‹ Traité des maladies de l'oreilleChapitre 52 sur 57 · EXPLORATION DE LAPPABKIL AUDITIF · texte numérisé non relu

EXPLORATION DE LAPPABKIL AUDITIF

Lorsque la caisse est plus ou moins pleine d'une ma* tière liquide quelconque, si Tair expiré passe au traveps de la trompe, et arrive dans la cavité du tympan, il pro* duit alors un bruit muqueux, une sorte de gargouillement à bulles plus ou moins grosses , et le médecin qui explore loreille acquiert la preuve de lexistence d'une affection catarrhale de la caisse. Il est évident que quand le malade ne peut faire passer Tair jusque là , il faut avoir recours au cathétérisme, afin d obtenir la productioade ce râle muqueux qui est caractéristique ; donc cette opération devient un excellent moyen de diagnostic» et a pour Toreille tout autant d'importance que Tintroduction d'une algalie dans la vessie.

Dans ces derniers temps, les expériences de MM. Tabarié, Pravaa, Junod, etc., ont démontré que, dans certains cas de maladies de la caisse , on pouvait forcer lair à en sortir, en augmentant la pression atmosphérique. Je me suis soumis moi-même à ce mode de traitement » ' et j ai senti que cette augmeatation de pression déprimait le tympan , chassait lair de la caisse , et débouchait la trompe. Ce mode d'action ne convient qu'à un petit nombre de maladies de loreille, et Ton pourrait y avoir recours dans des circonstances particulières, par exemple, chez de jeunes sujets très irritables, ou bien lorsque le cathétérisme est impossible. J'apprécierai ailleurs la valeur thérapeutique de ce bain d'air comprimé.

On a cherché à agir sur la caisse précisément dans le sens contraire à celui que je viens d'indiquer. On a plaoé une grande ventouse sur Toreille; mais la fluxion sanguine qui se fait dans toute l'étendue du pavillon et du méat ne permet pas d'apprécier ce qui arrive sur le tympan. On a remplacé cette grande ventouse par une seringue dont la canule est disposée de telle façon qu'elle pénètre dans le conduit auditif et le bouche hermétiquement. En cherchant'à faire le vide dans le méat , on attire le tympan en dehors , Tair extérieur tend à passer au tra-

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vers delà trompe et à remplir la caisse. Ce procédé , qui constitue tout le traitement secret d'un médecin de Paris, doit être employé avec réserve ; il donne lieu très sou- %'ent à une grande ecchymose dans le fond du méat et même à une hémorrha^e assez abondante. Il peut également entraîner la rupture de la cloison tympanique.

Peut-on, à laide d'instruments convenables, pénétrer jusque dans la caisse, et reconnaître les «Itérations qui s'y rencontrent? Peut-on apprécier la nature des liquides qui y séjournent, leur quantité et leurs diverses qualités physiques? Peut-on enfin étudier, psar cette voie, la position des osselets de l'ouïe , le degré de sensibilité de la fece interne du tympan et autres particularités d'organisation régulièreou anormale? Ces questions ardues, sinon insolubles, ont occupé les médecins auristes, et voici ce qui a été fait sur ce point.

J'ai déjà dit que la partie supérieure de la trompe était trop étroite pour laisser passer une sonde quelconque, et à cet égard il faut rejeter absolument les assertions contraires de M. Deleau. Mais le docteur Kramer, qui n'emploie que la sonde d'argent inflexible, se sert de ce con* duit artificiel pour faire glisser jusque dans la caisse une corde de boyau d'un volume proportionné, il décrit le passage successif de cette corde au travers de la partie supérieure de la trompe et dans la caisse, jusque sur la face interne du tympan, et il rapporte plusieurs observations à l'appui. J'ai essayé plusieurs fois de répé(er ce cathétérisme profond dans des cas où la trompe me paraissait rétrécie , et je n'ai rien observé de semblable. La bougie s'arrête bientôt, et elle n'a pas assez de consistance pour franchir l'obstacle que lui oppose le gonflement de la membrane muqueuse. Il n'est pas possible de discuter l'emploi de l'éponge préparée dont parle M. Deleau.

Dans quelques cas de rétrécissement de la trompe, on a essayé d'arriver dans la caisse en poussant un stylet aigu au travers de l'obstacle. Saissy, à qui l'on doit cette

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