LANGUE NOIRE
aujourd'hui, n'est pas connue et prête par conséquent aux divergences d'opinion ; et d'autre part, si quelques diflFérences existent dans ces descriptions, les symptômes les plus saillants, ceux qui la caractérisent réellement restent les mêmes. Jusqu'à ce que nous soyons fixés sur l'étiologie, la clinique veut donc que ces cas soient confondus.
C'est, du moins, en la comprenant ainsi, que j'aborderai l'étude de cette affection.
Historique. — Ce n'est qu'en 1835 que les premiers cas de langue noire furent signalés par Rayer, qui se contenta de bien établir l'existence de cet état, en le distinguant seulement de toutes les colorations accidentelles; mais sans en chercher ni la cause, ni le siège de coloration. Le premier qui ait porté son attention sur ce point paraît être Eulenberger, qui vit des sporules. Puis, vingt ans après Rayer, Bertrand de Saint- Germain (1855) signala quatre cas de taches pigmentaires de la langue, qui me paraissent appartenir & notre affection.
A cette époque, les travaux ne se succèdent qu'à de longs intervalles. Ce n'est, en effet, qu'en 1869, en écrivant la séméiologie de la bouche, que Gubler est conduit à parler de cette coloration. Il en donne une description imagée; et, en outre, sans pouvoir le démontrer, il pense à une nature parasitaire.
Cette nature parasitaire est discutée la même année par Raynaud (1869), qui, ayant observé quatre nouveaux cas, trouve des spores dans quelques-uns, mais les voit manquer dans d'autres, et se trouve ainsi conduit à repousser le parasitisme. Pour lui, à cette épo-
200 NEUnÈME LBÇON
que, la coloration noire était dae à la condensation de répithélium lingual.
En 1875, Fèréol cite un nouveau cas dans lequel il cherche les spores en vain. Cependant, dans la discussion qui suivit la communication de Féréol, Raynaud semble se rallier à la nature parasitaire; et la question reste ainsi en suspens. La thèse de Lavaur, soutenue Tannée suivante, ne change pas la situation. Lavaur partage l'incertitude générale, en faisantjouer cependant le rôle le plus important à l'hypertrophie papillaire.
Mais, la même année, Lancereaux, étudiant un nouveau cas, trouve non seulement les spores de Raynaud, mais des tubes sporifères ; et, du poids de son autorité, fait pencher fortement la balance du côté du parasitisme. Féréol cependant, ainsi qu'il ressort de la discussion qui suivit la communication de Lancereaux, ne fut pas ébranlé. Quant & Vidal, qui prit part & la même discussion, il signala un autre parasite. Outre le mycélium du leptothrix, il aurait trouvé le mycélium du puccinia; mais, toutefois, il le considérait comme accidentel.
En 1878, de nouveaux cas se présentent, et entre autres celui d'un externe des hôpitaux, M. Destureaux. Ce cas fut étudié en même temps par des cliniciens comme Brouardel, et des micrographes comme Malassez; et sous l'influence de ce dernier savant surtout. Dessois, qui résuma leurs recherches dans sa thèse, se prononce franchement pour la nature parasitaire de l'afFection, et traduit cette opinion d'une manière saisissable, en lui donnant le nom de glossophytie. Depuis,
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étendu sur elle, dans Thistorique, pour que je n'aie pas besoin d'y revenir; qu'il me suffise d'ajouter que tout au moins cette affection ne paraît pas facilement transmissible, puisque ni le procédé des applications employées par Dessois, ni celui de l'inoculation auquel Destureaux s'est adressé^ n'ont été suivis de succès.
Symptômes. — La langue noire ne retentit nullement sur les organes voisins, et encore moins sur l'état général. Les troubles auxquels elle donne lieu ne dépassent pas les limites de la cavité buccale. Le plus souvent, je l'ai dit, la réaction de la salive est acide ; mais il est rare que le malade en ait conscience. Ce dont il se plaint, c'est d'avoir la bouche mauvaise, et souvent aussi d'avoir, soit une exagération du goût (hypergustie), soit une diminution de ce sens allant jusqu'à son abolition (agustie). Ce sont là les seuls phénomènes subjectifs que l'on puisse rapporter proprement à l'affection. En dehors d'eux, on ne trouve ni douleur, ni trouble de la motilité. Quant aux autres symptômes, ils ne sont que concomitants. Ils dépendent de l'affection, sous l'influence de laquelle, ou du moins pendant laquelle la langue noire s'est montrée; et ils sont par conséquent des plus variables.
Les signes subjectifs ne présentent donc rien de spécial à notre affection . Les vrais signes caractéristiques sont fournis par l'examen direct.
Quoique les descriptions données par les divers observateurs présentent des différences, les deux faits dominants restent toujours les mêmes. Le premier, c'est que la langue se présente avec une couleur noire non douteuse, tantôt avec une teinte uniforme, tantôt différemment nuancée par places, tantôt enfin, et plus
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prolongements se mêlent plusieurs ensemble, s'entrelacent, puis se couchent tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, formant ainsi une série de touffes séparées par des sillons profonds. C'est cet aspect qui avait été comparé par Gubler à Vherbe versée sous l'influence de la pluie, et par Rayer & un cbamp de blé mûr, battu par l'orage. Une autre comparaison, plus précise encore, est celle qui a été traduite par les mots de surface pUeu^ey dont quelques auteurs se sont également servis.
Sous l'influence de l'augmentation de longueur, et aussi, nous le verrons, par une modification spéciale de leur épithélium, les papilles filiformes atteintes ont pris la forme d'un poil ; et leur réunion donne assez bien l'illusion d'une chevelure longue et non démêlée; la surface atteinte a un aspect pileux.
Ce caractère est surtout prononcé sur les points où l'affection est en pleine évolution ; et c'est lui qui est le premier à diminuer, lorsqu'elle marche vers la guérison. Mais, de même que la coloration, il ne faitjamais défaut; et c'est pourquoi, vous devez vous le rappeler, je l'ai fait entrer dans la définition de notre affection.
En dehors de ces deux symptômes, coloration noire et aspect piletcx^ et peut être aussi d'un étatsaburral de la langue, tout reste normal. La langue conserve sa consistance, sa souplesse et sa mobilité.
Anatomie pathologique. — Jusqu'à présent, l'état des couches profondes nous est inconnu. Seules, les papilles obtenues par le raclage ont été étudiées.
Le résultat de ce raclage se présente avec un aspect pulpeux. Mis dans l'eau et agité, il se désagrège, et donne l'illusion de poils courts et assez raides ; enfin,
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vues Malassez ; mais avec des caractères assez différents, pour qu'on puisse se demander s'il s'agit réellement du même élément.
Quelles que soient leurs formes, le siège de ces spores a été le môme. Elles se rencontrent surtout au fond des sillons ; mais elles existent également dans l'épaisseur de la gaine épithéliale, et aussi entre cette gaîne et la papille elle-même dont la gaine épithéliale se serait aussi détachée peu à peu comme un doigt de gant.
Marche, Durée, Terminaison. — Le plus souvent^
la marche de la langue noire est régulière. Comme je l'ai dit, elle commence à disparaître sur les points qui ont été les premiers atteints ; et toute son évolution s'achève sans arrêt. Parfois, au contraire, elle procède par une série de poussées successives dans l'intervalle desquelles elle reste stationnaire, ou même tend à diminuer ; enfin, parfois aussi, après avoir constaté sa disparition, on la voit revenir, etchez quelques iftalades ces retours se sont montrés sous la même influence.
La durée complète de son évolution, dans ces derniers cas, peut ne pas dépasser dix jours. Dans d'autres, au contraire, elle a pu se prolonger au delà d'un an.
Mais la guérison ne doit pas moins être considérée comme sa terminaison presque constante; et cela, nous devons l'avouer, sans qu'une grande part de ce résultat puisse être attribuée au traitement.
Diagnostic, Pronostic. — La langue noire étant en
somme une affection assez rare, son diagnostic demande à être discuté avec soin. Vou>i-.»wréz d'abord à vous
208 NBUVlàME LEÇON
vingt quinze observations que Greenhow a pu réunir, la langue était atteinte huit fois; sur les quatre-vingt cinq observations de Martineau, une foisseulement. Ces cas, je le répète, sont donc bien exceptionnels; et, de plus, d'abord la maladie d'Âddison ne se localise jamais à la langue; et ensuite, quand elle l'atteint, elle ne lui donne pas Taspect pileux.
Enfin, si la iuberctUose peut parfois produire des taches noires sur certaines parties des tégunaents; et si des cas assez nombreux de mélanodermie tuberculeuse ont déjà été signalés dans ces dernières années, ces taches doivent se montrer bien rarement sur la langue, car sur une série de trente observations de cette affection, on ne les a pas vues une seule fois.
Le pronostic est sans gravité. La langue noire, en effet, n'occasionne que quelques légers troubles fonctionnels ; et, de plus, elle guérit souvent d'elle-même.
Traitement. — Cependant, ne serait-ce que par son étrangeté, cette affection épouvante souvent les malades, qui demandent tous avec instance à en être débarrassés. Malheureusement, les moyens employés n'ont pas encore paru avoir une grande efficacité. Voici pourtant ceux qui me semblent mériter le plus votre confiance.
Si vous constatez l'acidité de la salive, il faudra la combattre par les alcalins, administrés en même temps à l'intérieur et en lotions. Vous pourrez, pour diminuer la gêne qui résulte de l'épaisseur de l'épithélium, et aussi pour faciliter un contact plus immédiat des divers topiques, conseiller le raclage de la langue avec un râcle-langue ou avec un instrument mousse, spatule,
DIXIÈME STOMATITRS PAI
PALATITES, UVULITES, E
PALATITBS : AnalomÎB. — Dél
Palatite phlegmoneuse : Et nostic. — Pronostic. — Termi
UVULITES : DéfiniUon. — Synon
Uvulite aiguë : Division. — Ei Marche. — Terminaison. — Di
Dvnllte ebronique : Etioloeie Durée. ~ Terminaison. — Dia
Messieurs,
Avant d'aborder la dest vont faire le sujet de cette 1< pas sans utilité de jeter un < nous rappeler rapidement aussi pour nous rendre cojn faire pour parcourir, d'une i que nous nous sommes trac
Vous devez vous rappel leçon, j'ai réparti toutes le d'abord en deux groupes :
simple et celles qui dépen quelconque; etqu'ensuite,lei
de l'étude, ont été elles-mêmes divisées en totales et partielles, selon qu'elles atteignent la totalité de là muqueuse buccale ou qu'elles se limitent à une de ses parties. Or, toutes les stomatites simples totales^ vous devez vous en souvenir, ont d'abord été décrites; ce sont elles qui ont fait l'objet des quatre premières leçons. Puis, nous avons commencé l'étude des partielles. La cinquième leçon a été consacrée à la gingivite ; et les quatre suivantes, aux maladies de la langue que nous venons de terminer.
Pour achever le groupe des partielles, il ne me reste donc, comme vous pouvez le voir en consultant le tableau que je vous ai donné dès le début, qu'à vous parler de la palatite, de Vuvulite et de la siomatite scléreuse ; et ce sont ces affections qui vont faire le sujet de la leçon d'aujourd'hui.
Palatites.
Anatomie. Voûte palatine. — La voûte palatine est constituée par un squelette osseux , et par une muqueuse.
Le squelette osseux est formé par l'apophyse palatine des maxillaires supérieurs en avant, et par la lame horizontale des palatins en arrière.
La muqueuse buccale offre, surtout au niveau de la partie antérieure, une épaisseur et une consistance considérables. La couche épithéliale ne prend qu'une bien faible part à cette augmentation de volume ; elle revient en grande partie au chorion, qui, sur ce point, par sa dureté, se rapproche des iBbro-muqueuses. La couche celluleuse manque d'une manière complète, ou
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Le voile du palais, de même que les deux replis précédents, est constitué, je l'ai dit, par une charpente exclusivement musculaire, et par une muqueuse tapissant ses deux faces.
La charpente musculaire est formée par cinq muscles, dontquatre extrinsèques : les pha^yngO'Staphylins et les glossO'Staphylins que je viens^de citer, et lespéristaphylins interne et externe, et dont le cinquième, lepalatO'Staphylin,lm appartient en propre. Chacun de ces muscles étant pair, c'est donc en tout dix muscles qui entrent dans sa constitution.
Quant à la muqueuse, elle présente des caractères différents, selon qu'on l'examine sur la face antérieure ou sur la face postérieure.
La face antérieure, à quelques différences près que je vais signaler, présente les mômes caractères que celle qui correspond à la partie osseuse de la voûte. Son épithélium est également pavimenteux, stratriflé; son chorion est moins dense, et la celluleuse plus épaisse et aussi plus lâche vers son bord libre et au niveau de la luette. Les glandes en grappe y sont nombreuses, et ne diminuent que vers les bords libres.
Sur la face postérieure, au contraire, on trouve des diflférences sensibles. Son épithélium est vibratile, son chorion mince, et la celluleuse assez épaisse dans toute son étendue. Enfin, tandis que les glandes en grappe sont beaucoup plus rares que sur la face antérieure, on y rencontre quelques follicules clos qui font défaut sur cette dernière.
Définition. — C'est à l'inflammation de ce voile musculo-membraneux que les auteurs ont donné le nom de palatite. Or, sans vouloir accorder beaucoup
d'importance à une question de mot, je crois d vous dire que ce dernier me parait mal choisi, sens qu'il prête à une erreur. On aurait droit de ci en effet, que le mot pcUatite désigne l' inâammatii palais, au moins dans son ensemble, en y compn aussi bien la voûte palatine que le voile musculo-\ branettx qui lui fait suite. Or, il n'en est riej quand, dans les auteurs, il est question de palati faut que rous le sachiez, c'est seulement de l'inflai tion du voile du palais, en y comprenant les p jmtérieurs dont il s'îigit. Si l'on voulait mettre pli rigueur dans le langage l'et il y a toujours intérê faire), je pense que l'on pourrait conserver le palatite pour désigner l'inflammation de toi palais, voûte palatine et voile, et accepter dai langage médical un nouveau mot, celui de pe (de stnJof voile) réservé à l'inflammation, exclusii voile du palais.
Division. — Dans tous les cas, c'est ce que je essayer de faire, laissant au monde médical le soi se prononcer d'une manière définitive sur cette ( tion, qui, je le répète, ne saurait, du reste, pre une grande importance. J'appliquerai donc le no palatite aux divers processus inflammatoires s gnant en même temps la voCite palatine et le voil palais.
Du reste, je dois le dire, au point de vue prati il est difficile de (aire autrement : ces deux rég étant presque toujours atteintes en même temps.
Or, tous les processus inflammatoires à des de divers, et toutes leurs formes simples et spéciales conservant à ces mots le sens que nous leur a
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donné à propos des stomatites) pouvant atteindre la voûte palatine, ainsi que la cavité buccale dont elle fait partie, il en résulte que la clinique pourra nous oflfrir d'abord des formes érythémateuses, ulcéreuses, gangreneuses et pblegmoneuses ; et ensuite, toutes les formes spéciales aphtheuses, ulcéro-membraneuses, mercurielles, crémeuses, etc. Si donc nous n'avions précédemment étudié ces diverses formes à propos des stomatites, pour faire un exposé complet de la palatite, il faudrait passer toutes ses formes en revue.
Mais, le plus grand nombre de ces palatites ne prêtant à aucune considération particulière, et leur description se confondant avec celle des stomatites de même nature, de toutes ces formes, je n'en retiendrai qu'une, la palatite phleginoneuse, qui, seule, par ses caractères, par son importance et par les indications auxquelles elle donne lieu, me paraît mériter une étude séparée.
Palatite phlegmoneuse.
Etioiogie. — La palatite phlegmoneuse peut être primitive; mais elle est le plus souvent secondaire.
On comprend, à la rigueur, qu'un froissement, une contusion, ou même une simple écorchure, mal soignés, puissent être suivis de suppuration de la celluleuse. Mais ces faits sont tout à fait exceptionnels, à côté de ceux dans lesquels TafFection est secondaire. Celle-ci, à son tour, peut être due à une affection du squelette maxillaire ou palatin, carie, nécrose, néoplasme. Mais les maladies dans lesquelles on la rencontre le plus souvent sont incontestablement les affections
218 DIXIÈBIB LB9ON
signalés» s'effacent; une saillie apparaît sur la ligne médiane s'il s'agit des incisives, et sur les côtés s'il s'agit des molaires. Cette saillie, toujours plus large que haute^ se détache d'abord nettement sur la voûte palatine. Ses contours sont alors bien marqués; puis, peu à peu, son volume augmentant, elle s'étale, envahit toute la voûte palatine, et en arrive à effacer toute sa concavité. C'est là ce que noue offre l'examen de la partie osseuse de la voûte palatine ; mais, de plus, dès que l'affection se prolonge quelques jours, je l'ai dit, le tissu celluleux du voile s'abcède.
Ce voile apparaît rouge- violacé ; il fait saillie en avant, et augmente notablement de volume autant par l'œdème qui envahit ses parties inférieures, que par l'abcès lui-même qui reste toujours à une certaine distance de son bord libre.
En ce moment, le pus est déjà sûrement collecté. Cependant, la fluctuation n'est pas encore perçue; elle ne l'est que tardivement. Au niveau de la partie osseuse, en effet, la muqueuse est trop tendue pour qu'on puisse la saisir; et au niveau du voile du palais, ce dernier est trop mobile pour la constater facilement. Ce n'est donc que tardivement, je le répète, que vous devez compter sur ce signe pour régler votre intervention ; et souvent, vous devrez vous y décider sans l'attendre.
Diagnostic. — Vous aurez, pour vous guider, la forme, le volume et la place de la tumeur; et aussi, les battements isochromes et le temps qui s'est écoulé depuis leur apparition, Enfin, dans quelques cas, le pus s'est fait jour à la fois par le pourtour de la dent , par la carie ou par la gencive, en . môme
280 dixiAmb leçon
fistule, qui ne tarira que par la guérison du point osseux.
Nous aurons ainsi soit des palatitessuppurées à répétition, soit une fistule.
Traitement — C'est la crainte de ces lésions osseuses qui doit inspirer le traitement; c'est de ces lésions que viennent les indications les plus pressantes.
Dés que la palatite menace, nous devons examiner les dents ; et, si nous acquerrons la certitude d'une suppuration en voie de formation, chercher à lui donner accès aussitôt, et aussi largement que possible.
Quant à la palatite, elle sera, dès le début, traitée par les émoUients et les calmants en lotions. C'est là que se limite notre action dans cette période.
Mais, déplus, il faut surveiller la marche de l'abcès; et l'ouvrir dès que nous avons pu acquérir la conviction que le pus est collecté. L'ouverture précoce est le moyen le plus sûr pour éviter les complications osseuses.
Plus tard, lorsque l'inflammation est calmée, il faudra en rechercher la cause, en faisant porter vos investigations surtout sur les dents.
Les chicots mobiles seront enlevés ; ceux qui peuvent encore rendre quelques services, limés et obturés ; les caries seront soignées, et à la rigueur drainées; enfin, dans certains cas de cémentites chroniques, sachez que les dents pourront être enlevées, réséquées et reposées avec plein succès. Ce sont là toutes opérations facilement abordables, et qui vous permettront en même temps et la guérison de la palatite, et celle de l'affection dont elle n'était qu'une conséquence.
Enfin, si vous ne pouvez pas expliquer ces abcès à
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nous retrouverions immédiatement les rapports existant avec les muscles staphylins.
Je demande donc à me servir, dans le cours de cette étude, au moins indifféremmenr de ces deux expressions : uviUite et staphylite, laissant au monde savant et à Tusage le soin de choisir.
Anatomie. — Prolongement médian du voile du palais, nous le savons, la luette a la même structure que lui. Elle est exclusivement composée par une cftarpente mi^ciUaire^ par une membrane micqtcetcse et par du tissu conjonctif.
Sa charpente musculaire est constituée par la terminaison des deux muscles paJato-staphylins, qui, partant de l'épine nasale postérieure, traversent le voile du palais, et vont jusqu'à l'extrémité inférieure de notre organe.
La muquetcse fait suite à celle du voile du palais, et sur ses deux faces conserve les mômes caractères. Tapissée d'un ^iliiélium stratifié sur la face antérieure, elle présente, au moins dans la moitié supérieure de la face postérieure, un épithélium vibratile. Des papilles et des glandes existent sur les deux ; et seule, la face pharyngienne possède quelques follicules clos.
Quant au tissu conjonctif^ il est assez abondant et lâche; ce qui, avec la position déclive de l'organe, va nous expliquer la facilité avec laquelle nous le verrons envahir par les divers processus œdémateux.
La pathologie de la luette a peu préoccupé les auteurs, ce qui d'abord paraît assez justifié par le peu de gravité de ses affections; et ensuite, parce que la plu-
234 DIXIÂMB LEÇON
Uvulite ou Staphylite aiguë.
Division. Etiologie. — Elle est primitive OU secondaire. La première succède le plus souvent au contact des corps chauds, ou irritants soit par leur composition soit mécaniquement; mais, elle peut également se développer sous l'influence des efforts prolongés de la voix et plus rarement encore a frigore.
Toutes ces causes, on le voit, peuvent donner lieu en même temps, et à la stomatite, et à la pharyngite; mais, elles peuvent également localiser leurs effets sur la luette.
La forme secondaire enfin, outre qu'elle se retrouve souvent dans les stomatites de même nature, reconnaît le plus souvent pour cause la palatite que je viens de décrire.
Symptômes. — Il est rare que le processus inflammatoire reste sur cet organe, purement érythémutevuc. U ulcération est également exceptionnelle ; et il en est de même de la suppuration. Mais la forme gangreneuse se voit quelquefois : et la plus fréquente est incontestablement Vœdémateuse. Cette dernière, du reste, peut être isolée, ou accompagnée par les autres. On peut même dire qu'il n'y a pas d' uvulite sans œdème.
Sous cette influence, la luette est rouge-vif ou rouge-foncé. Souvent elle est comme entourée par une couche albumineuse ; sa consistance est diminuée et son volume augmenté, surtout dans sa partie la plus inférieure, de sorte que sa forme est renversée. Son plus grand diamètre est en bas, au lieu d'être en haut ;
UVULITB OU STAPHYLITE AIQUE
elle est en battant de cloche. Enfin, et surtout, sa gueur est exagérée, à ce point qu'elle peut vi appuyer sur la base de la langue.
Les douleurs spontanées sont rares; mais tout n vement de l'isthme est douloureux. Il en est sur ainsi pendant la déglutition, même lorsqu'elle s'ex à vide ou sur des liquides, et mieux encore, quai s'agit de faire franchir à l'isthme un bol volumii ou consistant. ^.
Entraîné par la pesanteur de la luette, le voil palaisest abaissé; et, l'orifice de l'isthme étant ; diminué, la voix retentit dans l'arrière cavité des ù nasales et prend un ton nasillard.
Enfin, lorsque la luette, très allongée, arrive au tact de la base de la langue, elle provoque «ne sér mouvements de déglutition ou des crachements, i que le malade cherche à se débarrasser de cette s( tion de corps étranger en le chassant, en avan en arrière.
Ce sont là. les symptômes les plus saillants de affection. Comme on le voit, s'ils ne peuvent p une atteinte sérieuse à l'organisme, ils entraînei moins une gène de tous les instants, et parfois i des douleurs qui, par leurs fréquents retours, h la patience du malade et finissent par agir su moral.
Durée. Marche. Terminaison. — La durée de lite aiguë n'est souvent que de quelques jours. Il surtout ainsi, quand elle est due seulement au c( d'un corps chaud ou irritant. Mais, dans d'autre notamment dans les formes secondaires , elle incommoder le malade pendant de'longs mois.
ant, même dans ces cas, la guérisoD est la îort la plus fréquente. Ce n'est que dans quelles secondaires, dues à la palatite suppurëe, Ua gangrène survenir; et enfin, dans quelles, on peut la voir se prolonger avec une- )ènodes d'amélioration etd'exacerbation, et 'état chronique.
istio. -se^s forme, la couleur et les dimen- ■niront les principaux éléments du diagnostic bylite ; et la rapidité de son évolution révélaractére aigu.
au diagnostic dififérentiel avec l'œdème, ophie ou les tumeurs, il trouvera mieux sa is la forme chronique.
en admettant que les divers processus spéi peuvent exercer leur action sur la muqueuse ifésiculo-ulcéreux, crémeux, etc., se localisent ur la luette, le plus souvent cette localisation ue momentanée; ces processus se généralisetôt; et ensuite, même dans les cas où ils reswnflnés sur ce point, leurs caractères spéciaux . toujours reconnaître.
neut. — Dans la forme franchement aiguë, et , c'est aux émollients qu'il faut avoir recours; employés en lotions, en gargarismes et en prises par gorgées petites et fréquentes. Un kux pourront être employés à ces soins, n en viendra auxastringents etaux excitants; ^trouverons en première ligne, la cocaïne en nage à 1 pour 100. C'est également parmi ftgurent la glace, conseillée par Labius et^e
228 DIXIÈME LBQON
La luette, eu effet, même à l'état normal, est variable de forme et de dimension. Sa forme la plus fréquente est celle d*un cône renversé, ayant un centimètre de diamètre à la base et un centimètre et demi de hauteur. Mais il n'est pas rare de rencontrer des luettes moins volumineuses; et, ce qui nous intéresse davantage, assez souvent de dimensions plus grandes. Enfin, sa forme peut être celle d'un cylindre, d'un battant de cloche, ce qui conduit à un véritable vice tératologique, Vétat bifide.
On comprend donc très bien que ces diverses formes puissent exercer une influence sur la marche plus ou moins régulière de sa circulation, et que la pesanteur aidant, il se produise souvent, soit de la congestion, soit même de Tinflaramation.
Il se peut que la pesanteur due à l'augmentation de volume congénitale ou acquise ne soit pas sans influence sur l'habitude qu'ont certaines personnes de cracher sans cesse, et de racler avant de le faire. Nous aurions donc ainsi un cercle vicieux: le volume de la luette invitant le malade à cracher, et cette habitude augmentant le volume de cet organe. Mais il est aussi plusieurs autres affections qui imposent le même besoin : ce sont les pharyngites, et entre autres la pharyngite glanduleuse, dont les sécrétions sont épaisses, et dont le malade ne se débarrasse qu'après des efl'orts répétés. Ce sont là, parmi les staphylites secondaires, celles qui sont les plus rebelles.
Symptômes. — Quelle que soit celle de ces causes qui ait agi, la luette atteinte d'inflammation chronique est rouge foncé. Son volume est augmenté dans sa partie la plus inférieure ; sa consistance est accrue;
ete
pan
d'ui
sur
ans
den mêi tior bea et imp mêi Ë
est l'ét neu pat «ta
phj aut des et a Du èléi
imémoratifs et l'aspect de l'organe nous flxeïilement sur le caractère congénital d'une jhie avec ou sans biâditè (uvula meyalia].
alysie de la luette ne peut lui être propre, 3S muscles ne lui appartiennent qu'en partie, sie despalatO'Staphylins se traduira en même la paresse du voile du palais; et, de plus, ce étant pas atteint isolément, nous serions a voie du diagnostic par la paralysie des isoles de cet organe.
le chronique se révêlera par sa couleur et sa :e; mais surtout par l'esistence d'une affecpliquant, et entre autres l'albuminurie et
mriqueux signalé par Âncelin aura pour lui t spécial. La dilatation des veines est, en s ce cas, des plus apparentes, la nature de certaines formes secondaires )s, et notamment les tuberculeuses, serait lent indiquée par les autres caractères de ces
aent. — Pour cette forme, le traitement Si , en effet , l'uvulite aiguë peut guérir en est tout autrement de l'état chronique, nconvènients, je Tai dit, vont toujours s'eia- 1.63 plaintes des malades ne vous laisseront ute à cet égard.
I ce seraprobablementà l'occasion d'un retour vous serez consultés, vous aurez tout d'abord 8r les éinolUenti^. Le plus souvent quelques Iront pour rendre à l' affection son vrai caracnenée à cet état, vous aurez pour la combat-
sol fér
piT l'O!
da:
tai im]
ffi l'ii
232 DIXIÈME LBÇON
ront être exercées soit directement d'avant en arrière, soit do gauche à droite, soit par un mouvement de roulement. Les pressions, très modérées en commençant, doivent s'accentuer à la fin des manœuvres, qui, avec de nombreuses reprises, doivent être répétées pendant un quart d'heure à chaque séance.
Au massage, vous pourrez joindre les scari/îcatio7is/' que vous ferez dans le sens de la longueur de l'organe et surtout sur la partie inférieure.
Ces scarifications, en effet, agissent de deux manières. D'abord, en facilitant son dégorgement, et ensuite en produisant des cicatrices qui, en vertu de leur pouvoir rétractile, forceront les tissus à revenir sur euxmêmes. Il est donc important, je le fais remarquer de nouveau, que ces cicatrices se produisent sur la partie déchve, et non à la base.
Dans le môme but, comme on le fait pour les amygdales, vous pourrez vous adresser aux cautérisations avec le galvano-cautère, quoique la mobilité de l'organe rende sa pénétration par le fil incandescent moins facile.
Enfin, si aucun de ces moyens n*a donné de résultats satisfaisants ; et que cependant l'affection soit assez gênante pour demander une intervention, il vous restera toujours, je l'ai dit, la ressource de l'amputation.
Celle-ci a été pratiquée depuis les temps les plus anciens. Celse la décrit déjà ; et depuis, de nombreux procédés ont été proposés. Tels sont ceux du paysan norwégien (1740), de Fabrice d'Aquapendente, de Fabrice de Hilden, de Castellan, de Levret, de Scultet, de Sabatier, de Desault, de Warens, et enfin plus récemment de Morel-Mackenzie.
UVULITE OU STAPHTLITE
Ces divers procédés sont pratiq les ciseaux, la ligature, et parfois s spéciaux, comme celui du paysan ne de Desault, les ciseaux de Wart Morel'Mackenzie, auxquels Galanl lotome à détente.
Enfin, depuis quelques années, è joindre l'emploi du galvano-cautèi lise l'anse ou les couteaux galvani
Je n'ai ni h décrire ni h uppréciei dont l'étude est du ressort de la sufÏÏse de vous dire, en terminan que vous aurez à faire, il faudra préférence au procédé qui vous pe fixer la luette et de la sectionne:
l'autre vous restant libre pour al vous favoriser la vue et l'accès du tl C'est là une condition dont la prat suis convaincu, apprécier toute l'ii
Quel que soitle procédé que voui enfin, que vous sachiez qu'il estim assez haut, si vous ne voulez vous opèratior. insufflsante. Il ne faut lever les deux tiers de l'organe ; el pouvant être enlevé en entier aar pas hésiter à remonter plus haut.
234 DEUÈMB LEÇCni
Stomatite scléreuse
Enfin, poar terminer ce qui a trait aux stomatites simples, j'ai à voas dire quelques mots d'une forme assez rare à laquelle je donnerai, d'après les travaux de Comil et Ranvier, le nom de scléreuse.
Cette stomatite, toujours chronique, n'a été signalée jusqu'à présent que chez les fumeurs et chez les verriers; et le personnel restreint qu'elle atteint pourrait déjà suffire pour la caractériser. Mais, ce qui tend le plus à la faire distinguer des autres, c'est son processus pathologique, qui, nous allons le voir, n'est autre qu'une transformation scléreuse du derme et du tissu conjonctif sous-jacent avec dégénérescence du revêtement épithélial.
stomatite des fumeurs. — J'ai déjà signalé plusieurs fois l'influence du tabac dans les productions des diverses stomatites; mais ici, les lésions qu'il provoque sont spéciales.
L'usage du tabac longtemps prolongé^ et surtout l'usage des pipes à tuyau court, dit brûle- guetUes, outre un érythème buccal fréquent, finit par produire des lésions plus profondes et plus rebelles (1;. « La couche épithéliale s'épaissit par suite de la présence dans sa couche superficielle d'un exsudât liquide contenant des cellules lymphatiques, et donne à la langue et au voile du palais beaucoup plus souvent qu'aux parois buccales, une teinte opaline, qui, plus tard,
(1) stomatite, article Dictionnaire encyclopédique ^ Bergeron, 152 et 152,
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D'abord, au point de voe de l'hygiène, et ensuite de la médecine légale, les plaques des verriers sont des indices professionnels de la plus haute importance. Mais, en outre, elles présentent un véritable intérêt au point de vue du diagnostic Ces plaques blanches, en effet, ont toutes les apparences de plaquessyphilitiques. On se rappelera donc, quand on les trouvera, que leur origine peut être multiple. Leur symétrie et leur situation parfois suffiront pour faire connaître celles des verriers^ indications auxquelles se joindra la profession. Quant aux plaques des fumeurs, elles se trouvent plus fréquemment sur la langue ou au niveau des lèvres; et il n'y aura souvent qu'à suspendre l'usage du tabac pour les voir disparaître.