‹ Traité des maladies de l'urèthreChapitre 9 sur 31 · OKI · texte numérisé non relu

OKI

assE

Sonde coudée de Leroy d'ÉtioUes.

La sonde le plus souvent mise en usage est la sonde ordinaire de trousse. C'est un tube d'argent parfaitement cylindrique de 30 centimètres de longueur et de 5 millimètres de diamètre; droit dans la plus grande partie de sa longueur, il se recourbe à son extrémité vésicale de manière à former le quart d'un cercle de 9 centimètres de diamètre; cette extrémité est munie à son bec de deux yeux latéraux placés Tun au-dessus de l'autre. Son pavillon, c'est-à-dire son extrémité extérieure légèrement évasée, est munie de deux anneaux qui servent tout à la fois à la tenir, à indiquer sa position dans la vessie et à la fixer au besoin.

Actuellement, ces sondes se composent de trois pièces : deux qui constituent la sonde proprement dite et s'embottent l'une dans l'autre, de manière que séparées, elles peuvent tenir moins de place- La troisième pièce est un tube qui entre à frottement doux dans les autres; munie à son extrémité intérieure d'un pas de vis qui s'adapte à un second pas de vis dont est muni l'intérieur des deux autres pièces, elle sert à les unir entre elles. Cette sonde, très-commode pour la pratique ordinaire, ne peut

SONDES ET BOUGIES

guère servir qu'à un cathétérisme évacuateur dans un cas simple.

La sonde exploratrice est à peu près

semblable à la sonde ordinaire de -;

trousse quant à la forme et au volume ; ^

seulement, elle est à courbure plus •;:

courte et d'une seule pièce, ce qui la i

rend plus solide et plus sonore. Son |

bec, plein à Textrémité, n'a qu'un œil |

placé au milieu de la concavité de la ^

an

courbure. Pour augmenter le son, on |

a adapté à son extrémité extérieure «

un renflement cylindrique d'environ s

un centimètre et demi de diamètre et |

de trois à quatre centimètres de Ion- ^s

gueur, et un robinet qu'on ouvre si on -f

veut laisser couler l'urine ou injecter |

de l'eau dans la vessie, et que Ton |

ferme dans le cas contraire. Au lieu -^

d'un robinet, M. Dolbeau a fait adap- Ë

ter sur le renflement une plaque de g

métal qu'on n'a qu'à pousser avec le |

doigt pour ouvrir la sonde. -^

La sonde de Leroy d'ÉtioUes, dont S

la courbure représente le quart de |

la circonférence d'un cercle ayant |

12 centimètres de diamètre, celles I d'Heurteloup 1/4 de cercle de 8 centimètres de diamètre, et celle d' Amussat

le 1/3 d'un cercle de 12 centimètres, sont fabri-

90 MiUja)IE8 DE LnmiTHRB.

quées comme la sonde exploratrice, elles sont seulement un peu plus volumineuses. Il en est de môme des sondes à bec court de Leroy d'ÉtioUes et de Mercier, et de la sonde bicoudée de ce dernier auteur. La sonde droite de Tendoscope est fort volumineuse pour permettre le passage des rayons lumineux. La sonde de femme, d'une lon« gueur de 14 centimètres, a le même diamètre que celle des hommes ; droite dans la plus grande paiv tie de sa longueur, elle est très-lègèrement recour» bée à 2 centimètres environ de son extrémité vésicale.

coudées et bicoudées de Mercier. (Tb<MiîpsoD, fig. 113, p. 465.)

Les sondes des anciens et toutes celles dont nous venons de parler étaient en métal et par conséquent rigides, ce qui rendait leur usage difficile dans beaucoup de maladies de Tappareil urinaire ; car on n'aurait pu les laisser à demeure dans la ves* sie, sans fatiguer beaucoup le canal.

Depms Iwigtemp», on gfift €»afft Johncr à cat incoiiTéiiientt en fabricant des somles flenbles. Vers la fin da xm* siècle, Solingen et apvès loi, Roncalli avaient bien essayé de fakîqner des son* des susceptibles de suivre les inflexions da canaL Pour cela, Solingen enroulait en spirale un ruban d^argent; les spirales devaient être fort soiées, pour ne pasfairede saillie à ce qui aurait pu blesser le canal. On leur donnait avec un mandrin la forme désirée. La sonde de Roocalli était faite do même, seulement le ruban d^argent était beaucoup plus étroit et recouvert d^un ruban de soie, endutt de résine et de cire.

On s'était ensuite senri de peaux d'animanx« puis de corne, enfin de bandelettes de linge enroulées sur un moule et recouvertes de cire; le linge fut tour à tour remplacé par de la peau de chamois, puis par celle de chien qu'on enduisait d'huile de copal à l'extérieur et à l'intérieur et qu'on lissait à la pierre ponce. Vers le milieu du siècle dernier, on remplaça l'huile de copal par le caoutchouc. Mais ce dernier devient cassant au bout d'un certain temps de préparation; il s'écaille, ce qui le rend peu propre à cette fabri-^ cation.

Les sondes flexibles dont nous nous servons au« jourd'hui sont l'invention d'un orfèvre nommé Bernard, qui les présenta à l'Académie de chirurgie en 1779; depuis cette époque, on en a conti« Quellemeot amélioré la fabrication, si bien qu'elles

32 filALAOlES DE L'URËTHRE.

sont aujourd'hui parfaites. Elles sont composées d'une trame de coton tissée à la mécanique que Ton enduit, à plusieurs reprises, d'un mélange d'huile de lin et de caoutchouc rendu siccatif par de la litharge.

On a employé aussi dans ces derniers temps la sève de Balata qui, mélangée avec d'autres substances, a donné un bon résultat.

Comme les sondes rigides, les sondes flexibles ont des formes I variées : elles sont droites, coup- I bes ou coudées et de diamètre a variable, car à leur grande sou- S) plesse on est parvenu à ajouter I un diamètre extrêmement petit.

I Elles sont cylindriques ou co- I niques.

Les sondes cylindriques sont celles dont le diamètre est le même d'un 1 bout à l'autre; elles sont droites ou courbes, munies de deux yeux sur les côtés de leur extrémité vésicale. D'autres fois, elles sont percées par les deux bouts, en sorte que dans les cathétérismes difficiles on peut les faire glisser sur un conducteur formé soit par une sonde d'un diamètre inférieur, soit par une bougie, ou une tige métallique; après l'uréthrotomie on place à

SONDES ET BOUGIES. 33

demeure^ comme je Taî déjà dit, pendant vingtquatre ou quarante-huit heures une sonde droite cylindrique, percée par les deux bouts et munie en outre d'un ou deux yeux à son extrémité vésicale.

Ui sondes coniques sont celles dont Textrémité vésicale est effilée; elles sont de deux espèces : les sondes coniques proprement dites et les sondes coniques dont le bec est muni d'un renflement.

Ces deux esp èces de sondes sont droites ou courbes. Les sondes coniques sont conmiodes à introduire dans un canal rétréci ou mal calibré ; leur bec étant pointu a cependant Finconvénient de buter dans les obstacles qu'elles rencontrent en chemin, entre autres le cul-de-sac du bulbe. C'est pour obvier à cet inconvénient qu'ont été inventées les sondes à renflement olivâtre. Cette boule, supportée par une partie très-mince qui se plie à toutes les sinuosités du canal, s'engage facilement dans la lumière de l'urèthre sans danger de déchirer les obstacles qu'elle rencontre. C'est une sonde qui peut être très-utile.

On fabrique des sondes à courbure brusque en gonmie élastique dont l'usage, très-fréquent,

H. Picard. 3

3G MALADIES DE L'URËTHRE.

Les premières bougies étaient flexibles ou rigides : flexibles quand elles se eomposaieirt d'une mèche de lin ou de coton recouverte de cire, comme les bougies d'éclairage dont elles ont pris le nom ; rigides quand elles étaient faites de tiges de mauve, de persil ou de fenouil; plus souvent c'étaient des tiges de plomb.

Aujourd'hui, comme autrefois, on se sert de bougies flexibles ou rigides et de bougies médicamenteuses.

Les bougies flexibles sont arrivées, comme les sondes, à un grand degré de perfection dans la fabrication, grâce à l'invention de l'orfèvre Bernard et aux améliorations qu'a subies depuis sa découverte. Elles sont de gomme élastique et la fabrication en est la même que celles des sondes.

Les bougies flexibles servent à explorer et à dilater Turèthre; elles sont ordinairement droites; leur mollesse leur permettant de prendre la forme voulue ; quelquefois elles sont à courbure fixe.

Olives des bouf^ries exploratrices de Bell, répondant aux divers numéroa de la filière Charrière. — Au-dessous est une bougie munie de son olive. ^

Pour explorer Turèthre on se sert aujourd'hui de la bougie à boule, inventée par Ch. Bell. C'est une tige d'un diamètre proportionné à la boule, supportant à son extrémité vésicale un renflement de

SONDES ET BOUGIES. 37

la forme d'une petite olive dont la grosseur varie de 2 millimètres environ jusqu'à 7 millimètres et plus. La partie qui supporte Tolive doit être très-flexible et Tolive elle-même à arêtes très-peu prononcées.

Autrefois on se servait de bougies de cire, dans le but d'avoir l'empreinte du rétrécissement. Mais la bougie se ramollissait et passait au travers du rétrécissement comme d'une filière ; quand on la retirait, son extrémité déformée indiquait ou la situation ou la longueur du rétrécissement.

Dans ces dernières années, Civiale employait beaucoup les bougies de cire molle, non pas comme moyen d'exploration, mais pour apaiser la sensibilité du canal. A peu près délaissée aujourd'hui, cette manière de faire mériterait peut-être plus d'égards.

La bougie emplastique de Ducamp consistait en une bougie ordinaire munie à son extrémité vésicale d'une composition emplastique qui lui permettait de prendre l'empreinte de la face antérieure du rétrécissement. Des divisions tracées sur la tige indiquaient la profondeur du rétrécissement. Cette bougie qui, au dire des auteurs, donne des résultats peu concluants, est abandonnée aujourd'hui.

Les bougies coniques sont, comme leur nom l'indique, effilées en forme de cône à leur extrémité vésicale , elles sont très-commodes dans les petits nimiéros pour franchir les rétrécissements inaccessibles à la bougie olivaire. Leur diamètre variant

3R MALADIES DE L'URÊTHRE.

de 1/3 de millimètre à 10 millimètres, elles offrent Favantage, dans les numéros inférieurs, d'être très-flexibles et de pouvoir être contournées à volonté de manière à rencontrer plus facilement Touverture antérieure du rétrécissement.

Dans les gros numéros, qui sont, droits ou courbes, leur résistance plus grande permet de les employer à la dilatation des rétrécissements.

Les bougies coniques à bout olivaire sont les mêmes que les précédentes, avec cette différence que l'extrémité effilée du cône est munie d'un renflement. Elles sont surtout utiles dans la dilatation des rétrécissements quand celle-ci est déjà arrivée au point de permettre à la boule de la franchir, et reme placent avec avantage les bougies coniques ordinaires, parce que le petit renflement les empêche de s'engager dans les lacunes de l'urèthre. Il est nécessaire, pour l'usage auquel ces bougies sont destinées, que la partie qui supporte le renflement soit d'une longueur suffisante et très-flexible.

M. Voillemier conseille de n'employer les bougies droites que jusqu'à 4 millimètres; au-dessus, il se sert de bougies courbes, parce qu'en se redressant les bougies droites peuvent fatiguer l'urèthre au niveau de sa courbure. Les bougies à ventre sont des bougies droites, renflées en forme de fuseau à quelques centimètres

SONDES ET BOUGIES

de leur extrémité dans l'espace de 3 à 4 centitnMres. Elles ne sont plus employées aujourd'hui, parce que la partie renflée a beaucoup de difficulté i\ se tenir dans le rétrécissement et se trouve chassée soit en avant soit en arrière. Ensuite, les rétrécissements siégeant surtout à la partie courbe du canal, la partie renflée

éprouve d'autant plus de peine

à s'y adapter qu'elle est plus

épaisse. Les bougies à nœuds sont des

bougies droites qui ofFrenl sur

leur tige plusieurs renflements

également espacés et dont le volume va croissant. Abandonnées

aujourd'hui, elles servaient autrefois à la dilatation immédiate

des rétrécissements.

Les bougies de Laieine tiennent

le milieu entre les bougies fle.xi-

blfgetles bougies rigides. On ne

se sert que des petits numéros.

Elles ont cet avantage d'allier une

grande finesse à une certaine

résistance qui leur permet de

s'engager assez facilement dans

les rétrécissements très-étroits. Mais il faut, quand

onenfwt usage, agir avec prudence, leur pointe

40 MAUDIES DE L'URËTHRE.

pouvant s'engager dans les lacunes de Tarèthre et déchirer la muqueuse; à la moindre résistance on les retire de quelques centimètres, puis on les pousse de nouveau. Elles sont surtout indiquées dans les rétrécissements qui siègent dans la partie droite de Turèthre.

Les bougies droites en gomme élastique ne sont jamais rigides. On comprend, en effet, que cette rigidité serait un obstacle à leur introduction facile dans Turèthre et contraire au but qu'on poursuit dans leur fabrication. C'est seulement aux sondes à béquille et à celles à courbure fixe, semblables aux sondes ordinaires, qu'on donne une I forme invariable. Encore ces bougies sont- ^ elles loin d'avoir la rigidité des sondes de I métal et peuvent-elles être pliées assez faci- ^ lement.

Bougies en cordes à boyau. — On se servait autrefois de ces bougies pour la dilatation des rétrécissements, à cause de la propriété qu'elles ont de se gonfler au contact des liquides; elles unissent la flexibilité à la rigidité, à un degré qui les rend faciles à introduire; mais on ne peut leur donner un poli suffisant. Elles ont en outre l'inconvénient de ne pouvoir être retirées facilement du canal, car la partie postérieure du rétrécissement ne s'opposant pas à leur développement, elles se gonflent plus en ce point qu'au niveau même de

SONDES ET BOUlilES. U

la stricture. (Cependant M. Désormeaux prétend n'avoir jamais éprouvé cet accident et dit en avoir retiré de bons effets.

On a essayé d'employer des bougies en, iooire privé de sa partie calcaire par Tacide chlorhydrique, mais elles n'ont pas réussi , elles étaient | trop fragiles et trop cassantes. On fabrique aujourd'hui des bougies avec la lamhuiria digilata. substance qui prend au contact des liquides un volume cinq ou six fois plus considérable que celui qu'elle possède à l'état sec. Mais cette substance, quand elle est desséchée, est fort dure ; aussi faudrait-il la ramollir légèrement dans l'eau tiède avant de s'en ser^'ir. Ces sortes de bougies ne sont pas encore entrées dans la pratique.

Bougies rigides. — Autrefois les bougies rigides étaient en plomb. Mayor et Béniqué ont remplacé dans leur fabrication le plomb par l'étain. Ce métal a l'avantage d'acquérir un très-beau poli, ce qui permet aux bougies de glisser aisément tlans l'uré- Ihre, le poids du métal facilitant d'ailleurs encore leur introduction.

Les bougies de Béniqué ont une forme spéciale droite dans un tiers de leur longueur, elles se coudent ensuite brusquement pour former un cercle à peu près parfait.

Les bougies de métal possèdent une qualité que n'ont pas celles de gomme élastique. Le diamètre de ceiles-ci, en effet, n'est pas très-régulier, en sorte que la différence qui sépare leurs divers

44 MALADIES DE L'URÈTHRB.

numéros n'est pas parfaitement fixe ; la gradation

en allant de la plus petite 1/3 de millimètre à la plus grosse 10 millimètres, est approximativement de 1/3 de millimètre. Les bougies d'étain sont calibrées avec bien plus d'exactitude.

Le diamètre de celles de Béniqué est gradué à 1/6 de millimètre, en sorte qu'on passe, d'une manière pour ainsi dire insensible, de la plus petite à la plus grosse , condition importante dans la dilatation des rétrécissements, surtout quand ils sont durs et fibreux. On n'emploie d'ailleurs les bougies Béniqué qu'à partir du numéro 24 qui répond au numéro 12 de la filière Charrière.

Bourçies médicamenteuses. — On se sert

peu aujourd'hui des bougies médica-

^ . menteuses. On enduit bien, il est vrai,

Bougie

de Béniqué. dc tcmps à autrc, une bougie de gomme élastique de pommade mercurielle bella-

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