‹ Traité des maladies de la prostate (volume 2)Chapitre 13 sur 24 · CAVERNES ET FISTULES DE LA PROSTATE. S · texte numérisé non relu

CAVERNES ET FISTULES DE LA PROSTATE. S

prostate, ni même son existence. C'est à la sonde, si son orifice est dans rurèthre,qu'il faudra recourir. Celle-ci conduite dans le canal pénétrera, avant d'arriver dans la vessie, dans une cavité plus ou moins large, d'où il sortira du pus sanguinolent, mêlé d'urine. Ce liquide, plus ou moins abondant, ne sera jamais comparable, comme quantité, au contenu de la vessie. Dans la caverne, d'ailleurs, la sonde ne pourra se mouvoir aussi bien que dans cet organe; ses mouvements à droite et à gauche, en avantetenarrièreserontnécessairementfort limités. De plus, le doigt introduit, à ce moment, dans le rectum sentira parfaitement que l'instrument n'est plus séparé de lui, comme à l'ordinaire par une grande épaisseur de tissus, mais qu'il est au contraire parfaitement sensible, que sa forme peut être facilement limitée. Au travers de la paroi uréthro-rectale amincie, ses mouvements, plus étendus que d'ordinaire, sont alors plus facilement perçus.

S'il existait une ouverture au périnée et une autre dans l'urèthre, la manœuvre serait la même et le doigt introduit dans le rectum sentirait non-seulement la sonde, comme tout à l'heure, mais encore l'orifice fistuleux, caractérisé par une excroissance plus ou moins saillante et indurée. Le spéculum de Syms, introduit dans le rectum, permettrait à l'œil d'apercevoir cette excroissance. Si la fistule s'ouvrait au périnée et dans le canal, la sonde, en fournissant les mêmes indications

que dans le premier cas, en indiquerait Torigine d'une manière positive.

Supposé, ce qui est rare, d'ailleurs, que la caverne n'ait pas d'orifice interne, mais seulement au périnée et dans le rectum, on n'aura plus guère alors pour se guider que le toucher rectal. Le doigt, en pressant sur la face antérieure du rectum, sentira la poche s'affaisser sous son effort, en même temps qu'il fera sortir, par l'orifice fistuleux, du pus mélangé d'urine. Du reste, dans les deux cas, on aurait recours à l'examen du trajet fistuleux, avec un stylet: celui-ci introduit avec précaution parviendraitfacilement;aumoinsducôtédurectum, jusque dans l'intérieur de la caverne, et la liberté de ses mouvements en ferait facilement reconnaître l'existence. Si la caverne communiquait seulement avec la vessie, comme nous avons démontré que cela était possible, le diagnostic, d'après Velpeau, ne pourrait guère être fait.

Une question se présente ici : une caverne d'origine tuberculeuse peut-elle être distinguée d'une caverne inflammatoire simple ? Le diagnostic serait extrêmement difficile pour ne pas dire impossible. Ce n'est guère que par le développement consécutif de la maladie et par suite de raccentuation des symptômes qu'on pourra être fixé sur la nature du mal, et ce sera alors l'état général qui, seul, pourra nous éclairer. Cependant, si comme nous l'avons dit, on constatait autour de l'anus, un grand nombre de fistules et cette disposition en pomme d'arro-

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