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VALVULES DU COL DE LA VESSIE

Les valvules du col de la vessie, inconnues aux anciens pathologistes, ont été bien étudiées par les auteurs contemporains.

Lieutaud, le premier, parle de Panneau aponévrotique ligamenteux constituant le col vésical et du tubercule en forme de croissant qui occupe son orifice. Ce tubercule, regardé par Lieutaud comme un prolongement du trigone de la vessie, c'est la luette vésicale que Deschamps regarde comme un repli de la membrane interne du réservoir de Purine, à rentrée de son orifice. Pour lui, ce repli, dont Texistence est constante, résulte du rapprochement des parties latérales de la glande prostate- Plus précis que Lieutaud et Deschamps, Hunter démontre que le lobe médian de la prostate peut se tuméfier de manière à former une véritable valvule au col vésical. De son côté, Everard Home, contemporain et élève du précédent, dit, en parlant de rhypertrophîe de ce même lobe auquel il a donné son nom, quMl peut former un repli transversal en poussant en avant la membrane qui prend des connexions avec des lobes latéraux et de retendue en proportion, et qu'il fait Yoffice d'une valvule en fermant le passage de turine.

Sœmmering et Ch. Bell ont constaté la même disposition du lobe médian de la prostate ; mais le dernier de ces auteurs ajoute nette remarque importante qu'aussi souvent qu'il y a projeclion valvulaire de laproitate, les muscles des uretères qui s'insèrent à cette portion acquièrent un surcroît de développement. Cette remarque sur laquelle Ci via] e appelle Tatlention indique que suivant Bell la prostate ne forme pas seule les valvules du col vésical, et que celles-ci peuvent être uniquement constituées par Taccolement de deux feuillets membraneux comprenant dans leur intérieur des fibres musculaires.

Comme Ch. Bell, Howship parle aussi de valvules formées par les faisceaux musculaires de la vessie distendus entre les orifices des uretères.

La revue que nous venons de faire prouve que les auteurs cités plus haut, sans nous avoir laissé de bien longues descriptions des valvules qui peuvent exister au col de la vessie, les avaient au moins observées. Lieutaud et Deschamps désignent suffisamment dans les passages que nous avons rapportés les valvules musculaires; Hun ter, Everard Home, les valvules prostatiques. A ces deux espèces Ch. Bell et Howship ajoutent la connaissance des valvules uréthrales.

Cependant, c'est à Guthrie qu'il faut arriver pour avoir une description exacte et une distinction précise des diverses espèces de valvules qui obstruent le col de la vessie, et auxquelles il a donné le nom de barrières de la vessie.

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Guthrie admet deux espèces de valvules du col de la vessie.

Les premières^ formées par un épaississement chronique du col vésical, dû au tissu élastique sous-muqueux, sans participation de la prostate;

Les secondes, constituées uniquement par une hypertrophie du lobe médian de la prostate, de forme particulière.

Comme on le voit, Guthrie laisse de côté les brides musculaires qu'on rencontre souvent étendues entre les orifices des uretères. Elles appartiennent, en effet, plutôt à la vessie et doivent être décrites avec les maladies de cet organe.

Les observations de Guthrie et les distinctions établies par lui ont été confirmées et complétées en France par les recherches de Civiale et de M. Mercier.

Si, en effet, on enlève la muqueuse qui recouvre ces replis valvulaires, on voit aundessous d'elle, tantôt des faisceaux transversalement étendus dont la couleur, la disposition et les rapports indiquent de suite des fibres musculaires hypertrophiées, tantôt un tissu dont la densité, la couleur jaunâtre, les fibres irrégulièrement entrelacées, révèlent la nature fibreuse. Parfois ces replis sont festonnés, froncés et présentent des excroissances séparées par des sillons plus ou moins profonds.

Dans ce cas, on a affaire à une véritable barrière musculaire dont la consistance peut être assez considérable sans que son épaisseur atteigne jamais

de très-grandes proportions. Ces barrières, en général lisses, peuvent n'être formées que par Taccolement de la muqueuse à elle-même entre les feuillets de laquelle on ne rencontre qu'un petit nombre de fibres musculaires. D'autres fois, elle prend Taspect d'un cordon arrondi et assez résistant dont les fibres intérieures sont analogues à celles du sphincter vésical. Ces deux genres de valvules ont une disposition analogue. Le bord supérieur en est horizontal, leur direction est . régulière et elles s'étendent d'un des lobes latéraux de la prostate à celui du côté opposé.

Dans quelques cas, il existe une valvule de chaque côté du lobe médian de la prostate hypertrophiée ; chacune d'elle part de ses faces latérales pour jàlier rejoindre le lobe latéral correspondant.

Quand la valvule est d'origine musculaire, le tissu prostatique sous-jacent n'a pas, au dire de Mercier, augmenté de volume et son aspect extérieur est celui de l'état normal. Cette intégrité de la prostate est rare, d'après Thompson, et n'existe que s'il y a un obstacle au cours de l'urine, tel qu'un rétrécissement ou un calcul ; alors la crête uréthrale est repoussée vers le trigone, en sorte que cesdeuxpoints se rapprochent et sont séparés par un espace moindre. D'après M. Dodeuil, comme nous l'avons dit en traitant de l'augmentation de volume simple, les valvules uréthro-vésicales seraient toujours la conséquence d'une augmentation de la glande et, d'après M. Sappey,dela présence d'une concrétion.

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Les valvules formées par une hypertrophie dulobe médian de la prostate sont plus épaisses que les précédentes, quelquefois unies, mais en général moins régulières, comme forme et comme direction. Elles sont tantôt molles, dépressibles, frangées, comme le tissu glandulaire dont elles ne sont qu'une hypertro* phie et dont on aperçoit facilement les lobules en sectionnant lamuqueuse. Le bord supérieur^ le plus souvent lobuleux, forme quelquefois le sommet d'un triangle dont la base se continue avec le plancher uréthral.

Ces valvules, quelle qu'en soit d'ailleurs la forme, changent, comme les tumeurs de la prostate, complètement la conformation du col vésical. Quelque* fois^ du milieu de la valvule et perpendiculaire* ment à Tune de ses faces ou à toules deux, s'élève un repli membraneux qui va mourir soit sur le basfond de la vessie, soit sur le plancher de la partie postérieure du canal ; dans le premier cas, le trigone semble soulevé ; dans le second , la portion prostatique subit la même déviation et se trouve de plus divisée en deux rigoles latérales.

Il n'est pas rare, en effet, de leur voir acquérir une hauteur de 2 à 3 centimètres. Béraud cite même un cas dans lequel une de ces valvules avait une élévation de 5 centimètres du côté de l'urèthre. Cependant, il faut bien le dire, un tel développement est rare et môme, quand elles en sont arrivées là, elles n'ont pas toujours les conséquences graves que l'on pourrait croire parce qu'elles sont extrême-

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ment molles. Elles flottent^ pour ainsi dire^ et se laissent abaisser en avant par le flot urinaire ou en arrière par la sonde.

Du reste, ces valvules peuvent très-bien ne pas présenter la même hauteur sur leur face antérieure et sur leur face postérieure ; ainsi, dans le cas de Béraud cité tout à Theure, la valvule avait 5 centimètres du côté de Turèthre et 4 seulement du côté de la vessie.

La saillie considérable de la face antérieure de ces valvules donne au fond de Turèthre la forme d'une cavité que Ton désigne sous le nom d'excavation prastatique.Les valvules uréthrales semblent le plus souvent faire corps avec la crête uréthrale dont elles nesont jamaiséloignées que de quelques millimètres et ne siègent pas indifféremment sur tout le pour-* tour du col vésicaU niais seulement sur sa paroi inférieure.

*La membrane muqueuse qui recouvre les valvules du col n'a pas conservé son apparence normale ; elle est tantôt rouge, violacée, brune, molle, fongueuse, parcourue par des vaisseaux dilatés, surtout sur la face postérieure, vaisseaux qu'on a pris pour des varices; ou bien elle est blanchâtre et épaissie; le verumontanum prend une forme plus arrondie et semble boursouflé.

Étioloqie. ~- Les valvules du col de la vessie, d'origine prostatique, sont de même nature et ont les mêmes causes que les tumeurs de cette glande; nous n'avons donc point à revenir sur cette ques-

3Si MALADIES DE LA PROSTATE.

tion que nous avons traitée dans Tarticle précédi Nous ne nous arrêterons pas non plus ici à esai ner les idées émises par M. Dodeuil et par M. Sa] pey au sujet de la naissance et du développement de ces valvules; nous les avons exposées longuement en traitant de l'hypertrophie simple et nous venons d'ailleurs de les rappeler en quelques mots il y a un instant.

Les valvules musculaires semblent être, di certains cas, la conséquence d'une disposition turelle du col vésical. Ainsi, M. Mercier a remarqué que chez certains sujets, enfants et adultes, le bord postérieur du col vésical proéminait beaucoup plus que chez d'autres. Or, en rapprochant cette dispositionde plusieurs observations dans lesquelles il a constaté la présence de valvules chez des tndid vidus qui avaient eu beaucoup de peine à urineM depuis leur enfance, il en conclut qu'elle peut bien donner lieu à l'aifection dont nous parlons. Cependant, tout en admettant qu'une valvule puisse être congénitale, il croit que le plus souvent elle a une origine inflammatoire. Pour lui, sous l'influence de l'inflammation, le col se contracte, et cette contraction, d'abord passagère et intermittente, devient permanente pour peu que la cause persiste. De plus, le tissu musculaire lui-même change de nature : d'abord congestionné et noirâtre, il devient plus clair, passe au rouge brique, diminue de volume et de longueur; sa consistance augmente, et bientôt il passe à l'état fibreux.

Les vieilles uréthrites réfugiées dans la partie prostatique, et dont la guérison est si difficile, ne produiraient pas autre chose.

Les diurétiques à haute dose, le sel de nitre, la bière, le vin blanc, chez les individus prédisposés, agiraient de la même façon en irritant et même en enflammant le col vésical. Les abus de coït, la masturbation, les calculs, en entretenant dans le fond de Furèthre une congestion permanente, arriveraient au même résultat. M. Mercier pense aussi qu'un exanthème disparu peut très-bien se répercuter sur Turèthre, y produire une blennorrhagie de nature herpétique et consécutivement une valvule du col.

Il en serait de même du rhumatisme fixé sur le col de la vessie, dont il provoque la contracture comme il provoque celle des muscles des membres.

Mais de toutes les causes que nous venons d'énumérer, la plus fréquente serait assurément les rétrécissements de Turèthre. Dans cette maladie, le col de la vessie, si Ton en croit M. Mercier, ne laisserait échapper Turine que tardivement, et sa contraction, par conséquent permanente, finirait par lui faire subir la transformation fibreuse dont nous avons parlé tout à Theure, si le rétrécissement n'était pas opéré promptement.

Enfin, M. Mercier signale encore, comme cause de contracture du col vésical et, par conséquent, de valvule de cet organe, les inflammations des

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