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Pince de Haies, dite de Hunier (*).
La curette de Leroy d'ÉtioUes est bien inférieure à la pince de Hunter. C'est une tige droite aplatie sur sa face antérieure, et qu'on introduit, comme la pince de Hunter, par la manœuvre du cathétérisme rectiligne. Le bec de cette sorte de sonde, creusé en gouttière et susceptible de se relever, en tournant sur une charnière, se meut aussi par une vis placée dans la poignée. L'instrument introduit, on s'efforce d'insinuer son bec entre les parois uréthrales et le calcul ; quand on y est parvenu, on relève ce bec qui, formant crochet, ramène le calcul quand on retire l'instrument. Le grand inconvénient ici, c'est que le corps étranger peut, à chaque instant, s'échapper pendant son trajet, et qu^il est
(*) a, tige de l'instrument en forme de tube ; />, branches du mandrio; c, poignée serX'ant à manœuvrer le mandrin et à faire rentrer ou saillir les branches ; ^i vis serrant à fixer le mandrin.
CALCULS PROSTATIQUES. 255
plus susceptible qu'avec Finstrument précédent, de déchirer Turèthre.
Dans la pince à anneaux de Collin, Tune des branches de l'instrument, dont Taspect est à peu près celui de la pince à spéculum, est d'une seule pièce dans toute sa longueur» mais le mors en est un peu incliné en dehors dans une étendue de deux centimètres environ. L'autre branche est brisée à la base du mors qui a, comme le précédent, deux
Pince aréthraie à anneaux, de Robert et CoUin, pour eitraire les calcula
et les corps étrangers du canal.
centimètres de long. Les deux mors sont articulés à ce niveau, c'est-à-dire à deux centimètres de leur pointe. Quand on écarte les anneaux l'un de l'autre, on fait basculer le mors de la branche brisée qui s*écarte du mors de la branche fixe ; mais l'instrument est construit de telle sorte que, quand les branches en sont à leur plus grand écartement, le diamètre de la pince reste le même, et que les mors ne s'éloignent jamais de plus d'un centimètre et demi.
Cette pince offre Favantage de pouvoir être manœuvrée d'une seule main. On l'introduit, d'ailleurs, comme une sonde droite. Arrivé sur le gravier ou le corps étranger, on fixe celui-ci avec la
us MAUDIBS DE U PROSTilC.
main restée libre ; on ouvre la pince et ou s'efforce d'insinuer le mors de la branche fixe entre les parois uréthrales et le corps étranger; on la referme quand on la saisit, et on la ramène au dehors. Si c'est un gravier et que son passage dans l'urèthre déchire cet organe, on peut essayer de le broyer; cette pince étant très-forte^ malgré la délicatesse apparente de sa construction, on y parviendra quelquefois.
Nélaton a inventé un petit brisepierre uréthral dont la branche femelle ne diffère pas, quant à la forme, de la curette de Leroy. C'est comme celle-ci une tige, dont le bec peut former un crochet en se relevant; comme, ce dernier, il est creusé en gouttière et il est très-fort. On l'in- > A. troduit de la même manière que la curette de Leroy d'Étiolles, et on cher che, comme précédemment, à accrocher le calcul ; quand on y est parvenu, on fait glisser la branche mâle sur la branche femelle, et si on ne peut parvenir à briser le calcul, on le retire comme avec la pince de Hunier. C'est un instrument plus facile à manier que celui-ci.
Bnie-pierre
urélbral
[le Nélaloa (').
CALCULS PROSTATIQUES. 257
Giviale a inventé un brise-pierre uréthral analogue au précédent, dont le bec n'étant pas mobile est, par conséquent, beaucoup plus fort, en sorte qu'avec lui on peut broyer sans inconvénient; mais rintroduction en est moins facile.
Ce brise-pierre a été modifié, et on peut dire, à juste titre, perfectionné par M. Reliquet. Les dispositions nouvelles données à Tinstrumenl par ce chirurgien en ont fait un lithoclaste d'une très-grande puissance, et auquel il serait bien difficile qu'un calcul pût résister. Voici la description qu'en donne son inventeur :
c( Cet instrument, construit sur mes indications par MM. Robert et CoUin, se compose de : 1"* Une branche femelle terminée par un bec recourbé comme une curette ordinaire. L'extrémité du bec dépasse peu l'axe de l'instrument.
autre extrémité, manuelle, présente méthrai
1 X j 1 1 j . (le Relique! (').
une virole et, au delà, un pas de vis ^ ' '
sur lequel se meut le volant. Cette branche femelle creuse est cannelée dans toute sa longueur. « 2** Une branche mâle. C'est un tube qui glisse dans la branche femelle, il est muni d'une virole qui sert à lui imprimer les mouvements de vaet vient dans la branche femelle. Sur cette virole agit le volant. L'extrémité de ce tube est termi-
(*) Ce bec est le même que celui du lithoclaste de Maisonneuve. — À, pointe du perforateur; B, tige du perforateur; C^ branche femelle enveloppant le perforateur.
H. Picard. 17
t&8 MAUDIBS DB lA PROSTATE.
née par un orifice circulaire et dentelé ; de plus, il offre une saillie mousse qui glisse dans la cannelure de la branche femelle et écarte les tissus des dents de l'extrémité. L'autre extrémité de cette branche m&le tubulaire présente près de son orifice, sur sa paroi interne, un pas de vis qui répond à celui du perforateur.
* 3' Un perforateur. Il occupe la cavité de la branche mâle, se termine d'une part par une pointe quadrangulaire et de l'autre par un bouton.
En avant de ce bouton, il y a un pas de vis qui correspond à celui de la branche mâle.
(( Mécanisme du broiement. — Le gravier ou le petit calcul dans la curette, pris entre le bec de la branche femelle et l'extrémité de la branche mâle, y est serré énergiquement au moyen du volant qui agit sur la virole. L'axe de compression correspond exactement à celui de l'instrument. Alors on conduit le perforateur; sa pointe quadrangulaire agit par rotation sur le gravier, elle le dégrade, le perfore dans l'axe même où ce gravier est comprimé. C'est à cette perforation dans Taxe de compression qu'est due la très-grande puissance de broiement de cet instrument à aspect grêle (1)» ]
Il ne faut pas d'ailleurs se dissimuler que ces instruments étant droits seront surtout utiles dans la partie flexible de l'urèthre et jusqu'au bulbe environ. A partir du collet de la région membra-
(i) Reliquet. Traité des opérations des voies urinaires.
aiCULS PROSTATIQUES. S59
neuse^ il sera difficile de saisir un calcul. Aussi, comme on a quelquefois échoué, certains chirurgiens ont conseillé de repousser le calcul dans la vessie. On pratique cette manœuvre au moyen d'une bougie de cire molle, et alors, de deux choses Tune, si le calcul n'est pas très-volumineux, il s'échappe quelquefois avec Turine, et quand il reste dans la vessie, on a toujours la facilité de le broyer par la lithotritie. Supposé qu'on n'ait réussi ni à retirer le calcul, ni à le broyer sur place ou à le repousser dans la vessie, on doit recourir à l'instrument tranchant à une taille incomplète.
Plusieurs méthodes sont alors en présence. On peut, comme dans la taille médiane, faire une incision sur le raphé périnéal, à un ou deux centimètres en avant de l'anus, et longue de 4 à 5 centimètres. On conduit le bistouri jusque sur la pierre, et on l'enlève au moyen d'une pince ordinaire forte. C'est là un procédé très-simple, qui permet d'arriver sur le calcul sans crainte d'hémorrhagie, et dans lequel une blessure du rectum, facile à éviter, pourrait seule être à redouter.
Cette opération peut être remplacée par la taille prérectale. On fait une incision qui contourne les deux tiers antérieurs de la circonférence de l'anus, à une distance de 4 à 5 millimètres de cet organe. On coupe couche par couche après avoir eu soin de bien tendre les téguments pour leur faire perdre leur disposition rayonnée. Arrivé vers le sphincter, on introduit l'indicateur gauche dans Tintes-
xMALADIES DE U PROSTATE.
tin, de manière à le porter en arrière. On opère ainsi la tension de la bande fibreuse qui, du sphincter anal, va joindre le muscle bulbo-caverneux, dont la section en est rendue plus facile. Dès lors, on peut toucher la prostate avec le doigt et continuer sans crainte de détacher le rectum, ce qui devient de plus en plus facile ; car, à ce niveau, la distance de Turèthre à l'intestin est très-grande. Quand on est parvenu au sommet de la prostate, celle-ci étant entièrement dégagée, on n*a plus qu'à rinciser pour enlever le calcuL
Cathéter cannelé (*).
Si un cathéter peut être introduit dans la vessie il rend l'opération pUis facile, en faisant bomber le périnée et saillir le calcul.
(*) Figure tirée du Traité (tes maladies des voies uriftairts, de Tliompsoo, pai^d 564.
Les kystes de la prostate étant extrêmement rares, lear histoire est impossible à faire. Je suis contraint, pour ce sujet, de transcrire ici les observations consignées dans la thèse d'agrégation de Béraud (Paris, 1857), ainsi que quelques autres cas rapportés par Thompson et qui sont les seuls que j'ai pu trouver dans les recueils périodiques et les ouvrages spéciaux.