‹ Traité des maladies de l'urèthreChapitre 13 sur 31 · BLENNORRHAGIE · texte numérisé non relu

BLENNORRHAGIE

ORCHITK

On désigne sous le nom d'orchite rinflammation des parties constituantes de la glande séminale, de Tépididyme en particulier. Aussi, peut-être, seraitil plus rationnel de lui donner le nom d'ipidii^mk; mais cette dénomination n'a pas prévalu. C'est la plus fréquente des complications de la blennorrhagie.

L'orehite peut se montrer à toutes les époques de la blennorrhagie, mais c'est surtout à son déclin, c'est-à-dire vers la quatrième ou la cinquième semaine, quand l'inflammation a atteint la partie profonde du canal, qu'on la voit apparaître.

Aussi, quand vers cette époque d'une uréthrite, le malade accusera des douleurs au niveau de la caroncule séminale, le médecin devra-t-il se tenir sur ses gardes.

On a dit de l'orchite qu'elle était la conséquence (le la sympathie existant entre la glande séminale et le canal; d'autres ont prétendu qu'elle était due à une action mélastatique; enfin les troisièmes soutiennent que c'est simplement une inflammatw par continuité.

Quand une orchite apparaît pendant une blennorrhagie, sans qu'aucun signe intérieur se mani*

COMPLICATIONS IMMÉDIATES DE U BLENNOHRHAlilE. 185

feste dans le canal déférent ; quand ce canal n'a pas augmenté de volume, qu'on n'y remarque ni nodosité, ni douleur, on a dit que Tinflammation de la glande était d'origine sympathique. Cette théorie est difDcile à discuter, car elle n'explique rien et sert seulement à cacher notre ignorance.

Généralement, quand une orchite apparaît, récoulement uréthral diminue; quelquefois môme il cesse complètement. On a dit, pour expliquer ce phénomène, qu'il y avait métastase. Malheureusement pour cette doctrine, le phénomène en question n'est pas constant et très-souvent l'écoulement n'est aucunement influencé par Tapparition de l'orcbite; on l'a même vu augmenter après le gonflement du testicule.

Bien plus, l'orchite est parfois survenue après la cessation de Técoulement et celui-ci est apparu de nouveau en même temps que le gonflement testiculaîre, persistant aussi longtemps que ce dernier.

11 est bien plus rationnel d'attribuer la cessation de l'écoulement dans l'orchite à une dérivation exercée par l'inflammation du testicule sur celle de l'urètbre qui agirait, d'après Curling, à la manière d'un vésicatoire.

Il est beaucoup plus logique d'admettre quel'inllammation se propage par continuité le long de la muqueusedu canaldéférent. L'épididyme et le testicule se prennent successivement, ce qui est indiqué par le gonflement consécutif de chacun de ces organes.

is« Màums OB LmAnu.

A la vérité, U est des cas dans lesquels il est abso- Inment impossible de rien distingaer dans le canal déférent. Mais on peut supposer, avec quelque raison, que la phlegmasîe s*est propagée à la surface interne de la muqueuse, sans se révéler par des signes extérieurs. Et cette circonstance que Porchite n'apparaît que quand la blennorrhagie a atteint la partie profonde du canal, n'est-elle pas encore un argument en faveur de cette opinion ?

U apparaît souvent, au déclin des oreillons, vers le sixième ou huitième jour, une orchite que Tob pourrait plus justement regarder comme d'origine métastatique. Cette orchite diffère, d'ailleurs, de l'orchite blennorrhagique en ce qu'elle attaque de préférence le corps de la glande, Tépidydime ne présentant jamais l'induration que l'on rencontre dans l'orchite blennorrhagique. Ici encore la métas* tase n'est pas complète, car l'oreillon ne cesse pas complètement avec l'apparition du gonflement testiculaire, de même qu'on ne voit pas celui-ci disparaître s'il y a retour de la parotide.

Il faut être averti d'une conséquence rare, mais possible, de l'orchite, c'est l'atrophie du testicule. Cette atrophie ne consiste généralement qu'en une simple diminution de volume de l'organe, mais od a vu quelquefois celui-ci disparaître complètement. La blennorrhagie, on le comprend, est, d'après ce que nous avons dit tout à rheure, la cause de beau* coup la plus fréquente de Torchite ; mais ce n'est pas la seule et on peut ranger à côté d'elle toutes

COMPUCATIONS tMHËDIi^TEa DK LA BLENSnilRHAGIE. I«T

les maladies quiirritent la partie profonde du canal. Tels sont : les rétrécissenieuts, la présence de calculs, les corps étrangers, le passage des instruments : sonde, cathéter, lithoclaste; l'hypertrophie de la prostate, les maladies de cet organe, les eicùs de coit, la masturbation, l'opération de la taille.

Presque toujours l'orchite est secondaire, c'està-dire consécutive à une autre affection ; rorchite primitive est rare. Elle est alors la conséquence d'une cause directe, coup, chute, choc sur le pommeau d'une selle. Elle a quelquefois une origine rhumatismale M- Curling prétend que la non-satisfaction des désirs vénériens peut lui donner naissance.

L'orchite, dans la blennorrhagie, apparaît souvent sans causes occasionnelles évidentes et alors que toutes les précautions ont été prises. Le plus souvent, c'est à la suite d'un écart de régime qu'on la voit survenir : fatigue de tout genre, la marche surtout : une longue course en voiture ; injections trop énergiques ou trop violemment lancées, le coït pendant la blennorrhagie, Taction de retenir ses urines.

Quelques auteurs ont accusé le cubèbe et lo copahu d'être cause de l'orchite, mais cette assertion demanderait de nouvelles preuves. L'orchite débute quelquefois subitement; plus souvent elle est annoncée par un malaise général peu prononcé. Une pesanteur se fait ensuite sentir au périnée, s'étend jusqu'aux reins, et la douleur qu'elle pro-

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voque peut s'étendre jusqu'à la hanche^ la partie supérieure de la cuisse et la crête iliaque. A ces symptômes viennent s'ajouter de l'irritation de la vessie et des envies fréquentes d'uriner.

M. Fournier signale comme un signe très-important une douleur sus-inguinale siégeant un peu audessus du pli de l'aine, au niveau du trajet inguinal, et s'irradiant parfois vers la fosse iliaque et la région rénale correspondante. Cette sensation dépasse rarement les caractères d'une tension pénible ou même d'un simple tiraillement; cependant on l'a vue acquérir une intensité telle qu'on a pu croire à une affection abdominale. Dans plusieurs cas même il s'est montré une véritable péritonite qui deux fois s'est terminée par la mort. (Peter.)

Aux symptômes locaux, il faut ajouter les symptômes généraux ; c'est-à-dire l'embarras gastrique avec enduit saburral de la langue et la constipation; la fièvre, les nausées, les vomissements.

La maladie confirmée donne lieu à des symptômes variables avec l'intensité de l'inflammation. L'organe sécréteur du sperme est, en effet, composé d'un grand nombre de parties qui peuvent être enflammées séparément ou simultanément, en sorte que l'aspect des parties n'est pas toujours le même.

Dans les cas légers le cordon spermatique est bien un peu empâté, mais les éléments qui le composent sont encore distincts et le canal déférent n'est pas beaucoup augmenté de volume, ni déformé. L'épididyme se gonfle surtout vers la queue,

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