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TABES. — TRAITEMENT

En dehors de ces deux agenls Ihérapeuliques, plusieurs médicaments ont joui d'une faveur plus ou moins éphémère : c'est qu'en effet il n'en est pas un dont l'expérimentation ait entraîné la conviction.

On a employé les sels métalli(iues d'argent, d'or, de platine, de zinc, mais plus particulièrement les sels d'argent sous forme de pilules de nitrate d'argent dosées de 1 à 5 centigrammes ou d'injections sous-cutanées de chlorure d'argent (Rosenbaum).

L'ergotine, en raison de ses propriétés vaso-constrictives,a été souvent préconisée, mais les succès obtenus ne visent que quelques symptômes et non l'évolution générale de la maladie. Il en est de même de l'aconitine, de la strychnine, de l'atropine.

Le phosphore et l'arsenic, la kola, le quinquina, les glycérophosphates, contribuent quelquefois à relever l'état général, mais, pas plus que les médicaments précédents, ils ne sont aptes à arrêter le mal dans sa marche.

L'hydrothérapie, chaude ou froide, jouit encore d'une certame faveur auprès de quelques praticiens, principalement en Allemagne : elle améliore d'une façon inconstante l'état général.

L'action des injections de liquides organiques, liquide orchitique (Brown-Séquard) ou liquide médullaire, est plus suggestive que thérapeutique.

L'électricité, appliquée sous forme de courants continus, avec une intensité de 10 à 15 milliampères, le long de la colonne vertébrale» aurait produit des améliorations considérables et même des guérisons(?) (Lewandowsky).

Le traitement mécanique, consistant dans l'élongation des troncs nerveux ou de la moelle, très en vogue il y a quelques années, semble de plus en plu^ abandonné. L'élongation des troncs nerveux (Langenbuch) est pratiquée soit indirectement en agissant sur les membres, soit directement sur le nerf, après incision des téguments et des muscles (Benedikt et Weiss). Mais l'influence bienfaisante de cette méthode semble s'être exercée davantage sur certains symptômes tels que les douleurs fulgurantes. Le résultat est faible, en raison des dangers de la méthode (hémorragies médullaires), aussi n'est-elle pas à encourager.

Pour ce qui est de l'élongation de la moelle, la suspension, employée tout d'abord par Motchukowsky (cet auteur dit avoir obtenu 50 p. 100 de succès), est le procédé le plus généralement utilisé; mais il n'est pas sans inconvénients et sans dangers : il occasionne en effet des vertiges, des syncopes, de la cyanose, voire même des paralysies temporaires et des accidents convulsifs ; il a à son actif quelques cas de mort subite. En tout cas, il est formellement contre-indiqué chez les artérioscléreux, les cardiaques, les individus porteurs de lésions pulmonaires et rénales. On a émis plusieurs

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hypothèses sur la façon dont agit la suspension : pour les uns, c'est en réalisant l'élongation de la moelle et des troncs nerveux; pour d'autres, elle a pour effet de décongestionner la moelle ou de rompre des adhérences; pour d'autres encore, son action est purement suggestive : c'est la plus certaine.

En dehors de la suspension, il est d'autres moyens de pratiquer l'élongation de la moelle, tels que la table de Gilles de la Tourette et de Chipault; l'allongement (la moelle et la queue de cheval réunies) peut atteindre de 1 à 2 centimètres par ce procédé, il est produit par la flexion forcée du rachis : les mêmes auteurs, dans leurs expériences sur le cadavre, n'ont pas obtenu par la suspension par le cou d'allongement appréciable de la moelle.

Les eaux minérales n'ont guère d'action sur le tabès. Les plus vantées sontBalaruc,Néris, Ragatz, Uriage, Plombières, mais surtout Lamalou : quelques malades ont dû à cette dernière station thermale la rétrocession ou l'atténuation de quelques symptômes (douleurs fulgurantes, crises gastralgiques, troubles sphinctériens).

Impuissant à atteindre le mal dans sa cause ou dans ses effets, le médecin n'est pas cependant complètementdésarmé contre toutes ses manifestations et il a à sa disposition un arsenal thérapeutique qui n'est pas à négliger.

Contre les douleurs les médicaments les plus usités sont Fantipyrine, la phénacétine, l'acétanilide, l'exalgine, l'aconitine, le salicylate de soude.

L'anlipyrine et la phénacétine associées de la façon suivante:

Antipyrine 08', 50

Phénacétine 0ffr,30

(pour un cachet : un cachet au moment des douleurs) donnent de bons résultats.

Cependant, lorsque leur absorption est fréquemment répétée, l'action de ces médicaments s'épuise assez rapidement et il est bon de les faire alterner les uns avec les autres.

L'opium et la morphine doivent être laissés de côté le plus longtemps possible, sinon on risque de voir la morphinomanie ajouter ses tristes effets à ceux du tabès.

Les douleurs en ceinture, les sensalions de serrement, d'étau, sont quelquefois et momentanément soulagées par l'application de courants galvaniques sur la colonne vertébrale. Les électrodes doivent être larges (IG centimètres carrés), l'intensiténe doit pas dépasser 10 à 15 milliampères, la durée de la séance de quinze à vingt minutes; le sens du courant n'a aucune importance. Les applications de pointes de feu, le stypage avec le chlorure de méthyle, les pulvérisations d'élhcr, de chloroforme ou de chlorure d'éthylc donnent également de bons résultats.

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Les mêmes moyens peuvent èlrc nlilernenl employés contre les crises viscérales telles (jiie Tenlrralgie, rurélralgie, les crises vésicales et rectales.

Lorsque les crises gastricpies surviennent au cours d'un état dyspeptique, il est indiqué de s'adresser tout d'abord à celui-ci. Les crises elles-mêmes peuvent être calmées par l'ingestion de chlorhydrate de cocaïne ou d'eau chloroformée, par des perles d'éther, l'extrait gras de Cannabis indica.

Le protoxalate de cérium peut également rendre de grands services, il est prescrit à la dose de 0°',20 à Oe'',(30 par jour.

Les moyens externes, les applications de glace, de pointes de feu, les pulvérisations d'éther ou de chlorure de méthyle, les courants galvaniques ne doivent pas être négligés.

Debove a signalé les heureux effets de la ponction lombaire; chez un malade la soustraction de 30 centimètres cubes de liquide céphalorachidien a fait cesser immédiatement la crise douloureuse.

Les injections de cocaïne dans le hquide céphalo-rachidien ont été préconisées récemment contre les douleurs fulgurantes et les crises viscérales : mais elles ne sont peut-être pas sans danger. L'injection par la voie épidurale (méthodes de Cathelin et de Sicard) est plus inoffensive.

Les crises laryngées peuvent s'amender par l'application de compresses chaudes ou de révulsifs sur le cou ; lorsqu'elles sont intenses et se répètent à de courts intervalles, l'opium ou mieux le chlorhydrate de morphine en injections sous-cutanées sont indiqués; lorsque la crise se prolonge trop longtemps, la vie peut être en jeu et il devient urgent de faire le tubage ou la trachéotomie.

Les troubles génito-urinaires sont heureusement influencés par l'ergot de seigle, la strychnine, la belladone, l'électricité galvanique ou faradique appliquée localement.

Les eaux de Lamalou rendent particulièrement des services lorsque les douleurs fulgurantes, les crises gastralgiques, les troubles sphinctériens prédominent dans le tableau symptomatique.

Contre l'amblyopie et la dégénérescence grise, on a essayé divers agents thérapeutiques : les injections de sels de strychnine, de cyanure double d'or et de potassium (Galezowski et Despagnet), de cyanure d'argent et de platine, les injections de cyanure de mercure ; enfin l'élongation du nerf optique.

L'atrophie musculaire sera combattue par les courants faradiques et galvaniques. Les maux perforants devront être traités par l'antiseptie et le repos. Chipault s'est bien trouvé de l'élongation des nerfs plantaires.

TraKement de l'ataxîe. — Chez l'individu normal, les impressions périphériques jouent un rôle important dans la régularisation et la coordination des mouvements : chez le tabétique, elles sont

émoussées ou bien leur transmission est désordonnée et ralentie: ces désordres entravent dans leur libre exercice l'automatisme cérébral et celui des centres sous-jacents ; l'alaxie en est la conséquence habituelle. La simple observation clinique démontre en outre que, parmi les impressions périphériques, les impressions visuelles ont leur part dans ces phénomènes de coordination et qu'elles peuvent suppléer dans une large mesure les impressions qui relèvent de la sensibilité générale (cutanées, profondes, musculaires) : le signe de Rombergen est une preuve démonstrative. Frankela utilisé cette influence coordinatrice de la vue, et a. essayé de la développer davantage en fixant l'attention des malades sur les mouvements qu'ils doivent exécuter. Cette méthode de rééducation des mouvements consiste à faire exécuter au commandement d'abord des mouvements simples, puis des mouvements de plus en plus compliqués : le malade doit continuellement surveiller par la vue l'exécution de ces mouvements.

11 est inutile, pour l'éducation des mouvements des membres inférieurs, d'avoir recours à des appareils spéciaux; pour les membres supérieurs, les appareils les plus simples sont les meilleurs.

Mais l'ataxie des tabétiques est d'un mécanisme très complexe ; les désordres de la marche, de l'équilibre et des mouvements en général sont, chezquelques-uns, disproportionnés avec le degré de l'ataxie : il y a chez eux un élément psychique qui intervient et qui n'est autre que la phobie. Chez ceux qui sont accessibles à la suggestion, la rééducation des mouvements agit souvent comme telle et donne des résultats remarquables. Chez d'autres, c'est l'incoordination qui est seule en jeu : les résultats sont plus lents, mais parfois surprenants, et tel malade qui, avant le traitement, était incapable de se tenir debout réussit à marcher en se passant même d'un appui ou d'une canne.

Le caractère del'individu n'estpas étranger à la réussite; la neurasthénie, la dépression morale, sans être des contre-indications, sont généralement défavorables. Les individus intelligents, éveillés, obtiennent de meilleurs résultats, surtout si on a soin de leur expliquer l'altitude que doit prendre le corps pendant l'exécution de chaque mouvement, et de leur indiquer les mouvements compensateurs nécessaires au maintien de l'équilibre pendant les déplacements de la ligne de gravité; en un mot, la physiologie des mouvements. Cette éducation méthodique et rationnelle est le complément nécessaire des exercices.

La méthode de rééducation est inutile ou même contre-indiquée lorsque l'hypotonie est trop considérable, lorsqu'il existe des arthropathies ou des troubles trophiques des membres inférieurs, lorsque l'état général est mauvais, les douleurs trop fréquentes. 11 faut insister auprès des malades pour qu'ils évitent d'accomplir des mouvements trop brusques, ce qui aurait pour effet d'augmenter

riiypoloaie ; la lenteur des mouvemcnls a encore pour avantage d'en augmenter la précision.

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