‹ Traité des maladies de la prostateChapitre 12 sur 61 · Kieu de particulier · texte numérisé non relu

Kieu de particulier

m. Beaucoup d'agitation la nuit. Le malade a enlevé la s et un peu d'urine s'est infiltrée dans l'angle supérieur et ex' gauche de ta plaie.

Le 20, la réunion immédiate s'est opérée en beaucou points, si ce n'est en haut, au niveau de l'angle supérieur gai où s'est déjà établie une fistule urinairequi s'accentue et pei à la fin d'avril, quand le malade quitte l'Hôtel-Dieu ave urinai et des habits de son seie.

De tous ces procédés, celui de Le Fort est évidemment p rable, puisqu'il permet de fermer complètement la vessie, heureusement il ne peut être appliqué qu'aux individus foi d'un large prépuce, ce qui n'existe pas toujours. Quand ce gane fait défaut ou qu'il n'est pas épais, il faut préféri méthode de Wood. Les lambeaux y sont multiples et si posés, deux conditions de succès dans l'autoplastie ; de pli respecte le scrotum, qui n'est pas riche en capillaire. Les résultats qu'il a fournis disent assez qu'il est le meilleur. I préférable pour l'opération est de 7 à 10 ans ; on pourra la plus tard; mais, autantqueposstble, pas plus tôI, et surtoi n'opérera pas en un seul jour, mais en autant de séances i éloignées que l'état du malade ou des parties l'exigera.

INFUMMATIONS DE LA VESSS. 09

L'ioflammation de la vessie s'appelle cystite. Cette inflammation peut être aigtiè ou chronique.

Les anciens donnaient plus particulièrement le nom Ae cystite à l'inflammation de toutes les membranes constituant le globe Tésical, réservant celui de catarrhe à l'inflammation de sa membrane muqueuse. Cette distinction n'est pas justifiée par l'anatomie pathologique ; car dans le catarrhe de la vessie, aussi bien que dans la cystite aiguë, on trouve rarement la maladie limitée à la membrane interne.

Cependant les mots catarrhe vésical ont souvent désigné un état si particulier qu'il est bon de les conserver.

Si Ton envisage la cystite au point de vue des causes qui peuvent loi donner naissance on verra qu^elle est due le plus souvent àon traumatisme : lithotritie, taille, cathétérisme, accouchement ; ou qu'elle est symptomatique de la présence d'un calcul, de la blennorrhagie, chez l'homme ; de la métrite, chez la femme.

U existe encore une cystite de nature particulière, elle aussi symptomatique ; c'est la cystite cantharidienne, provoquée par l'absorption des cantharides.

On a aussi accusé la métastase de pouvoir être cause de la cystite ; un exanthème disparaissant aurait été, d'après certains auteurs, remplacé par une inflammation de la vessie; mais c'est là une assertion qui demande à être soumise à une nouvelle observation. Il en est de même de la cystite consécutive à la suppression d'une hémorrhagie habituelle, mais non de celle qui apparaît en même temps que la goutte et le rhumatisme.

On doit rejeter la cystite idiopathique, c'est-à-dire la cystite apparaissant sans cause connue, la cystite primitive, privée de toute complication.

On voit, d'après ce qui précède, qu'au point de vue étiologiqae on peut admettre trois sortes de cystite : la cystite iraumatique; la cystite symptomatique ; la cystite cantharidienne.

Si on se place au point de vue anatomo-pathologique on &tinguera la cystite du corps et la cystite du col de la vessie.

70 INFU1IMAT10N8 OS Là VI8SIB.

Je m*arr6terai à cette dernière division et^ chacune de ces deux formes de la maladie pouvant se présenter à Tétat aigu ou chronique, je décrirai une cijstite aiguë et une cystite chronique ou catarrhe vésical. Je dirai en outre quelques mots de la cystite cantharidienne n

CVSTITE AIGUK.

Causes. — La cystite aigu6 natt sous l'influence des causes que nous avons passées en revue tout à Theure. Elle est trautruh tique quand elle résulte d'une contusion ou d'une plaie de la vessie ; soit qu'il y ait eu chute ou coup, soit qu'il y ait eu blessure par instrument piquant ou tranchant. La cystite est quelquefois produite par la main du chirurgien dans la ponction de la vessie ou dans toute autre opération ayant ce réservoir pour objet : exploration, lithotritie, taille. C'est encore le contact prolongé d'une sonde sur les parois de l'organe ou l'injection d'un liquide irritant qui lui donne naissance. On la voit se produire à la suite d'un accouchement laborieux, quand la tôte de l'enfant est restée longtemps au passage, et mAme pendant le cours de la grossesse, l'organe étant comprimé par ceux dont il est entouré et ne pouvant plus, dès loiSi se vider facilement.

D'après Hervieux, la cystite, survenant consécutivement à l'accouchement, serait, dans la plupart des cas, la conséquence d'une intoxication puerpérale; ce serait, selon cet auteur, la seule manière d'expliquer la maladie, quand l'accouchement a été facile.

Nous avons, en second lieu, la cystite symptonuxtique des calculs, des corps étrangers introduits volontairement dans la vessie ou des néoplasies vésicales (tubercules, cancers, fongus, valvules du col).

Il n'est pas inutile de mentionner ici les brûlures graves, comme cause de cystite. Dupuytren rapporte deux autopsies de brûlés dans lesquelles on trouva la vessie fort distendue et remplie d'un liquide blanch&tre et trouble. Nélaton fait remarquer que les brûlés ressentent, au premier moment, une soif très-vive et se plaignent de fréquents besoins d'uriner.

DfFLAMM/lTIONS DE U VESSIB. 71

qu'ils ne peuvent satisfaire. Legouest appelle Inattention sur le même fait, en ajoutant que si alors on sonde le malade, on ne trouve rien dans la vessie.

On doit ranger dans cette partie de Tétiologie la blennorrhagie, qui donne souvent lieu à une cystite, sans qu'aucun excès ou aucune dérogation aux règles de l'hygiène soient venus la provoquer. Il est bien entendu, cependant, que le malade ysera d'autant plus eiposé qu'il se sera livré plus tôt, pendant le cours de cette maladie, ou à des excès alcooliques ou vénériens.

On a aussi accusé les balsamiques et les diurétiques administrés à hautes doses de pouvoir donner lieu à la cystite. D'autre part, un malade, souffrant des voies urinaires, sera d'autant plus facilement atteint de cette affection que la température sera pins basse et l'humidité plus grande.

La cystite survient quelquefois consécutivement à une inflammition de voisinage, soit du rectum, comme Chopart l'a vu à la suite d'hémorrhoïdes enflammées, soit d'abcès de l'anus, soit l'une maladie de l'utérus ou du vagin.

La cystite a encore été observée chez les tuberculeux, même ans qu'on pût constater aucun signe de tubercule dans les oiganes urinaires.

De leur côté. Liégeois et Vidal ont constaté une cystite violente chez un individu atteint d'érysipèle du scrotum.

Enfin, dans la dyssenterie, on observe souvent un besoin oontuud et douloureux d'uriner, avec exhalaison de mucus, soit âms la vessie, soit dans l'urèthre.

Dans la métrite, les mictions sont douloureuses, les urines nages, peu abondantes, brûlantes. 11 en est de môme quand il y a antéflexion, corps fibreux de l'utérus. Le retour des règles spès les couches, est souvent accompagné de cystite.

On a vu la cystite survenir chez des individus qui s'étaient retenus d'uriner pendant longtemps, et elle serait fréquente, diton, chez ceux qui ont une profession sédentaire.

L'incontinence nocturne d'urine est une cause de cystite. Sons l'influence du décubitus horizontal, la moelle épinière se congestionne : cette congestion s'étend au réservoir urinaire, dont elle détermine la contraction spasmodique. On conçoit

que cette imtation répétée peut très-bien amener une cystite chronique.

Il est aussi une variété de cystite qui se rattache à la masturbation, aux excès de coït.

Les diathèses rhumatismale, dartreuse, scrofuleuse, herpétique, l'hystérie, peuvent donner lieu aussi à une cystite. Il se produit là un état congestif sous Tinfluence de la douleur ; comme dans la névralgie faciale, il y a congestion de la conjonctive; mais, ainsi que nous l'avons dit plus haut, on ne doit admettre cette cystite qu'avec une certaine rései*ve.

L'atonie de la vessie, en produisant la stagnation d urine, peut aussi occasionner la cystite.

Anatomie pathologique. — Dans la cystite aiguë, les lésions dépendent surtout de la durée de la maladie et de son intensité. En effet, quand elle n'a pas été longue, elle ne laisse après elle aucune trace de son passage, et les tissus reviennent à l'état normal. Mais, si elle s'est prolongée pendant un certain temps, on trouve le plus souvent, comme lésion, une hypertrophie de la membrane muqueuse, et une dilatation des veines. Les uns prétendent que le volume de la vessie est augmenté, d'autres qu'il est diminué, enfin quelques-uns, qu'il n'a subi aucune modification ; mais ces diverses assertions sont également vraies, suivant les cas, et on peut observer ces divers états.

D'après Lebon, la muqueuse est d'un rouge vif, injectée d'une manière générale ou partielle par arborisations fines ou par une rougeur pointillée ; les arborisations sont souvent plus confluentes, au niveau du col, ce qui peut expliquer les hémorrhagies qu'on observe quelquefois dans la cystite du col. En même temps, la muqueuse est ramollie, tuméfiée, tomenteuse. Les follicules sont quelquefois encore perméables, surtout au voisinage du trigone, mais ils sont très-développés ; d'autres fois ils sont clos et entourés d'un cercle vasculaire.

Dans certains cas, surtout dans ceux de cystite cantharidienne, l'inflammation prend le caractère diphtbéritique, et la muqueuse se recouvre de pseudo-membranes gris&tres, avec un fond rouge. Elle ressemble alors, d'après Vidal, à la conjonctive dans l'ophthalmie blennorrhagique. La vessie est tapissée de fausses

mPLAMMÂTlONS DE U VESSIE. 7S

membranes variant, en largeur^ d'une pièce de 50 centimes à la moitié d'une carte à jouer, et d'une épaisseur de 1 à 2 millimètres, à bords irréguliers et frangés. Les lambeaux sortent en pelotons, quelquefois en rouleaux ; les moins grands sont mous, grisfttres, parsemés de taches hématiques; les autres, plus volumineux, offrent une densité plus grande et plus d'élasticité ; ils ressemblent à la couenne d'un caillot sanguin.

D est rare, heureusement, que les ulcérations de la cystite gagnent en profondeur, se frayent un passage à travers la tunique musculaire et, suivant le point de la vessie sur lequel elles sont développées, donnent lieu à diverses lésions : à une fistule vésico-vaginale, vésico-rectale, à une infiltration d'urine dans le périnée, dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, enfin, ce qui est plus grave, dans la cavité du péritoine.

Ces phénomènes s'observent surtout quand un corps étranger, calcul ou autre, est enfermé dans la vessie. C'est ainsi qu'on a vu une pierre sortir par le périnée, une aiguille par l^ypogastre.

Quand il y a formation de pus, tantôt la vessie ne présente que les lésions ordinaires, et on rencontre ce liquide accumulé en assez grande quantité dans l'organe ; tantôt, au contraire, les tuniques vésicales sont envahies par la suppuration, et des fosées s'étendent au loin ; il existe de véritables abcès, souvent très- volumineux. Parfois, enfin, on trouve des collections purulentes s'étendant jusqu'au périnée, dans le petit bassin, autour du rectum.

La cystite peut encore se terminer par gangrène ; c'est ce qn'on observe surtout à la suite de l'accouchement. Les points gangrenés sont, dans ces cas, entourés d'une inflammation extrêmement vive. La vessie peut alors être perforée, comme à la suite du séjour d'un corps étranger.

On a vu quelquefois des ulcérations succéder au développeoient de granulations tuberculeuses dans la muqueuse vésicale. Dans un cas observé par Valette, de Lyon, la vessie était racornie, la tunique musculaire inégalement hypertrophiée; la muqueuse d'un rouge gris&tre, fort épaisse et recouverte d'un très-grand nombre de petites granulations caséeuses, variant du volume d'un grain de mil à celui d'un pois.

74 INFUMMATIONS DE U VBSSIB.

Les caractères anatomiques de la cystite du ool ne sont pas très-bien connus, car on n'a pour les étudier que la sonde et l'en* doscope.

On peut, au moyen d'une bougie è boule, reconnaître le point malade ; l'olive, en frottant sur les parties atteintes par l'inflammation, provoque une douleur qui indique au médedn le siège exact de la phlegmasie ; elle ramène du sang, du muoo^us, dont la présence ne peut laisser subsister aucun doute sur la nature du mal.

Au lieu d'une bougie à boule, on peut se servir d'une sonde à petite courbure en gomme élastique. On tourne cette sonde en tous sens, dans le col ; on la pousse dans la vessie, puis on la ra** mène vers l'oriflce uréthro-vésical. Quand celui-ci est sain^ sa souplesse est absolue ; dans le cas contraire, on sent une rigidité souvent plus prononcée d'un côté que de l'autre. On suppose que la muqueuse est seule atteinte, quand la maladie dure depuis peu et que le toucher ne fait pas constater d'augmentation de volume de la prostate ; car, il ne faut pas se le dissimuler, la prostate ne peut rester longtemps intacte quand le col vésical, au« quel elle est intimement unie, souffre depuis quelque temps.

Quand l'inflammation est ancienne, elle envahit le tissu musculaire, qui peut s^hypertrophier au point de donner lieu h une sorte de valvule.

Avec l'endoscope, on voit de petites ulcérations qui peuvent être la conséquence du séjour d'un calcul ou d'une sonde ; mais surtout, de la contraction des fibres musculaires qui froncent et excorient la muqueuse. D'après Désormeaux, les ulcérations sont surtout dues à la blennorrhagie ; elles siègent au niveau du bulbe, dans la région membraneuse, la région prostatique et sur le col. Au dire du même auteur, on peut trouver, sur ces diff^** rents points, des ulcérations d^origines diverses, car les vices arthritique et herpétique, les diathèses tuberculeuse, scrofuleuse et cancéreuse, pourraient aussi leur donner naissance.

STMFroBiEs. -^ns peuvent être divisés en locaux et généraux.

Les symptômes locaux varient avec l'acuité de la maladie et sa localisation ; mais ces différences ont toutes un lien de parenté qui permet de les réunir dans une môme description. On

peut grouper les phénomènes morbides autour de trois ou ^atre signes caractéristiques :

Téne$me vésical;

Douleur hyoogastrique^ avec irradiations dans les réyions f^wines; Aliératùms de furine.

Ténesme vésical. «-C'est un besoin fréquent et presque inoes* sant d'uriner, qui ne permet cependant d'émettre qu'une très» petite quantité de liquide. Ces besoins si fréquents sont dus à la contraction du plan musculaire sous-jacent à la muqueuse, contraction de nature spasmodique, provoquée par l'irritation (|Qe communique Tinflammation aux fibres musculaires. Aussi, tttrce surtout au début que ce symptôme se montre avec toute M mlence, si bien que le malade est souvent obligé d'uriner à chaque instant. Le besoin est à ce point impérieux, qu'il est parfois impossible de s'y soustraire et que, dans certains cas, il y a inoontinence d'urine. Cependant, malgré ses eflbns, le malade ne rend que très-peu d'urine, et celle-ci, en s'accumulant dans la vessie, la fait remonter dans la région hypogastrique^ Dans certains cas, la rétention peut devenir complète. C'est alors cp'oQ est obligé de recourir au cathétérisme. Quand la sonde est enfin parvenue dans la vessie, le jet d'urine en sort cependant avec vigueur, et l'on sent que l'instrument est fort serré dans Torgane.

Souvent le ténesme rectal accompagne le ténesme vésical. On a dit que dans ce cas la cystite occupait surtout le bas-fond delà Vttsie ; ceci est vrai dans une certaine mesure ; aussi faut-il alors porter son attention du côté de la prostate, et examiner cet orgaoe avec soin. Boyer pense que la muqueuse boursouflée, au. niveau de l'ouverture des uretères dans la vessie, pourrait ampêcher l'urine d'arriver dans ce viscère et causer, par suite, la dilatation de ces conduits. On ne trouverait pas, dans ce cas, d'orine dans la vessie, quoiqu'il y eût rétention d'urine.

La douleur est le symptôme le plus pénible de la cystite. Il est constant, d'ailleurs, dans cette maladie. Dès le début, la douleur se fait sentir à l'hypogastre : d'abord sourde, vague, ressemblant à une colique ordinaire, elle ne tarde pas à

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devenir plus vive et à s'irradier vers le périnée , l'anus , la région lombaire, soit par suite de la propagation de l'inflammation aux reins par les uretères, soit par suite de l'arrêt de l'urine.

Troubles de furtne. — La phlegmasie a pour effet de fournir une sécrétion en rapport avec la composition des éléments anatomiques enflammés : c'est le flux muqueux ou l'exagération de la sécrétion normale, modifié à la fois dans sa quantité et sa qualité. Ces sécrétions muqueuses, qu'on désigne sous le nom de muctiSj mélangées à l'urine, en troublent la transparence et lui communiquent une densité et une viscosité plus grandes. Mais, comme elles sont plus fréquentes encore dans le catarrhe que dans la cystite aiguë, nous en reparlerons plus longuement en décrivant cette maladie.

Dans la cystite aiguë, le dépôt qui se forme après l'émission de l'urine est constitué par du pus, plus ou moins teinté de sang ; quelquefois il sort du sang pur. Généralement, quand on a placé l'urine dans un vase à expérience ou, à son défaut, dans un verre à vin de Champagne, on voit s'y déposer un nuage pas très-abondant, mais épais, blanc grisâtre, strié et parsemé de corpuscules rouge&tres très-visibles à l'œil nu, formés par du sang et aussi par des cristaux d'acide urique. Les globules sanguins sortent des vaisseaux par exsudation, les cristaux d'acide urique proviennent de la décomposition de l'urate de soude, probablement sous l'action d'un acide qui déplace l'acide urique. On a dit, sans le prouver, que ce nouvel acide était de l'acide lactique, auquel donnerait naissance une fermentation particulière consécutive à l'inflammation.

Dans la cystite cantharidienne^ l'urine peut être assez fortement teintée de sang mêlé à du pus ; mais le caractère distinctif, c'est la présence de fausses membranes dans le liquide urinaire. Ces fausses membranes sont tantôt légères et floconneuses, et passent inaperçues ; tantôt elles ont la forme d'hydatides, de corps cylindroïdes effilés à leurs extrémités, de couleur blanc grisAtre, rappelant la fibrine décolorée. Quelquefois leur volume rend leur passage à travers l'urèthre fort difficile. L'urine sort parfois tout à fait claire et transparente, mais se

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prend, quand elle est refroidie, en une masse semblable à de la gelée de pomme.*

Dans cette espèce de cystite, quand elle est légère, il n*y a qu'une douleur modérée au niveau du méat urinaire, et un lé* ger ténesme vésicaL Une fois la vessie vidée, la douleur disparait, mais reprend avec intensité aussitôt qu'il y arrive de lurine. Quand elle est violente, la cystite cantharidienne, toujours moins douloureuse que la cystite inflammatoire franche, peut cependant donner lieu à une miction fort pénible.

Dans la cystite du coly on retrouve les mt^mes symptômes que dans la cystite générale, c'est-à-dire des douleurs, du ténesme, des altérations de l'urine, des phénomènes généraux.

La douleur occupe, comme dans le cas précédent, la région hypogastrique, mais se locaUse souvent au-dessous et en arrière du pubis. Elle s'irradie au périnée, à Tanus^ aux aines, à la région lombaire, comme la cystite du corps, et se montre au commencement et à la fin de la miction, mais surtout à la fin, quand sortent les dernières gouttesM'urine.

Le ténesme se confond avec la douleur et apparaît, comme elle, au moment de l'expulsion des dernières gouttes d'urine.

Comme dans la cystite du corps, les besoins d'uriner sont fréquents, souvent difficiles à satisfaire, surtout pendant la nuit. Les altérations de l'urine ne diffèrent pas de celles que nous avons étudiées tout à l'heure : ce liquide, plus ou moins trouble, laisse déposer des flocons semblables à ceux que nous avons déjà décrits. Dans tous les cas, c'est surtout à la fin de la miction que le trouble de l'urine est plus apparent.

On a souvent vu la rétention d'urine plus opiniâtre et le ténesme plus violent dans la cystite du col que dans celle du corps. On a des raisons de penser que certains épaississements du col vésîcal proviennent de l'inflammation de cet organe. Quelle qu'en soit l'origine, une fois organisés, ils rendent la miction difficile et gênent le cours de l'urine.

La cystite du col se présente quelquefois sous un aspect particulier qui lui a fait donner le nom de cystite hémorrhayique^ parce qu'elle est caractérisée surtout par un écoulement de sang au moment de la miction.

Cette espèce de cystite, presque toujours complication de la blennorrhagie, apparaît rarement au début de cette maladie ; le plus souvent, c'est quand les phénomènes aigus ont déjà disparu, quand l'écoulement en arrive à être presque nul, qu'elle commence à se montrer.

Chez quelques sujets, elle se manifeste sans cause appréciable; chez d'autres, à la suite d'excès vénériens ou alcooliques. Quel" quefois elle est provoquée par l'exercice, l'équitation, la sortie d'un calcul^ ou par toutes les manœuvres ayant le col pour objet : l'introduction d'une bougie ou d'une sonde en particulier.

Elle débute brusquement par des envies fréquentes d'uriner qu'il est plus ou moins difGcile, parfois impossible, de satisfairet Les premières gouttes d'urine peuvent être claires, mais le reste est toujours* coloré en rouge, quand ce n'est pas du sang pan

Cette afiection, toujours sans gravité, ne s'accompagne jamais de troubles généraux.

Les symptômes généraux de la cystite sont quelquefois très^ graves, mais il faut distinguer ceux qui sont dus à la rétention d'urine, de ceux produits par l'inflammation. En effet, on voit un grand nombre de malades dont l'état paraît fort grave, dont l'anxiété fait craindre une terminaison funeste, et dont tous les symptômes alarmants cessent bientôt avec l'usage de la sonde et aussitôt l'urine évacuée.

Dans les cas bénins, que la cystite soit ou non étendue à toute la vessie, si elle est fort légère, le malade souffre modérément. Quelquefois, au contraire, et c'est le cas le plus fréquent, le ma« lade est en proie à un extrême malaise ; le ténesme vésical le prive de tout sommeil et le tient dans une agitation continuelle.

Quand la maladie est plus aiguë, on voit apparaître d'autres symptômes; ce sont des frissons répétés, l'élévation de la température, des sueurs exhalant l'odeur urineuse. Malgré leur apparence, ces symptômes n'ont ordinairement rien d'inqtiiétant. Mais si l'inflammation éclate avec violence, brusquement produite par l'introduction d'un corps étranger ou l'absorption d'une grande quantité de cantharides, ou un traumatisme quel-* conque^ alors les symptômes généraux précèdent les symptômes locaux. Le malade est saisi d'une lièvre ardente et d'une agita«

tM)n extrême, son pouls, petit et serré, est celui de la péritonite ; if a des nausées, des vomissement?, du délire.

Le tempérament du sujet est pour quelque chose dans la maladie ; qu'il soit vigoureux, la réaction sera vive, mais la marche da mal rapide ; qu'il soit débile, il y aura une réaction insenâide, mais la terminaison en catarrhe sera à craindre.

n est bien entendu que dans tous les cas passés ici en revue, 3 existe non-seulement de la chaleur, mais une fréquence du* pouls plus ou moins considérable. Très-peu marquée, quand la maladie est bénigne, elle peut, au contraire, quand elle est trèsdgue, faire battre l'artère jusqu'à 120 et 130 fois à la minute.

Dans la cystite du col, et c'est celle qu'on a plus souvent lieu fobserver dans la blennorrhagie, les symptômes généraux sont ordinairement presque nuls. Le malade peut être agité, le tônesme vésical peut le priver de tout sommeil, mais on reste itonné de voir qu'au milieu de ses souffrances il n'accuse ni âèvre, ni élévation de température. Quand ces deux phénomènes apparaissent, c'est seulement au début, et encore sont-ils de courte durée.

Marche, tenninaison. — La marche de la cystite est trèsvariable et diffère avec chaque malade.

Dans la cystite du col, surtout quand on applique de suite un traitement spécial, les symptômes aigus s'apaisent bien vite. La douleur est moins vive, les envies d'uriner moins fréquentes, le tioesme diminue et l'urine, dans laquelle nagent encore quelfoes globules purulents, n'offre plus qu'une légère teinte rosée. Au bout de huit à quinze jours^ tout rentre dans l'ordre, et s'il J a hématurie, le sang ne se montre pas au-delà de cinq à six jours. Si un traitement approprié n'a pas été appliqué, la maladie peut, au contraire, durer indéfiniment.

Dans la cystite cantharidienne, la maladie dure au plus trente beures, excepté quand une trop grande quantité de cette substance a été absorbée. Alors non-seulement la maladie ne cède pas, mais il peut se montrer des phénomènes cérébraux excessivement graves et la mort être la conséquence de l'empoisonnement.

Dans la cystite traumatique^ c'est à la cause qui Ta produite

que la maladie est subordonnée. Elle conserve son caractère jusqu'au moment où on enlève la cause productrice. D*après Nélaton, la cystite qui se développerait chez les individus affectés de rétention d'urine présenterait un degré de gravité plus considérable, en ce sens que l'inflammation se déclare seulement au moment où la vessie éprouve une surdistension accidentelle.

La cystite peut se terminer par :

Résolution; suppuration; gangrène; ulcération; rupture; état chronique; paralysie.

Résolution. — C/est la terminaison la plus fréquente; elle s'annonce par une grande amélioration dans les symptômes» L'urine reprend peu à peu son cours, et le malade est parfois guéri en quelques heures. C'est ce que l'on observe dans les cystites blennorrhagique et cantbaridienne, et même dans un grand nombre de cystites traumatiques ou liées à la présence d'un corps étranger. Cependant la résolution peut être lente, et le malade éprouve, pendant un certain temps, de la peine à retenir ses urines ; il est très-exposé aux récidives.

Suppuration. — Souvent, quand la cystite a été très-violente, le malade sent les symptômes s'apaiser tout à coup ; mais c*est un calme trompeur dû à la formation du pus, ce que l'état général indique. 11 y a des frissons irréguliers, de la chaleur et de la sueur; le hoquet, s'il n'existe pas, apparaît; dans le cas contraire, il s'accélère.

Le pus, s'il est formé à la surface delà muqueuse, est expulsé avec l'urine, ce qui est moins grave. Quelquefois il se collecte, et tout en formant des abcès sous-muqueux, il peut encore se frayer un chemin dans la cavité vésicale; mais, s'il devient abondant, alors il fait irruption au dehors, soit dans le périnée, soit à l'hypogastre, ou, ce qui est encore bien plus grave, dans le petit bassin ou la cavité péritonéale.

Gangrène. — Quand il y a gangrène, les symptômes locaux s'apaisent, mais le pouls s'affaisse ; l'urine sort noir&tre et exhale une odeur caractéristique ; la sueur devient froide, visqueuse, et le délire et la prostration apparaissent, bientôt suivis de la mort, surtout s'il y a rétention d'urine..

Enfin l'ulcération et la rupture s'observent : l'ulcération,

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quand la vessie renferme un corps étranger, calcul ou autre. On a vu ceux-ci, comme nous l'avons déjà dit, sortir par le périnée ou rhypogastre. La rupture s'observe surtout dans les cas de rétention d'urine et de cystite traumatique.

DuGNOsTic— Le ténesme vésical^ les envies fréquentes d'uriner, les altérations de l'urine indiquent sufGsamment l'existence d'une cystite. Il n'est ni utile, ni facile de reconnaître quelle est la r^ion la plus malade dans la vessie. Au dire de Boyer, si rinflammation est limitée au bas-fond^ il existe des envies fréquentes d'aller à la garde-robe^ une pesanteur à la région périnéale et du ténesme rectal. De plus^ les uretères étant oblitérés par le gonflement de la muqueuse^ l'urine ne peut aborder la vessie, et les douleurs se propagent aux reins.

Quand la cystite siège sur le col, elle peut bien être confondue avec la prostatite, comme nous l'avons dit en décrivant cette affection ; aussi renvoyons-nous à notre Traité des maladies de la prostate pour l'étude des signes qui peuvent servir à différencier entre elles ces deux maladies.

Il pourra être utile pour le traitement de faire le diagnostic entre la cystite du col et la cystite du corps. Quand la cystite est générale^ elle présente peu de signes particuliers^ et il faudra s'en rapporter à ceux que nous avons donnés en décrivant les symptômes. 11 n'en est pas de même dans la cystite du col. Celle-ci, nous l'avons dit, se montre surtout pendant la bleunorrhagic et ne provoque ni fièvre, ni élévation de la température. Le ténesme présente alors ce caractère spécial de n'occasionner de la douleur qu'à la fin de la miction principalement. Les dernières gouttes d'urine sont ordinairement seules teintes de sang, quand elles ne sont pas du sang pur. Il existe aussi dans la cystite du col une douleur spéciale ayant, nous Tavons dit, son siège au niveau et en arrière du pubis. Mais pour arriver u une plus grande certitude, il faudra avoir recours au cathétérisme. Lallemand conseille d'introduire doucement jusqu'au col une sonde à béquille ; puis, une fois arrivé là, ce dont on est averti par la douleur, de ne pas forcer pour entrer d'emblée dans la vessie. La sonde, en effet, quand on la pousse, est elle-même repoussée par le col qui se contracte, et on ne peut parvenir dans

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