CAVERNES ET FISTULES DE LA PROSTATE
soir que nous avons indiquée, il y aurait beaucoup moins à hésiter,
Marche, terminaison, pronostic. — Les cavernes prostatiques, quelle qu'en soit Porigine, se conduisent à peu près de la même façon. Il s'y forme, comme nous l'avons vu, une membrane pyogénique, sorte de fausse membrane muqueuse qui tapisse leur surface interne, sécrète continuellement du pus et empêche définitivement Taccolement des parois que leur disposition et leur résistance rendent déjà si difficile; d'autant plus que cette cavité, destinée presque fatalement à rester béante, reçoit à chaque instant le contenu de la vessie qui s'y mélange avec le pus. De là, d'ailleurs, aussi un danger considérable, car, si la caverne ellemême ou les trajets fistuleux ne sont pas suffisamment protégés par la membrane pyogénique; si, pour une raison ou pour une autre, il s'y fait une fissure, le malade peut très-bien être atteint d'une infiltration urineuse, d'autant plus grave qu'elle a lieu dans la partie profonde de l'urèthre et dans des tissus déjà gravement désorganisés.
Si la maladie est due à la fonte tuberculeuse, elle est nécessairement beaucoup plus grave que dans le cas de suppuration simple, et le pronostic en est fatal. Dans ie cas d'inflammation simple, le pronostic en est toujours fort sérieux, quoique cependant beaucoup moins redoutable. Ainsi M. CuUerier cite le cas d'un malade qu'il a guéri d'une caverne prostatique.
Traitement. — C'est aux irrigations uréthrales qu'il faut, tout d'abord, avoir recours dans le traitement des cavernes prostatiques. L'existence d'un ou plusieurs trajets fîstuleux n'étant pas, tant s'en faut, une contre-indication à leur emploi : dans cette maladie, en effet, le fond du canal, étant profondément irrité et enflammé, une sonde à demeure, comme on en place en cas de fistules ordinaires, empêcherait assurément l'urine d'arriver dans la cavité; mais, en admettant qu'elle pût être supportée, enlèverait-elle le pus de la cavité morbide ou la matière caséeuse tuberculeuse ? Le cathétérisme répété n'arriverait pas mieux au but et , tout en irritant moins les parties, aurait toujours cet inconvénient dans une certaine mesure ; de plus, comme il est souvent très-difficile de sonder un malade atteint de caverne prostatique, on serait forcé de renoncer à ce moyen aussi bien qu'au premier.
Comment les irrigations uréthrales agissent-elles sur les fistules? En empêchant les produits étrangers et putrides : le pus et l'urine, de séjourner dans leur trajet. Dès lors les tissus n'étant plus baignés par des liquides ammoniacaux et par conséquent trèsirritants, reprennent leur souplesse ; les bourgeons charnus n'étant plus entravés dans leur évolution se rapprochent, s'accolent et finissent par combler les fistules. Les irrigations uréthrales ont, de plus que les sondes à demeure ou le cathétérisme répété, l'avantage de modifier les surfaces, tout en débarrassant les cavernes et les fistules des liquides qui vien-
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nent à chaque instant les irriter et entraver leur cicatrisation. En effet, on se sert, pour les pratiquer, ra« rement d'eau pure, mais d'un topique légèrement caustique, irritant et antiputride. Pour cela on additionne Teau d'acide phénique au 1/1000 ou au 1/500, de nitrate d'argent au 1/1000 ou de teinture d'iode. La guérison dont j'ai parlé a été obtenue par M. CuUerier au moyen d'injections avec la teinture d'iode; mais la causticité de ce métalloïde étant considérable, il vaudrait mieux avoir recotirs à l'acide phénique. M. Reliquat, qui a obtenu de très-beaux succès au moyen de cette méthode, se sert d'une solution phéniquée. C'est, du reste, à l'irrigateur uréthralde ce chirurgien que je conseille d'avoir recours. Voici la description de l'auteur :
« L'irrigateur de Turèthre se compose de: 1* une sonde en gomme (Gg. 3), ayant un diamètre de 3 millimètres au plus, les parois aussi minces que possible, de faron à réunir une grande souplesse à un calibre suffisant. A son extrémité externe, la sonde a les bords de son orifice solidement fixés à un petit entonnoir métallique (fig. 1, B), qui sert à la mettre en communication avec un siphon en caoutchouc (fig. 1, F) chargé de fournir continuellement le liquide. Sur le trajet du siphon est un robinet (fig. 1, G) qui permet de graduer ou d'arrêter l'écoulement du liquide.
« 2" Un pavillon œnique (fig. 4) creux, traversé suivant son axe par la sonde (fig. 2), sur laquelle il glisse librement.
K L'ouverture de la base du cône présente un petit rebord saillant, destiné à retenir une rondelle de caoutchouc, dont la partie libre se rétracte sur la
Apparel à irrif^tion cnnlinue, de Reliquat.
sonde et ferme l'espace qui existe entre la sonde et foriOce du pavillon. De plus, ce même orifice peut recevoir à frottement l'extrémité de Tentonnoir métallique de la sonde. Ainsi, le liquide contenu dans le pavillon ne peut pass'échapperlelongdela sonde. — La face convexe du cône présente, à pa^