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DES CORNETS ACOUSTIQUES

Beaucoup de personnes affectées de maladies d oreilles, les négligent et ne réclament les secours de Fart que quand ceux-ci sont devenus impuissants. Il est un certain nombre de lésions organiques de Toreille qui ne peuvent être guéries» même quand on^st appelé en temps utile, et beaucoup d autres maladies de ce genre que Ton aurait pu facilement guérir par un traitement convenable, deviennent incurables par suite des erreurs de diagnostic des médecins étrangers à cette partie de la science. Enfin , les progrès de Fâge donnent lieu à un a^ faiblissent des nerfs acoustiques auquel on essayerait vainement de remédier. Ces diverses circonstances ont déterminé un grand nombre de recherches faites dans le but de trouver des moyens mécaniques capables de faciliter Texercice de la fonction auditive.

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De tout tenips on s'est occupé de la construction de machines propres à remplir ce but, on a inventé une foule de petits perfectionnements successifs qui sont loin d'être satisfaisants, et je me dispenserai d'entrer à ce sujet dans de longs détails. Je me contenterai de grouper les instruments suivant leurs analogies principales.

Les cornets acoustiques consistent tous dans un appareii de forme quelconque , d)estiné à recueillir la plus grande masse possible de rayons sonores et à conduire vers le tympan ces sons ainsi réunis. Dans quelques uns, on a ajouté des dispositions capables d'augmenter la force des vibrations , mais cela change leur caractère et les dénature plus ou moins.

Ces divers instruments sont faits en or, en argent, en cuivre ou en laiton, en bronze ou en fer-blaac ; on se sert également de certaines coquilles naturelles et d'autres corps capables d augmenter les vibrations sonores. Tout cela serait bon si les sourds n avaient besoin que de sons éclatants; mais la plupart d'entre eux, et surtout ceux qui sont tourmentés par des bruits continuels , sont très péniblement influencés par les sons métalliques,vibrants, ddnt Téclat ébranle les nerfs acoustiques. Beaucoup de malades ne peuvent supporter les voix criardes, perçantes , ils n'entendent jamais mieux que quand on leur parie clairement et doucement, et ils ne comprennent bien que les paroles prononcés de cette manière. Les cornets métalliques, qui ajoutent à la voix ordinaire des vibrations-éclatantes, nuisent à sa perception, et les sourds qui s'efforcent d'édouter dans de pareilles conditions ont bientôt épuisé leur reste de sensibilité acoustique.

Il est impossible de faire pour les oreilles ce que l'on a feit pour les yeux. On peut graduer la force des verres des lunettes, modifier leur couleur et approprier Tinstrumeut au mode de lésion du sens visuel; mais jusqu'ici , on ne possède aucun moyen de Hooner aux sons le ca-

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ractàfe qui convieBt au g«iirf de HasibiUté des peth "tiuditifs. Tous les cornets surexoitent ) oreille, e( la* iatigue qui en résulte contribue à prodpir^ une paralysie finale, que l'on doit sqrtout redouter.

Itard (i) a essayé de remédier à ces ineonvénients en plaçant dans Imtérieur du cornet acoustique une sorte de diaphragme en baudrucbe, t^ndu obliquement. Cette Hiodificatien diminue sensiblement Téclat des vibrations métalliques , mais elle ùie au son une grande partie de sa force, et Tinstrument ne remplit plus qu im^HiHaitement son but.

Le cornet de Dunker, muni de son petit récipient métallique, mérite un reproche tout différentr Les malade qui s en servent pendant quelque temps éprouvent dans l'oreille un^eentiment de gépe, de t0nsion, et il arrive alors dans Torgene auditif ce qui arriva aux yeux que l'on arme de lunettes trop fortes. Le soulagement que Ion éprouve de prime-abord fait bientôt place à un apaisement considérable. Ces suites sont surtout fâcheuses pour les personnes dont la surdité est la spitç i\'{ku afiaiblissement de la sensibilité de roreilie*

Les instruQients qui ne servent qu a reweillir les sops et à les conduire vers le tympan ne méritent pas les* re- .proches que je viens d adresser à ceux qui les augmentent et les dénaturent, et sous ce rapport, le oofnet du pasteur Dunker (2) , de Rathenow, qui a été l'objet d'un brevet d'invention , remplit parfaitement le but que ^ propose son inventeur. Cest un tuyau élastique, assez long, terminé d'un côté par un petit tube que Ton met dansToreille, et de l'autre par un entonnoir en corne, qui sert à recueillir les sons. Le tuyau peut avoir une longueur considérable, ce qui facilite singulièrement la çoa-

(i) Traité, etc. XAI. p. 68.

(2) ^etHhrHhung vnd AmMnàimg dêr HoênMêehinê mii hi€$êmm0m Uitmmiir^hrê. 1890. RadtoBOw.

Cornets acoustiques. 114*7

versation , et Ion remarque que cette longueur ne^cause pas daffaiblissement du son. La parole, même à voix basse, arrive à Toreilledu sourd, au moyen de cet instrument, mieux que ne le ferait une voix très élevée parlant près de Toreille du malade.

Malheureusement, ce long tube flexible ne peut servir qu^à la conversation isolée, et les sourds qui sont réduits à ce degré d'infirmité sont rares, comparativement à ceux qui peuvent encore prendre part à ce qui se dit dans un cercle plus on moins nombreux. Il est vrai que le petit récipient métallique, adapté par Dunker à son instrument, renforce les sons, les recueille en plus grand nom* bré, et cela procure à quelques sourds l'avantage qu'ils recherchent; mais cela ne dure pas longtemps, et ils sont bientôt forcés d-y renoncer.

Peu de personnes consentent à se servir d^in simple cornet conducteur des sons, et cependant c'est encore ce qu'il y a de mieux; mais cet iustrument parait gênant, et elles.se décident difficilement à s'en armer pour entendre le moindre mot qu'on leur adresse.

Lorsque la conversation n'est plus possible , même au moyen du tube de Dunker, on pourrait essayer de tirer parti de la iaculté qu'ont les os du crâne de transmettre les sons. Il n^est pat nécessaire, pour cela, de raser la tète du patien^, et de la frictionner avec une pommade contenant quelque principe volatil ; il vaut mieux suivre le conseil de Jorissen (i), et placer entre les dents du mar Jade une tige de bois préparée convenablement; lu personne qui parle tient entre ses dents l'autre extrémité de la tige, et les vibrations sonores se transmettent, par l'intermédiaire de ce corps solide, aux os de la tête, et de là aux nerfs acoustiques du malade (2).

(1) Di$$m't. fi$tin$ movam mêihodum iurdoê rêddêndi^ audimtês* Habe. 1757.

OK) U docteur BenatU a ^outé daas u traduction la aol^ tuifaote t

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ftard (i) a cherché à perfectionner Fidée de Jorissen ; il a substitué à la tige de bois une soite de porte-voix très mince, dont Icxtrémité, placée entre les dents de la personne qui parle, a un léger écartement de quelques centimètres, et permet de transmettre les vibrations de la voix. Cet instrument est certainement meilleur que le premier, mais II ne parait pas qu Itard en ait tiré grand parti, du moins ne dit41 rien des succès qu'il en a obtenus. On sent bien que ces moyens de communication sont très bornés, et que leur usage est fort incommode.

Le médecin auriste devra toujours se proposer le but le plus honorable pour lui, et le plus utile pour le ma* lade ; en conséquence, il engagera celui-ci à recourir, le plus promptement possible, aux lumières de la science, et il s'efforcera de remédier à sa maladie par les naoyens les plus propres à la combattre. En agissant ainsi, le besoin d'un bon cornet acoustique se fera moins sentir.

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