‹ Traité des maladies de l'urèthreChapitre 20 sur 31 · I II · texte numérisé non relu

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Quand l'instrument est armé, il est parfaitement cylindrique, le conducteur ne varie pas de volume; mais on peut y adapter des mandrins de différentes

RÈTBÉCISSEHENT3. IIS

grosseurs. M. Voillemier se sert d'un mandrin de? millim. 2/3 de diamètre.

Pour dilater un rétrécissement avec cet instrument, on commence par introduire, au travers de l'obstacle, une bougie conductrice sur laquelle on visse ie conducteur que l'on mène jusque dans la vessie. On engage alors le mandrin sur les lames conductrices, et on l'enfonce d'un seul coup, jusqu'à son extrémité, en ayant soin de tenir les lames immobiles. Ceci fait, l'instrument est retiré tout armé; ou, si on éprouve quelque difficulté, on enlève le mandrin d'abord et le conducteur ensuite.

Une sonde est placée dans l'urèthre, pendant vÏDgt-quatre heures. Pour que l'introduction de cette sonde ne souffre aucune difficulté, on visse un long stylet sur l'extrémité manuelle du conducteur, et par-dessus, on fait passer une sonde percée par les deux bouts. Au bout de quinze jours, on commence la dilatation avec les bougies d'étain, comme à ta suite de l'uréthrotomie.

La sonde à demeure dont se sert M. Voillemier, est munie d'un ajutage métallique à son extrémité vésicate. Celui-ci, percé de Irons nombreux et trèsarrondi sur ses bords, laisse passer l'urine avec une grande facilité, et ne court aucun risque de blesser l'urèthre.

L'instrument de M. Voillemier a le grave inconvénient d'avoir le môme diamètre dans toute sa longueur et d'agir sur les parties saines de l'urèthre aussi bien que sur le rétrécissement, et de fatiguer

su MAUDIBS DE L'UIUtrBRE.

le méat, qu'on est même quelquefois obligé d%ciser. De plus, le mandrin agissant à l'extérieur est peut-être plus exposé à déchirer la muqueuse et même Turèthre en refoulant le noyau fibreux, que l'instrument de Huit dont le man* drin est intérieur.

Pour obvier à ces inconvénients, M. Moreau-Wolf a fait construire un instrument qu'il a nommé di> vulseur rétrograde, et au moyen duquel il ne dilate que le rétrécissement.

Cet instrument se compose d'un tube sans soudure, en acier trempé et fendu, au niveau de son extrémité vésicale, en cinq ou six parties égales. Dans l'intérieur de ce tube, passe une tige en acier, te^ minée à sa partie manuelle par un pas de vis, et surmontée à son eitrémité antérieure d'un renflement pyriforme, droit ou courbe, et diminuant graduellement de grosseur, dont la base arrondie repose sur Textrémité fendue du

Un pas de vis permet de fixer une bougie conductrice au sommet de la poire.

On comprend paiv cette description que si, au

RfrruicissKiiEim. sin^

moyen de la vis de rappel, on tire la poire vers Pintérieur, les lames n'écartant, le diamètre de l'instrument augmente d'autant.

PiTtUMor 06 Coradi.

C'ett an fll métallique G qui, eo Tenant sous-tendre Tare B^ opère la|diToliion.

Le manuel opératoire de cet instrument est simple, La bougie conductrice étant introduite dans la vessiej on y visse le divulseur et on le pousse dans le canal. Le renflement de la poire permet de sentir le commencement et la fin du rétrécissement, et de placer celle-ci à son niveau. En effet, Tobstaole étant franchi^ on ramène, la partie renflée contre la partie postérieure de Tobstacle, et, au moyen de la vis de rappel, on la fait saillir entre les lamea. Alors, combinant un mouvement de traction avec oelui d'extraction .'des sondes ordinaires, le manque de résistance vous indique que Tobstacle est franchi.

Le reproche qu'on peut adresser à cet instru* ment c'est de nécessiter une dilatation préalable du rétrécissement quand celui-ci est un peu étroit.

Quelle que soit la manière dont on procède à la divulslooEi, Topération ne se fait pas sans émikur:

fl

MALADIES DE L'URÊTHRE.

celle-ci, d'ailleurs, est toujours fort supportable,

excepté chez quelques malades et dans des circonstances qu'il est difficile de déterminer d'avance. Quand on pratique la divulsion, il est une disposition anatomique à laquelle le chirurgien doit faire attention, c'est que le méat ne soit pas trop étroit, par rapport à l'instrument; autrement, la surdistension qu'il éprouve provoque une douleur atroce, qui peut même aller jusqu'à la syncope.

Vhémorrhagie consécutive à la divulsion n'est jamais considérable, une cuillerée à café de sang environ. De plus, si on s'en rapporte aux observations si nombreuses de Holt et de John Hill, on voit que la divulsion n'a jamais occasionné d'hémorrhagies secondaires.

Vurèthrite qui apparaît quand on retire, au bout de vingt-quatre heures, la sonde de gomme élastique, est généralement peu grave et très-peu tenace; on la voit cesser au bout de quatre jours.

Parfois cet écoulement persiste pendant huit ou quinze jours; dans quelques cas, il se prolonge môme davantage, et exige qu'on intervienne pour

Diyulseur de Mallez^ oayert et fermé.

On a encore essayé de pratiquer la dilatation forcée par d'autres procédés qui n'ont plus aujourd'hui qu'un intérêt historique. II faut ranger parmi eux les injections forcées. C'est ainsi que Brunighausen prétend avoir guéri plusieurs rétrécissements. Il injectait, pour cela, de Thuile dans

9f9 XAL40lii tt V

Turèthre; pnis, après avoir famé It méat, 3 poussait celle-ci aussi loin que ponible an tntfcn du rétrécissement.

Plus tard, Dncamp se servit d'une vessie de baudruche, attachée à une sonde de caoutchonc, et qu'il distendait au moyen de Pair ou de Peau, après l'avoir introduite dans le rétrécissement.

Je donne ici ^les figures à^jm grand nombre d'instruments dont on s'est servi pour la dilatation rapide des rétrécissements. Chacan a voulu avoir le sien. Les dessins qui les représentent en fourniront une idée sufGsante.

CathéUrisme forcé. — Le cathétérisme forcé était fort souvent pratiqué par les chirurgiens de la fin du siècle dernier : Desault en fut l'inventeur, et Choppart rapporte un grand nombre de rétentions Diutii^ur de Ducamp. d'urinc daus lesqucllcs il n'a pas plus hésité que son devancier à faire pénétrer de forcfî, jusque dans la vessie, une sonde évacuatrîcf?. Hoyer, qui vient ensuite, suivit la manière de faire do ceux qui l'avaient précédé, et se servit mémo, pour cette opération, d'une sonde conique spéciale ; Roux, son élève, imita son exemple. De nos jours, on ne fait plus le cathétérisme forcé;

cependant, M. Voilicmier en rapporte trois obséf*yations personnelles. Mais on doit se demander si, depuis rinvention des nouveaux appareils aspirateurs, il serait d'une saine pratique d'agir encore de même dans des circonstances identiques.

11 faut, pour Tautoriser, qu'il existe une rétention d'urine complète, et que toutes les tentatives pour introduire une bougie dans le canal aient été infructueuses. On doit, de plus, avoir employé aupa* ravant un traitement antiphlogistique énergiquoi car il suffit souvent à faciliter l'écoulement de l'urine et à débarrasser la vessie d'une manière efficace.

Une condition de succès dtt cathétérisme forcée c'est que le rétrécissement ne soit pas situé trop profondément ; car, plus son siège est rapproché du méat, plus on guide facilement la sonde et plus sûrement on arrive dans la vessie. Quand le rétrécissement n'est pas situé au moins à 2 ou 3 centimètres en avant du bulbe, le cathétérisme forcé devient plus difficile, plus dangereux, et les fausses routes sont plus à redouter. 11 faut alors introduire les doigts dans le rectum pour guider la sonde. Une circonstance favorable à cette opération, même quand l'obstacle est au niveau du bulbe, c'est une dilatation de l'urèthre en arrière du rétrécissement, car on a un guide pour le chemin à faire suivre à la sonde.

Desault et Choppart pratiquaient le cathétérisme. forcé nos^setilefflent dans les cas de rétrécisse^

820 MÂLiU)l£S DE L'URÊTHRE.

ments uréthraux ; mais, même quand la prostate était hypertrophiée, ils n'hésitaient pas à la t^ave^ ser avec la sonde, et ils s'efforçaient d'y organiser une sorte de canal artificiel qui servait à Técoulement de Turine. Aujourd'hui cette dernière méthode est complètement abandonnée, quoique Cruveilhier Tait encore proposée, et que Lenoir préférât le cathétérisrae forcé à travers la prostate, dans les cas de rétention d'urine par hypertrophie de cette glande, à la ponction vésicale.

Pour pratiquer le cathétérisme forcé, M. Voillemier conseille de se servir d'une sonde d'un moyen volume, conique dans l'espace d'un centimètre et percée à son extrémité vésicale. 11 faut que la sonde soit solide et, pour plus de sécurité encore, on y introduit un mandrin, qu'on retire, une fois l'opération terminée. La sonde de M. Voillemier, à part la partie conique de l'extrémité vésicale, est d'un diamètre égal dans toute sa longueur, contrairement à celle de Boyer, qui allait en s'élargîssant. Cette forme facilite son passage au travers du rétrécissement. Une fois la sonde parvenue dans la vessie, on la laisse en place jusqu'à ce qu'elle se meuve avec facilité ; alors on la remplace par une sonde de gomme élastique ; mais il faut, au préalable, avoir introduit dans la sonde métallique une bougie de baleine ou de gomme élastique pouvant servir de conducteur.

Le cathétérisme forcé a été institué en méthode de traitement des rétrécissements par Mayor, de

HETRÉC[SSF.ME.NT5. asi

Lausanne, en 1835. Sa méthode consiste il introduire, au travers du rétrécissement, une bougie rigide, d'autant plus volumineuse que le rétrécissement est plus étroit. Voici, eu elîet, les propres paroles de Mayor : « l'ius le rétrécisse ment est élroit et opiiiiAtre; en d'autres termes, plus Turè- i llirc offre de difficultés au cathétérisrae et à la libre excrétion des urines, plus aussi j'ai soin de m'armer d'un cathéter de plus en plus volumineux. » Consé((uent avec ses principes, Mayor employait, pour introduire ses instruments, une force d'autant plus grande que la résistance à vaiucre était plus considérable.

Les bougies dont se servait Mayor étaient au nombre de six : la moins volumineuse ayant 1 millimètres de diamètre, la plus volumineuse î) millimètres.

Le procédé de Mayor, qui donna lieu aux polémiques les plus violentes, lorsque son inventeur vint l'exposer dans les hôpitaux de Paris, est, à juste titre, tombé en discrédit, car il ne peut rien guérir et risque, au contraire, de produire les délabrements les plus elfrayants. Aussi, à. quarante ans de distance, ne comprend-on guère comment il a pu même être discuté.

A supposer que le calhétérisme forcé fût indiqué par l'état du malade, c'est une opération grave par elle-même et par ses suites. Le plus souvent il ne s'opère pas sans fausse-route, ayant pour conséquence des abcès urineux, l'iniiltration d'urine et, par

a. Pic&nl. 21

Sî« MilLADIES DE L*imfiTBRE.

suite, des fistules et souvent la mort. Ces accidents sont d'autant plus à redouter que bien souvent le séjour de la sonde produit une douleur insupportable et qu'on est obligé de la retirer, malgré les dangers qui peuvent résulter de son absence. De plus, il est prouvé par des autopsies assez nombreuses qu'une fausse-route, même organisée, ne met pas celui qui la porte à l'abri d'une nouvelle rétention d'urine.

Cautérisation. — De toutes les méthodes employées pour détruire les rétrécissements, la cautérisation est une des plus anciennes et de celles qui ont été le plus souvent mises en usage. Elle était la conséquence des idées d'autrefois sur la nature des strictures uréthrales. Il n'y a pas encore bien longtemps, en effet, qu'on les considérait comme consécutives à l'existence des carnosités urélhrales. Il était donc logique que les anciens chirurgiens fissent usage d'agents capables de les détruire. Aussi voyons-nous ces moyens employés jusque dans ces derniers temps et cet usage persister encore alors même que déjà on avait reconnu l'erreur des anciens.

Du temps d' Ambroise Paré, on se servait d'escharrotiques dont les formules bizarres se ressentaient plus ou moins de la complète ignorance des réactions chimiques. C'est au moyen de ces escharrotiques que fut opéré Henri IV par Loiseau de Bergerac.

Pour mettre leur méthode en pratique, les anciens chirurgiens se servaient de bougies de circj

bEtrécissements. tu

enduites du composé esclmrro tique qu'ils portaient jusqu'au point rétréci. Une fois l'urèthre ouvert, ils achevaient la guérison en y passant des bougies de plomb frottées avec du mercure.

La méthode suivie par les anciens est à peu près la même que celle employée jusqu'à nos jours; l'agent médicamenteux seul diffère : au lieu des mélanges compliqués des anciens, c'est du nitrate d'argent qu'on se sert toujours aujourd'hui. Hunter est le premier chirurgien qui ait fait usage de ce sel, et c'est grâce à sa grande autorité qu'il a été tout d'abord si universellement adopté. Huntep cautérisait les rétrécissements d'avant en arrière. Pour cela, il se servait d'une sonde de gomme élastique, percée par les deux bouts, dans laquelle il introduisait sa bougie armée. Cette bougie n'était autre qu'un mandrin, muni d'un embout qui permettait de le manier à volonté, et d'un morceau de niti-ate d'argent à son extrémité vésicale.

Quand on veut faire usage de cet instrument, on introduit la canule jusqu'au rétrécissement, puis on conduit dans son intérieur la bougie armée, qu'on maintient contre le rétrécissement pendant une minute environ. Hunier renouvelait cette application tous les deux jours, si l'état du malade le permettait, et, pour parfaire la guérison, il introduisait des bougies.

Après Hunter, Evrard Home, son parent et son élève, continua sa méthode, mais il en Ut un usage

824 MALADIES DE L'URÂTORB.

bien plus étendu, et le caustique ne fut plus, pour lui, un moyen accessoire.

Sa manière de faire était, d'ailleurs, à peu près la même. Après s'être assuré, au moyen d'une bougie ordinaire, à quelle profondeur siégeait le rétrécissement, il marquait sur le porte-caustique, au moyen de Fongle, jusqu'à quel point il devait l'introduire ; puis, celui-ci étant parvenu contre le rétrécissement, il le maintenait en place pendant une ou deux minutes et renouvelait la même opération tous les deux jours, jusqu'à ce que l'obstacle fût franchi.

Evrard Home mit son procédé en usage avec une véritable frénésie, puisqu'il pratiqua, plus d'une fois, sur le même malade jusqu'à cent et deuxcenis cautérisations, et que, dans un cas, il en porta le nombre jusqu'à douze cent cinquante.

Après Evrard Home, Watheley, qui pratiquait en Angleterre, au commencement de ce siècle, fit usage, pour cautériser les rétrécissements, de la potasse caustique ; mais c'est là un agent que sa grande déliquescence et son action beaucoup plus énergique rendent très-difficile à manier.

La cautérisation telle que la pratiquaient Hunter, Evrard Home et Watheley est complètement abandonnée aujourd'hui; on ne fait plus maintenant que la cautérisation latérale, et encore n'est-ce pas pour détruire les rétrécissements, mais seulement dans le but, soit de faire cesser le spasme qui accompagne souvent les coarctations uréthrales, soit

RÉTnÉCISSEHEMS. g»

pour calmer une inflammation du col de la vessie ou de la région prostatique de l'uri^thre.

Pour atteindre ce but, on peut employer divers instruments dont le plus ancien est celui de Ducamp. Il se compose d'une cunule de gomme élastique, munie à son extrémité vésicale d'un ajutage de platine suffisamment ouvert pour laisser passer le mnndrin porte-causlique. Celui-ci est constitué par une tige d'argent, supportant à son extrémité antérieure une cupule de platine, creusée sur une de ses faces d'une cavité dans laquelle on coule du nitrate d'argent. L'empreinle du rétrécissement étant prise et sa profondeur connue au moyen de la bougie emplasfique que nous avons décrite, on introduit, jusqu'à son nivf:au, la canule extérieure. Celle-ci se trouvant arrêtée contre l'obstacle, on n'a plus qu'à faire saillir la cupule et à appliquer le caustique sur le point malade de la circonférence urélhrale.

Dueanip a le mérite d'avoir le premier donné l'idée d'un porte-caustique facile à manier; malheureusement cet instrument étant droit ne peut servir facilement que dans les maladies de la portion droite du canal ; de plus, la pratique prouve qu'il n'est pas du tout facile, surtout quand le rétrécissement est étroit, d'introduire la cupule du mandrin dans l'oriOce de l'obstacle, et que, souvent, cette manœuvre exige des tâtonnements prolongés, pendant lesquels le caustique s'altère au contact des liquides du canal et cautérise les tissus sains.

tu MALADIES DB L*URÉTHRE.

Cet instrument a été remplacé par un porte-

nù.i.

caustique courbe trèscommode que Collin fabrique aujourd'hui.

LaUemand a remplacé rinstrument de Ducamp par un nouveau porte -caustique.

C'est le seul, avec celui de Ségalas, qui reste aujourd'hui dans la pratique. Le portecaustique de LaUemand se compose d'une canule d'argent, courbe antérieurement et assez peu volumineuse pour entrer dans le rétrécissement. Dans Tintérieur de cette canule se meut un mandrin dont la partie externe es^ formée d'une tige rigide supportant à son extr^ mité antérieuro ua^ ^ chaîne de Vaucanso terminée par une vette dans laquelle o

Porte-cauBtique de LaUemand.

coule du nitrate d'argent.

La distance du méat au rétrécissement ayant ét^^

Mablemept reconnue, au moyen d'une hoirie

ossée jusque sur l'obsUcle, Lallemaïul îolrodui-

sait le porte-caustique, fermé dans Turèthre, jusqu'à ce qu'il fût parvenu deux ou trois centimètres plus loin que Icpoint indiqué ; il retirait alors d'autant la canule extérieure et démasquait le caustique. La cautérisation achevée, il rentrait la cuvette dans la canule. De cette façon, Lallemand ne cautérisait que le rétrécissement.

Le porte-caustique de Ségalas, quoique d'une construction différente, permet d'agir de la même façon ; seulement, comme il est droit, il ne peut servir à cautériser facilement que la partie droite du canal. Il se compose de deux canules concentriques l'une à l'autre et renfermant un mandrin porte-caustique. La canule extérieure porte à son extrémité antérieure un renflement qui l'arrêle à l'entrée du point rétréci du canal.

Supposez donc l'instrument introduit dans l'urèthre et arrivé sur l'obstacle, il ne reste plus qu'à faire avancer la canule intérieure jusqu'au centre du rétrécissement. Parvenu à ce point, on retire celleci d'une longueur égale à celle qu'on l'a fait avancer, et la cupule se trouvant, par cela même, découverte, on cautérise du même coup la partie malade.

Les phénomènes consécutifs à la cautérisation de l'urèthre sont :

1"* Une douleur plus ou moins vive qui dure pendant une ou deux heures et s'apaise ensuite, pour reparaître à la première miction qui peut être extrêmement pénible ; les mêmes sensations se renouvellent, mais en s'affaiblissant, pendant vingt-quatre

heures^ au bout desquelles elles finissent par disparaître.

2* Parfois une hémorrhagie qui ne débute pas immédiatement après Tapplication du caustique, mais avec la première miction. Cette hémorrhagie, qui peut être assez abondante, n'est généralement pas dangereuse et s'arrête d'elle-même.

Qu'il y ait eu ou non hémorrhagie, les premières urines entraînent avec elles des flocons jaunes verd&tres, parfois sanguinolents, dont la quantité est en rapport avec la profondeur de la cautérisation ; c'est du mucus coagulé par le caustique.

Bientôt après, au bout de vingt- quatre ou quarante-huit heures, quelquefois plus tard, il s'échappe avec l'urine des débris de Tescharre, et il s'établit une suppuration, d'abord très-épaisse et plus ou moins abondante, qui s'éclaircit bientôt pour devenir ensuite muqueuse et disparaît au bout de quelques jours.

Quand la cautérisation a été très-énergique et telle que Lallemand la pratiquait, on peut voir apparaître une rétention. Il faut, dans ces cas, s'abstenir, autant que possible, d'employer la sonde, de peur d'irriter encore le canal, et recourir plutôt aux antiphlogistiques, aux bains et aux émoUients ; la sonde ne doit être introduite que s'il n'est pas possible de faire autrement.

La cautérisation, qui a^certainement, malgré les abus qui en ont été faits, procuré la guérison de beaucoup de rétrécissements, n'est plus employée

UO MAUDIES DK LXHÉIBRE.

dans ce but aujourd'hui, parce qu'on a trouvé de nouveaux moyens plus rapides et plus précis. On la réserve pour guérir les inflammations du col de la vessie et de la région profonde de Turèthre. Cependant elle peut être un modificateur du spasme qui accompagne quelquefois les rétrécissements. Celui-ci, en effet, est le plus souvent la conséquence d'une irritation excessive de Furèthre, due à l'ancienneté de rinflammation. Il est alors extrêmement difficile de faire pénétrer une bougie à travers le rétrécissement, à cause de Texquise sensibilité de Turèthre; la cautérisation légère peut être d'un très-grand secours dans les cas de cette espèce; non-seulement pour favoriser Fintroduetion des bougies, mais encore parce qu'elle facilite la sortie des urines. M. Voillemier, qui rejette la cautérisation, comme méthode générale de traitement des rétrécissements, dit cependant l'avoir employée avantageusement dans certains cas de fistules anciennes et calleuses siégeant en arrière d'un rétrécissement. Alors, en combinant des cautérisations énergiques avec la dilatation, il est parvenu à ramollir la masse fibreuse enveloppant les fistules et à guérir plusieurs individus.

Galvanocaustique chimique. — C'est une méthode de cautérisation des rétrécissements au moyen de la pile. Cette cautérisation a pour but de détruire le tissu strictural et de le remplacer par une cicatrice non rétractile.

Cette méthode est fondée sur ce fait que l'appli-

RÉTRÉaSSEMENTS. 831

cation d'un courant continu et de tension suffi* santé, sur un corps vivant, au moyen d'électrodes inaltérables, détermine la formation d'une escharre au point de contact de chacun des électrodes. Les acides se rendent au pôle positif, les alcalis au pôle négatif. A l'état naissant, ces agents n'attaquent pas les électrodes, mais les tissus, et forment une escharre limitée aux électrodes. D'un autre côté, le courant agissant à froid et la production des escharres se trouvant limitée au point de contact des électrodes, on n'a pas à craindre la cautérisation des parties voisines.

L'escharre produite au pôle positif est comparable à celles auxquelles donnent lieu le feu ou les caustiques acides; Tescharre négative a toutes les propriétés de celles occasionnées par les alcalis. Or, d'après MM. Tripier, Mallez et Amussat, qui ont les premiers appliqué la galvanocaustique chimique au traitement des rétrécissements, les escharres négatives sont remplacées par des cicatrices molles, mais peu rétractiles. Partant de ce fait qu'ils considèrent comme acquis, ils appliquent l'électrode négatif sur le rétrécissement, croyant de cette manière en obtenir la guérison définitive, la cicatrice ne devant pas se rétracter.

La pile dont on se sert actuellement pour pratiquer cette opération, est composée d'un certain nombre de couples formés chacun d'une lame de chlorure d'argent fondu et d'une lame de zinc amalgamées séparées, quoique cependant fixées

•il MAL\D1ES DE l/l]RÉTIIRE.

l'une à l'autre. Chaque couple était autrefois contenu dans un étui en caoutchouc durci, fermé par un bouchon à vis. La lame de chlorure d'argent était enveloppée d'un sac, de manière que, s'il s'eo détachait de l'argent régénéré, celui-ci ne pouvait,

en s'interposant entre les deux lames, interrompre j le courant. Les deux lames étaient plongées âins I une solution de chlorure de zinc.

Un manipulateur permet de n'employer seulement que le nombre de batteries désirées.

nÈTRKCrsSEMEÎNTS. a33

De plus, cette pile, telle que la construisit M. Gaiffe, permet l'application de courants continus et de Télectrolyse, la première exigeant des éléments à petite surface, la seconde des surfaces plus grandes.

Étant donnée une pile de 42 couples, dont les 24 premiers sont à petites surfaces, et les l!S derniers à grandes surfaces; quand on a besoin d'un courant continu, on emploie les petits couples ; si, au contraire, on veut faire Télectrolyse, on met en œuvre seulement tout ou partie des dix-huit grands couples.

Pour appliquer Télectrolyse, MM. Tripier et Mallez poussent, jusqu'au rétrécissement, une sonde de gomme élastique, ouverte par les deux bouts, qui sert à protéger les parois uréthrales. Dans cette sonde, ils introduisent un mandrin en cuivre, terminé à son extrémité anté- ïiiior u™ rt».geni (•). rieure par un renflement fusiforme long de 2 ou Jcentira., d'un diamètre variable. Son extrémité externe est percée d'un trou dans lequel on engage le fil conducteur. L'électrode positif, qui ne sert qu'à fermer le circuit, consiste en un large bouton

O Y Z, lame» de iidii ara.i!g;iiin* sa foraiB ik cuvuUp ; G II S T, yue eo noatclioua durai ; G II, bouchon fntmïnt hermiliquement ; V V, piète» «ur hvqDdle* wul fliiet les Urnes Uo linc ; 1 1, truilla ils jiapivr bu»nl impréitniei lia liquide McitAtsur, ululian ilc clilorurs J'aruniiit; J K, lien qui ferl i uuir hahmet ds UDo;tacliloruroil'arE^l ueduit pMilra cd poudre, nuii eu lune.

384 MALADIES DE L'URftTBRE.

fixé à un manche de bois percé d'un trou pour recevoir le conducteur de la pile. Le bouton est recouvert de peau mouillée. Ce bouton peut n'avoir

pas de manche ; alors on le fixe sur la cuisse^ au moyen d'une bande en caoutchouc, ce qui permet de se passer d'aide.

La sonde protectrice étant introduite, on tire la verge sur elle, de manière à effacer les pUs de la muqueuse et à ce qu'elle soit bien immobile; puis, le mandrin étant poussé contre le rétrécissement, on ferme le fi^aj circuit. Le malade sent une légère douleur au point cautérisé, douleur qui cesse pour être remplacée par une autre plus forte, au point de contact du pôle positif. Pour calmer cette dernière, on mouille Tenveloppe du bouton. Le chirurgien fait avancer la sonde au fur et à mesure des progrès de la cautérisation, en ayant soin de pousser simultanément la sonde protectrice, et il continue la môme manœuvre jusqu'à ce que le rétrécissement soit détruit. L'opération dure de sept à vingt minutes; quand elle est terminée, on enlève d'abord l'électrode positif, puis le négatif.

Le Fort (1) craignant que le mandrin de Mallez,

(1) Malgaine, Médecine opératoire ^ édit. Le Fort, i877»

pila au itui|uii>i]tilG de fer ou perat]àe à» Dun({ant

G, gùiuiomUn mMurut l'iuUuiité du courant.

l(DiucliirB,p.ii*<liRlfila^ truisportar «t plui Tolumiuiiuso que celle M dilorara

cl'sriWdt, maïf «rvanl d"«ilkutï aui mi^mo H8«gw.

» on amenant dans l'axe l'ouvepturc déviée du " canal, pourrait bien avoir eu plus d'influence K que l'électricité. En eiTet, quelques jours après, < pour un autie rétrécissement que depuis plut sieurs jours je n'avais pu encore francliir, je « répétai exactement la môme manœuvre mais « sons faire agir réleclricité. Le résultat fut le « même. Ces succès m'ont engagé à avoir depuis

se MALADtES DE L'URftTHRE.

[ recours à la pression prolongée pendant cinq à

; dix minutes avec une bougie du n" 12 ou 14, en

: y substituant ensuite une bougie filirornie ; j'ai

: quelquefois échoué, mais j'ai souvent réussi, et

; je ne saurais trop recommander ce moyen des

: plus simples.

Cnu|ile au seEqiiinTj'de de fer ou pcroxydu île maiigantsc. '/., linc. — C, charbon ïniprépiâ ilu «eiiqiiioiyde de fer ou vatiu coiitCDanl le pcroijrde de manfaiièsc. — V V, vis sorvaiit à relier lee couplée entre eui et aut cullecUurs.

Quoi qu'il en soit, aucun soin consécutif n'est nécessaire; on ne place pas de sonde à demeure et on ne fait pas de dilatation. Seulement, si l'on veut constater la dimension du canal, on s'aperçoit qu'elle est plus considérable les jours suivant la galvanocaustique qu'immédiatement après.

Pendant l'opération, il n'y a pas de douleur, à quelques très-rares exceptions près.

atntteis^ancwTs.

L'opération terminée, il s'écoule parfois un peu de sang, la valeur de 2 à 4 grammes.

La première miction se fait sans douleur et ne provoque que très-exceptionnellement la sortie d'un peu de sang.

C Cy commutateur ioTeneur de pâles (ne sert pas dans la galTanocaustique). — M M*, manettet qui, eo le promenant sur les boutons, mettent dans le circuit te nombre de couples à employer et règlent Tintensité du courant. — R R*, pièces anqoellea s'attaebent les réophores.

Le collecteur double sert à user les couples successifement et également, et à uiTerser les courants sans produire de choc Toltaïque.

Le lendemain de ropération, la miction devient douloureuse, ce qui tient au commencement du travail d'élimination de Tescharre, qui dure de cinq a sept jours. Cette escharre se présente sous la forme d'un corps noir&tre, mou, parsemé d'aspérités à la surface, qui correspond au dehors du canal, lisse à la surface opposée.

Pendant le temps que dure l'exfolialion de l'escharre, il s'établit une inflammation qui a donne à un œdème du canal, sensible à Tintérieur ;

H. Pietrd.

mais cet œdème, qui d'ailleurs n^est ipM ûonstant, n'a persisté que dans un très^etit nombre ée cas et sans offrir aucune gravite.

Pendant Télimination de Tescharre, il y la eu aussi quelques cas d'écoulement de sang tbsigiii- Qant, et un accès de fièvre qui a disparu presque aussitôt.

Sur 40 cas, il n'y a eu que 3 récidives, et cependant on ne pratique pas avec cette méthode le cathétérisme consécutif. Mais, il faut bien le dire, outre que les trois récidives, sur 40 cas, constituent un chiffre assez considérable, elles prouvent que, pas plus avec ce procédé qu'avec les autres, on n'obtient la cure radicale des rétrécissements, assertion d'autant plus vraie que les malades n'ont pas été suivis pendant un temps suffisamment long pour qu'il en résulte la preuve évidente que ce proeédé soit sous ce rapport supérieur aux autres.

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