‹ Traité des maladies de l'urèthreChapitre 14 sur 31 · COMPLICATIONS IMMÉDIATES DE LA BLENMORRHAGIE · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS IMMÉDIATES DE LA BLENMORRHAGIE

mais les replis en sont encore distincts et- peu douloureux.

A un degré plus avancé, la tuméfaction augmente; Tépididynie se déforme, ses sinuosités confondues forment une tumeur irrégulière, allongée en arrière du testicule. Cette tumeur présente parfois une sorte de concavité dans laquelle le testicule semble comme enclavé. Son volume peut égaler ou surpasser celui de la glande; mais, à ce degré, il est encore facile de distinguer cette dernière à sa mollesse qui contraste avec la dureté de l'épididyme. La douleur spontanée, géuéralement assez vive, devient très-intense si l'on presse sur la tumeur. Le palper, au contraire, est très-supportable.

Dans Torchite, la queue de Tépididyme est la partie le plus souvent envahie par l'inflammation; très-souvent elle l'est seule. Il n'en est pas de même de la tète dont l'inflammation n'est jamais isoléfit mais toujours accompagnée de celle de la queue.

' J)an8 les cas dont nous venons de parler le canal nt peut conserver sa forme et son volume ; le plus souvent, il augmente en raison de la poussée inflammatoire. II en est de même de la tunique vaginale qui peut très-bien ne pas participera Tin (lammation, quoique celle-ci soit intense, et ne pas renfermer de liquide.

Le testicule conserve souvent sa forme et son

volume normal, mais, dans d'autres cas, quand

190 MALADIES DE L'URÉTflRB.

rinflammation est très-violente^ il est envahi à son tour ; parfois sa tuméfaction est peu marquée, dans d'autres cas, au contraire, celle-ci peut acquérir des proportions assez considérables et cet organe atteindre trois et quatre fois son volume normal. 11 est alors bridé par la tunique albuginée dont la résistance est très-forte, la douleur devient atroce et prime tous les autres symptômes ; la réaction in* flammatoire est vive et la fièvre ardente.

Dans les cas graves, Tépididyme, le canal défé« rent qui peut avoir acquis le volume du petit doigt, le testicule ne participent pas seuls à rinflammation ; mais le tissu cellulaire interposé à ces organes et les bourses elles-mêmes sont infiltrés, en sorte que le gonflement des enveloppes vient s'ajou* ter à celui des organes contenus. On a alors sous les yeux une tumeur énorme dans laquelle il est impossible de rien distinguer. Les éléments des cordons eux-mêmes sont tous confondus en un ruban induré qu'il est très-difficile d'examiner; la tumeur formée par les bourses venant s'appuyer jusque sur Paine, au niveau du canal inguindi.

Le scrotum est rouge, tendu; le raphé en est repoussé du côté qui n'est point malade, et la tuméfaction prononcée, surtout en arrière, au niveau de Tépididyme.

Au milieu de ce gonflement général, il est bien entendu, comme je viens de le dire, qu'il est impossible de distinguer aucun des organes qui y sont contenus. Seule , la fluctuation peut encore être

COMPUCATWNS IMMÉDIATES DE U BLENNOillKlAGIl'. IH

perçue en avant, si ce n'est dans le cas d'inversion du testicule.

Il faut être averti aussi que dans les inllammalions vives le sorotuiu peut adhérer en arrière, au niveau de la queue de l'épididyine, avec la lumeur testiculaire.

On a vu quelquefois un gonflement considérable rester indolent et ne provoquer aucun symptôme grave; mais alors sa marche était lente et de longue durée.

On rencontre du temps à autre l'orchite chez les enfants : elle donne lieu chez eux à des symptômes très-intenses, à un gonflement considérable; mais, généralement, la maladie n'esl pas de longue durée et s'apaise rapidement.

L'orchite survenue à la suite de Tintroduction des instruments dans l'urèthre provoque les mômes symptômes que l'orchite blennorrhagique, mais ils sont ordinairement beaucoup moins accusés ; le gonflement est moindre, la douleur moins vive.

Pendant l'orchite on observe quelquefois une hypersécrétion spermatique donnant lieu à des éjaculations fréquentes et fort douloureuses, dans lesquelles le sperme est teinté de sang.

Il est bien entendu que, dans l'orchite grave, les symptômes d'embarras gastriques que nous avons notés au début e.vistt;nt. Il y a de la fièvre, de lagilalion, de l'insomnie; mais Jamais ces symptûmes n'arrivent d un très-haut degré d'intensité, ù moins toutefois qu'il n'y ait inflammation du corps

192 MALADIES DE L'URËTHRE.

même du testicule. Alors on peut voir apparaître le délire, la face présenter Taspect qu'elle revêt dans la péritonite , à ce point qu'on pourrait craindre pour les jours du malade.

Les symptômes aigus augmentent d'intensité jusqu'au septième ou huitième jour, pour s'apaiser ensuite. C'est d'abord la douleur qui se calme, puis la tuméfaction qui diminue; les parties, jusqu'alors confondues, deviennent distinctes, et Ton peut parfaitement reconnaître l'épididyme et le testicule.

La maladie a une durée moyenne de vingt jours; rarement moins, quelquefois plus.

Mais à cette époque, il est exceptionnel que le malade soit complètement débarrassé, car il reste encore à la queue de l'épididyme une petite tumeur indolente qui disparaît ordinairement avec le temps, mais qui, dans certains cas, persiste indéfiniment.

Il est rare, tout à fait en dehors de l'ordinaire, que la maladie se termine par suppuration; il l'est encore bien davantage qu'elle donne lieu à la gangrène de l'organe ; car on n'en a jamais cité que deux cas.

Rarement l'orchite se montre des deux côtés à la fois, et si les deux testicules doivent être pris, ce n'est que consécutivement. L'inflammation alors diminue dans l'un , pour augmenter dans l'autre; c'est l'orchite à bascule.

Une première orchite dispose à une seconde. Dans tous les cas, le testicule qui a été enflammé reste plus sensible à la pression; il est plus suscep-

COMPLICATIONS IMMÉDUTËS DE L\ BLENNOHRMAGIE. 193

lible que celui du côté opposé, et les maladies ou les indispositions du malade releulissent souvent sur lui.

Le diagnostic est ordinairement facile; les circonstances dans lesquelles survient rorchite Tindiquent suffisamment.

l'i'iit-ôtrc pourrait-on confondre une orchite avec uuo hernie étranglée. Uiins les deux cas, eu effet, ilya tumeur des bourses, douleur, sensibilité du veatre, vomissements, constipation et troubles gràéraux. Dans la hernie il y a tension de Tabdolaen, ce qui n'existe pas dans l'orehite. Dans celleci In douleur n'existe que d'un côté et Ton sent le testicule dans la tumeur.

S'il y a hernie, la tumeur est moins dure, moins limitée en haut; la douleur est moins vive que dans forchite.

Si l'on avait alïaire à un testicule retenu dans l'aine et enflammé, le diagnostic pourrait rester douteux; mais alors l'absence du testicule et un purgatif viendraient lever tous les doutes en mon- Iraat qu'il n'y a pas d'obstruction intestinale.

Lerysipéle des bourses n'est que rarement spontané et ne survient qu'à la suite de froissements du Scrotum, d'infiltration urîneuse.

Dans les tubercules du testicule, il existe des I' notiosités vers le trajet du canal déférent et de } IVpididyme ; enfin , tôt ou tard, la suppuration arrive et lise forme des fistules dont la durée est très- I longue.

194 MALAtMES DE LlJtl&nmK.

L'hématocèle survient à la suite d'un coup, d'une violence extérieure; il y a ecchymose.

Quand il y a inversion du testicule, la tumeur paraît plus allongée et plus antérieure. La peau, si rinflammation est vive, adhère en avant. La fluctuation causée par Tépanchement dans la tuniqne vaginale se sent en arrière. Le canal déférent est placé en avant des vaisseaux du cordon, au lieu d'être en arrière.

Le pronostic est généralement peu grave; quelquefois cependant il peut y avoir abcès, suppuration et destruction plus ou moins complète de la glande. D'un autre côté , la stérilité est à craindre si, Torchite ayant été double, l'engorgement de l'épididyme persiste des deux côtés.

Le testicule est généralement sain, parfois un peu augmenté de volume, rougeâtre et infiltré de lymphe plastique au dedans comme au dehors des conduits séminifères. Très-rarement on rencontre de la suppuration dans Torchite blennorrhagique, mais plutôt dans l'orchite primitive. Si elle a lieu, l'abcès est long à s'ouvrir, à cause de la résistance de la tunique albuginée. Le pus s'enkyste quelquefois et forme un abcès distinct. Ce pus peut se concréter et être pris pour des tubercules.

Le liquide contenu dans la tunique vaginale est ordinairement clair, citrin, transparent. Dans ce^ tains cas on trouve dans ce liquide des flocons albumineux et des globules sanguins qui lui donnent une couleur rouge. Les dépôts albumineoi

CMPUCATiœid MttAfàtAl.DlS LA MJlNNORRHAGIE. |f§

iblissent des adhérences entre les deut feuillets

! là, séreuse. Celle^i est formée de vaisseaui

lied dont on voit quelques-uns se rendre aux

asses membranes.

L'épididyme est gonflée et forme une tumeur

tfé* Fendue^ celle^i offre une substance jaune,

tiforme, dépourvue de vaisseaux, et au milieu de

]tielle on distingue les circonvolutions de Tépidi^

me, augmentées de volume. Cette matière jaune

^t que de la lymphe plastique infiltrée dans la

rHé même^ dans les parois du conduit épididy-

lire et dans le tissu cellulaire extérieur. On

oapfend que dans le premier cas le canal se

rtive oblitéré et ne puisse plus être traversé par le

efme.

Les parois du canal déférent sont elles-mêmes

ibsies et ses vaisseaux injectés.

Le tissu cellulaire enveloppant Tépididyme sup-

re quelquefois, le plus souvent au niveau de la

eue de cet organe.

[1 est rare que le tissu glandulaire lui-même

nue à suppurer, encore plus rare qu'il se spha*'

è. Cependant^ comme nous Tavons déjà dit, un

i de ce genre a été vu en Angleterre^ par Hardy^

un autre en France^ par Baumes.

Pourquoi le testicule reste-t-il sain f lorsque la

^ttse avec laquelle il est en connexion est en-*

mmée et que Tépididyme participe à la maladie?

Le tissu cellulaire sous-séreux participe toujours

Pmflammation de la séreuse, et quand il pénètre

196 biàladies de L'URÈTHRK.

dans un organe, il y transmet Tinflammation ; mais quand il n'y pénètre pas et que Torgane sous-jacent à la séreuse a une structure différente de celle du tissu cellulaire, Fextension de Tinflammation n'a plus lieu.

L'épididyme s'enflamme dans le cas d'inflammation de la tunique vaginale, parce que son tissu cellulaire est continu à celui de la séreuse, tandis que la tunique albuginée empêche la maladie de se propager au testicule.

Nous avons dit tout à l'heure qu'il se fait dans l'épididyme, surtout vers la queue de cet organe, un épanchement jaunâtre constitué par de la lymphe plastique. L'étude de cet épanchement est trèsimportante, car si cette lymphe plastique ne se résorbe pas, elle se transforme en un tissu fibreux, dense et blanc, qui comprime les replis de l'épididyme, en obstrue la lumière et finit par les atrophier. Quand le dépôt est ancien, il acquiert une dureté comparable à celle du bois, et peut même s'infiltrer de substance calcaire, il y a alors adhérence des deux feuillets de la tunique vaginale, mais la plupart du temps le testicule reste intact; très-rarement il s'atrophie.

Quand l'oblitération est complète, les désirs vénériens restent les mêmes; car, le testicule se nourrissant, le sperme continue à se produire; mais il ne peut plus être excrété, puisque le canal par lequel il chemine à l'état normal est fermé. 11 s'ensuit la stérilité si Tépididymite est bilatérale.

COMPLICATIONS IMMÉDIATES DE lA ItLENWnRHAGlE. I97

Dans ce cas, le conduit épididymaire est rlargi en arrière de l'oblitération.

Chez quinze individus quiavaient une induration épididyraaire double, M. Gosselin n'a pas trouvé de spermatozoïdes dans le testicule, tandis qu'il les a vus apparaître chez deux d'entre eux en même temps que la disparition de l'induration.

Dans plusieurs autres cas qu'il a eu occasion d'observer, les malades qui s'étaient mariés n'avaient pas d'enfants Chez ceux-là l'orchite avait eu lieu plusieurs années auparavant, et lïnduration n'avait pas disparu.

Dans un cas, le malade, marié deux fois, avait eu des enfants de son premier mariage, mais pas du second, l'orchite étant survenue entre les deux.

M. CurUn;^ n'est pas aussi absolu que M. Gosselin sur le résultat de l'induration épididymaire ; il a vu des individus avec épididymite double procréer. M. Cullerier partage cet avis.

On doit appliquer à l'orchite aiguë un traitement antîphlogistique en rapport avec l'intensité de Tinllammation. Mais, avant tout, il faut avoir supprimé la médication propi'e à tarir récoulement, donner des boissons éraolUentes et placer le malade dans une position horizontale, le testicule soulevé. On peut employer, pour arriver à ce but, un mouchoir plié en triangle, et dont la base est appliquée sur le périnée, au moyen d'une bande cousue en son milieu et attachée en arriére, au niveau des lombes, à une ceinture qui contourne la taille, tandis

19S MÀIADIES DB L'URATBBB,

qu'en avant les angles en sont fixés à cette même ceinture. Cette sorte do suspensoiF peut être plus utilement remplacé par une plaque de gutta*percha, entaillée sur le milieu d'un de ses bords, de manière à pouvoir laisser passer les testicules. Cette plaque vient s'appuyer sur les cuisses, de chaque côté des bourses, qu'elle soutient en même temps. Un second point important, c'est d'entretenir la liberté du ventre par des purgatifs ou des lavements.

M. Curling emploie le tartre stibié à doses nau* séeuses ; de cette façon, il remplit l'indication dont nous venons de parler, en môme temps qu'il modère l'inflammation et l'agitation du pouls.

Pour calmer la douleur, on administre soit la poudre de Dower, soit l'opium, soit la morphine à la dose de 2 centigrammes. On fait prendre ces médicaments le soir pour procurer du sommeil au malade.

Quand, sous l'influence de l'émôtique, la fièvre s'est calmée, on peut administrer du calomel à doses fractionnées, 0,10 centigrammes en dix pa-» quets. M. Curling prétend qu'on empêche ainsi, en l'administrant dès le début, la formation de dépôts plastiques, bien plus facilement que si on y a recours plus tard.

Ces moyens simples, aidés de larges cataplasmes laudanisés et de bains prolongés, suffisent dans les orohltes plus aiguës ou survenant à la ^uite de la lithûtrîtie.

COUPUCATIONS tlHËDUTCS DE LA BLENNORHIRGIE. 199

Si rinflammatioD est très-ÎDlensc, on applique dans l'aine, au niveau du cordon, douze ou quinze sangsues qu'on renouvelle au besoin le lemiemain. Apn^s qu'elles sont tombées, on applique sur les piqûres des cataplasmes cbauds ou bien on place le malade dans un bain. Ces deux moyens facilitent Técouleraent du sang et contribuent à dégorger les tiasus.

Pour M. Curling, quand i'orchite n'est apparue que depuis quelques heures, le meilleur topique est la glace qu'il applique sur la tumeur au moyen

^ d'une vessie et qu'il renouvelle continuellement, inidailt un ou deux jours. Il prétend de cette façon l||iirter un grand soulagement à la douleur et exercer une action antipblogistique puissante.

M. Curling dit avoir retiré de bons effets de la compression qu'il n'emploie d'ailleurs que dans la période du déclin. Cette compression se fait au moTen de bandelettes de diachylon. On applique les premières horizontalement sur la racine des liourses, près du canal inguinal ; les autres sont verticales et viennent rejoindre les premières, en enveloppant le scrotum de la base au sommet.

Ce moyeu, beaucoup employé eu Angleterre, Ta été aussi en France. Il est à peu près abandonné aujourd'hui, au moins dans notre pays. Cependant, I^ul-ètre ne faut-il pas le rejeter complètement, à coQdition qu'on n'en fasse usage seulement alors <iue les sympti^mes aigus sont terminés et qu'il ne subsiste plus que du gonflement. Un boa moyen

200 MALADIES DE L'URËTHRB.

est celui qui consiste à placer le testicule dans un suspensoir garni d'ouate, de manière qu'il soit partout également et doucement comprimé.

On a remplacé les bandelettes de dîachylon et l'ouate par du collodion étendu en badigeonnage sur le scrotum, mais il irrite la peau, est difficile à enlever et n\a pas donné de bons résultats. Quand Tépanchement dans la tunique vaginale est considérable, la compression est difficile h établir et peu efficace, au dire même de ses partisans.

Si la douleur est très-vive, un excellent moyen de la combattre, c'est l'emploi des mouchetures sur le scrotum. Ces mouchetures, préconisées par Velpeau, ont été bien souvent mises en usage. Elles sont surtout usitées quand l'épanchement est abondant dans la tunique vaginale; elles donnent issue au liquide, et empêchent la compression de l'organe.

Mais M. CuUerier les a employées alors même qu'il n'existait pas de liquide dans la tunique vaginale, et il s'en est encore bien trouvé. Seulement, dans ce cas, il les multipliait davantage et en pratiquait six ou huit. C'est, d'après lui, un excellent moyen de remplacer les sangsues qui sont loin de procurer un aussi grand soulagement. On pourrait craindre, dans cette opération, de blesser le testicule; mais, d'après M. Cullerier, cet accident a bien dû arriver souvent dans la quantité de mouchetures qu'il a faites, et jamais il n'a vu d'inconvénients en résulter.

COMPLICATIONS niltÉOUTES DE H BLITiNOnRHVGIE. !«

M. Gosselin ne pratique les mouchetures que dans le cas d'épanchement et se sert pour cette opération non pas d'une laucette, mais d'une aiguille.

Si on s'aperroit d'un abcès de Tépididyine, on ne doit pas hésiter à donner aussitôt que possible issue au pus, au moyen d'une lanceUe. On s'exposerait, en temporisant, à laisser décoller les tuniques de cet organe et, la collection une fois ouverte, il pourrait s'établir une fistule très-difficile à guérir; dans tous les cas, on doit avoir soin de ne pas laisser oblitérer trop vite l'ouverture de l'abcès.

On rencontre quelquefois des collections de sérosité circonscrites [lar des fausses membranes (jui pourraient faire croire û l'existence d'un abcès. Pour lever les doutes, il sera nécessaire de faire, au moyen d'une aiguille, une ponction qui, en vidant lu poche, fera le diagnostic.

Si on avait affaire, ce qui est heureusement rare dans l'orchite blennorrhagique, à uneorchite parenchymateuse, avec menace de suppuration ou de gangrène du testicule, un débridement de la tunique albuginée serait indispensable, et on ne de- TMJt pas reculer devant cette opération.

I^rraii pa

COWPERITE.

On désigne très-improprement sous le nom de glandes de Cowper, deux petits organes glanduleux, dont la découverte est due à Méry, qui les a décrits dans le Journal <kt $avanU, dès Tannée lb84.

sot MALM)1ES DB L'URATHRB.

Le seul mérite de Cowper est d'avoir fait connaître quelques grains glanduleux accessoires dont Texistence n'est pas constante.

Ces glandes sont au nombre de deux^ situées dans la région périnéale, immédiatement en arrière du bulbe, de chaque côté, et un peu au-dessous de la portion membraneuse de Turèthre.

Chez Tadulte, elles ont le volume d'un haricot ou d'un noyau de cerise. Chez l'enfant, leur volume est relativement considérable. Les deux sont souvent de grosseur inégale. Parfois elles sont réduites à quelques granulations; aussi quelques auteurs admettent*ils qu'elles peuvent manquer. Elles sont ordinairement arrondies, très-rarement allongées. Leur couleur est jaunâtre, rosée ou rougeàtre quand la dissection les a bien débarrassées des vaisseaux sanguins. Leur consistance est ferme.

Ce sont des glandes en grappes, recouvertes à l'intérieur d'un épit hélium régulier de très-petite dimension.

Le canal excréteur part de l'extrémité antérieure et s'ouvre à côté de son congénère, au niveau du bulbe, sur la ligne médiane de la muqueuse, après avoir suivi quelque temps sa face inférieure.

L'orifice de ce canal, quelquefois apparent à l'œil nu, admet chez l'adulte un stylet de trousse, chez l'enfant une soie de sanglier.

Une partie de ces conduits est intra-spongieuse, l'autre sous-muqueuse.

Renfermées dans l'aponévrose moyenne, ces

COMPLICATIONS INHËDIATES DE U IILONORRIHGIE. ias

deux glandes sont accolées en dedans. En haut, elles répondent à la portion membraneuse, en avant au bulbe. Elles sont enveloppées par le Iransverse profond. Aussi certains anatomistes prétendent-ils qu'elles sont logées au-dessus de l'aponévrose moyenne; mais le pus qui vient toujours fuser au dehors, quand la suppuration s'en empare, prouve qu'ils n'ont pas raison. Dans tous les cas, ces glandes sont ménagées dans la taille bilatérale.

Ces glandes sécrètent un liquide incolore, parfaitement hyalin, c'est -iVd ire dépourvu de toute espèce d'éléments anatoniiques. 11 ne renferme ni granulations, ni épithélium nucléaire; fait trèsimportant, car il permet de distinguer ce liquide ilu sperme avec lequel il est confondu par les hypocondriaques et même par les médecins. Cependant, c'est le liquide des glandes de Méry qui donne au sperme sa consistance visqueuse.

Chez les individus qui ont gardé pendant longtemps une blennorrhée, l'humeur des glandes de Méry. ordinairement sécrétée en grande quantité, vient, dans les préludes du coït, apparaître au méat sous forme d'une goutte très-Iilante, qu'on peut, d'après Gubler, étirer en fils de 10 a la centimètres. Cette goutte est alors quelquefois opaline et grisâtre, ce qui tieut à la présence de quelques leucocytes qui, colorant son centre, l'ont fait prendre pour du liquide séminal. Mais le microscope n'y fait pas découvrir trace de spermatozoaires.

De légères injections au sulfate de zinc consti-

104 MALADIES DE L'URÉTHRE.

tuent le seul remède à employer contre Taffection que nous venons de décrire.

L'inflammation des glandes de Méry, signalée parTerraneus, en 1790, fut affirmée par J. L. Petit. Mais chez les chirurgiens qui lui succèdent, Chopart, Boyer, Hunier même, il n'en est plus question; il faut arriver, pour entendre de nouveau parler de cette maladie, à Ricord, Boyer et Velpeau. Quoi qu'il en soit, l'inflammation des glandes de Gowper peut être foUiculeuse ou phlegmoneuse, c'est-à-dire parenchymateuse.

L'inflammation folliculaire peut être chronique et donner lieu à une variété de goutte militaire.

Les causes de l'inflammation de ces glandes sont les irritations de l'urèthre, la blennorrhagie en particulier. C'est, du reste, une compUcation rare. Ricord n'en voit qu'une douzaine de cas chaque année, mais il croit qu'elle existe souvent à la première période, et qu'elle passe dès lors inaperçue. D'après lui, c'est à elle qu'on devrait la tension du périnée qu'on observe quelquefois dans la blennorrhagie.

L'abus du coït, l'usage des sondes, les violences sur le périnée, l'équitation, peuvent être rangés parmi les causes qui donnent naissance à cette maladie ou qui l'entretiennent.

Ordinairement, l'inflammation se borne à une seule glande, plus souvent à gauche qu'à droite; probablement à cause de la situation plus déclive de la glande.

COSIPLKIATIONS IMMÉDIATES DE lA BLENNORRHAGIE. S0&

La cowpepite n'apparaît guère que vers la troiiëme, quatrième ou septième semaine; quelquebis plus tôt, souvent plus tard. Quand à cette époque de la blennorrhagie, il y a tension au périnée, dans le voisinage du bulbe, cette complication est à craindre.

ËUe se manifeste tout d'abord par une douleur qu'exaspère le frottement du pantalon. Puis, le gonflement apparaît. Au début, il est sans changement de couleur à la peau qui glisse librement sur lui, comme les couches cellulaires sous-jacentes. Ce gonflement présente la forme d'une petite tumeur allongée, à grosse extrémité en arrière, dont le volume peut être représenté par celui d'un haricot. Cette tumeur occupe un des côtés du raphé, entre le bulbe et le transverse du périnée.

Elle franchit très-vite les limites de la glande ; la peau rougit et adhère bientôt aux tissus sous-jacents ; la douleur s'exaspère, la fluctuation devient évidente. Elle peut rester limitée aux glandes; plus souvent le gonflement augmente, vient jusqu'aux bourses en avant, en arrière jusqu'au transverse, où il fait un relief considérable, marqué surtout du côté malade, n'empiétant pas sur le membre abdominal, mais parfois sur le côté sain. Au milieu de l'empâtement général, un point central plus fluctuant indique la place de la glande. Dans les cas simples, la réaction est nulle. U n'y a pas de strangurie, quoi qu'en dise J. L. Petit. Si elle existe, il faut, d'après Gubler,

Fâttribuer à une complication ; c^6st auMi le sentiment de Ricord. Néanmoins, la mictioia ne se fait pas toujours d^une façon tout & fait ttonnale^ ce qu'il faut attribuer probablement au gonflement des conduits e^créteur^ qui viennent faire relief dans le canal.

il etistc un sentiment de cuisson^ de brûlure^ des picotements pendant la miction, au nireau de la région bulbaire. On doit probablement attribuer ces sensations à une communication ei^istant entre le foyer et Furèthrè.

On voit aussi apparaître un engorgement de^ ganglions de Faine du côté correspondant/ avec trajet douloureux jusqu'au mal. Dans un cm, la défécation était gênée.

A Touverture de la tumeur, il sort un peu de pu* épais, grisâtre, teinté de sang ; pus qui^ dann un cas, était rendu liquide, probablement par son mé* lange avec Furine.

Si on introduit un stylet dans Fabcés, après Savoir ouvert, on sent les cloisons qui séparent les différents grains de la glande; le stylet d'ailleurs ne peut guère pénétrer au-delà de 15 millimètres. La cavité de Fabcès se déterge d'ailleurs assez vite; Fouverture se ferme et il ne reste plus qu'un noyau dur de la grosseur d'une noisette à la place de la glande.

On doit craindre qu'une fistule urinaire ne «oit la conséquence de la maladie, même quand Fabcâs a été ouvert à temps. C'est qu'en effet la communia

COMPUCATIONd IMMÊMAÎES Dfi LA M^ENNORRHAGIE. SOf

cation de Turèthre avec la cavité de Fabcès doit toujours faire craindre cette terminaison. Aussi ne doit-on jamais tarder à se servir du bislouri ; en retardant l'ouverture de la tumeur, non-seulement on aurait à craindre la formation d'une fistale, mais encore des fusées dans la loge inférieure du périnée . ^

La marche de la maladie est rapide et peut se diviser en deux périodes ; dans la première, il y a inflammation de la glande; dans la seconde, du tissu cellulaire circon voisin.

La suppuration est inévitable quand la maladie n'est pas soignée aussitôt.

La durée de cette maladie est de cinq à sept jours; au dixième, la cicatrisation est opérée ; s'il existe nne communication avec l'uréthre, elle se prolonge pendant un mois.

Il est facile de reconnaître la maladie dans la première période; on a, en effet, une tumeur limitée, profonde, adhérente au bulbe, coïncidant avec une uréthrite. Plus tard, la suppuration étant diffuse, il faudra s'en rapporter aux commémoratifs. On saura qu'il existait là une tumeur limitée, qui ne s'est étendue que consécutivement aux bourses. La guérison rapide du mal, après son ouverture, mettra sur la voie du diagnostic.

Une cuisson dans Turèthre fera soupçonner l'ouverture de la tumeur dans ce conduit.

On le» a pris pour des abcès urineux, sans ouverture interne, et il est probable que Civiaie, qui a décrit ces sortes d'abcès, a commis une erreur, et

308 MALADIES DE L'URËTHRE.

pris pour eux une suppuration des glandes de Cowper. Du reste, les abcès urineux ne peuvent guère apparaître qu'à la suite d'un rétrécissement, qu'on reconnaîtrait avec la sonde, ou d'une contusion. Existât-il un rétrécissement, qu'il faudrait encore connaître exactement sa situation ?

Une poche urinaire pourra difficilement être confondue avec un abcès des glandes de Cowper; car ces sortes de tumeurs n'apparaissent que pendant la miction.

L'inflammation du bulbe constitue une tumeur médiane, plus antérieure, plus superficielle, ayant la forme du bulbe, et peu de tendance à s'étendre à cause des aponévroses.

Les abcès périuréthraux s'étendent en nappe autour du canal.

Les abcès tubéreux de l'anus siègent en arrière des muscles transverses; de plus, quand on les ouvre, ils laissent écouler un pus fétide.

On reconnaîtra qu'il y a eu communication du foyer avec l'urèthre, si le pus est liquide, diffluent; s'il est phlegmoneux, la communication n'existe pas.

Le pronostic n'est pas fâcheux, pourvu qu'on soigne vite le malade, de manière à éviter une fistule.

On appliquera des sangsues de dix à quinze ; application qu'on fera suivre d'un grand bain d'une heure, renouvelé chaque jour. On fera sur la tumeur des frictions avec l'onguent mercuriel bella-

RÉTRÉCiSSEMEiNTS. 209

doné ; on appliquera des cataplasmes, on entretiendra la liberté du ventre.

La suppuration survenant malgré cela, on fera, dans la tumeur, une ouverture de 12 à 15 millimètres.

L'induration consécutive sera combattue par des pommades iodurées.

Les anciens attribuaient la rétention d'urine

à des carnosités et à des caroncules dont le siège,

d'après eux, était au col de la vessie. Bien que

déjà, auparavant, quelques chirurgiens n'eussent

pas trouvé de végétations dans l'urèthre d'individus

affectés pendant leur vie de rétention d'urine, il

faut arriver au siècle dernier, à Dionis, pour voir

rejeter complètement cette opinion. Ce chirurgien,

en effet, n'a jamais vu de carnosités dans l'urèthre.

Il en est à peu près de même pour Morgagni et

Hun ter, le premier n'ayant rencontré qu'une seule

(ois et le second deux fois, des végétations dans le

canal.

Aujourd'hui qu'on connaît les lésions qui pro-

^ (luisent les rétrécissements, on sait que ce ne sont

; ni des végétations, ni des carnosités, ni des caron-

• j cules. Cependant, il ne faut pas rejeter la réalité

des excroissances uréthrales. Outre Morgagni et

Hunter, des carnosités ont été rencontrées par

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