ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE LA LANGUE. ~ GL
SOMMAIRE. — Anatomia et pbyaiologie de la langae. «losaites en général : DéfinitiOD. — Etiologit
nymie. — Division, OloBBlte alguâ auperfidelle ; Définition. — S
Marcha. — Durée. — Terminaison. ~- Diagnoitic. t-
— Traitement Olossltes algaâa profondes : Déflnition. — E
SymptAmes. — Anatomiepatlio logique. — Marche
naison. ~ Diagnostic. — Pronostic. — Traitament.
Messieurs,
Anatomie. — La langue est ud organe k multiples, occupant la cavité buccale, et se librement dans cette cavité ou même en dehc
Sa souplesse est extrême, et évidemment e avec les fonctions nombreuses et délicates qi dévolues. C'est elle, en effet, qui joue le rôl actif dans les phénomènes de la déglutition, culation d^ sons, et même de la masticatic c'est dans une partie de sa muqueuse que sens du goût.
Sa forme, quoique irrégulière, peut être ce celle d'un cône aplati, dont la base, largemei serait fixée aux diverses parties environnant* laire inférieur, os hyoïde, apophyse styloïdi dont le reste, mobile, change de forme à et tant.
Cependant, pour la facilité de la descriptio gré cette irrégularité et cette variabilité de anatomistes lui décrivent une face supérieur férieure, deux bords, une base et un somnu
Sa structure^ sauf une membrane fibreuse, le septum lingual^ est exclusivement musculaire; ce qui explique son excessive mobilité, soit qu'il s'agisse do ses déplacements ou seulement de ses changements de forme.
Le septum lingual, partant de la base de l'os hyoïde, se termine vers la pointe de Torgane. Son épaisseur ne dépasse pas quelques millimètres ; sa longueur^ quelques centimètres; et sa hauteur, un centimètre environ.
Ses mtcsclea, que la plupart des auteurs divisent en intrinsèques et en extrinsèques, sauf un, le lingual vertical, sont tous pairs. Leur nombre peut s'élever à dixneuf; mais il varie d'après les auteurs, l'indépendance et l'existence propre de quelques-uns de ces muscles n'étant pas acceptées par tous. Les intrinsèques sont : le lingual supérieur, le lingual inférieur, le fingual transverse, tous pairs, et le lingual vertical, qui est impair; soit en tout sept. Quant au groupe des extrinsèques, il comprend : les hyo-glosses, les génioglosseSf les stylo-glosses y les glosso-staphylins y les pharyngo-glosses et les amygdalo-glossesy soit en tout douze.
Tous ces muscles, d'importance variable, assez souvent mêlés entre eux d'une manière inextricable, surtout vers la pointe, sont recouverts par une membi^ane muqueuse.
Cette muqueuse y continuation de celle de la cavité buccale, présente les mômes couches, et dans le même ordre de superposition; mais cependant, je dois le dire, avec des différences nécessitées par ses fonctions spéciales, et qui, ne serait-ce qu'à ce point de vue, exigent qu'elle soit étudiée séparément.
La couche épithéliale présente une épaisseur tan-
ra'i*;^^-"^ ^
tôt moindre (à la base), et tantôt plus grande (sur la face dorsale) ; le chorion, épaissi sur le dos de la langue, devient très mince sur les côtés et à la base; enfin, la celhdeusey également presque nulle sur le dos, devient épaisse et lâche sur la face inférieure.
Mais ce ne sont jusque-là que des différences légères; les plus importantes sont celles qui dépendent des papilles, des glandes et des follicules clos.
D'abord, les j;a2327/<?5 se présentent ici avec des caractères qui les distinguent nettement de celles de toutes les autres régions. Elles affectent trois formes principales, auxquelles les auteurs s'accordent à donner les noms de filiformes^ de fongiformes et de calicif ormes.
Les filiformes sont réparties sur toute la surface de l'organe. Elles ont un axe cylindrique, d'une hauteur égale à deux ou trois fois son diamètre, et portent une série de cinq à dix prolongements filiformes, recouverts d'une épaisse couche épithéliale, h laquelle se mêlent toujours des filaments de leptothrix. — Les fongiformes^ plus volumineuses, sont parsemées au milieu des précédentes en nombre variable, mais surtout du côté du V lingual, sur les bords et à la pointe. Elles sont à peu près hémisphériques, constituées par une partie du derme, et revêtues de papilles secondaires, mais peu développées et n'ayant qu'un mince revêtement épithélial; ce qui leur laisse une couleur rouge, tandis que les précédentes sont rendues blanches par l'épaisseur de l'épithélium. — Enfin, les troisièmes, ou calicifonnes, ont un siège d'élection bien précis. Ce sont elles qui forment le V lingual; leur nombre varie de seize à vingt. Comme les précédentes, ellessont constituées par une portion du derme,
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qui fait saillie; mais, d'abord, elles sont plus larges et moins hautes; et, en outre, elles sont toujours placées dans une dépression de la muqueuse, dont elles sont séparées par un espace circulaire, qui reste libre. Enfin, fait des plus importants, la face externe de la papille et la face interne de la rainure présentent des cellules spéciales découvertes, presque en même temps, par Loven et par Schwalbe; ce sont les cellules sensorielles ou organes du goût. Elles sont cylindriques, au lieu d'être polyédriques ou aplaties, reçoivent une fibrille nerveuse par leur extrémité adhérente, et se terminent, de leur côté libre, par un bâtonnet.
Chacune de ces papilles contient des vaisseaux et des nerfs; et ces derniers, très abondants dans les papilles qui possèdent des organes du goût (les caliciformes et les fongiformes, d'après Ranvier), semblent se terminer presque entièrement dans leur intérieur.
Ensuite, les glandes ont bien la même structure que celle de la muqueuse buccale ; mais elles affectent une distribution spéciale. On les trouve, d'abord à la base de la langue, en arrière du V lingual, et aussi sur ses bords, où elles forment une ligne non interrompue, d'avant en arrière, avec cette différence, "toutefois, qu'elles sont plus nombreuses en avant, où elles cons^* tituent les glandes de Blandin et de Nuhn, et en arrière, où leur réunion, à l'extrémité de chaque branche du V, est décrite sous le nom de glandes de Weber.
Enfin, comme dernier caractère distinguant la muqueuse linguale de la muqueuse buccale en général, je dois mentionner des follicules clos, qui manquent sur cette muqueuse, et qui, au contraire, existent en grand nombre sur toute la portion de la langue située en arrière du V lingual.
«nmn
8IXIÈUE LEÇON
Les artères viennent de ia linguale; ayant pour origine les raninea, suivent I que les artères.
Les lymphatiques, très nombreux, s ganglions profonds de la région sous-hj
Quant au système nerveux, la lang reçoit son innervation de quatre souro glosse, du lingual, Aa glosso-pharyngii par l'intermédiaire de la corde du tyn mier, exclusivement moteur, préside à t( ments, et les trois autres se partagent sa lingual se distribue à la partie antérie pharyngien à la partie postérieure, et en tympan sur les bords. Quant h. la distir entre la sensibilité tactile et gustativc, q existent encore. Cependant, il semble ■ bien des observations cliniques que des physiologie, que la sensibilité tactile s spécialement au lingual, et la sensibilit glosso-pharyngien. C'est, en effet, la pa de la langue dont le toucher est le p] nous goûtons mieux par sa base que pai
Phyaioiogie. — La langue contribue tiens :
1" La mastication; 2' la déglutition lion , et 4" le sens du goût.
l" Sous le rapport de la maslicalioT, ramène d'une manière constante sous li taires le bol alimentaire, tant qu'elle d'une manière insuffisante.
Ce bol, en effet, après avoir subi la i arcades, est rejeté, soit en dehors, dai
soit en dedans, dans la cavité buccale. Or, les lèvres, d'une part, en se fendant comme une sangle et en procédant du bord adhérent au bord libre, le chassent du vestibule ; et, d'autre part, la langue, par des mouvements d'une souplesse admirable, va chercher ce bol dans les divers points de la bouche; et, après l'avoir réuni, le replace de nouveau sous les dents.
2® Déglutition. — Ce n'est que lorsqu'elle juge ce bol assez divisé qu'elle consent à le porter dans le pharynx ; et encore n'est-ce pas sans en faire un habile triage. Ce travail de séparation des aliments est un des plus délicats qui soit confié aux mouvements involontaires. Quand ce triage est fait, la langue se charge de la partie à déglutir ; elle applique sa pointe sur la voûte palatine; et, appuyant ensuite contre cette surface résistante, elle chasse ce bol d'avant en arrière, jusqu'à ce qu'il arrive au niveau du voile du palais; moment où une contraction inévitable so produit, celle des piliers antérieurs et de ce voile, qui, par sa brusquerie, lui fait franchir l'isthme du gosier, comme s'il était projeté.
30 Articulation. — Plusieurs fois déjà, dans l'étude des maladies précédentes, j'ai signalé les troubles qu'elles apportent dans l'articulation des sons ; mais, nulle part, ces considérations ne trouvent mieux leur place qu'ici.
C'est qu'en effet, de toutes les parties de la cavité buccale, il n'en est pas qui entre dans cette fonction pour une plus large part. Il est peu de sons, qu'il s'agisse de voyelles ou de consonnes, pour la production desquels cet organe n'entre pas plus ou moins en jeu.
Il me suffira de citer les sons suivants : parmi les
rjTTTvwi^rfÇ^
voyelles, ê ê, é, et i que Fournier a désignées sous le nom de linguo-palatines, ainsi que eu et u, auxquelles il a donné le nom de labio-linguo-palatines; et parmi les consonnes : le .9, ng, A, appelées par le même auteur linguO'palatines postérieures; le chj j, gn, d^tch, ou linguO' palatines moyennes; les 5, z, n, rf, t, ou linguO'paiatines antérieures^ et le t, II, r, ou linguopalatines latérales. C'est en, tout plus de vingt sons dans lesquels la langue intervient. Aussi ne devronsnous pas nous étonner des troubles considérables constatés dans Tarticulation, dès qu'une lésion quelconque viendra, soit gêner ses mouvements en les rendant douloureux, soit diminuer sa souplesse.
4« Goût. — Enfin, nous ne devons pas oublier que c'est à la langue qu'est dévolu le sens du goût. C'est, en effet, grâce aux cellules sensorielles que j'ai signalées, que nous pouvons apprécier tout ce qui a trait à ce sens. Aussi l'abolition ou du moins la diminution de l'acuité du goût, ou enfin sa perversion, constituent-elles les symptômes les premiers observés dans toute altération de sa muqueuse.
GLOSSITES
Définition et Étymologie. — On donne le nom génénéral de glossites (^xtô^aa, langue) à toutes les maladies inflammatoires de la langue, quelle que soit leur cause^
la nature de leur processus, et leur étendue.
S3rnonymie. — Avant l'adoption de ce nom, qui est
maintenant générale, vous trouverez les mêmes affections décrites par les auteurs sous les noms divers de paraglossa, glosso-mégista, inflation tunior et abcès-
SUS linguWy gonflement ^ abcès, phlegmon gangreneux de la langue, et enfin, dans quelques cas spéciaux, sous celui de glossanthraœ.
Aujourd'hui, je Tai dit, l'expression de glossite a généralement prévalu. Cependant, il est encore assez fréquent de voir dans les auteurs le nom (VabcêSj de phlegmon ou de gangrène de la langue, employés de préférence à ceux de glossite su p purée ou gang^^érwuse. Qu'il vous suffise de savoir que ces expressions sont synonymes.
Division. — Les divers processus anatomiques compris sous le nom de glossites se répartissent, tout d'abord, en deux groupes : les aiguës et les chroniques ; et chacun d'eux, selon la profondeur de leur processus, se subdivisent ensuite en superficielles et en profondes.
Quelques-unes de ces divisions, pour les besoins de la clinique, ont même dû être de nouveau subdivisées, et c'est ainsi que, d'une part, les glossites superficielles peuvent être dites : papillaires ou folliculaires ^ selon que ce sont les papilles ou les follicules qui sont plus spécialement atteints, et enfin que, d'autre part, chacune des quatre principales divisions peut, à son tour, présenter deux formes : l'une primitive, l'autre secondaire.
Mais, il faut le reconnaître, la plupart de ces formes ne constituent que des variétés; et je pense que l'on peut mettre une clarté suffisante dans la description de CCS aff'ections en se contentant des quatre divisions principales. Pour éviter de nombreuses redites, ce sont donc les seules que j'admettrai, me promettant d'indi-
quer les autres variétés au fur et à mesure qt présenteront dans le cours de cette étude.
Je décrirai donc successivement les glossiU superficielles, [es glossites aiguës profondes, sites chroniques superficielles ^i \6& glossites ques profondes.
Mais, en outre, pour parcourir tout le c maladies do la langue, je devrai vous parler, « nant, de quelques autres affections intéresi organe, et dont la plupart, du reste, ont été èg considérées comme de nature inflammatoire; le groupe des affections douloureuses : glosi nêcralgie linguale , ulcérations imaginait glossites desquamât ioes ; et enfin l'affection si connue, j usqu'à présent, sous te nom de langt
Glossite aiguë superficielle.
Définition. — La glossite aiguë superficielle qui n'atteint que la muqueuse. Elle est pria secondaire.
La forme primitive peut reconnaître pou toutes celles que j'ai déjà énumérées en traita stomatite (chaleur, irritants, caustiques), qui, lement, donnent lieu à un simple érythème ; j viendrai pas. Mais je dois, en outre, citer les produites par les dents cariées, déviées ou ei qui peuvent donner lieu à la forme ulcéreuse.
Il en est de même pour la forme secondait en effet, autant sur la langue que sur le re: muqueuse buccale que so montrent les traces de matioQ dues à toutes les affections du tube ic
gastrite, diarrhée et dyssenterie, ainsi qu'aux fièvres graves, éruptives et autres.
Symptômes. — Les symptômes présentés par ces affections varient.
Dans les formes superficielles les plus simples, on constate une rougeur diffuse, et soit une accumulation de répiderme, soit plus fréquemment sa desquamation. Dans ces cas, parfois, la muqueuse de la langue semble présenter de véritables pertes de substance. Son exfoliation, en effet, a lieu par places, et en formant des dessins aux bords arrondis, souvent réguliers, se rapprochant des ulcérations serpigineuses.
Plus tard, si la cause persiste, la desquamation se généralisant, la muqueuse linguale devient lisse et brillante, et ne rappelle en rien son caractère velouté normal. C'est seulement dans ces conditions que l'on peut voir des vaisseaux parcourir sa surface; car, tant que les couches superficielles de Tépithélium persistent, même dans les états inflammatoires les plus intenses, le réseau sanguin reste caché.
Dans les formes primitives aiguës, surtout celles de causes externes, le malade éprouve de la cuisson et une sensation de brûlure plus ou moins intense. Dans les formes secondaires, les douleurs sont moins vives ; mais, cependant, la langue est assez sensible pour que le contact de tout aliment ou même de toute boisson soit pénible et quelquefois douloureux.
Dès lors, on le comprend, toutes les fonctions de la langue sont plus ou moins gênées. Le goût est aboli: la mastication est presque impossible, la déglutition douloureuse, et la parole embarrassée.
Telle est la glossite superficielle ordinaire, celle qui
■*-^vT
Xarche, Durée, Terminaison. — La glossite superficielle de cause externe ne dure souvent que quelques jours; il est même rare qu'elle nécessite notre intervention. Ce n'est qu'une gène qui disparaît d'ellemême. Plus étendue, elle peut réclamer nos soins; mais elle tend encore d'elle même vers la guérison.
Quant aux formes secondaires, leur marche, leur durée et leur terminaison, on le comprend, sont liées à celles de l'affection, dont elles ne sont qu'un symptôme.
Diagnostic, — Le diagnostic de la glossite superficielle présente peu de difficulté. Il ne laissera, d'abord, que peu de place au doute toutes les fois qu'il s'agira d'une glossite de cause externe, comme celles qui résultent des brûlures, des corps irritants, etc. ; et il en est de même pour beaucoup de cas de glossites secondaires. Il suffira de constater la cause générale pour que la relation se présente tout naturellement à l'esprit.
Quant aux différentes variétés : papillaires, folliculaires, etc., leur siège et aussi leur aspect me paraissent également des guides suffisants.
Pronostic. — La glossite superficielle, par elle môme, n'est jamais grave. Dans ses formes légères, d'abord, elle n'entraîne qu'une gêne de quelques jours; dans ses formes plus étendues, elle peut gêner la plupart des fonctions de la cavité buccale, mais seulement d'une manière passagère ; et si, dans ses formes secondaires, elle cause de longues souffrances, son pronostic est dominé par celui de l'affection principale.
Traitement. — Pour toutes les formes simplement érythémateuses, tant que les douleurs persistent, ce n'est qu'aux émollients qu'il faut avoir recours. Ce trai-
ANATOUIG ET PHYSIOLOGIE
S autres (bave de crapaudj, et surtout les moriles par mégarde, dans les chutes, ou pendant (ues nerveuses.
b aux secondaires, elles apparaissent principalans la variole, la scarlatine, la Qèvre typhoïde, latisme, les oreillons, l'otite, etc., et dans le
itômes. — Parmi les symptômes, les uns sont is à toutes les formes, et d'autres, au contraire, >pres à chacune d'elles. Nous allons les étudier ivement.
e que soit la cause, le plus souvent le dévelopde la glossite est rapide. Dans douze heures, mtation de volume est déjà très sensible; dans latre heures, toute la cavité buccale est enet dans trente-six ou quarante-huit heures, le jvent, l'organe a acquis sou plus grand dèvesnt.
idant, dans certains cas plus rares, l'aflfectioQ ans sa marche des temps d'arrêt. Chaque nouigmentalion est séparée de la suivante par un t de repos, et parfois même d'amélioration.
!s cas, l'affection peut mettre six à huit jours teindre son développement maximum, e que ce soit de ces deux marches celle qu'aaffection, les symptômes suivants sont les mêe gonflement est considérable. Non seulement i cavité buccale peut être envahie, de telle maue la langue appuyant contre les arcades den- 3n garde les empreintes ; mais, de plus, cet oreut faire à. l'extérieur une saillie de plusieurs Êtres, Sous l'influence de cette augmentation
ANATOMIB ET PHYSIOLÛGtE
1 entendu, avec de pareilles dimensions, toutes les étions, matiscation.dégluliUon, prononciation, goût, relies suspendues. La respiration, je l'ai dit, peut ae être gênée, d'abord, par le gonflement de la 3 de la langue, qui no peut se faire qu'en se repor- L en arrière, et en diminuant, par conséquent, l'esa glosso-pharyngien; et ensuite par l'œdème du .ment glosso-épiglotique, dû à la gène de la circu- 3D veineuse.
.11 toucher, on trouve, le plus souvent, la langue de sistance molle; et une pression un peu prolongée se une trace sensible; elle est manifestement œdé- ;euse. On s'en convainct, du reste, facilement, si l'on ite le malade à la sortir davantage. On voit alors les bords une série d'empreintes profondes dues à iression des dents.
et état œdémateux se reconnaît également à sa leur ; la muqueuse est comme gélatineuse et transente; et on sent l'infiltrat au-dessous d'elle, .a partie qui dépasse les arcades présente souvent I teinte différente de celle qui est en arrière : tantôt I est plus foncée et môme bleuâtre, manifestement gestîonnée, ce qui s'explique facilement par la gêne la circulation en retour ; d'autres fois, au contraire, is plus rarement, cette partie est plus pâle, comme angue, ce qu'il faudrait espliquer, d'après les aurs qui ont signalé cet état, par l'arrêt de la circula- 1 artérielle. Dans les quatre cas que j'ai vus, c'est jours de l'état congestifœdémateux dont il s'agissait, lans la forme secondaire (variole, fièvre typhoïde paludéenne), il est rare de constater le gonflement . ganglions. Il est plus fréquent, je crois, de le troudans les cas consécutifs à des morsures. Ce sont
AKATOMIE ET PHYSIOLOGIE
lie /typhoïde ou variole), qui, nous le savons, pose au travail de mortification, partie la plus souvent atteinte est celle qui dél'arcade dentaire; mais la gangrène peutégaleprendre, comme point de départ, les parties qui :n contact permanent avec les dents, et surtout 'érieures.
■f, forme, il faut que vous le sachiez, est souvent euse; elle a fréquemment fait des progrès notavant que le malade s'en aperçoive. Ce caractère onc TOUS être connu ; et vous inviter à surveiller es points de portage, pour intervenir à la premenace.
is pouvez, du reste, être guidé par une autre indi- 1 que la douleur : la perte de la sensibilité. Dès 3us la constaterez, il faudra exciter la partie mepar des afTusions chaudes; et, si vous n'obtenez en venir rapidement aux scarifications, dont je ju reste, vous parler.
a mortification se produit en arriére des arcades ires, il vous sera encore plus difficile de vous en e compte; et souvent vous ne serez averti que i fétidité de l'haleine, et par l'écoulement d'un e ichoreui, mais qui est caractéristique.
ttomie pathologique. — La description des ca- 'es macrograpbiques de ces lésions se contond, en !, avec celle des symptômes objectifs; je n'y idrai pas.
mt aux lésions micrographiques, elles ont été itudiëes. Gornil et Ranvier n'en parlent pas, et libelle ne leur consacre que quelques lignes, dont ible, du reste, laisser la responsabiUtè à Fœrster;
s altérations ana- <Ic sérosité et de .es placés le long les fibres muscu-
tion a trait à la i. Quant aux au- :u3e, leur procesde la gangrène ■ connus pour que
:e reste générale-.
5 jours, puis elle lire avec la même de volume, elle L'elle nous étonne, pourquela langue la cavité buccale, aturelle dans une ; et dès lors l'af- ^iiérison.
gréneuse à partir lais cette dernière, gue.
rmiîiaison, tandis lellement aucune iccasionne qu'une itrainer une gène îqn'elle fait subir, ouvent cette gêne le faire supposer 1(1
le de la perte de substance ; surtout quand elle îssequel'extréinité de la langue, et non ses bords.
aoBtio. — Le diagnostic de la glossite, s'il s'agit enl de la distinguer des autres affections, ne raît offrir aucune difficulté ; il s'impose au u. La difficulté ne peut se présenter que dans 5 cas, quand il s'agit d'en déterminer ia cause. cas les plus fréquents étant consécutifs à des es, il faudra evfii'ier l'organe avec soin, et voir îiste aucune plaie. Il est rare, alors, que vous viez pas aussi quelques traces d'hémorrhagie. II le vous sachiez qu'il ne vous sera pas toujours ; de vous en rapporter aux renseignements par le malade, quelques-unes de ces attaques t avoir lieu sans qu'il le sache, et d'autres fois de désirant vous les cacher. La constatation de esserad'autant plus importante, que non seulele nous fixera sur la cause de la glossite, mais l'elle pourra nous faire reconnaître une affectrement grave qui, jusque-là, peut-être, n'avait soupçonnée.
t au diagnostic de l'abcès et de la gangrène, je ue ce que j'ai dit à propos de la symptomato- )it suffire On aura surtout, pour se guider, les ènes de la suppuration pour le premier, et la s sensibilité, ainsi que l'odeur, pour la seconde.
Stic. — La glossite parenchymateuse est une 1 plus effrayante que grave. La forme œdémaiérit, le plus souvent, sans intervention se- Test ce que j'ai vu dans les quatre cas que j'ai s. Mais elle demande à être surveillée; comme
aWatomie et physiologie 147
vous le savez, en eflfet, elle peut menacer les malades d'asphyxie.
Il en est de même de la forme suppurée, quand la collection existe dans la partie postérieure. Mais, en outre, vous aurez ici à surveiller la marche de l'affection au point de vue de toutes les complications des suppurations; et cela d'autant plus qu'il s'agit d'une région dans laquelle l'antisepsie est difficile.
Quant à la forme gangreneuse, aux craintes précédentes s'ajoute le danger des cicatrisations vicieuses après les pertes de substance.
Traitement. — h' alimentation doit être ici un des sujets les plus importants de votre préoccupation.
Dans un certain nombre de cas, la glossite étant secondaire,- les malades sont, par leur maladie principale, déjà condamnés à une alimentation liquide , lait , bouillon, etc.; et dans ces cas, vous pourrez souvent continuer ces aliments en les faisant glisser sur les parties latérales de la bouche.
C'est également, du reste, la seule alimentation qui sera permise aux malades dans les formes primitives; enfin, pour les secondaires comme pour les primitives, si le passage de ces aliments eux-mêmes devenait difficile, sachez qu'il vous reste la ressource de nourrir les malades par la sonde œsophagienne, et même que vous pourriez la faire pénétrer par la voie nasale.
Quelle que soit la forme dont il s'agisse, œdémateuse, phlegraoneuse ou gangreneuse, vous trouverez, le plus souvent, un avantage à donner un purgatif; et parmi ces agents, c'est aux purgatifs salins que je vous conseille de donner la préférence. Dans la forme œdémateuse, vous pourrez même y revenir, quand l'état stationnaire semblera devoir se prolonger.
SIX.iÉUE LEÇON'
'•alternent local varie pour chaque forme, s'agit de la forme œdémateuse, l'indication de ttre le gonflement est si formelle, qu'il faut y ire sans retard.
que, dans bien des cas, l'on ait vu le gooSelisparaitre presque de lui-même, je vous conl'avoir recours aux ('missions sanguines locales. )ouvez le faire de plusieurs manières : soit en lant des sangsues aux angles des mâchoires, ou ier, en passant entre la saillie du menton et le ge thyroïde; soit en faisant prendre ces annéli- ■ la langue elle-même, comme on le fait quelque- )it en ouvrant les ranines; soit, enfin, en pratides scari filiations profondes, ce qui semble être ication adoptée de préférence en ce moment, iriflcations peuvent être seulement au nombre X, une de chaque côté, ou bien multiples, deux de chaque côté. Dans le premier cas, la longueur ■ofondeur de l'incision suppléeront au nombre, onner une indication un peu plus précise h. cet je puis dire que ces incisions, quand elles sont , peuvent atteindre 4 centimètres de longueur limëtres de profondeur. Ces incisions saigneront, irai, beaucoup ; et il n'y aura qu'à laisser l'écoucontinuer jusqu'à ce qu'il s'arrête de lui-même, uvez même malaxer la langue pour le favoriser. ., disent tous les auteurs qui l'ont employé, un Jes plus efficaces et des plus prompts, is vous signaler ici une application récente du anesthésique de la cocaïne. Si vous étiez apfaire ces scarifications, je ne saurais trop vous [• à en faire bénéficier votre malade, injecteriez, au préalable, dans la langue, en
out nei
qu
„ . . , - . - - nés
survenaient, il ne faudrait pas hésiter à trachéotomie. Elle s'imposerait d'autant dans ces circonstances, que vous savez qu respiratoire est tout à fait passagère ; et qi pirer le malade pendant quelques jours, c'a:
sûrement la vie.
Les émollients seront toujours indiqués constituent la partie principale du traitemen contraire ils ne viennent qu'ajouter leur ac beaucoup plus énergique, des émissions sai
Les désodorants et les antùepiiquea s* tout indiqués dans les cas de scarifications.
Parmi les désodorants, c'est toujours au Date de potasse que vous devrez donner la et parmi- les antiseptiques, ce sera aux solul borique et de bichlorure de mercure.
Dans ta forme phlegmoneuse, si elle est temps, l'indication la pins urgente est i l'ouverture de l'abcès. Mais cette opérât que voua le sachiez, sera souvent difflcile.
signaler ici deux précautions qui pourront La première est l'introduction d'un abaisse-
dAprimanI fortement l'organe, vous donnera un peu de jour ; et la seconde l'emploi d'un bistouri courbe sur le tranchant, dont vous pourrez apprécier la commodité toutes les fois que vous aurez à opérer dans !a cavité buccale.
Dans cette forme, de même que dans la précédente, les désodorants et les antiseptiques trouveront leur utilité.
Enfin, dans la forme gangreneuse, si l'eschare n'est pas encore tombée, et surtout s'il s'agit de la gangrène congestive, il ne faudra pas hésiter à pratiquer sur te point menacé lui-même des scarifications dépassant, autant que possible, la limite du mal. Vous pourrez ainsi diminuer souvent son étendue. Mais, dans ce cïts, je n'oserais vous conseiller l'emploi de la cocaïne. Je vous ai déjà signalé son action puissante de contraction sur les vaso-moteurs. Or, je ne sais pas si cette action ne favoriserait pas le travail de gangrène des parties qui ne sont encore que menacées.
Lorsque l'eschare est formée, il suffira de favoriser sa chute. On y arrivera, soit par l'emploi' des éiiwllients, soit par des manœuvres chirurgicales. Pendant tout ce travail d'élimination, et jusqu'à la complète cicatrisation, les désodorants et les anlisepttques trouveront encore leur utilité. Enfin, j'ajouterai que, dans ce cas, la marche de la plaie devra être surveillée, pour éviter des cicatrisations vicieuses.
la fflossUe chronique muqueuse nous occupera ici. Celle ci, du reste, pourra elle-même aous présenter les différents, comme nous le verrons dans la on, selon que le processus anatomique s'est i'une manière plus spéciale en arrière du al, dans les glandes et les folUcules, ou en '.ïi%\e% papilles.
Lion. — Anatomiquement, la forme muqueuse ;aractèrisée par nn processus occupant les trois 3e la muqueuse. Quant àses symptômes, ceux communs à ces diverses variétés sont Yépaisl du chorion et la diminution de la mobilité.
(le. — Ses causes ne sont pas toujours coules que l'on peut invoquer le plus souvent sont dipersi-îtanceA'ati état aigu ou le grand nom- ;e8 réapparitions , chaque nouvelle atteinte la muqueuse un peu moins souple. Ce manque isse pourra se manifester tantôt sur un point, r un autre, ou même être général. Puis vient le 71/ de la langue contre les corps durs, tels que s déviées ou cariées, les appareils de- proc. C'est peut-être également par le frottement Irait expliquer la glossitc que j'ai déjà signales âleuses de chanvre. Cette inflammation ans ce cas, produite par le simple contact, répété, de cette matière textile, sans qu'il soit 3 faire intervenir aucune autre influence.
us de t alcool et du tabac ont également été des travaux récents semblent donner une réelle ice à ce dernier, en établissantque de nombreux mas de la langue ont été précédés, sur le
a consistance de l'organe, et c'est là un de ses ca- ;ères essentiels, est toujours augmentée; elle peut e plus ou moins, mais elle l'est toujours. Son vo- ■e, au contraire, peut rester normal, augmenter ou înuer; mais dans ces deux cas, toujours dans des )ortioi^ relativement faibles. Quant à son aspect, irie. Dans le cas de glossite par frottement, le point int présente un aspect lisse, nacré, qu'il ne faut confondre avec celui que j'ai signalé à propos de X)matité'. Ici, nous n'avons pas affaire à une memie s'enlevant facilement comme le liseré gingival; artie blanche est fortement adhérente. Cet aspect ïelie celui que quelques auteurs ont signalé dans forme de psoriasis lingual, et qu'ils ont désigné ; le nom de porcélaniqiie. Ce caractère, il faut donc avoir, n'est pas particulier au psoriasis de cet ine.
uelquefois, le processus anatomique semble s'être ,lisè sur la partie postérieure de la langue, en are du V lingual, c'est-à-dire à celle qui, anatoraiment, diffère du reste de la muqueuse par la plus ide fréquence des glandes et par la présence des cules clos. Dans ce cas, cette partie de la langue ïpaisse, rouge et présente une série de saillies rap- ,nt l'aspect de la pharyngite glanduleuse, avec lelle, du reste, elle se trouve souvent liée ; c'est la site folliculaire chronique.
nfln, d'autres fois, c'est surtout la partie antérieure est atteinte. Dans toute cette partie, les papilles ; hérissées, plus dures qu'à l'état normal, et sur- . paraissent plus distantes les unes des autres, de ! manière que sur beaucoup de points on voit le I des sillons qui tes séparent.
156 SEPTl&HE LEÇON
épithéliales aplaties, auxquelles, 11 est vrai, vient se joindre une riche végétation de leptotbrix. Plus tard, l'apparition de la couleur rouge coïncide avec la chute de cetépithéUum. La muqueuse ne conserve guère en ce moment que ses deux couches les plus profondes qui, constamment éliminées, deviennent le siège d'une réparation et d'une reproduction exagérées.
Mais, ce ne sont pas là les lésions les plus importantes. Celles qui caractérisent réellement l'affection se trouvent dans les deux couches sous-jacentes, le chorion et la celluleuse. L'une et l'antre, en effet, participent au même processus. Les cellules plasoiatiques sont le siège d'une prolifération manifeste ; les éléments conjoQctifs sont augmentés de volume, et un exsudât se fait. C'est véritablement un processus cirrhoLique. Ce même travail s'étendant aux papilles, elles deviennent, commeje l'ar dit, plus volumineuses, plus saillantes et plus résistantes. Enfin, les glandes, participant au même travail, voienl leurs canaux excréteurs s'étirer pour se prêter à l' épaississe ment de la muqueuse, puis se rétrécir; et leur produit, étant retenu dans leur cavité, leur donner un volume plus considérable, et concourir ainsi à l'augmentation de l'épaisseur de la couche à laquelle ces glandes appartiennent.
Diagnostic. — Il est basé sur l'augmentation de la consistance, X'aspeçt de la muqueuse et sur la nature de la cause. On ne saurait confondre notre affection ni avec les suivantes, ni avec les diverses formes desquamatives; leur diagnostic, du. reste, sera discuté avec chacune de ces maladies. Seules, quelques glossites syphilitiques peuvent nous faire hésiter; mais pour elles, parfois le diagnostic restera insoluble. Que la modifl-
•fl
l58 SEPTIÈME LEÇON
j véritable cause, et compter sur le traitement de la dia-
i^ thèse plus que sur tout autre.
f Quelques antécédents goutteux, rhumatismaux, ar-
^ thritiques, quelques manifestations herpétiques pour-
f; ront mettre sur la voie. Dans le cas de diathèse gout-
* teuse, vous donnerez les alcalins à doses croissantes et
\ soutenues. Vous les ferezd'abord prendre chez lemalade;
' et, si l'affection résiste, il vous restera la ressource
f d'envoyer le malade aux eaux, ce qui lui permettra de
profiter en même temps de l'influence de leur therma- ' lité et de leur composition chimique.
Les préparations arsenicales combattront la glossite herpétique. Vous pourrez donner les préparations d'arsenic, soit en solution, soit en pilules, soit encore avoir
" recours aux eaux minérales. Dans ces cas aussi, si le
traitement des eaux restait impuissant à domicile,
' vous pourriez diriger vos malades sur les stations
f arsenicales.
Enfin, il pourra vous arriver d'épuiser tour à tour les moyens appartenant à ces deux grandes médications; et, dans ces cas, il ne faut pas hésiter à mettre le malade à Viodure de potassium.
La clientèle civile vous condamne à cet égard à beaucoup de réserve. Ne vous croyez pas obligé d'éclairer nécessairement le diagnostic étiologique; ne tourmentez pas le malade par de trop longs interrogatoires; mais sans vous expliquer, et tout simplement, venez-en au traitement des accidents tertiaires, et atteignez rapidement les doses de 3 et 4 grammes. Enfin, si cette médication partage le sort des autres, joignez-y les préparations de mercure et d'or; et insistez sur elles. Puis, graduellement, par une
ter contre la sécheresse et la dureté de la muqueuse Ce sont eux qu'il faut employer de préférence à tout autre. Il est rare, en effet, que les astringents et les modificateurs soient indiqués.
Dans les cas rebelles, vous pourrez cependant tenter les cautérisations ponctuées, que vous ferez soit avec le galvano-cautère, soit avec la pointe la plus fine du thermo-cautère. Ces cautérisations ne doivent pas pénétrer profondément; mais elles doivent être rapprochées d'un centimètre environ, et répétées tous les trois ou quatre jours.
Quand vous adressant au traitement général, vous en viendrez à l'emploi des préparations mercurielles , j'ai à vous indiquer les frictions mercurielles sur la face dorsale de la langue , faites avec un gramme environ de pommade mercurielle tous les jours ou deux fois par jour. Dans ces cas , vu l'imminence de la salivation mercurielle, qui aurait au moins pour inconvénient de faire suspendre le traitement, il sera indispensable d'employer le chlorate de potasse en lotions plusieurs fois répétées immédiatement après chaque friction, et aussi à l'intérieur, à la dose de 2 à 3 grammes.
Enfin, c'est également en frictions sur la langue que vous emploierez les préparations d'or. C'est là, d'abord, un de leur mode d'administration fréquent;
et, déplus, vous pourrez ainsi joindre leur action locale à leur action générale
Glossite chronique profonde.
Pour terminer ce qui a trait aux inflammations de la langue, j'ai à vous dire quelques mots d'une forme
GLOSSITE CHRONIQUE PROPONDE 161
encore plus rare que la précédente ; la glossite chronique profonde.
Définition. — Elle se distingue essentiellement de celle qui précède en ce que son processus, au lieu de s'arrêter à la muqueuse, pénètre plus profondément et atteint le tissu cellulaire sous-jacent et intra-musculaire : c'est véritablement la cirrhose parenchymateuse de la langue.
Etiologie. — Elle peut être totale OU partielle. Ses causes sont les mêmes que pour la précédente. La forme partielle apparaît après des frottements, mais elle est plus rare, La forme totale peut-elle succéder à une glossite parenchymateuse aiguë? Ce neseraitqu'à la forme que j'ai désignée sous le nom d'oedémateuse; et ces cas doivent être peu fréquents. Mais je puis citer comme agissant plus activement les mêmes diathèses que pour la superficielle, la goutte, Yherpétisme, en excluant comme précédemment la syphilis.
Symptômes. — Elle peut se présenter sous deux formes : l'une hyperlrophique et l'autre attophique. Ce sont Va, du reste, deux états que nous rencontrerons souvent dans l'étude du processus cirrhotique, soit qu'Us se succèdent, l'atrophie n'arrivant qu'après l'hypertrophie, soit que chacune de ces formes soit primitive, et conserve les mêmes caractères pendant toute la durée de son évolution.
Dans la forme hijperlrophigue , la langue remplit la cavité buccale, dans laquelle elle ne peut plus se mouvoir. Parfois même, écartant les arcades dentaires, elle les dépasse de plusieurs centimètres.
Dans la forme atrophique, au contiaire, qu'elle
loi SEPriKHL LKÇON
soit primitive ou secondaire, la langue parait levcnir sur elle-même; elle est surtout raccourcie et n'apparaît que comme un moignon.
Dans les deux cas, sa surrace est couverte de papilles dures, volumineuses, soit isolées une à une, soit en groupes plus ou moins nombreux. Papilles rt groupes sont séparés par dos sillons profonds au fond desquels la muqueuse parait Hsse et desquamée. Ces sillons disposés dans le s^ms de la longueur, surtout profonds en arrière, se divis 'Ht en se dirigeant vers la pointe, et donnent à la face dorsale un aspect raviné.
On devine quelle gène un pareil état peut entraîner. Aussi, sous celte iniluence toutes les fonctions sontelles profondément troublées; quelques-unes même, telle que la prononciation, sout-elles complètement abolies.
Anatomie pathologique. — Le processus que nous trouvons ici, je vous l'ai dit, est celui des deux cirrharps, hypertrophique et atrophique.
Comme dans la forme précédente, l'épithélium est augmenté d'épaisseur; et, de plus, on le trouve en voie de reproduction active pour compenser les pertes incessantes qu'il fait par sa surface libre.
Le chorion participe souvent au même processus que le tîssu conjonctif in ter-musculaire. Il peut même se faire que ce soit par lui que le processus ait commencé. Lorsqu'il en est ainsi, le chorion est appliqué sur la langue, et on sent à la vue que le mouvement d'athrophie ou d'hypertrophie se fait en même temps et dans le parenchyme et dans la muqueuse. Au contraiie, lorsque le processus se localise sur le parenchyme, surtout lorsqu'il est de naiure atrophique, le
164 SËPrrÉUE leçon
sa cause? Vous trouverez ici les mêmes difficultés que pour les formes précédentes ; et tou tes les considérations dans lesquelles je suis entré lui sont absolument applicables.
PronoBtic. — On peut dire qu'il est grave. Si, en etTet, cette affectiun ne compromet pas l'existence, il est incontestable qu'une maladie qui gène aussi pro- ■ ibndément tes fonctions de la cavité buccale, sépare presque le malade du reste du monde, et lui rend toute profession impossibif . C'est une infirmité d'autant plus difrtcile à supporter, que l'intelligence restant intacte. le malade en sent tout le poids ; et qu'il sait qu'il y est condamné pour longtemps.
Traitement. — Le traitement sera surtout géné-al, et dirigé d'abord contre ta diathèse que vous aurez cru pouvoir incriminer. Mais pour cette forme, plus souvent encore que pour l'autre, vous auiez à' constater des insuccès. Dans ces cas, c'est également à la médication iodurée, puis mixte, puis mercurielle ou aurique qu'il faudra vous adresser. Cette forme, en effet, plus souvent encore que la précédente, relèvera de ce traitement. Il ne vous est donc pas permis, quels que soient les renseignements que vous aurez recueillis, quelque affirmatif que soit votre malade, de le dispenser de ce traitement, si les autres échouent. Du reste, je dois vous le dire, cette infirmité pèse si lourdement sur l'existence du malade, que, surtout après l'insuccès des autresinédications, vous le trouverez tout disposé à accepter toutes celles auxquelles vous voudrez le soumettre. Je vous renvoie, à ce sujet, à ce quej'ai dit pour la forme précédente.
168 HUITIKME LEÇON
bien le pityriasis de Rayer, les observations de Mœller, de Kœnigsberg appartiennent plutôt à une autre affection, à Vétat lichénoide. Ce sont donc déjà deux formes différentes; et quoique dans la suite, quelques auteurs aient cherché à les confondre, nous verrons que la science d'aujourd'hui les sépare d'une manière bien nette.
Ces deux formes, de plus, ne sont même pas les sQjiles- En 1864, en effet, Bergeron parle à la Société médicale des hôpitaux d'une affection de la langue, qui serait caractérisée par des dessins ivvéguliersy semblables à des cay^tes géographiques; ei cette description semble assez se rapprocher de l'affection à laquelle Fournier devait donner plus tard le nom de glossite exfoliatrice marginée. C'est donc là une troisième forme ; et dès lors les trois principales formes de glos- I sites dcsquamatives sont trouvées.
Enfin, en 1869, Gubler étudie de nouveau l'état lichénoïde de la langue, qu'il tend à considérer comme ? une affection parasitaire ; et, à partir de ce jnoment,
%\ l'attention du monde médical étant éveillée, les tra-
1 vaux, nous allons le voir, se succèdent à de courts
intervalles.
^ En 1872 paraît la thèse de Bridou sur Vétat tigré de
la langue y et un an après, sur \e psoriasisbuccalj ceWe de Debove, qui, reprenant la plupart des faits prccédents, les englobe dans une étude commune.
Peu après (1875), Alibert, élève du professeur Labéda
à THôtel-Dieu de Toulouse, signale la desquamation
: épithéliale comme se présentant fréquemment dans les
syphilis secondaires» En 1878 et 1881, Gautier (de Genève), comme Debove, cherche à faire une étude d'ensemble, mais se voit aussitôt conduit à admettre
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GLOSSITES DESQUAMATÏVES 169
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des divisions. Pour lui, les desquamations devraient se répartir en trois catégories : celles à découpures nettes; celles à contours festonnés ^ et enfin, Vétat lichenoide. Un an avant lui, du reste (1880} Vanlair avait également décrit ce dernier état.
Dés cette époque, on le voit, le besoin d'une division s'imposait. Il ressort clairement des différentes descriptions, en effet, que ce serait en vain que Ton chercherait à considérer ces divers cas comme ne constituant qu'une affection unique. Au fur et à mesure qu'on étudie la question, aux différences d'aspect se joignent les différences de nature; et, bientôt, dans les publications qui vont suivre, une distinction s'établit, et l'observateur cherche à rapporter ses cas à telle ou telle de ces formes. Ce fut là, je l'ai dit, le résultat des travaux que j'ai cités; mais aussi de quelques autres, des plus importants, qui les suivirent, tels que ceux de Gaspary, Parrot, Un na et surtout ceux de Fournier, dont les idées ont été résumées dans la thèse de Lemonnier.
Ainsi donc, il résulte de ces travaux qu'on ne saurait plus aujourd'hui englober dans une étude commune ces divers états de la muqueuse linguale dans lesquels on trouve de la desquamation. Ce symptôme est commun à plusieurs formes distinctes, qui non seulement peuvent être dues à dos causes différentes, mais qui, de plus, peuvent être différenciées au point de vue des caractères, telles que la forme et l'évolution; si bien que si nous réunissons tous ces caractères distinctifs, nous verrons que non seulement ils suffisent pour établir des formes différentes d'une même affection, mais aussi des affections distinctes devant comporter une étude séparée.
Celles qui me paraissent avoir déjà une existence
HllTIEME LEÇON
'e bi<?n établies sont : le psoriasis, Yecjêma, ^'^tat •ïoide et la gloHfiife exfoliai rice marginée. sont là, dis-je, des affections que je crois bien ictes. Toutefois, vu les nombreuses lacunes que intft leur étude, je pense qu'il serait téraéraire de )ir, dès maintenant, tenter de la donner d'une ère complète. Tout ce que nous pouvons faire, ois, pour le moment, c'est de bien établir leur ence, et de chercher, autant que possible, à les ■encier les unes desautres.Aussi.suîvantencelala he que nous avons adoptée dans divers cas, et noient pour les gingivites, je me contenterai de re celle d'entre elles qui est la mieux connue, me vant de parler des autres au diagnostic.
ist la glossile exfoliai rice marginêe, dont Fournier adonné une description si claire, qui servira de à notre étude.
GLOSSITE EXFOLIATRICE MARGtKÉE
'finition. — La glossKe cxfolinlrice viarginêc est iffection desquamative de la langue, mais se sépa-
des maladies du même groupe par un bourrelet
c périphérique ei par so}j émlulion.
: bourrelet, d'après Fournier, présente les carac-
. suivants :
1" Une élevure notable au dessus des parties péri-
iques saines ou iiia4ades ;
I ■ Une coloration blanche ou grisâtre de ce bourrelet;
)' Des sinuosités de ce bourrelet, décrivant parfois
ircades multiples analogues au contour des syphi-
circinèes en groupe, ou même plus capricieuses en lues cas et véritablement géographiques. »
172 UUlTièME LEÇON
sion- Gautier, de son côté, a compté la même influence qaarante-quatro fois sur soixante-quatre. Or, ce sont là des chiffres, on le voit, qui ont leur importance; et qui ne laissent aucun doute sur ce point, que, si la glossite exfoliatrice marginée n'est pas toujours une affection syphilitique, puisque même pourParrot et Gautier dans certains cas cette nature n'a pu être établie, cette diathèse coïncide trop souvent avec elle pour qu'on ne lui accorde pas une influence considérable dans son apparition.
Symptômes. — La glossite exfoliatrice marginée a un début insidieux; et ce n'est généralement que lorsqu'elle existe depuis un certain temps qu'elle attire l'attention. Souvent même, le hasard seul la fait-il découvrir.
D'une manière générale, c'est plutôt sur le pourtour de la langue que l'on voit ses premières manifestations; et c'est de là qu'elle feagne vers la ligne médiane. Sa marche, du reste, est rapide.
Lorsque l'affection est en plein cours, si on cherche à se rendre compte de l'état de la langue, on constate qu'elle présente trois aspects différents. La partie desquamée est rouge vif, soit d'une manière uniforme, soit qu'elle conserve encore quelques traces d'épithélium ; sur certains points elle est plus foncée, comme ecchymotique. Cette partie, selon l'ancienneté de la maladie, peut être lisse, si elle est récente, ou fendillée dans le cas contraire.
Cette partie rouge desquamée est limitée, et nettement, par \in pourtour, le plus souvent finement découpé, que tous les auteurs ont comparé, depuis Bergeron, aux dessins géographiques. Ce sont les plus
174 HUiriÈME l.KÇON
peut di^paîser le V lingual. Il u'ost donc aucune des parties (te la muqueuse qui lui échappe il'nne manière complète.
Anatomie pathologique. — A la ileniande de Lemonnier, HaUer a cherché k se rendre compte do la nature di) l'affection par rccamen microscopique des produits du raclage, (^e n'est 1.^, bien entendu, qu'un procédé bien imparfait. Cependant, il lui a déjà permis défaire quulquesconstatatioiis qui ont leur importance.
Sur le liseré, les papilles sont recouvertes do filaments et de spores de leptothri-t ; mais ces rtiéines éléments soroiicontrentaussisur lapartiesaine de ta langue, et on sait qu'ils existent sur toutes il l'état normal.
Sur la parlic mine, je l'ai dit, ou trouve les mêmes éléments, et même eu plus grand norj.brc.
Knfln. sur la parlie d/r.iqutnuf'c, les spores et les leptothrix font presque défaut.
6 Mais on constate que sur les mêmes papilles, dit BalztT, les cdlules ont subi la tranformation cavitaire au point que le noyau et la plus grande partie du protoplasma ont disparu. »
a En résumé, termine le même observateur, ces inflammations très superficielles de la langue intéressent principalement l'épidermi,', et probablement aussi la couche la plus superficielle du derme », et dans leur développement le parasitisuic n'entre pour rion.
Ces résultats, je l'ai dit, ont été obtenus par le raclage; mais, en outre, Parrot et son chef de laboratoire Martin, ont fait l'examen de la langue sur des coupes; et leurs résultats ne s'éloignent que peu des précédents. « L'épithélium est tuméfié et plus épais. Les cellules de la couche cornée ont augmenté de
176 HUITlÉMr LEÇON
En somme, en efifet, ce qui domine la symptomatologie (le tout ce groupe d*affections, son signe le pl«s saillant c'est la desquamation ; or, cette desquamation se retrouve tout aussi marquée dans le psoriaris et Tétat lichénoïde que dans noti'e affection.
Quant à la forme qu'affecte la partie desquamée, la marche delà maladie, la couleur, Tépaissour du bourlet, si dans quelques cas vous les trouvez assez tranchées pour pouvoir dire sans hésitation que vous êtes en présence de telle ou telle autre forme; dans d'autres, chacun de ces signes pris séparément présente un état intermédiaire qui vous laisse dans le doute, ou bien tandis que Tun d'entr'eux vous fait pencher pour une forme, un autre tout aussi net vous impose une opinion contraire.
Vous devez donc, je le répète, vous attendre dans la pratique à de sérieuses difficultés à ce sujet. Voici pourtant quels sont les caractères qui, dans ces cas douteux, pourront vous éclairer.
Vètat lichénoïde, surtout bien étudié par Gubler, diffère de notre affection, et par la forme qu'affecte la partie desquamée et par sa zone limitante. La partie desquamée, au début, est rosée; puis elle devient, rouge vif; et dans cette période sa couleur rappelle de tout point celle des glossites exfoliatrices. Mais lorsque l'affection se prolonge, l'uniformité de cette teinte est traversée par une série de taches blanches. Les bords sont largement festonnés, et non point déchiquetés comme dans la glossite exfoliatrice au début; enfin la surface de la partie desquamée est déprimée. Le bouri^elei offre ici une véritable saillie, manifestement plus marquée que dans la glossite exfoliatrice. Il peut s'élever de deux millimètres au-dessus
178 HUITIÂME LEÇON
ont des contours irréguliers, à pente douce et sans ligne de démarcation bien tranchée.
En somme, si le psoriasis lingual conserve ses caractères chroniques, il sera facilement distingué des deux formes précédentes. Il n'est, en effet, desquamatif que tardivement et qu'en partie; et son aspect blanc opagtœ ou nacré, ainsi que ses élevures paptUeuseSy le caractérisent assez nettement.
J'ai déjà décrit longuement la glossite superficielle chronique dans une leçon précédente; je ne m'y arrêterai pas longtemps. Vous aurez pour la distinguer de nos formes desquamatives, et entre autres de l'exfoliatrice marginée, les commémoratifs et aussi ses caractères propres. Nous ne trouverons chez elle, en effet, lïi l'aspect qui rappelle une affection cutanée comme dans les précédentes, ni leur liseré limitant.
Je ne fais également que vous signaler la glossite des fumeurs dont quelques formes ont déjà été étudiées, et dont une autre, la glossite scléreuse, le sera avec la stomatite du même nom, dont elle n'est qu'une de ses diverses localisations.
Après ces formes desquamatives, ayant toutes déjà été l'objet de plusieurs travaux, soit en France, soit à l'étranger, et qui par conséquent semblent désormais avoir droit à une place dans le cadre pathologique, je dois vous parler d'une autre affection me paraissant appartenir au même groupe. Cette affection est celle que Kaposi a signalé depuis quelques années seulement, et qu'il a décrite le premier sous le nom de glosssodynie exfoliatrice.
Galliard nous en a donné l'analyse suivante :
« La glossodynie exfoliatrice est une affection douloureuse, chronique de la langue, sans lésion anatomi-
GLOSSITE ÉXFOLIATRICE MARGINÉE 179
que bien caractérisée, observée surtout chez les femmes à la période moyenne de la vie et rarement chez les vieillards. Ses caractères subjectifs sont des sensations de brûlure, d'élancement, surtout au niveau des bords de la pointe de Torgane, durant jour et nuit, troublant le sommeil, et n'étant modifiées ni par les mouvements, ni par le contact des aliments. Ces douleurs tourmentent le malade à tel point qu'elles peuvent déterminer un état mental inquiétant, excitation ou dépression cérébrale, mélancolie, folie, etc.
Quant aux symptômes objectifs, ce sont : la desquamation des bords et de la pointe de la langue, ladénudation des papilles filiformes et fongiformes apparaissant sous forme de points rouges, l'existence des plaques à bords sinueux, en forme de carte de géographie.
« La nature de la glossodynie est inconnue. L'eifoliation ne pouvant être considérée comme suffisante pour expliquer ces atroces douleurs, d'autant plus qu'elle existe dans d'autres affections sans déterminer aucune souffrance, il a paru forcé àKaposi d'invoquer une excitabilité nerveuse particulière, l'hystérie, etc. Ce que l'on sait de son étiologie, c'est qu'elle est souvent liée à l'anémie, à la dyspepsie chronique, aux troubles de la digestion, à la constipation.
« Quant au traitement, il s'adresse, soit à Taffection elle-même : opium, cocaïne, borax, iode, tannin, etc-, ou mieux aux attouchements avec une solution de nitrate d'argent; soit aux états généraux dont elle semble dépendre : anémie, dyspepsie, maladies nerveuses, etc.
« Grâce à ces divers traitements judicieusement combinés, on obtiendrait souvent des améliorations; mais les guérisons complètes seraient rares. »
Enfin, pour compléter le diagnostic de notre affec-
180 HUmàUE LEÇON
tion, nous avons à la différencier de deux formes syphilitiques pouvantatteindre la muqueuse linguale: les plaques muqueuses érosives et les plaques lisses.
Les plaques érosives siègent sur la face dorsale et les bords de la langue. Elles sont de forme irrégulière et de petite dimension. Leur fond seul est desquamé, et leurs bords sont en pente douce dans les premiers temps. Eliesdeviennentfissuréesdansiescasde récidive.
Les plaques lisses (FournierJ ( 1 ) ou fauchées en prairies fCornilj '2), apparaissent dans la période secondaire. Elles ont été minutieusement décrites par Fournier.
« Cette éruption, dît cet auteur, consiste en des plaques plus ou moins étendues, qui se localisent exclusivement sur le dos de la langue, plaques tantôt circonscrites et lenticulaires, tantôt étalées sur une large surface, rougeâtre et d'un rouge plus vif notamment que celui des parties saines environnantes, régulières de contours plutôt que déchiquetées et assez souvent arrondies ou ovalaircs ; plaques non érosives (notez bien cela] et différant des érosions en ce qu'elles ne se laissent pas colorer en blanc par le nitrate d'argent ou le nitrate acide de mercure ; plaques enûn remarquablement lisses, comme polies ou vernies, contrastant en cela, par conséquent, avec l'apparence villeuse des tissus voisins. On dirait à voir ces plaques que des papilles linguales ont disparu de leur surface, qu'elles ont été rasées. Cette dépapillation [pardonnez-moi ce barbarisme} est-elle réelle ou n'est-elle qu'apparente 1 Je ne saurais le dire, n'ayant pas encore eu l'occasion
(1) Leçont «tir la syphilis. Hôpital Lonrcine, l^ édilioQ, p. 561.
(2) Corail. Leçotu sur la typhilis, 1879, p. 120.
Mais vous ne sauriez les appliquer aveuglément. Mis en présence de cette affection, vous aurez à faire surtout le diagnostic étiologique. C'est en consultant les antécédents du malade, et ceux de ses parents que vous y arriverez. Vous passerez successivement en revue dans votre esprit les différentes diathèses, les divers points de Thygiène, les habitudes, les affections anciennes ou existantes; et c'est de Tensemble de ces renseignements, bien mieux que de l'aspect de l'aflfection, sachez-le bien, que vous tirerez les meilleures indications pour formuler un traitement.
Toute cause irritante sera d'abord supprimée; il en sera ainsi, bien entendu, surtout du tabac et de l'alcool. A ces premiers conseils, vousjoindrez celui d'une propreté méthodique de la bouche, fixant vous-même les heures où ces soins doivent être donnés. Vous examinerez les dents et ferez disparaître toute cause d'irritation, tartre, angles vifs, chicots branlants. Vous suspendrez le port des appareils de prothèse s'il en existe.
Puis, pendant quelques jours, vous vous adresserez aux émoUients et aux calmants.
Ce n'est que lorsque vous aurez mis la bouche en parfait état, que vous pourrez compter sur l'efficacité d'une médication, quelle que soit celle à laquelle vous vous adressiez.
Ce sont, je l'ai dit, les indications venant de l'état général, qui vous fixeront à cet égard.
Les sulfureux pourront être employés soit à l'intérieur, soit localement. Unna dit s'être T)ien trouvé des lotions d'eau sulfureuse parfumée à l'eau de menthe ; et, en outre, il fait faire des applications avec un mélange
186 NBUYliMB LEÇON
Glossodynie.
Définition. — Le mot glossodynie (de yiAcaa langue et Wvvti douleur;, si Ton s'en tenait strictement à son étymologie, pourrait englober toutes les affections douloureuses; c'est ainsi, du reste, que l'ont compris certains auteurs, et entr'autres Eaposi, de Vienne, qui, le premier, je crois. Ta fait entrer dans le langage médical, et aussi Magitot, grâce au patronage duquel ce mot pourrait bien conserver ce sens. Il suffirait ensuite, en effet, d'établir des formes dans cette affection, comme l'a fait Magitot ; et l'on aurait ainsi les formes névralgiques, rhumatismales, etc.
Cependant, il m'aparu préférable, me conformant en cela aux règles qui président à la terminologie médicale actuelle, de restreindre la valeur de cette expression ; et, en tenant compte de sa terminaison, de ne réserver ce nom qu'aux affections douloureuses ayant leur siège dans le système musculaire, c'est-à-dire à celles que l'on doit classer parmi les rhumatismes de ce tissu.
La glossodynie trouverait ainsi tout naturellement sa place à côté de la scapulodynie, de la pleurodynie, affections admises dans les divisions médicales, et aussi de la dorsodynie, de la cervicodynie, dont les noms ont été proposés par Valleix, et qui sont moins employés.
C'est donc avec ce sens restreint, que j'emploierai désormais le mot glossodynie, qui, pour nous, je l'ai dit, ne sera que le rhumatisme musculaire de la langue, et qui correspondra seulement ainsi à la forme rhumatismale de Magitot,
OLOSSODTNIB
Hiatoiique. — C'est probablement de dont a déjà voulu parler J. Vigier, dèt travail signalé par Magitot, et ayai Tractatiis àbsolutissimits de catarrhe vitiis linguœ. (Genève, 1630); et, si < peuvent exister à cet égard, il ne sau même des Taits de Morgagni et de Choc 1876 par Déchambre, dans son article tionnaire encyclopédique, et surtout C( qui a même nettement décrit et d affection.
Traitant du rhumatisme musculain auteur, en effet, décrit : a, celui de la l du pharynx et de l'œsophage ; c, celui dt l'intestin ; d, celui du diaphragme; e, ci
Pour tous ces rhumatismes, la manié les comprend, est des plus nettes. « Qi dit-il, ûdèle h. la division que nons avoi ne devons reconnaître comme rhum; douleurs nerveuses qui ont pour siège 1 culaires(l). »>
C'est également, je l'ai dit, à cette e que je me rallie. Quant au rhumatism Vaileix le décrit ainsi :
« Rhumatisme de la langue. — Cht qui sont sujelsaux rhumatismes muscuU parfois une douleur de la langue qui n'f qu'au moment des contractions de cet o ne peut rapporter qu'au rhumatisme mi;
Chomel en a observé un exempte. J'ei observé un. Le siège de la maladie étai
(1; Vallalx, toma I. p. 341, i> édition.
de la langae. Je n*iDsiste pas sur cette affection, qui est passagère, qui n'exige aucun moyen de traitement, et qui, par conséquent, n'intéresse pas le praticien. »
Comme on le voit, l'affection ne saurait être décrite avec plus de clarté, et délimitée avec plus de précision. On peut même se demander comment Valleix, qui venait d'employer les expressions moins heureuses de cervicodjmie et de dorsodynie, n'a pas eu l'idée de créer celle de glossodynie. Ce mot fût resté dès lors dans le langage médical avec une acception bien définie ; et nous n'aurions plus à la discuter.
Mais, quoi qu'il en soit de cette question de mot, il ne résulte pas moins très nettement de ce passage, que Valleix a connu et décrit le rhumatisme musculaire de la langue, c'est-à-dire l'affection à laquelle je demande en ce moment à réserver le nom de glossodynie.
Quant au cas de Kaposi, à propos duquel cette expression,je crois,aétéproposée,j'aidéjàdit qu'il appartientplutôt au groupe d'affections que j'ai étudiées sous le nom de glossites desquamatives, qu*au rhumatisme lingual. Vous avez vu signalé dans ce cas, en effet, deux particularités qui me le font séparer de cette dernière affection: d'abord la desquamation qui n'existe pas dans le rhumatisme, et ensuite le manque d'exagération de la douleur pendant les mouvements, qui, au contraire, est son caractère le plus important (1).
Le cas de Degle, signalé l'année suivante f 1886), par contre, me paraît tout à fait relever de la glossodynie. D'une part, en effet, il n'y avait pas de lésion ;
(1) Kaposi. Olossodynie eoofoliative (WieD. méd. press.), e» 12 et ■uiv., lb«5).
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faudrait reconnaître, à notre affection, une forme secondaire.
Son diagnostic est basé surtout sur les deux premiers caractères que je viens d'indiquer : l'absence de lésions et l'exaspération des douleurs par le mouvevement. J'y reviendrai, du reste, à propos des affections suivantes.
Ses causes les mieux reconnues sont incontestablement la diatbèse rhumatismale, et ensuite l'herpétisme. Enfin, peut-être, pourrait-on également trouver dans quelques cas l'influence des troubles digestifs et d'un traumatisme ancien. Mais, jusqu'à présent, les faits précis manquent pour admettre ces dernières influences d'une manière indiscutable.
Traitement. — Quant au traitement y je pense qu'en outre de la médication générale, qui doit être inspirée surtout par l'étiologie, il faut accorder une place importante au traitement local. Ce sont les moyens dont l'efficacité contre le rhumatisme musculaire a été le mieux établie, qui me paraissent surtout indiqués.
De ce nombre sont les injections hypodermiques de morphine, la faradisation et la cautérisation ; et c'est à eux que je vous conseille d'avoir recours. En outre, de ces trois moyens, c'est à la faradisation qu'il faudra voijs adresser tout d'abord. Puis viendra la cautérisation, que vous ferez de préférence avec le galvanocautère, quoique la petite pointe du thermo-cautère puisse également vous servir. Quant aux injections de morphine, je pense qu'il faut surtout les considérer comme un palliatif destiné seulement à calmer les douleurs en attendant le résultat des moyens curatifs précédents.
Dans le cas de Brewer, la douleur siégeait exclusivement du côté gauche , et durait pendant de longues périodes, que séparaient des temps de calme relatif. Pendant les périodes douloureuses, tout mouvement exaspérait les souffrances; mais ces douleurs existaient même au repos.
Dans le cas de Neflfe, la douleur était encore à gauche ; et, partant de la partie postérieure, elle s'étendait jusqu'à la pointe de Torgane.
Enfin, le malade de Zézas souffrait à ce point, qu'il demandait à se faire amputer la langue. Comme pour les autres, la douleur était à gauche, et elle était exaspérée par les mouvements.
Dans aucun de ces cas, les auteurs ne semblent avoir donné une grande importance aux lieux d'élection. Ce qui en ressort le plus nettement, c'est la prédilection que l'affection semble avoir pour le côté gauche. C'est donc un fait à retenir.
Ce sont là les symptômes subjectifs; quant aux objectifs, ils ont toujours été nuls. La langue conserve son aspect normal ; c'est même là, je l'ai dit, un des caractères distinctifs de cette affection.
Pronostic. — La névralgie linguale ne menace pas la vie; mais, on peut apprécier combien elle trouble l'existence du malade, quand on voit dans les quelques observations que nous avons, la mastication et aussi la parole devenir impossibles. Le malade de Zézas, je le répète, allait jusqu'à demander à se faire amputer la langue pour en finir avec ses douleurs.
Traitement. — Dans la plupart des cas, les émollients sont restés sans résultat ; et il en a été de même des calmants.
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Ulcérations imaginaires de la langue.
Définition. Ssrmptômes. — A côté de la névralgie linguale, se place tout naturellement un syndrome clinique qui, pour quelques auteurs, devrait même être confondu avec elle, ou tout au moins n'en constituerait qu'une variété. Ce syndrome est celui que Verneuil(l}a décrit sous le nom expressif d'ulcérations imaginaires.
Or, tout en reconnaissant combien sont nombreux les points que ces cas cliniques ont de commun, avec la névralgie linguale, je crois cependant qu'ils en diffèrent assez, pour qu'il y ait un véritable intérêt pratique à leur accorder une étude séparée. Comme nous allons le voir, en effet, ils s'en éloignent, non seulement au point de vue des symptômes, mais aussi, ce qui est capital, au point de vue de Tétiologie et du traitement.
\J ulcération imaginaire de la langue est caractérisée par une fausse sensation de nature variable, cuisson, brûlure, pincement, etc., sensation de corps étranger siégeant à un point précis de la langue, sans tendance au déplacement, et ne s' accompagnant d'aucune lésion.
Ce point, du reste, peut être sur une partie de la langue qui ne présente, môme à l'œil du malade, rien de spécial, ou bien avoir pour siège une disposition normale que, par erreur, le malade croit pathologique ; telles sont souvent les papilles du goût.
Une fois l'attention du malade appelée sur ce point, rien ne peut l'en distraire. Il sera l'objet de ses exa-
(l){Académie de médecine, 27 septembre 1889.