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TABES. — DIAGNOSTIC

scnsitive, il existe de l'alaxie, des douleurs fulgurantes et lérébranles, desaneslhésies, l'abolition des réflexes rotuliens, le signe de Romberg, dans les formes graves la paralysie des sphincters; cette forme sensitive rappelle si bien la symptomatologie du tabès qu'elle a été décrite par l'un de nous en 1882 sous le nom de nervo-tahes ou de tabès périphérique : elle s'en distingue par son évolution plus rapide, par l'absence du myosis et du signe d'Argyll-Robertson, par sa tendance à la guérison, par la douleur à la pression des masses musculaires et des troncs nerveux, par la topographie différente des anesthêsies, -qui ici diminuent de la périphérie vers la racine du membre, tandis que, dans le tabès, elles ont toujours une topographie radiculaire; mais les douleurs peuvent atteindre, dans la polynévrite, l'intensité des douleurs fulgui-antes du tabès, bien qu'elles procèdent plus rarement par crises, et, quoi qu'en disent certains auteurs, l'ataxie présente tous les caractères de l'incoordination tabétique. Dans les formes mixtes de la paralysie alcoolique, la paralysie et l'atrophie musculaire se joignent à l'ataxie, et la démarche devient celle de l'ataxique atteint d'atrophie musculaire.

Les pseudo-tabes par polynévrite, ou nervo-tabes, reconnaissent généralement pour cause un agent toxique : après l'alcool, mais avec un degré de fréquence beaucoup moins élevé, il faut citer l'arsenic. L'intoxication par ce poison donne lieu, en effet, à des névrites périphériques, mais la forme sensitive est moins souvent observée que la forme motrice ou la forme mixte. On a signalé encore des cas de nervotabes nicotinique, cuprique, par le sulfure de carbone. Les antécédents du malade et les éléments de diagnostic précédemment énumérés permettent d'éviter l'erreur.

Le poison peut être d'origine microbienne. Au nombre des accidents nerveux qui compliquent parfois la diphtérie et en dehors des paralysies proprement dites, on rencontre l'ataxie des membres, les troubles de la sensibilité et les autres symptômes du nervo-tabes (Jaccoud, Dejerine); l'atrophie musculaire peut faire complètement défaut. La notion étiologique et l'apparition rapide des symptômes rendent le diagnostic facile. D'autres fois, ainsi qu'il nous a été donné d'en observer des exemples, le nervo-tabes relève d'une infection ou d'une intoxication indéterminée.

Dans ces différents cas, le diagnostic, nous le répétons, est en général facile. Du reste dans les cas douteux l'évolution lèvera tous les doutes, car le tabès périphérique est une affection curable et dans laquelle la guérison est constante.

Il existe non seulement des pseudo-tabes par polynévrite, mais encore des pseudo-tabes par lésions médullaires : tel le tabès ergotinique (Tuczek), dans lequel on retrouve l'abolition du réflexe patellaire, le signe de Romberg, l'ataxie, les troubles de la [sensibilité ; mais, outre que le signe d'Argyll-Robertson fait défaut et que la

cachexie est de règle, le caractère épidémique de cette affection, les troubles mentaux, les phénomènes convulsifs qui la compliquent, sou évolution plutôt rapide ne donnent lieu à aucune hésitation.

hepseudo-tabes diabétique peut être rangé soit dans les nervo-tabes, soit dans les pseudo-tabes médullaires, car des lésions de la moelle ©ut été constatées à l'autopsie de diabétiques ; mais, cliniquement, le pseudo-tabes diabétique se confond souvent avec le nervo-tabes. En outre, l'abolition du phénomène du genou est relevée assez fréquemment chez les diabétiques (Bouchard). Le diagnostic avec le tabès vrai repose sur les éléments qui ont été indiqués plus haut : l'absence des signes pupillaires et du signe d'Argyll-Robertson ; la topographie des troubles sensitifs, qui est périphérique et nonradiculaire, a une grosse importance. Les douleurs ont plutôt le caractère névralgique que le caractère fulgurant des douleurs des ataxiques; la glycosurie mettra enfin rapidement sur la voie, mais elle a été constatée aussi chez des tabétiques.

Lichtheim, tout d'abord, puis Minnich et d'autres auteurs ont observé, au cours de Vanémie pernicieuse, des phénomènes nerveux qui présentent quelque analogie avec ceux de l'ataxie locomotrice : si l'abolition des réflexes patellaires, les altérations de la sensibilité, les troubles de la marche sont susceptibles de faire penser au tabès, l'absence ou le faible degré d'incoordination dans les mouvements isolés, l'absence de signes pupillaires, de troubles sphinctériens, la rareté des douleurs fulgurantes, l'état général, différencient suffisamment ces deux affections (Dejerine et Thomas).

La maladie de Friedreich se distingue de l'ataxie locomotrice par son début dans l'enfance ou l'adolescence, par la plus grande intensité de l'incoordination et de l'instabilité, par l'absence de douleurs et de troubles de la sensibilité, par l'abse'nce du signe d'Argyll- Robertson, par les déformations des pieds et de la colonne vertébrale, par le nystagmus et les troubles de la parole, etc.

Dans la maladie de Friedreich, l'ataxie des mouvements est différente de celle du tabès. Lorsque le malade veut prendre un objet, sa main est agitée de mouvements de translation plus ou moins nombreux, puis s'abat sur l'objet. La main « plane » (M. Carré).

Malgré certains symptômes communs à ces deux affections — • signe d'Argyll-Robertson et de Romberg, abolition des réflexes tendineux, ataxie, troubles de la sensibilité — le diagnostic entre le tabès et la névrite interstitielle liypertrophique et progressive de Venfance (Dejerine et Sottas) est facile à établir. Dans cette dernière alfection le début a lieu dans l'enfance ou l'adolescence, chose exceptionnelle dans le tabès; l'atrophie musculaii*e se montre dès le début, les nerfs sont hypertrophiés, il existe de la cypho-scoliose et les si)iiinclers sont intacts.

L'ataxie des atrophies cérébelleuses possède des caractères assez par-

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