. Les végétations à large base.insensi-' Mes au contact des instruments, dures, comme cartibgineoses, saignant à peine quand on les scarifie, même profondément, m'avaient paru, Je Tavoue , un peu difficiles à admettre, et J'attendais que l'occasion se présentât d'en observer de semblables. J'ai vu en effet quelques léMons organiques qui se rapportent très exactement à la description mentionnée ci dessus, et Je me proposais de les étudier avec un soin tout particulier, lorsque Je me suis aperçu que cette surface malade était située plus profondément que le tympan du cdté opposé. En mesurant la di-

kik MILADIBS DE l'oRIILLE.

Les rétrédtseiBmts de la trempe d*EustacHi te rapprochent beaucoup de ia maladie précédente sous le rapport de la curabilité. On ne réussit à guérir que les cas récrâts. Dès que la maladie date d une ou de plusieurs années, le traitement devrent infructueux. Les tissus frappés de phlegmasie chronicjue s'épaississent^ se durcissent, et les afjents mécaniques, tels que les cordes de boyau, ne peu- "vent plus dilater le conduit. Le docteur Bonaibus (i) dit cependant le contraire, et, de plus, il se donne comme l'inventeur des bougies en conles de boyau; Cest une prétention insoutenable, car dans mon traité sur les maladies des oreilles, imprimé à Berlin en i636, et traduit en français à Bruxelles en 1 84 1 « j'^ti décrit le procédé en question, et indiqué la manière d'introduire ces botigies dans la trohipe. J ai dit^ à cette époque, que ce moyen de dilatation ptait le seul agent capable de guérir le rétrécissement de la trompe d'Eustachi, contrairement à lopinioh du docteur Deleau, qui pense que les douches d*air suffisent pour produire ce résultat.

La surdité nerveuse ne se guérit que quand le nerf acoustique n'a pas été trop fortement lésé. Lorsque sa

stinee qui «xisUit entre la ctoiftaa tynpatiiqiie « t l*torlfiee éxlenie dtt méat, J*ti trouté que ce conduit éuit plus profond do eèlé malade, H où UDOTégétation quelconque , déTeloppée sur la surface membraneate en question, aurait d A rempKr en partie ce conduit et paraître plua rapprochée de rorifice externe, li est résulté de eette obser? alion que f ai recherché le tympan et que Je ne Tai pas troaté, que cette oloiaoïi n^iiatait plus , et que ceUe Tégélalion partait du fond de la caisae. Oki ?oit par là qu'il ne s'agit pluâ d'une affection du tympan , mais bien de la muqueuse de Toreille moyenne, et que c^est une nâaladîe à déplacer. Je crois iermement que cette cause d'erreur a pu se rencontrer, et qptt l'on ne peut l'étiter qu'en mesurant avec soin la profondeur à laifoelle ae trou?e cetleulésioB extraordinaire. J'ajouterid que le malade de l'obser- ▼ation XXXVII ( paf;e i92 ) éproutait des accidents très grat^ quand OB portait le caustique sur cette YégéiatioB si dure, et que eek iftathe, auinni moi^ que quand cette production tkot par sa base mn pareia du YCatibnle lut-méoM. P. M.

(1) ««saWf médieak da Parié. 1844. a« ii.

MALABIU mATlVtllItlIt CUiABLES. IIS

itnsibilhé m p^t4 de jour en jour ^ lorsqu'elle s'exalte au l^int de supporter très difficilement les grands bruits qui deviennent alors douleurenx, on doit conserver moins d'espoir de remédier à ces troubles fonctionnels. On remarque , en effets que Toreille supporte aveë peine les agents tfaérapeuticjnes applicables en pareil cas, et ^ oemme il y a peu de moyens qui ne soient excitants , les chances de guéiîson diminuent en proportion de ces ihoottvénients.

Il (ÎÉut noter que, parmi les nombreux malades traites par moi de cette sorte de surdité ^ plus de la moitié avait dépassé Tàge de trente ans. La moitié comptait plus de dix ans de maladie , et un quart avait atteint le plus hatlt ciegré de surdité, c'est*à-dire n entendait plus ma montre, même quand elle était appliquée sur le pavillon. Il en est résulté que j al renoncé à traiter la plupart d^ ceux que je considérais -comme incurables, ou bien que j'ai abandonné le traitement api^ quelques tentatives infrue^ tueuses. Il y à en effet des individus qui , même jeunes, ne peuvent pas supporter les insufflations de vapeurs éthérées , si petite que soit la dose a laquelle un les ad^* ministre.

J ai obtenu une amélioration notable sur 703 malades affectés, de surdité nerveuse avec accomp^nement de bruits plus ou moins forts. Ces succès sont |)roportionnés àFàge du malade , à la durée de la maladie, et il faut s'estimer très heureux d'améliorer un état semblable qui tend toujours A s'aggraver. Trop heureux encore si l'on pouvait parvenir dans bien des cas à rendre le mal stationnaire !

J ai guéri complètement 54 malades , c'est-à-dire im vingtième seulement , et ce succès est dû d'abord à ce que la surdité nerveuse n'était pas très forte, et ensuite ^ ce que les individus étaient jeunes.

Ces résultats peuVent-ils soutenir la comparaison avec

ceux qui out été obtenus par d autres mëdecinsauristes? Itard n a rapporté dans son ouvrage que deux cas de surdité nerveuse , et comme il n a pas appuyé son dia« gnostic sur le cathétérisme des trompes , on ne peut les accepter comme démontrés. Le docteur Deleau n a jamais rien publié sur cette maladie , et les médecins au» glais qui s'en sont le plus occupés, ne savent pas en établir le diagnostic d'une manière précise.

Parmi les médecins allemands, le docteur Pb. WolfF, qui a le plus étudié ce sujet, pense que la surdité nerveuse est due bien plutôt à une altération des nerfs de la caisse qu'à une lésion des nerfs acoustiques proprement dits. Il introduit dans la cavité de 1 oreille moyenne des va(>eurs chaudes, fortifiantes ou calmantes, suivant la nécessité; mais ii considère comme inutile d'engager la sonde dans la trompe d'Eustachi. Suivant ce médedn , il suffit de placer le bec de cet instrument auprès du pavillon de la trompe , et les vapeurs poussées dans la cavité du cathéter tendent à pénétrer jusque dans la caisse.

Les opinions de MM. I^ode et Wolff, sur les fonctions •de la trompe d'Eustachi, ont été considérées conime un progrès dans la physiologie de cet organe , et cependant il est évident qu'elles sont diamétralement opposées. Le premier peq^e que 1-air comprimé , même avec fprce, ne peut pénétrer dans ce conduit et arriver dans la caisse par l'impulsion qu'on lui communique ; et le second croit que des vapeurs, conduites jusqu'à l'orifice du pavillon de la trompe, tendent à s'introduire d'elles-mêmes dans ce canal, et à arriver ainsi jusqu'au tympan. Ces opinions contradictoires se détruisent mutuellement. Du reste , le docteur Wolfï rapporte six cas de guérison obtenue par son mode de traitement. 11 serait .bon de savoir dans combien de cas sa méthode a échoué. Quoi qu'il en soit des opinions de ces deux auteurs, je persiste à croire qu'il faut insuffler des douches d air et de vapeurs éthé-

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