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d'autres observateurs. Cîviale en a vu quelquesunes sur un malade de Necker; Lepoy en a traité sur plusieurs sujets^ Philips en a arraché deux fois, mais n'en a jamais rencontré sur le cadavre. Mercier a observé un cas semblable à celui de Hunter. Enfin, M. Voillemier a observé six fois cette même lésion à Tautopsie d'individus dont la muqueuse uréthrale était malade. Ces altérations n^étaient d'ailleurs, suivant lui, que des brides de la muqueuse rompues par la sonde et dont la partie adhérente s'était rétractée .
On voit que de nos jours, où les recherches anatomo-palhologiques se pratiquent avec tant d'exactitude, l'existence des végétations uréthrales est bien rarement constatée. On en peut conclure que les anciens leur attribuaient avec d'autant moiiis de raison les difficultés d'uriner qu'il est d'observation que ces productions peuvent exister^ sans que la sortie de l'urine en soit gênée d'aucune façon.
Si, depuis Morgagni et surtout depuis Hunter, on connaissait mieux les lésions qui amènent iea rétrécissements uréthraux, on comprend, en voyant les classifications du second de ces auteurs et de ceux qui l'ont suivi, qu'ils étaient bien loin d'être aussi avancés que de nos jours. Ainsi, Hunter décrit cinq modes d'obstruction du canal :
1** Rétrécissements avec altération de structure du canal;
2" Rétrécissements mixtes avec altération d structure et spasme;
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3' Rétrécissements spasmodîqucs; i
i° Rétrécissements avec végétation;
5' Rétrécissements par une tumeur siégeant en dehors du canal.
La classiûcation de Ch. Bell n'est pas exempte de reproches au point de vue anatomo-pathologi- J que, mais elle est claire. Il divise les rétrécissements en deux grandes classes :
1' Rétrécissements dilatables;
2' Rétrécissements non dilatables.
Bédard approche plus près de la vérité en divi-t sant les rétrécissements en inflnimnatoires et orga- , niques. Malheureusement il divise la seconde classa en six variétés :
1° Brides;
2' Callosités;
3" Indurations sons-muqueuses:
4' Ulcérations ;
Ji' Végétations;
6* Varices.
Or, à part les indurations sous-muqueusos et peut-ètro les callosités, ce sont là des états patlio* logiques dilTérant complètement des réfrécisscineots.
Leroy complique encore la question et décrit neuf Variétés de rétrécissements :
1' Hétrécissemenls inflammritoircs;
2* Rétrécissements fongueux ;
^ Rétrécissements valvulaireset rutidiques comprenant les plaies, valvules, rugosités, brides;
2\t MALADIES DE L'URÈTHRE.
'i"" Rétrécissements fibreux répondant aux callosités ;
5* Rétrécissements turgescents et érectîles;
& Rétrécissements ulcérés ;
7* Rétrécissements végétants répondant aux ca^ nosités;
H"" Rétrécissements variqueux;
y* Rétrécissements cartilagineux.
Il faut arriver à Cruveilhier pour avoir de Fanalomie pathologique des rétrécissements une idée exacte et précise. Pour cet observateur, il n'en existe qu'une seule espèce, c'est le rétrécissement fibreux, ou mieux la transformation fibreuse des parois du canal, transformation qui occupe tantôt la muqueuse, tantôt les tissus placés au-dessus d^elle.
C'est bien là la transformation qui s'opère au niveau des points rétrécis, quoique les études faites depuis Cruveilhier n'aient pas confirmé d'une manière absolue ce qu'il dit du changement opéré dans la muqueuse. Assurément quand le rétrécissement est cicatriciel, elle peut être détruite; mais dans ceux dont la cause est une inflammation du canal, si elle peut avoir perdu de sa finesse et de sa transparence, si sa vascularisation est moins riche, elle ne paraît pas, au moins dans beaucoup de cas, subir la transformation inodulaire, et pour quelques chirurgiens même, il est douteux qu'elle soit jamais atteinte, car, d'après eux, contrairement à ce que pensait Cruveilhier, elle ne s'ulcère jamais.
RÊTBÊCISSBMENTS. 113
Pour d'autres^ au contrairô» elle participe dans une mesure plus ou moins grande à la transformation pathologique des tissus sous-jacents.
Quoi qu'il en soit, il est nécessaire de distinguer deux sortes de rétrécissements : les uns d'origine traumatique dont le tissu est de nature cicatriciel ; les autres d'origine inflammatoire, constitués par du tissu fibreux provenant d'un épanchement de lymphe plastique dans les tissus sous-jacents à la muqueuse, et accompagnés ou non d'altération de cette muqueuse.
Du reste, on doit reconnaître que dans la pratique ces deux sortes de rétrécissements diffèrent bien plus par leur cause qu'au point de vue anatomo-pathologique.
Rétrécissements inflammatoires. Lallemand pensait que les rétrécissements consécutifs à l'inflammation de l'urèthre, rétrécissements qu'on pourrait justement appeler spontanés, étaient la conséquence d'un épanchement de lymphe plastique dans le tissu cellulaire sous-muqueux , épanchement dont l'évolution le transformait en virole fibreuse constituant le rétrécissement.
M. J. Guérin regarde les rétrécissements comme ayant leur point de départ dans une phlébite plus ou moins profonde du tissu spongieux; or on sait conunent les choses se passent dans la phlébite. Sous l'influence de l'inflammation, la membrane interne de la veine devient rouge et le sang contenu dans son intérieur finit par se coaguler, si
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bien que celle-ci prend la forme d'un cordon dur et douloureux. Si l'inflammation augmente. Un exsudât s'établit qui relie les caillots A là paroi veineuse. Alors il peut arriver deux choses : oU bien la face interne du vaisseau suppure, le caillot ramolli peut être chassé au dehors et la veine s'oblitère plus ou moins, ou bien, si le pus ne se forme pas, le caillot durcit, passe à l'état fibreux, et diminuant progressivement de volume, entraîne les pa* rois de la veiné qui finit par se transformer en tissu fibroïde.
Ilûtrùciiiiemeiit do l'urctliru. (Tbonip«oii, ll|;. II, p. SS.J
La môme chose, dit M. J. Guérin, a lieu dans loï tissus spongieux de Turèthre; et, comme preuve à l'appui de cette opinion, il dit que les rétrécissements siègent le plus souvent sur le bulbe, point le plus vasculaire de l'urètfare.
HETRÉr:i?SEMEiNT«. «5
Maïs une objection grave s'élève conlre la théorie (ie M. J. Guérin, c'est que le tissu du rôtriîcissement ne siège pas toujours, tant s'en faut, dans le tissu spongieux, mais bien plus souvent dans le tissu cellulaire sous-muqueux.
Aussi se range-t-on plutôt aujourd'hui .'i l'opinion de M. Ad.Guérin. Pour ce chirurgien, comme pour Lallemand et Reybard. les rétrécissements sont la conséquence d'un épanchement de lymphe plastique dans les tissus sous-jacents à la muqueuse, épanchement qui forme une induration très-facile à sentir dans lu portion pénicnne du canal et même parfois au niveau du bulbe.
D'après M. Ad. Guérin, contrairement à Topinion de Cruveilhier, qui admet, au moins dans quelques cas, comnie nous l'avons dit tout à l'heure, une ulcération de la muqueuse et, par conséquent, la formation d'une cicatrice, il n'existe jamais de tissu inodulaire daUs les coarctutions consécutives à la phlegmasie de la muqueuse. Pour ce chirurgien, cette membrane n'est jamais le siège exclusif du rétrécissement et. dans tous les cas qu'il a observés, la stricture était la conséquence d'une lésion située au-dessous d'elle.
Le plus souvent donc les rétrécissements inflammatoires sont dus, d'après ce chirurgien, à la rétraction des fibres indurées du tissu réticulaire sous-jacent à la membrane muqueuse, et le point de départ de leUr production est un dépôt de lymphe plastique qui n'est point adhérent à ta muqueuse.