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TABES. — PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

substraium analomiquedans la corne aiiLérieure ont été soutenues avec quelque réserve, tout d'abord par Cliarcot etJofl'roy. Plusieurs observations favorables h cette doctrine ont été publiées, mais elles sont discutables, soit que ratroi)hie de la corne antérieure ait été constatée à un étage qui ne correspond pas à Tarticulation malade ^ Pierrot), soit que les muscles périarliculaires fussent eux-mêmes atrophiés (Voisin, Robert, SecUgmiiUer). Enfin, à côté de ces cas positifs, il existe un grand nombre de cas négatifs (Raymond, Coyne et Rourceret, Oppenheim, Marinesco, Pitres et Vaillard, Partides, Pitres et Carrière, Leyden et Strïimpell) dans lesquels aucune altération des cornes antérieures n'a pu être relevée ; Schiiiïer a décelé, par la méthode de Nissl, des altérations cellulaires des cornes antérieures, mais ce sont les mêmes qu'il a retrouvées dans l'amyotrophie tabétique : elles n'ont par conséquent aucune valeur pathogénique. L'absence presque constante d'arthropathies au cours d'affections du système nerveux localisées exclusivement dans les cornes antérieures, ou dans les cornes antérieures et les cordons latéraux, permet de présumer que la lésion de l'arthropathie tabétique ne siège pas dans les cornes antérieures, et Charcot avait lui-même abandonné sa première opinion pour admettre, hypothétiquement il est vrai, que la lésion de l'arthropathie se cantonne dans les faisceaux postérieurs de la moelle.

Ruzzard et Hadden, s'appuyant, le premier, sur la coexistence fréquente des crises gastriques et des arthropatliies, le second, sur la présence d'un foyer scléreux dans le bulbe chez un tabétique qui avait trois articulations malades, imaginèrent que les arthropathies sont causées par une lésion bulbaire intéressant un prétendu centre trophique articulaire : c'est une interprétation toute hypothétique.

Dans plusieurs autopsies, les altérations des nerfs articulaires ont été signalées (Pitres et Vaillard, Dejerine, Siemmerling, Sonnenburg, Pitres et Carrière) ; bien que la théorie névritique de l'arthropathie tabétique ait de nombreux partisans, elle soulève des objections assez sérieuses : dans quelques cas, les rameaux nerveux correspondant à l'articulation malade étaient sains (Toupet) ; dans d'autres cas, la névrite existait non seulement dans les nerfs correspondant à l'articulation malade, mais dans d'autres nerfs des membres dont les articulations étaient saines.

En résumé, la pathogénie de l'arthropathie tabétique est des plus obscures, et il est difficile de se prononcer sur la nature même de la lésion et le mode suivant lequel elle retentit sur le trophisme articulaire. Vulpian admet l'intervention de plusieurs facteurs, au nombre desquels figurent les troubles vaso-moteurs, l'affaiblissement, la perversion ou l'exaltation de l'influence trophique que la moelle exerce sur les tissus des jointures affectées, la diminution de la sensibilité; il faudrait en outre une cause irritante telle que contusion, disten-

sion violente des articulations, le contact continu et réciproque des mêmes points des surfaces articulaires, le tiraillement prolongé des ligaments, des capsules articulaires et de la synoviale qui les revêt: c'est là une théorie éclectique qui s'accorde assez bien avec les données de l'anatomie pathologique.

Les variations de l'influence trophique, que Vulpian met en cause, accompagnent sans doute les altérations des nerfs périphériques et des racines postérieures : elles sont d'ordre réflexe.

TRAITEMENT. — Les différentes méthodes de traitement instituées contre le tabès s'adressent soit à la cause de la maladie, soit à la lésion anatomique, soit aux symptômes.

Gomme il n'existe plus actuellement aucun doute sur les rapports étiologiques entre la syphilis et le tabès, l'application du traitement spécifique à la cure de cette affection doit toujours être essayée. Bien que les résultats ne soient pas toujours probants, il est cependant des cas où ce traitement a paru exercer une action favorable.

En outre, si souvent le tabès en lui-même semble peu influencé par le traitement spécifique, certains accidents, qui sont peut-être davantage des complications du tabès que des symptômes inhérents, lui sont moins rebelles et peuvent s'amender, lorsqu'il est suffisamment intensif et habilement dirigé.

Le traitement spécifique a par conséquent ses indications et ses contre-indications : il est indiqué lorsque la maladie est tout à fait à son début, surtout lorsque le traitement antérieur de la vérole a été nul ou insuffisamment prolongé; il l'est encore lorsque, au cours du tabès, surviennent des accidents tels que l'artéri'te, la paralysie générale, la paraplégie et l'hémiplégie, l'épilepsie et l'apoplexie.

Il est contre-indiq ué lorsqu'un traitement antérieur bien dirigé n'a produit aucun effet, ou bien lorsque le tabès est définitivement constitué. La cachexie et l'intolérance pour le mercure et liodure sont des contre-indications formelles. L'atrophie optique a été souvent aggravée par lui. Dans ces diverses conditions, le traitement antisyphilitique est alors non seulement inefficace, mais nuisible, et son action déprimante et anémiante aggrave l'état général du malade.

Si le traitement antisyphihtique est indiqué, il doit être intensit et il faut faire agir simultanément le mercure et l'iodure de i)otassium. Le mercure peut être administré sous forme de frictions ou d'injections soit de sels insolubles (calomel), soit de sels solubles ou solubilisés (sublimé, cyanure, benzoate, salicylate, formamide), soit dliuilc grise. L'absorption de l'iodure de potassium doit être poussée jusqu'à 8 et 10 grammes et même au delà, suivant la tolérance du sujet.

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