EXPLORATION DE L APPAREIL AUDITIF
étroit, c est-à-dire dans la majorité des cas, il est facile de voir les deux tiers de la surface du tympan , et de reconnaître avec précision toutes les propriétés physiques de cette membrane, si toutefois Ton a pris le soin d'enlever, au moyen d'une abondante injection d'eau chaude, les matières étrangères qui peuvent la recouvrir plus ou moins complètement. Je ne sache pas qu'un stylet boutonné, promené doucement sur cette surface, puisse apprendre quelque chosexle plus que FoeiL, et, dans les cas rares où. Ton ne peut voir cette membrane, j'ai peine à croire qu'il y ait avantage à employer l'instrument en question. Il m'est souvent arrivé de chercher à connaître le degré de sensibilité tactile du tympan, surtout dans des cas où le malade disait que son oreille externe ' était paralysée ou même morte , et j'ai observé que l'emploi du stylet mousse ne valait pas même uno boulette de coton portée sur l'extrémité d'une pince. Presque toujours le contact du métal produit la sensation d'upe piqûre, lors même que les parties sont bien moins sensibles que dans l'état normal, tandis que le coton promené à la surface de la membrane occasionne un léger chatouillement qui n'a rien de pénible. Quelquefois, cependant, la sensibilité du méat et du tympan est si vive, sans qu'on y trouve de traces de phlogose , que le plus léger contact d'un instrument quelconciue occasionne une douleur aiguë , et qiie l'on doit renoncer à ce genre de* recherches. Il en doit être tout autrement lorsque les malades ont l'habitude d'introduire jusqu'au fond du méat un cureoreille, une longue épingle, ou d'autres instruments semblables. Si, par suite de manœuvres fréquemment répétées, le tympan a perdu sa sensibilité normale, oqi peut alors se servir d'un stylet boutonné pour apprécier le degré et l'étendue de cette sorte de paralysie. Il m'est arrivé souvent de promener ainsi le bouton de ma sonde sur toute la surface du tympan , sans que le malade en
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ait la conscience. Cette exploratiotl permet dé codstatet* uti phénoitiène qui se rattache plutôt aUx altération^ de Toreille interne, et qui me semblé destiné à jétèh du jour sur le diagnostic des maladies du vestibule et de ses annexes. Je veux parler de la pression exercée sur lextrémité de la longue branche du marteau , pression qui se transmet è toute la chaîne des osselets, et psir conséquent à la partie de Tétriér qui ferme la fenêtre ovale. Cette manœuvre a pour résultat de réveiller sUbitémeili Faudition dans des cas de surdité grave. Je me cOtitente d^indiquer ici ce point, qui me paraît entièrement neuf. J'y reviendrai dans la dernière partie de ce travail.
La simple inspection pertoet donc d'ëpphécifer exactement la forme généf^ale du tympan, sa couleur, son t>oll, sa transparence, et, par conséquent, son degré d'épaisseur. Tout ce qu'ont dit les anciens et tnême quelques modernes sur la tension exagérée ou siit le relâchement de cette membrane a été regardé, depuis Itard, comme une pure supposition. Cependant, il ne filut pas croire que le tympan ne puisse pas être entraîné, en dedans ou en dehors, par suite d'un mouvement de bascule du marteau qui rend cette cloison beaucoup plus concave que de coutume, ou par l'accumulation du mucus, du pus, ou même de l'air dans la caisse, qui tefouleUt le tympan en dehors, et tendent à le rendre convexe en ce sens. Ces particularités méritent une grande attention et se reconnaissent au plus ou moins de saillie que présente la longue branche du marteau , et à la forme générale dil fond du méat.
Il est un autre moyen d'exploration dont je dois parler ici, bien qu'il se rattache à l'étude des lésions de l'oreille moyenne. Je veux prtrlerde l'expiration forcée, là bouche et le nez étant fermés. L'air poussé par le conduit guttural et accumulé dans la caiss.e du tympan » dis* tend cette membfane, diminue sa concavité, altère sa
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surface polie , la ride , la fronce , et fournit ih médecin des renseignements utiles sur la plupart de ses propriétés physiques.
Lorsque la trompe d'Eustachi est engorgée, et quun obstacle quelconque s oppose au passage de Tair par cette voie, on pratique le catliétérisme, on insuffle de Tair au travers de la sonde, et Ton peut alors voir TefFet que produit ce fluide sur le tympan. Mais, dans le plus grand nombre dès cas , cette opération est inutile, et la plupart des malades parviennent à faii-e passer de Fair dans loreille moyenne; aussi, doit-ori les engager à renotiveler des tentatives qui ont |)Our but d'évitet le cathétérisme de la trompe , et qui petmetteiit d atteindre parfaitement le but que l'on se propose.
Mais dans les cas de perforation du tytnpan, ce passage naturel ou artificiel de Taira u travers de la caisse sert à établir le diagnostic avec une extrême précision. Très souvent, en effet, Texamen le plus attetilif de la face externe de cette membrane ne fait découvrir aucune solution de continuité , lors même que le fond du méat est parfaitement net. Si le malade se mouche un peu fort , s'il fait quelque mouvement de déglutition , alors on voit des bulles d'air s'échapper par une ouverture plus ou moins étroite, ori entend uû sifflement aigu, quelques gouttelettes de pus ou de mucosités sont projetées dans le itiéat, et il ne peut rester aucun doute sur la nature de la lésion. Quand la perforation existe à la partie antérieure du tympan, la courbure du méat s'oppose à ce qu'on la voie, mais alors le bruit de sifflement que produit l'air chassé par l'ouverture fistuleuse sufBt pour établir le diagnostic.
Cette manière d'explorer le tyrtipan est d'un hayt intérêt, et fournit rapidement des signes 9U moyen desquels on apprécie Tétat de cette membrane. Chaque jour, dans les hôpitaux, je rencontre des perforations du tympan
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chez des individus convalescents d'afFection typhoïde, ou en proie à la maladie tuberculeuse, et, pour cela, il suffit de leur pincer le nez et de les engager à faire une forte expiration. On voit que la fistule du tympan est clairement indiquée par le bruit que fait Fair en sortant, et que l'examen du fond du méat n^est que complémentaire. On cherche alors à savoir le lieu qu'occupe la fistule , son diamètre , la quantité de matière muqueuse ou purulente qui en sort; mais tout cela est de peu d'importance en comparaison du premier résultat.
Lorsque les perforations du tympan sont situées à sa partie supérieure et postérieure, il peut être utile de porter un petit stylet boutonné dans la plaie, afin d*en sonder la profondeur et de reconnaître si les surfaces osseuses voisines sont altérées Cette exploration doit être faite avec prudence, afin de ne pas agir trop violemment sur les osselets de l'ouïe ou sur quelque autre partie également délicate. Une injection d'eau tiède lancée arec un peu de force pénètre souvent dans la caisse , et passe de là dans la trompe et dans le pharynx. Beaucoup de malades, ayant observé ces particularités sur eux , ne manquent pas d'en faire mention, et fournissent ainsi, de prime-abord, des renseignements qui ne laissent pas de doute sur la nature de raiTection dont ils sont atteints.
Tous ces moyens d'exploration du tympan rendent superflu le procédé indiqué par Itard, et qui consiste dans l'introduction d'une certaine quantité d'eau dans le méat, placé de telle sorte que son orifice regarde en haut. Si, dans cette position, le malade fait un effort d'c^piratiou, et que le tympan soit perforé, l'air s'échappe au travers du liquide , et forme des bulles qui crèvent à sa surface. Ou voit tout ce qu'il y a d'incommode dans cette manière d'agir, et plusieurs fois j'ai pu me convaincre qu'on arrivait difficilement au But, D'abord, le malade ainsi placé ne peut faire le plus léger mouvement sans agiter le li-