SOURDS-MUETS
inévitable de la longue inaction du nerf acoustiqae. Quelle que soit la cause primitive de la surdité des en* iants, elle a toujours pour résultat d'entralaer le défaut d'activité vitale du sens de l'ouïe ; et c est là une chose capitale pour Tavenir du pauvre sourd-muet.
Dans les cas de ce genre, lorsque l'on parvient à remédier complètement aux altérations matérielles de l'organe auditif, cela n'exerce aucune influence salutaire sur le sen9 lui-même , contrairement à ce qui arrive dans les autres formes de surdité. Mais avant d'examiner quels sont les moyens à employer contre cette déplorable infirmité , et s'il est possible de lui opposer un traitement rationnel, je veux justifier mon opinion, quelque se- 'Vère tju'elle soit, en jetant un coup d œil sur les procédés empiriques auxquels l'on a eu recours dans des circonstances de ce genre.
Schmalz (i) a réuni un certain nombre de cas de prétendues guérisons de sourds-muets consignés dans les ouvrages de Lebouvier-Desmortiers, de Miîcke, de Pfingsten, de Castberg, d'itard, etc. A l'exception des trois ob* servations rapportées par ce dernier auteur, toutes les autres ne reposent que sur des ouï-dire et n'ont pas été* recueillies ni constatées par ceux qui les ont publiées. Il faut même reconnaître que les trois faits cités par Itard (a) sont sans valeur scientifique , car ils n'ont pas été l'objet d'un examen de tout l'appareil auditif, et le traitement n'a pas été précédé de cette recherche indispensable. Gomment se décider, sans savoir à quoi s'en tenir sur l'état des organes auditifs, à employer des moxas ou le cautère actuel, lorsque l'on voit qu'Itard n'a obtenu, par l'emploi de ces moyens énergiques, qu'un peu d'amélioration sur un seul des 1 4 malades qu'il a traités? Osera-
(i) Kmsé Gêêohiehte wai itattUik d$r Ta^ii¥immÊnaiMaiUiH. p. 47- (3) TraiUy etc. 1. 11. p. 460.
kHk MALADIE IM^ I.OKSIIXE.
t-on couvrir U pavillon dt) Torpille avec ud large vé$icatoire, placfir uu cautère soqs langle (|e la m^qhqire, lors^ que Tqp iauia que, sur 1 4 mtiladeQ Uiû(és aui^i, un seul a paru e^ retirer qi)» Ique ^ivau^aget Enfiui qui VQudbv se décider à perforer le tympau qu^pd cette opération P a produit uu peu de fnieu^ qu upe $eul^ foi« ^ur quiase ensais de ce genre?
Ce^ tentauve^ téméraires, e( faites au ha^a^xl, doivont être d autant moins imitas , qult(|rd f^vou^ ^ avoir re^ tiré peu de profit. Les trois sourds-ipuets qu il a guéris ne pMreiU pas apprendre à parler correctement, e| leur ou'ije rest^^ toujours faible, L'un de ces enfants pronon* çait bien quelques mots, mais il rest^ à moitié sourd* muet. Le second entendait parfaitementi mais \\ ne oom* m^nçq k parl^ qt^e quand il se trouva d^ retour dans sa famille, et Itard espérait qu il finirait par parler très hieil, Eufin le troisième, qui repét$^it ^vecasse^ de peine les n^ots qu'il entendait* mourut av^nt que (on eût purer connaître jusqua quel point il pouvait apprendre à bien parler,
Curtis (i) assure quil £| guéri trois sourds-muets, e( que l'une de ces guérisops n ^ été complète qu après un traitement qui a duré sept ann^^* Ce médecin , qui ne donne aucun détail sur sa méthode çurative , et qui, comn>eje lai dit, ne sait pas explorer lorgane acousiti^ que, me paruU ne pas n^ériter beaucoup de confiance sur ce point, et pour montrer avec queHe l^èreté U avance de^ fcitsde cette nature, je veun rapporter les pmpres. expressions ççtnsignées dans ses çomptes-rendii^s : f Un
• enfant sourd-muet, âgé de deux ans et demi) et guéri » par moi ^ pouvait entendre facilement ^t clairement les n sons à travers un cornet acoustique. Obez un petit garn
• çon de cinq ans, également guéri , j espère obtenir les
(1) CUnieal report of the royal iiipênsary for lA« iii$a$$$ ofthê mr^ 1830. p. 86-88.
SOUBDS-lfUBTS. hH
9 résultats les plus fSavorables. Une jeune fille de cinq » ans a recouvré Touïe et la parole, etc., etc. » Il paratl que ces cures merveilleuses ont été la suite de quelques vomitifs administrés empiriquement, sans examen préa* lable des oreilles de ces enfUnts, et il £aut avoir toute la crédulité de Schmalz pour accepter ces guérisoBS et les enregistrer ea cette qualité.
Tout ce que Ton a dit «ur la perforation du tympan appliquée à la surdi-mutité ne repose pas sur des bases plus solides. Deleau (i) rapporte dix-huit observations de ce genre dans lesquelles il a eu le grand tortdene pas examiner attentivement Torgqne auditif avant de pratiquer cette opération. Il ne parait pas avoir obtenu de succès remarquables , du moins ne peut-on considérer comme tels le3 légers signes d atnéiioration de Touîe observés par lui chez quelques uns de ses malades. Peut-on en effet considérer comme des résultats satisftiisants oeux qu'il indique en ces termes : « Plusieurs de ces opérés w ont éprouvé beaucoup de soulagement, et j'ai le plus » grand espoir (]u ils eniendront? » Ces espérances sont toujours déçues, parce que les malades nont -pas eu la patience nécessaire, ou bien parce que les parents des enfants sourds-muets n*ont pas pris tous les soins convenables, etc. Cet auteur a prouvé, en ne pratiquant plus cette opération, quelle valeur il attachait à ce moyeu de guérisott.
Les malades traités par Cooper n étaient pas sourds* muets, aussi ne peut-on tirer parti des succès quelconques obtenus par ce célèbre chirurgien. Je ne dirai rien aEH>n plusde rélectricité,du galvanisme, du magnétisme, vantés, à diverses reprises, pour la guërison de cette in« firmilé; le séton et les autres moyens empiriques préconisés par Schmalz (a), ne méritent pas plus de confiance,
(I) Vifmoîr« Mr 1(1 jMff^folt^fi Al lyfwpoM.
456 MALADIES DE l'oREILLE.
et je renvoie à ce que j'ai dît sur ce sujet dans la première partie de cet ouvmge.
Je vais examiner avec quelque détail les essais plus rationnels tentes dans ces derniers temps. Deleau s'est servi , pour la guérison de quelques sourds -muets , des douches d air dans la caisse ; mais il a eu le soin judicieux de ne recourir à ce moyen que dans le cas où il avait reconnu Texistence d'un engotiement muquenx de la cavité tympanique ou de la trompe d'Eustachi. Il déclare le mal nerveux et incurable quand ces deux organes sont libres et sains.
i<> La guérison d'Honoré Trezel (i) a eu quelque retentissement dans le monde savant, et cela est dû surtout à la publicité que Deleau a donnée à cette observation intéressante. Examinons ce fait.
Ce jeune sourd-muet entendit de l'oreille gauche dès l'instant que Deleau eut introduit la sonde élastique dans la cavité du tympan (ce qui , par parenthèse, est absolument impossible); il put compter les coups qu'on frappait sur le fond d'un chapeau, et il semblait attiré par la musique que l'on faisait près de lui. Après un traitement assez long, il apprit à prononcer quelques mots composés ; mais Deleau ne nous dit pas par quel moyen on lui donna cette sorte d'éducation, et cependant il serait foit utile de le savoir. ,
Au bout d'un mois de soins, l'oreille de ce jeune garçon était encore fort peu sensible; du moins Deleau luiluème avoue que son malade comprenait seulement les voyelles et certaines consonnes. A la fin du deuxième mois de traitement, il put distinguer les syllabes qu'on fait répéter aux petits enfants, et, au quatrième mois, il ne pouvait pas encore reconnaître la direction des sons qui lui arrivaient, son nom, par exemple, quand on rappelait. La voix resta iiide pendant longtemps en-
(i) L'oti«0 ef la parole r$ndu$$ à Honoré TreMeL ISW. In-^.