‹ Traité des maladies de l'oreilleChapitre 45 sur 57 · SURDI-MUTITÉ · texte numérisé non relu

SURDI-MUTITÉ

affiiire , appliquer le principe post hoc, ergb propter hoc^ il y à une autre manière de procéder^ et qui conduit au but d'une manière approximative.

On ne peut pas dire aujourd'hui que tous les enfents nés sourds-muets doivent le jour à des parents entendant et parlant. Il n y a pas longtemps que Ion a recueilli les premiers faits en contradiction avec ce principe , et Ton a pu constater un certain nombre de fois Thérédité directe et immédiate de la surdi-mutité. On doit dire cependant que ces faits constituent une rare exception , et qu habituellement, dans 1 immense majorité des cas , les sourdsmuets mariés à des sourdes-muettes ont des enfants qui entendent et qui parlent. Gela est vrai à plus forte raison quand le mariage est mixte, c est-à-dire quand Tun des époux seul est sourd-muet, et cependant, même dans cette occurrence, il y a des exemples d'hérédité bien avérés. Quoi qu'il en soit , on peut regarder comme infiniment probable qu'un mariage entre sourds-muets, ou entre un sourd-muet et un individu entendant, donnera lieu à des enfants entendant, et ici, comme on le voit, l'hérédité est tout à fait exceptionnelle. Mais existe-t-il des conditions organiques appréciables qui paraissent avoir pour conséquence la perte de l'ouïechez les enfants, ou, en d'autres tejrmes, trouve- t-on des familles ches lesquelles la naissance d'un sourd-muet paraisse sinon certaine, du moins très probable? Ce que nous avons dit de quelques localités du canton de Berne, semble répondre affirmativement à cette question, et je crois qu'un médecin attentif, placé au milieu de ces tristes populations, et au courant de leurs habitudes, arriverait p'romptementà reconnaître les signes indicateurs de cette anomalie de l'organisation. Des parents notoirement scrofuleux, mariés très jeunes, ou dans des rapports d'âge comme ceux que j'ai indiqués plus haut, ensevelis vivants dans ces tristes chalets où le soleil ne pénètre

ATS ADDITIOm DU TfiADUCTEUA.

pas, OÙ Fair ne se renouvelle jamais qu'iocomplétement, où Ton ignore les premières lois de Thy^^iène, ceux-là, en effet, me semblent constituer une grande prëdisposi* tion aux infirmités congéniales, et doivent compter quelques sourds-muets dans leurs descendants. Évidemment cela est ainsi , et sans attacher plus d'importance qu'il ne convient à des faits de cette nature, on ne peut refuser d'admettre un rapprochement qui paraît aussi simple.

Ainsi donc il y a des cotiditions d'habitation, de régime, de constitution personnelle qui favorisent le développement de la surdi-mtitité. Il n est pas douteux que des sourds-^muets naissent de familles qui ne présentent aucune de ces particularités , mais les faits négatifs n'in^ firment pas la valeur de ceux que nous' avons indiqués; tout au plus peut-on conclure de ceux-ci que cette infirmité dépend de causes diverses qu'on n'a pas encore reconnues, et que de nouvelles investigations mettront en lumière. En attendant, nous possédons asset de ren^ seignements sur cette partie de la question pour établir que la surdi>muiité est héréditaire, ou du moins qu'elle est une conséquence directe d'un état pathologique spécial des parents. Cette assertion sera combattue, je n'en doute pas, mais elle me semble utile à produire; je la livre à l'examen de toutes les personnes en mesure d'en vérifier l'exactitude. Je désire que l'on recueille avec soin des observations capables de la corroborer ou de la détruire, il importe beaucoup que les chefs d'institution de sourd8*muets prennent les renseignements les plus cir» constanciés sur les enfants qui leur sont confiés. Ce tra* vail a précisément pour but d'éveiller l'attention des directeurs de ces sortes d'établissements , des médecins qui y sont attachés, et de toutes les personnes qui ont le désir de perfectionner Tinstruction et le bien «•être deè malheureux sourds- muets.

Mais il faut que ces recherches êoient ftiites ft vec mé-

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tbodé. Il importe que Ton interroge avec soin , non seulement h parenté directe , mais encore toutes les personnes en état de fournir quelque renseignement utile sur Id compte de lenfant. On devra se livrer dans ce cas à une véritable enquête ^ ne négliger aucun point de cette question obscure, recueillir par écrit les réponses faites, et consigner ainsi tous les éléments d une histoire corn* plète de chaque sourd'^muet. Une observation rédigée avec soin , dans la forme convenable , et contenant tout ce qu il est nécessaire de savoir en pareil cas , devient un document précieux pour la science, et en les multipliant on travaille efficacement à la solution dé ce grand pro^ blême. C'est seulement en suivant cette voie que Ton parviendra à sordr des généralités, et à remplacer les à peu près par des certitudes.

Il est évident que cette enquête ne peut être faite, dans la plupart dés cas , que par un médecin. L'homme de Fart possède seul les connaissances nécessaires pour apprécier une multitude de faits qui se présentent dans cette circonstance. Tout ce qui tient à la constatation du tempérament de Tenfant et de ses parents, à Tétat de ses divers- organes, à sa constitution primitive ou acquise, aux maladies héréditaires dans la famille, ou em démiques dans son pays natal , tout ce qui se rapporte aux phénomènes de Fa grossesse et aux accidents de l'aocoucbement d^ la mère, tout cela et beaucoup d autres choses sont du ressort direct du médecin , et ne peuvent être appréciées avec exactitude que par lui. Il fout donc son intervention dans cette affaire, et l'importance des résultats obtenus se mesurera à l'exactitude des rensei* gncments fournis, à la précision des déductions logiques qui en seront tirées , à la justesse des aperçus et à la fé^ condité des rapprochements. A part ces mérites tout à fait individuels, il doit y avoir, dans ces procès»verbaux d'enquête, des indications précises sur beaucoup de

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points importants qu une attention ordinaire suffira pour mettre en évidence. Je vais essayer de tracer la marche à suivre pour aiViver au but.

Après les questions sur Tâge, le sexe, le nombre d'enfants de la même famille, sur Tordre de naissance du sourd-muet observé , sur le nombre de garçons et de filles , etc., etc., on devra chercher à savoir d*abord si la surdi-mutité est congénitale ou accidentelle. Ce premier point est difficile à établir, «t trop souvent les parents eux-mêmes ne savent à quoi s'en tenir sur ce fait capital. Beaucoup d*enfants, confiés à des nourrices, sont abandonnés de la façon la plus déplorable ; entourés de. gens ignorants autant qu'inattentifs , personne ne prend garde aux divers phénomènes qui accompagnent révolution des premières dents , à Tapparition régulière ou à la suppression brusque des divers exanthèmes qui sont si communs dans les premières années; on ne remarque ni les mouvements convulsifs passagers, ni les fièvres dites cérébrales , accompagnées de vomissements continuels, décris aigus, d'une grande agitation suivie d assoupissement, de sorte qu'il est presque impossible d'obtenir sur tout cela des renseignements de quelque valeur. Et quand vient Fépoque où les enfants commencent à prendre part à la vie de famille , à donner des signes d'intelligence, à comprendra ce qu'on leur dit, on considère comme un simple retard de développement intellectuel la nullité qui résulte du défaut d'audition; il faut souvent beaucoup de temps et un concours particuculier de circonstances pour que Ton reconnaisse la surdité comme cause de ce retard. Ces foits se renouvellent journellement sous mes yeux, et il s'en feutde beaucoup que Tonne les^observe que chez les parents pauvres et ignorants. Les familles les plus distinguées sont souvent dans le même cas, et la plupart des questions du médecin restent sans réponse. On ne doit pas se laisser rebuter

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par ces premières difficultés. Cette enquête doit être cou* duite avec une persévérance à toute épreuve; il faut solliciter des éclaircissements, provoquer des souvenirs^ s'adresser à toutes les personnes qui ont entouré leniaot^ et presque toujours ces efforts. amèneront des découvertes de la plus grande utilité. Trop souvent, en eiiet, les parents ne tiennent aucun compte d'une maladie qui n'a pas duré .longtemps, dont les suites appréciables ont semblé insignifiantes , et qui cependant a eu pour conséquence évidente la perte complète de Touîe. Les affections convulsives sont celles qui exercent le plus ordinai. rement cette fâcheuse influence , et je Tai constaté 3iir plus des deux tiers de sourds4Uuets qu'il ma été donné d'examiner.

Lorsque des recherches bien dirigées ont amené la certitude que l'enfant n a jamais entendu, il faut alors remonter à la cause originelle de la surdité, et ce sont les parents qu'il faut interroger avec soin. On tiendra compte de leur àge,de l'époque de leur mariage, du degré de leur parenté qui peut exister entre eux , et de toutes les conditions de localité dont j'ai parlé plus haut. On s'informera avec soin de la santé des ascendants, des maladies habituelles de la famille , des infirmités qui s'y rencontrent , de la santé publique dans le heu jqu elle habite, en un mot, ou tiendra une note exacte et rigoureiise de tous les renseignements capables d'éclairer ce fait de surdi-mutité congénitale. On ne peut nier qu'il n'en existe d'isolés, de primitifs, et sans liaison appréciable avec les antécédents ; mais ceux-là sont les plus rares, et j'ai l'espoir que des investigations plus profondes feront découvrir des rapports nouveaux entre cette imperfection organique et des causes dont on ne s'est pas>occupc jus* qu iqi. A mesure que l'on connaîtra mieux toutes les conditions physiques qui ont précédé l'apparition de ce phénomène pathologique , on pourra espérer de rencon>

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trer la cause originelle de cette infinnué. OniiQttmdtf coïncidences que Ton continuera sans doute de regarder comme fortuites, et qui, constatées un certain nombre de fois, deviendront plus importantes en raison de leor plus grande fréquenee , et plus tard finiront par être contidé* rées comme une loi de rapprochement corrélatif. Quelques pas faits dans cette voie avec prudence et fermeté me semblent devoir conduire à des résultats inattendue, et Ton ne doit rien négliger pour y arriver.

La surdi-mutité congénitale dépend quelquefois d*ùn vice de confoimation de Toreille , et dans ce cas, c^est un arrêt de développement, une aberration organique dont il faut chercher Texplioation dans les lois indiquées par M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire. J'ai consigné plusiears faits de ce genre, et les auteurs en rapportent de fort remarquables. Dans beaucoup d'autres dissections faites avec le plus grand soin, je n'ai trouvé aucune lésion ap« prédable des parties constituantes de l'oreille, et Ton peut croire que la surdité dépendait d'une altératiop du système nerveux. Mais de quelle nature est cette ma* ladie? Di(fère-t-elle de celle que l'on observe diez les sourds-muets que quelques convulsions ont privés de l'ouïe dans les premières années de leur existence, et chez lesquels on constate également une absence oom» plète de lésions organiques appréciables? Je croisées maladies tout^ à fbit identiques. Je pense que le foetus est sujetà beaucoup d'accidents pendant la durée de la gestation, que les affections convulsives sont surtout capables de rendre compte de^la plupart des infirmités appelées congénitales, et qu'une observation plus attentive en fera reconnaître la cause. Déjà beaucoup de maladies de ce genre sont considérées à juste titre comme la covsé* quence d'un état pathologique développé chez l'embryon; mais ces états pathologiques, encore peu nombreux, le deviendront davantage à mesure que l'atleptiMi se por*

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l#r9 vert ot point intéressant. Il est permis de penser que la Sttrdîomutitë rentrera dans la règle commune, et qu on pourra la rattacher à quelques désordres dont ou retrouvera les caractères distinetifs.

On voit combien il importe d'interroger avec soin les parents des sourds-muets. Les mères , on le sait , sont d ordinaire trop disposées à attribuer TinfirHiité de leurs eniants à des accidents sans portée, à des opinions sans fbndemimt, à des causes imaginaires. Il appartient au médecin d apprécier à leur juste valeur ces souvenirs notés après coup , ces rapprochements forcés , et de discerner ce qui vaut la peine d'être cité. Entre la crédulité vulgaire et le scepticisme de beaucoup de gens éclairés , il y a une bonne place pour Fesprit d'examen, et c'est ce dernier qui peut seul conduire aux éclaircissements que la science réclame. J avoue qu'en pareille matière il est difficile d'y voir clair. Les expériences probantes sont rares; il Ëiut une grapde réserve dans l'appréciation des faits ; mais encore est-il nécessaire de rechercher ces faits , de les recueillir, d'en étudier scrupuleusement toutes les oircon. stances; et c'est sur ce point que nous insistons avec lephis de persévérance. Quand des registres bien tenus ofFriront une histoire exacte et détaillée de tous les cas de surdimutité qui se rencontrent dans les instituts spéciaux ; quand ou aura noté avec soin tous les renseignements fburnis par les parents , il deviendra promptement possible de se livrer avec fruit à l'appréciation des causes les plus ordinaires de cette infirmité. On saura très positive* ment quels sont les pays où elle est plus commune, si certaines races d'hommes «n sont plus souvent atteintes que d'autres , si quelques localités renferment des conditions spéciales qui en favorisent le développement, et par suite, quelles sont ces conditions. Si déjà , du simple rap* prochement d'un certain nombre de documents individuels fournis par les .instituteurs hollandais, suisses et

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italiens, on peot tirer quelques conclusiona utiles , que sershce donc quand ces recherches auront été instituées d après une rèfjle commune, imiforme , et répondront à tons les desiderata de cette science encore obscure?

Cest pour cela que nous engageons les instituteurs à adopter notre projet. Nous avons signalé les divers points sur lesquels il importe le plus de diriger les recherches/ et démontré la nécessité de confier à un médecin instruit et zélé le soin de recueillir et d apprécier les renseignements. Le temps et Texpérience indiqueront , nous n'en doutons pas , de nouveaux points de vue ; le travail en fente le progrès , et le temps n'est pas loin peut-être où ces communs efforts , couronnés de succès , attireront lattention du gouvernement sur cette nombreuse classe d'infortunés. Le public, éclairé sur des besoins urgents, secondera les chefs des institutions spéciales, on signalera à Tenvi tous les ftiits capables de résoudre cette grave question, et les sourds-muets, mieux connus, mieux appréciés , seront lobjet d'un intérêt général , et recevront tous le bienfait de 1 éducation.

Voici Tindication sommaire des questions que Ton doit adresser aux personnes qui entourent le sourd-muet , parents, amis, nourrices, au niiédecin qui soigne habituellement la famille, à l'accoucheur, en un mot, à tous ceux qui peuvent fournir des renseignements exacts stu* les choses qu'il importe de connaître.

I* Les noms et prénoms de lenfant, de son père et de sa mère, son sexe, son âge, le nombre de ses frères et sœurs, le numéro d'ordre qu'il occupe dans la série des enfants du même père et de la même mère.

vt^ Existe-t-ildes sourds-muets dans la famille? En quel nombre, de quel sexe,atnésou puînés? Enexiste-t-il dans d'autres branches de la même famille , parmi les ascen* dants? Et spécifier avec exactitude le degré de parenté avec le père et la mère du sonrd-mtiet , ou avec le sourd-

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muet Ini-méme. Ai-t-on obsei^vé, parmi le9»fi*ères et sœurs du sourd-muet, des cas d'idiotie plus ou moins complète? S'en trouve-t-il dans la même famille à quelque degré que ce soit? Le développement intellectuel des entants est-il précoce ou tardif? Parlent-ils de bonne heure, focilementyoubien sont-ils afFectés de quelque imperfec« tion de la parole?

i^ La naissance du sourd-muet n a-t-elle été signalée par aucun phénomène particulier, un accouchement très laborieux, l'application du forceps avec blessure du crâne, des convulsions en naissant, ou nue asphyxie considérabje? la mère a-t-elle éprouvé des accidents convulsifis lors de laccouchement ou pendant, le cours de la grossesse ? a-t-elle fait plusieurs fausses couches , et peuton indiquer la cause probable de ces sortes d'accidents? enfin n a-t-elle été affectée d aucune maladie grave, spontanée ou communiquée , qui ait pu exercer une influence fâcheuse sur le produit de la conception?

4^ Quel«est Tâge du père et de la mère ? à quel âge se sont-ils mariés? à quel âge sont nés les enfants issus de ce mariage, et surtout à quel âge est venu le sourd-muet? Dans la famille, les mariages sont-ils habituellement précoces et quelle .est leur fécondité? Noter avec soin les vices de conformation et autres imperfections congénitales existant dans la famille; indiquer s'il y a eu beaucoup de décès parmi ces enfants et à quelle cause ils ont été attribués; à quel âge ils sont survenus; enfin tout ce qui intéresse la santé générale du|[roupe d'individus composant cette même famille.

5® Le père et la mère du sourd-muet sont-ils parents, à quel degré? indiquer exactement si c'est dû côté paternel ou du côté maternel; rechercher s'il y a en plusieurs alliances entre les membres de la même famille, si elle habite la même localité depuis longues années, si elle est très nombreuse, si elle est saine , robuste ou fisii-

âS6 ^ AODITIOMS DU TAAOUCTEUR.

bie; quelle prédominance organique la caractérise, quel est son développement intellectuel , quelle est sa profes^ sion la plus ordinaire, son genre dévie, ses habitudes héréditaires ou autres; enfin ne négliger aucun des ren^ seignements capables de conduire à une appréciation ri* goureuse de la valeur physique et morale de la race d où provient le sourd-muet que Ton examine. Tenir compte des ressemblances de physionohite du de caractère avec des parents affectés de certaines maladies nerveuses; in« diquerla constitution, le tempérament dé lenfetit, et rechercher si ces dispositions intimes se rapportent à quelque vice héréditaire déjà signalé par des effets Sen-' Bibles cheK les ascendants.

6^ La surdi-mutité est elle congénitale? A quel âge a* t-on commencé à s'en apercevoir? Quels sont les signes qui ont fourni les premiers indices de cette infirmité? L'enfant a-t-il marché de bonne heure? L'évolution deé dents s'estelle faite régulièrement, promptement? Est4l survenu quelque maladie capable d expliquer le retard de Tkitelligence ou de la parole^

7<> Dans le cas où Ton croit être certain que l'enfant ë entendu, il importe extrêmement d'examiner sur quels faits est basée cette opinion. La plupart des expériences sur lesquelles on se fonde en pareil cas sont dénuées de valeur : ainsi l'explosion d'une arme à feu cause une ie< cousse générale qui n'est pas de l'audition, un coup frappé f>ar terre , une porte que l'on ferme brusquementi le plus léger t^hoc contre le lit où repose l'enfant, le ré« veillent, le font crier, et l'on croit qu'il a entendu ^ tandis qu'il a tout simplement senti l'ébranlement des corps qui l'environnent, il faut beaucoup d'attendon et de sagacité pour découvrir la vérité en pareil cas, il faut des épreu* ves nombreuses et variées pour obtenir un résultat de quelque valeur, et peu de personnes sont oapabks de ckmiier une déraonstratton précise et rl(|oureuie du Adi

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que ehacun affirmd avec légèreté et sans preuves déci* sives*

8® Si raudition a été évidente et si la parole régulière en a été la conséquence , la surdité complète arrivée plus tard résulte toujours d'une maladie qu il s'agit de déter* miner. Les affections convulsives de Tenfance sont la cause de la plus commune et sans contredit la plus ef&-> cace de cette abolition de louïe* 6t Ton doit s'informer avec soin de la nature de la maladie^ de sa durée, de sa gravité; il feut tâcher de reconnaître si les symptômes nerveux dépendaient d'une ményngite aiguë, dune encéphalite avec épanchement ventriculaire , ou de la présence de tubercules dans la pie-mère ou dans la substance cérébrale; il importe également de savoir s'il ne s'est point agi d'une épilepsie qui a disparu plus tard , ou qui persiste encore. Après les maladies convulsives^ viennent, dans Tordre de fréquence, les affections cutanées, les exanthèmes, et plus particulièrement la scarlatine et la rougeole; mais alors ces maladies ont entraîné la perte de louïe en détruisant lorgane auditif, en produisant une otite interne avec perforation du tympan, desirtiction des osselets et lésion primitive ou consécutive du labyrinthe* Ici se montrent des caractères anato* miques de la lésion , et avec une attention suffisante on t^ourra les reconnaître et les décrire.

9<> Quant à la surdité complète qui survient plus tard ohesdes enfants de sept à douze ans et même au-delà, et qui a pour résultat laltération successive de la parole et sa perte plus ou moins complète, elle résulte le plus souvent de la ményngite qui complique beaucoup de fièvres typhoïdes. Je possède un assez grand nombre de fiûts de ce genre pour pouvoir publier bientôt un chapitre complémentaire de l'histoire de cette maladie. Je ferai voir quelles sont assez souvent les suites de Taffection typhoïde, quels troubles ppafoii4s et manifestent dans o«r*

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taines parties du système nerveux , etoombien il importe d'en tenir compte dans le pronostic de cette maladie. Il y a encore une autre cause dout les conséquences ne sont pas moins graves, mais dont le mode d action est plos difficile à expliquer. L'exposition plus ou moins prolongée à un vent froid, un refroidissement considérable de la tête, celle-ci étant humide de sueur, produisent quelquefois instantanément une surdité complète et qui devient permanente. Ce phénomène , que Ton observe fréquemment sur une seule oreille, envahit quelquefois les deux, et si le sujet est jeune, le réduit aux conditions de la surdi-mutité consécutive.

. lo^ On ne négligera pas de recueillir des notes détaillées sur le lieu de naissance du sourd-muet, sur la salubrité du pays, son exposition, sur les maladies qu on y observe habituellement, sur les affections épidémiques qui ont régné , en un mot sur tout ce qui se rapporte à l'hygiène générale de la contrée. On devra également demander si Ton y a déjà signalé d'autres cas de surdi-mutité, en qtiel nombre , dans quelles cpnditions de famille, et avec tous les détails contenus dans le paragraphe n"* a.

Il serait facile de multiplier ces éléments d'une enquête médicale aussi scrupuleuse qu instructive; ce qui précède suffira pour révéler aux bons observateurs toutes les conséquences qu'on peut attendre de ces recherches. Il n'est aucun des points précédemment indiqués qui ne se soit présenté dans l'histoii^e des deux cents sourdsmuets que j'ai examinés et dont j'ai pu interroger les parents. Lorsque ces bases d'examen auront été adoptées dans les institutions spéciales, et que les médecins de ces établissements auront grossi le nombre des faits étadiés dans cet esprit, je me crois autorisé à penser que la pkipart des obscurités que l'on rencontre encore sur cette matière disparaîtront peu à peu, et feront place à des données positives et satisfaisantes sur l'étiologie de Ja surdi-mutité.

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