‹ Traité des maladies de l'oreilleChapitre 37 sur 57 · MALADIES SUSCEPTIBLES DE QUELQUE AMÉLIORATION · texte numérisé non relu

MALADIES SUSCEPTIBLES DE QUELQUE AMÉLIORATION

rées dans la caisse , et que ce moyen est le seul qui permette d'espérer un succèsK{uelcoDque dans le traitement de la surdité nerveuse.

Je dois dire que dans ces derniers temps , j'ai été conduit à modifier mon traitement. J'ai rencontré beaucoup de personnes dont les nerfs auditifs avaient une telle susceptibilité» qu il m'a fallu renoncer à l'emploi de l'élher acétique. J'ai remplacé ce médicament, et je n'ai eu qu'à m^euL louer, par une solution aqueuse d'assâ-ftetida , de musc, ou d'amandes amères. Je place ces substances dans un grand flacon qui contient un thermomètre; uae lampe à alcool,. placée^ sous le vase, seit à vaporiser le liquide, et la vapeur qui se dégage est conduite dans la trompe et dans la caisse pax les procédés connus ( i ).

On ne doit pas négliger l'emploi des moyens généraux capables de modifier la santé des personnes atteintes de surdité nerveuse. Cependant, je l'avoue, trop souvent ces soins sont superflus , et lors même que Tôt] parvient h auiéliorer la constitution du patient, l'oreille n'en éprouve aucun changement favorable.

3« MalaiiutuieeptibUê de quelque oméUwration.

L'inflammation du périoste de la caisse est la seule maladie qui se trouve (!ans cette condition. Lorsque'Fallération des parties n'est pas portée à un haut point, que les surfaces osseuses ne sont pas profondément cariées, on i)eut, non pas guérir, mais améliorer un peu celte affection ilaug^reuse, et cela est surtout possible quand il

(f) En rapprochant ce paragraphe àe oehii que J*ai annoté à la page 393 , on f oit combien il i'aut élre sobre d'assertions absolues. M. Kraincr regardait comme incurables Iqus les cas d'irritabililé eiccs- MTe des nerfs acoustiques, et le Toici maintenant qui subotitue à Télher acétique, devenu inapplicable, des remèdes d'une autre nature, et il se félicite d'aToir pris ce parti. Ces modifications Justifient pleinement mes remarques, et prouvent avec quelle réserve il convient de se prononcer en senbbUe matière. P* M.

Al 8 MALAIUBS de L'oflBtLLfc.

s'existe aucune complication de phlegmadie des méflkiges ou du cerveau. Parmi les t&aladies de ce genre qtie j ai traitées , il en est deux que j'ai guéries. Mats daÉS àei cas aussi graves , lors même qu on a le bonheur de réussir , on ne peut espérer conserver Fouïe^car presque toujours alors le tympan est largement ou vert , la surface de la oaisse est profondément altérée, les osselets sont presque toujours détruits , et Ces désordres entraînent là perte de la sensibilité auditive. Trop heureux quand il narrive que cela , car dans le plud grand nombre des cas^ la ma-* ladie est mortelle. Trop souvent les médecins, peu accoa* tumés à tenir compte des symptômes qui partent de lappareil auditif, méconnaissent ces maladies si graves, et croient avoir affaire à Une lésion cérébrale ou à des fièvres pernicieuses, etc. De là des procédés cin^atifs qui ne sont d'aucune efficacité.

40 Maladiêi fAiolument ineurable$.

Je regarde comme incurable le rétrécissement de la trompe d'Eustachi. Lorsque cette lésion est située à lorifice pharyngien dé ce conduit, ori lie petit pds employer les moyens de traitement qui conviendraient à ce geare de maladie, et quand elle existe plus profondément et que les bougies introduites jusque là ne peuvent vaincre la résistance de ce i^trccissement , l'insuffisance des moyens curatifs me parait parfaitement démonU^ée. Il faut reconnaître que les dispositions anatomiques de ce conduit, sa courbure, et surtout l'importance des |)arties qui lavoisinent, ne permettent pas que Ion cherche à détruire l'obstacle au moyen des instruments tranchants ou piquants. On peut en dire autant de lemploi de certdius caustiques, et je crois que les médecins prudents devront y renoncer.

La sunli-mulilé congéniale ou acquise, cette dernière

MALADIIS absolumbut iucurables. H9

dépendant d'iine altération de Voreille interne, d'une des* tructioD du labyrinthe ou de la paralysie complète des nerft acoustiques > est, selon moi, une maladie complètement incurable. L'inutilité bien démontrée de toutes les tentatives faites jusque ce jour^ dans des cas de ce genre, ne me permet pàs de modifier mon opinion sur ce point, et je persiste dans le jugement que j ai porté dans la première édition de mon Traité Sur lés maladies des cn^eiU les (i),

Le docteur Sehmalz , de Dresde (a) a combattu mon opinion et la regarde comme dénuée de fondement* Il établit de la manière la plus posiûire la curabilité des sourds muets, et cependant depuis six ans que son ar*tîcle a été publié , ni le docteur Scbmals, ni aucun autre médecin, n ont fait connaître un seul cas de guérison. Le dtttéur LutzCi directeur de Tlnstilut bomosopathique de Postdam^ prétend, il est vrai, avoir produit chea trots setirds-^muets un connwncement dnudition; mais enat* tendant que la guérison soit complète , je persiste dans ma manière de penser à cet égard.

Avant de terminer cet aperçu, je désire éclaircir un point important de la pathologie de loreille. Le docteur Yearsley (3) pense que la surdité nerveuse n'est le plus souvent que le second degré et là consé({uence de Tinflammation de la membrane muqueuse de loreille moyenne. Suivant ce médecin, il amverait , dans ce Cas, que la sécrétion muqueuse cesse, et que la caisse se trouve entièrement sèche, de la même manière que Ton voit dlspai^aUrc le cérumen du mcat externe. Je ne puis accepter celte explication et je vais essayer de spécifier la

(1} Caipar>f W^ek^mchrift (Journal hebdonadaire de méà,]. 1841. p. 761.7S2.

(2) Sal%bw§er med. ohirturg. Zeitung (Gasetle médochirurg.de Salibovg). 21 féTr. 1839. p. 236.

(3) Contrikutiom to aurai tur^ery. IV. p. 23

différence fondamentale qui existe, selon moi, entre ces deux espèces de maladies. *

L'inflammation de la membrane nmqueuse de la caisse avec augmentation de la sécrétion muqueuse, se rencoU' tre plus souvent chez les hommes que chez les femmes; elle occupe plus souvent une seule oreille que les deux; elle s'accompagne moins fréquemment de bruits ; elle se développe ordinairement dans les dix premières années de la vie ; les malades ont plus promptement recours aux soins du médecin ; on peut dans la plupart des cas, reconnaître la cause de la maladie et suivre la marche progressive de àon développement ; la surdité qu'elle produit n'ejst pas aussi forte ; elle ne se complique pas souvent de lésion du système nerveux; elle dépend fréquemment d'une maladie catarrhale ou scrofuleuse; elle n'est pas ordinairement héréditaire ; elle ne survient pas à la siiNe des causes qui agissent spécialement sur le système ner« veux; elle^st guérissable dans la plupart des cas; enfin elle réclame un traitement local très actif (i).

Si Ton veut prendre tous les termes de comparaison opposés à ceux-ci, on aura une idée exacte de ce qu'est la sui*dité nerveuse, et pour tout médecin -clairvoyant, cela constituera une différence radicale entre cette ma* ladie et la précédente. 11 est donc impossible d admettre ro|)inion du docteur Yearsiey sur Tétiologie de ces deux alTections»

(i) Ce Ubleaa est frappant, et cependant il ne faudrait pas se laisser séduire par ce qo'il offre de rigoureux, d'absolu. Plusieurs points sont contestables, par exerople, l' absence de bruits, la maladie honiêe à «jm seule oreille y Vhérédiié; mais Pensemble constitue un argument vigoureux contre ridée de M. Yearsiey. Je crois néanmoins que Topinion du médecin anglais est justifiée dans un certain nombre de cas, et, pour ma part, J'ai rencontré des faits qui établissent nettement que Pinflammation de la caisse, passée à Tétat chronique, a donné licii à une surdité nerveuse. En ceci comme en beaucoup d'aulrcs choses, la vérité se trouve entre ces deuf assertions contraires. P. M.

PHTSI0L061E ^ DE LORKILLE HUMAINE. '&2i

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