‹ Traité des maladies de la prostate (volume 2)Chapitre 10 sur 24 · II. Picani · texte numérisé non relu

II. Picani

cernent de Turèthre était détruite, depuis longtemps, dans rétendue de vingt et quelques millimètres, d'avant en arrière, et de huit à douze, transversalement. Par cette ouverture, on communiquait avec une cavité propre à contenir un œuf de poule, cavité qui communiquait avec le rectum par un orifice un peu moins étendu que celui de Furèthre. De Turine mêlée de pus remplissait celte espèce de cul-de-sac, qui était tapissé par une couche organisée, par une sorte de fausse membrane muqueuse.

Comme on le voit ici, deux cavités communiquaient ensemble par un pertuis fistuleux. C'est qu'en effet le processus ulcératif n'est pas toujours arrêté dans ces cas par la coque fibreuse de la prostate. Celle-ci le subit à son tour et un trajet fistuleux s'établit, plus ou moins étendu, plus ou moins sinueux, anfractueux, s'ouvrant sur des points différents : Turèthre, la vessie, le périnée au pourtour de Tanus, le rectum, les bourses. L'ouverture uréthrale est la plus commune ; elle est la cause de la véritable caverne urineuse, puisqu'à chaque mixtion Turine vient remplir la cavité morbide; la même chose se produit quand la fistule est vésicale.

D'autres fois, et c'est le cas le plus fréquent après les précédents, le pus s'est fait jour dans le rectum, établissant une fistule prostato-rectale, entretenue par le passage continuel du gaz et des matières fécales dans l'intérieur de la poche. Begîn a vu, dans

CWKRNES ET FISTULES DE LA PROSTATE. Sî7

un de ces cas, un os avalé, peu de temps auparavant, sortir par l'urètre. L'urine passe, d'ailleurs, plutôt que les matières stercorales à cause de Tobliquité du trajet. Cette pénétration des cavernes prostatiques, par des matières essentiellement septiques, n'est pas, du reste, aussi redoutable qu'elle semblerait au premier abord; rexistence de la membrane pyogénique les protège d'une manière très-efficace et les préserve d'une désorganisation trop étendue.

Une fistule de la prostate persiste souvent après la taille. Gosselin a vu en 1843, à THôtel-Dieu, un jeune homme de 19 ans, qui taillé en 1832, avait

(•) a, neEtion de l'os pubij; b, corps caferneui; n, Ecrotum; rf, teslicule»; e,rurcthre en avaut ilu réliiieissemi'iit; f, vtiisic; g, rectum; h, coarcUliuii ; J, orifice iDleroe ds la Hatulo, d'où l'on tuil \e» ili'sordrei qui se août upérés iun«le« liiBU« juiqua ces orifices eiterjies, I, /, /; k, [lartie p rotonde de i'unitlin' tilttée en Torma de cAne, (Citiale, Maladie de-i aies urinaires, t. tl, p. i43.

eu le rectum blessé pendant Topération et avait conservé une fistule urèthro-rectale. Le sperme ne sortait, chez ce malade, qu'en très-petite quantité par la verge et filait par le rectum. Le mal fut jugé au-dessus des ressources de Fart, Un calcul qui s'échappe spontanément par le périnée ou le rectum peut fort bien être l'origine d'une fistule.

Plus rarement, les cavernes prostatiques s'ouvrent au périnée, au pourtour de l'anus, par plusieurs ouvertures, en sorte que la région est criblée d'orifices comme une pomme d'arrosoir; dans quelques cas, on a vu la fistule déboucher sur le scrotum. Ces sortes de fistules seraient peut-être les plus favorables, si n'étaient l'étendue et les sinuosités de leur trajet. Et, en effet, comme l'intérieur même de la cavité prostatique, elles se tapissent d'une membrane pyogénique dont la surface suppurant continuellement, et les parois toujours écartées, ne peuvent s'accoler Tune à l'autre et ne tardent pas à s'indurer, en sorte que, sans présenter les inconvénients des précédentes, elles offrent tout autant de résistance à la guérison. Il va sans dire que, très-souvent, les fistules ne s'ouvrent pas que sur un seul des points désignés plus haut, mais sur plusieurs à la fois, urèthre ou rectum, périnée ou scrotum.

D'après Ricord, la tuberculose prostatique serait toujours l'origine des fistules anales des phthisiques; mais l'opinion de Ricord est assurément trop absolue, d'autant plus que ces fistules

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