‹ Traité des maladies de la prostateChapitre 15 sur 61 · partie des deuï sels et permet ainsi la réaction chimique qui · texte numérisé non relu

partie des deuï sels et permet ainsi la réaction chimique qui

(iioduit le courant.

Le courant k l'intérieur de la pile décompose l'eau ; l'oxygène leporte sur le zinc et forme, avec l'acide sulfurique, du sulfate âe zinc ; l'hydrogène se combine avec ToxygÔne de la base pour reconstiluer de l'eau, et une partie de cuivre à l'état métallique se dépose, comme dans la pile Daniell, sur l'électrode cuivre.

Lorsque tout le sulfate de cuivre est épuisé, ce qui demande pins de six mois (le sulfate de zinc se renouvelle sans cesse), il faut alors le remplacer. Jl suffit pour cela de plonger l'élément 'lans une solution de sulfate de cuivre faite à chaud, et l'élément reprend spontanément toute son activité première.

Ces courants doivent être maintenus fort longtemps, toute la nuit par exemple, ce qui n'empëcbe pas le malade de se livrer à ss occupations journalières et ne trouble pas son sommeil, «cela plusieurs fois consécutives. Ils sont, en effet, d'une puisunte tonicité, mais à la condition d'être descendants et continués longtemps de suite.

flTPERTBOPHie BSB PAROIS vÉsiCALEs. — L 'hypertrophie des ptrois vésicales est fréquente et peut porter sur la tunique muqnense ou sur la tunique musculaire; le plus souvent elle les Bnvahit toutes deux. Aussi l'étude séparée de ces deux espèces d'hypertrophie est-elle difficile à faire, puisque, sur le cadavre, on les trouve presque toujours confondues. Ce qui est plus facile à distinguer, c'est si l'hypertrophie existe avec dilatation ou racornissement de la vessie. Cette dernière espèce d'hypertrophie est bien plus fréquente que la première. Quant aux tissus constituant le globe vésical, c'est évidemment le musculaire le plus souvent hypertrophié.

Dans l'état normal, la couche musculaire de la vessie a environ deux millimètres d'épaisseur; mais, sous l'inQuence de

18* rSFLAMMATWttS Tffi U VESSIE.

certains états morbides, elle peut acquérir une épaisseur de un centimètre à un centimètre et demi; oii l'a vue atteindre jusqu'à deux pouces, et la cavité vésicale réduite au volunie d'une noix. C'est à l'hypertrophie de la couche musculaire que sont dues les colonnes et les poches que l'on rencontre dans cet organe. Dans certains cas d'hypertrophie la couche musculaire est méconnaissable, parce qu'elle est transformée en uq tissu fibreux décoloré, fii-isAtre, ne présentant plus aucun point coloré en rouge; il existe une véritable sclérose vésicale.

Quand il y a des poches adjacentes aux parois de la vessie, H peut n'en exister qu'une, qui prend quelquefois alors un accroissement tel qu'elle simule une vessie double. Il n'en est plus ainsi quand il y en a plusieurs ; leur volume n'atteignant jamais, dans ce cas, de grandes proportions, ceUes-<:i étant presque toujours en raison inverse de leur nombre.

Les parois hypertrophiées de la vessie sont susceptibles d'aoquérir une dureté telle qu'on pourrait les prendre, au travers dt( l'abdomen, pour des tumeurs de diverse nature squirrheuse oo» autre. Mais, généralement, les tumeurs formées par la vessie distinguent par leur situation, leur profondeur, leur mobilité^ leur indépendance des parois de l'abdomen ; car si, par hasardf on a vu la vessie adhérer h la paroi abdominale antérieure, c'e^ un fait excessivement rare et qui n'arrive ordinairement qu'à Im suite d'un traumatisme accidentel ou chirurgical : ponctionji taille sus-pubienne, blessure de la vessie par l'hypogastre.

L'hypertrophie de la ves,-ie se montre surtout chez les indi^ vidus qui souffrent d'un vice dans l'excrétion de l'urine; chei ceux qui sont atteints d'un rétrécissement ou d'une hypertrCK

niFUllMATKMIS DE U YESBOL IM

fUe prostatique, par exemple. C'est que, en effet, la vessie est liois obligée à des efforts plus considérables pour expulser l'urine eontenoe dans la vessie, efforts qui, en exigeant une contraction plus énerçique des fibres musculaires de l'organe, en amènent lliypertiophie/ Cependant on a remarqué aussi cette tendance à lliypertrophie chez des individus atteints de fistules urinaires, pir lesqudles l'urine s'échappait continuellement. Sans doute, dans ces cas, l'hypertrophie doit être attribuée à la rétraction ooDstante des parois vésicales sur elles-mêmes.

Fig. 27. — Rhéophores et électrodes de formes variées. TampoD poor appliquer à la surface da corps; oltres pour l'urèthre et le rectnm.

Les calculeux ont communément la vessie fort épaisse, surtout si la pierre est volumineuse et l'éjection de l'urine fréquente et laborieuse. Ce sont là des faits qui se produisent et se rencontrent souvent, et fréquenmient constatés par les auteurs qui se sont occupés des maladies des voies urinaires. Les mêmes îJkiSj déjà observés par Morgagni, se montrent quand le corps étranger vient du dehors. On voit des transformations identiques s'accomplir chez les malades affectés de rétention d'urine chronique. Aussi est-ce surtout chez les vieillards qu'on rencontre l'épaississement des parois de la vessie en même temps que le racornissement de sa cavité. Ce racornissement peut, d'ailleurs, exister sans que les parois de l'organe soient nécessairement hypertrophiés.

Quand il y a hypertrophie avec racornissement de la vessie, cet organe étant plus étroit que normalement, se remplit plus promptement, en sorte que le malade se trouve dans la nécessité d'uriner beaucoup plus souvent qu'à l'ordinaire.

Mais, chose singulière, un phénomène contraire à celui que

110 UfFUMMATIOIfS DB U VIS6IB.

nous venons de décrire se présente assez souvent : la vessie ayant ses parois hypertrophiées en même temps que sa capacité augmentée. Morgagni en cite plusieurs exemples dans lesquels cet organe adhérait à la paroi antérieure de l'abdomen^ et Cbop» part en rapporte un cas communiqué par Laflize à TAcadémie de chirurgie. Pour peu qu'on examine la vessie d'an grand nombre de cadavres on se convaincra de la vérité de ropinioa que nous émettons ici.

Cette lésion se développe comme la précédente, et sous l'iiH iluence des mêmes causes. Mais il est une origine dont nous n'avons pas parlé et qui peut donner naissance à cette lésion comme à la précédente : c'est la stagnation de l'urine qui engendre l'inflammation du viscère. Les vessies dont les parois s'hypertrophient en même temps que leur capacité augmente ne présentent pas aussi souvent que les autres des cellules ou des colonnes charnues.

Qu'il y ait hypertrophie avec diminution ou augmentation de la capacité vésicale, la sensibilité de l'organe est souvent amoindrie. Il en est de même de sa contractilité quand la maladie dure depuis longtemps. Toutefois ce dernier caractère n'est pas général, tant s'en faut, et l'on rencontre, surtout dans l'hypeiv trophie avec diminution de volume, des vessies qui se cou* tractent très-énergiquement. On observe un affaiblissement de la contractilité, principalement quand à l'hypertrophie des parois sont venues s'ajouter la dureté et la rigidité produites par la sclérose.

D'après Civiale, quand l'hypertrophie envahit toutes les ooo* ches de la vessie, elle s'étend rarement à toute la superficie de l'organe et se développe surtout au niveau de l'orifice des uretères, du bas-fond de la vessie et de la cloison recto^vésicale.

La thérapeutiqw chirurgicale offre à peu près aussi peu de ressources pour soulager les malades atteints d'hypertrophie des parois vésicales avec inflammation que la thérapeutique médi" jole. Cependant le chirurgien n'est pas complètement désarmé, aujourd'hui surtout.

On aura d'abord recours aux calmants intus et extra. Le bromure de potassium, à la dose de cinq ou six grammes dans

ISFLUIMATIONS OE U VESSIE. tll

i^ journée ; le bromure de camphre surtout, facile à prendre 'uisqu'il est en granules, deux, [rois et même quatre dans les iiigt-quatre heures; l'estrait de valériane associé à l'extrait de ji>lladone et au camphre : extr. de valériane 25 ceotigr., extr. de belladone I centigr., camphre 1 cent., pour une pilule qu'on Teoouvellera trois, quatre, cinq et même dis fois dans les vingtqoatre heures, constitueront les meilleurs médicaments à ingérer [ur l'e&tomac. Celte médication on l'aidera par des lavements camphrés et opiacés, selon la formule suivante : camphre, !0 cent.; extr. thébaïque, S cent.; jaune d'œuf, n"!; eau, !0Q grammes. On pourra, dans cette formule, remplacer le camphre par du chloral, du castoreum, de l'asa-l'œtida. Le chloroforme lui-même pourra être administré sous cette forme, selon lalbrmule suivante : chloroforme, 2 gr.; alcool ii 85°, 16 gr.; MU, 250 gr. Les lavements seront avantageusement remplacés par les suppositoires : beurre de cacao, 8 gr.; eslr. thébaïque, l'iàSO cent.; extr. de stramonium, iO ù 20 cent., pour deux •uppositoires ; ou bien : stéarine, 2 gr.; beurre de cacao, 3 gr.; fitr.de belladone, 20 cent., pour un suppositoire.

Dans la vessie on injectera, aussi doucement que possible, pourvu toutefois que l'organe puisse les supporter, des liquides lièdes et antiseptiques : acide phénique au 1/500, acide borique 10 3/100, permanganate de potasse au 1/tOO, hypoaullite de uodeàlamômedose. La vessie une lois lavée, on y poussera une injection calmante de la manière que nous avons dite page 21 de cet ouvrage. Cette injection calmante sera toujours facile à faire, DiSme dans les cas de vessie irritable. Jl n'en sera pas malheu- KDsement ainsi de l'injection de lavage; la poussée du piston, à légèrement qu'elle soit exécutée, donnera un jet encore trop vigoureux pour être facilement supporté.

On se trouvera bien alors d'user de l'appareil dont nous avons parlé dans notre Traité des maladies de la p':ostate, et dont je donue ici la figure ((ig. 28). A l'un des conduits d'une sonde coudée, à double courant, en gomme élastique, on adapte un tube de caoutchouc de trois à quatre centimètres, dont l'autre orifice va envelopper le bec d'un petit entonnoir en caoutchouc ilarci. U sufQt, pour faire pénétrer le liquide de lavage dans la

i 13 INFLAMMATIONS DE LA YBSSIE.

vessie, de le verser doucement dans cet entonnoir. Il j parvient avec une étonnante facilité, sans secousse et, par conséquent, sans souffrance pour le malade , et il en sort de même. J'ai réussi de cette manière à laver la vessie d'un homme de trentecinq ans, mort dernièrement d'une tuberculisation urinaire et génitale. Chez ce malade, qui pissait chaque dix minutes environ, toutes les méthodes d'injections avaient échoué, seule celle-ci permettait d'introduire un peu de liquide dans l'organe, ce qui calmait le tenesme dans une certaine mesure, car, à la suite du lavage, il restait assez souvent une heure sans ressentir le besoin d'uriner.

Fig. 28. — Appareil pour le lavage et Tirrigatioa de la vessie.

Mais un moyen qu'il ne faut pas négliger, parce qu'il est puissant et efficace, c'est félectricité, sous forme de courants continus : le pôle positif dans la vessie, le négatif sur la portion lombaire de la colonne vertébrale ou l'hypogastre (courant ascendant). Quand la vessie est trop susceptible, on introduit le pôle qui lui était destiné dans le rectum, ou bien l'un sur l'hypogastre, l'autre sur la région lombaire. Ces courants sont excessivement sédatifs, et comme ils sont très- pénétrants, il n'est pas nécessaire, le plus souvent, d'introduire de pôle dans la vessie ou le rectum. S'il en était ainsi, de même que si l'on se servait de petits courants, on ne devrait pas laisser le métal en contact direct avec la muqueuse, parce qu'une escarre pourrait en être la conséquence. Pour la vessie, qui ne devra pas être vide, le pôle sera formé d'une tige flexible en cuivre, préalablement introduite dans une sonde coudée en gomme élastique munie de deux yeux, en sorte que cette tige ne soit pas en contact direct avec les parois vésicalcs; pour le rectum, le pôle sera constitué par une boule en cuivre, qu'on recouvrira de peau.

L'espèce de courant dont on se sert, dans ce cas, est beau- «ap plus intense que celui dont j'ai parlé plus haut. Il peut Hk Tourni par des piles différemment construites. J'ai décrit celle de Gaiffe dans mon Traité des maladies de la prostate. Je donne ici la figure de celle de Trouvé, Cette pile se compose d'iin nombre variable de couples semblables à celui que j'm lèerit tout à l'heure, en parlant des petits courants.

Fip. 29. ■

Pile do Trouvé [•).

tes abcès de la vessie peuvent siéger dans les parois mômw ■ de ce viscère ou en dehors d'elles; les premiers sont rares, et quoique, plus d'une fois, ils aient dû passer inaperçus, on peut dire qu'ils ne sont pas fréquents.

AwAToaiE PATHOLOGIQUE. — Lcs abcès intrapariétauï de la lessie peuvent ètis circonscrils on di/^us.

Les abcès circonscrits sont les plus rares, et alors il n'y en a

[^ Hle est formée d'une série d'iléineots r.ooîlilués, chacun, psr la rêunioo ds nodiillei impré^ées d'une aolulioa de lulfste de liac et d'uae lalutton de niiruts da diitn. En haut >ant deui éléments «éparés.

Cette pile est trÈi-commoiJe, parce que, ne coalenaal pat de liquide, ellâ eit Irèi- Inaiponâblb.

H. PlCABt).

qu'un ou il en existe plusieurs. Choppart ayant ouvert le cadavre d'un homme, trouva dans le fond de la veesie, près di l'ouraque, un abcès bien caractérisé dont le ibyer était creuM dans répaisseur des parois de ce viscère.

La paroi interne de Tabcès était très-mince, et laissa échap per le pus au moindre contact ; le reste de la vessie était sain.

Une autre fois, Choppart trouva dans la vessie d'un horlpg^ auquel il donnait des soins, deux abcès situés du côté droit, prèf du coecum.

On a confondu avec les abcès de la vessie des collections purulentes de la prostate, quand le pus s'étant collecté dans les environs de cet organe, au niveau du trigone, vient faire saiUie en arrière, du côté du rectum ou dans le petit bassin, ce qui est beaucoup plus grave. Du reste, les abcèe des parois vésicales et ceux de la prostate se montrent souvent simultanément, entraînant avec eux les conséquences qui leur sont particulières.

Les abcès diQus sontmoiiis rares que les précédents. Ruyscb, sur le cadavre d'un malade de vingt-oinq ans, qui ne put être délivré de la pierre, malgré la taille, t trouvé la vessie trèsépaisse et ses parois infiltrées de pus. Bonnet cite plusieurs exemples dans lesquda les tuniques de la vessie étaient considérablement augmentées de volume par l*infiltration du pus.

Boyer rapporte, d'après Helwig, le fait suivant : Une femme de la campagne reçut un violent coup de pied d'une vache, dans la région du pubis. Un an après cet accident, Thypogastre se tuméfia au point que cette fenune paraissait enceinte. Au bout de onze mois, elle mourut dans le marasme et la consomption. A Touverture du corps, on trouva environ trois livres d'uiw matière visqueuse et fétide épanchée dans l'abdomen. La vessie présentait un volume considérable qui dépendait d'un dépôt d^ pus fétide, situé enife les tuniques de ce viscère, dont l'interne était intacte.

Le plus souvent^ les abcès de la vessie, quel que soit leur siège, renferment non-seulement du pus, mais de l'urine.

CAUsas. — La rétention d'urine d'origine inflammatoire en est le plus souvent la cause. Ils peuvent aussi être la coBsé^ quence du frottement qu'exerce une pierre rugueuse ou une

niFUMMATKmS DB U VBS8IB. lU

«nde sar le même point de la vessie. On les a fus encore se ixmer consécutivement aux hernies ou aux plaies de la vessie, ce qui n'a rien d'étonnant, puisque toutes les irritations de cet ffigane, quelle qu'en soit la nature, sont susceptibles de leur donner naissance, surtout quand elles sont prolongées.

Outre le cas d'Hel^ig, que nous avons cité tout à l'heure, Horgagni nous a fait connaître l'histoire d'une femme qui mounit d'an abcès de la vessie après s'être introduit une longue ^guille dans le vagin.

Dans quelques cas, il est impossible de reconnaître la cause deTaboès.

Diâgkostic. — On comprend combien il est difficile de reconlaltre les abcès de la vessie. Pour ceux qui font saillie à Tinté* rieur de l'oigne, peut-être la sonde pourra-t-elle percevoir une tomeur ou un obstacle ; mais il sera bien difficile, môme dans ce cas, de dire si c'est à un abcès qu'on a affaire ; tout au plus poiirra-4-on soupçonner qu'il en est ainsi, si^ à la suite du cathétéiisme, il venait à s'échapper un flot de pus, ou que celui-ci sortit tout à coup avec l'urine, pour se tarir peu de temps après. Si l'abcès siège dans les parois vésicales, de telle sorte que bisant saillie à Textérieur, il puisse se sentir au moyen du palper abdominal, on le soupçonnera peut-être; mais quand même il serait considérable, on pourrait bien difficilement affirmer qu'il s'agit d'un abcès ayant un siège dans les parois de la vessie. Les diflicultés seront encore plus grandes si le sujet est gras, car, dans ce cas, les parois abdominales sont tellement épaisses qu'il est difficile de sentir la tumeur, qu'elles ne permettent quelquefois pas de percevoir.

Ces abcès peuvent être confondus avec des tumeurs ayant leur siège à Thypogastre, dans les aines, avec un rein déplacé, OQ avec un testicule arrêté dans le canal inguinal.

Pour reconnaître si la tumeur a réellement son siège dans les parois de la vessie, la meilleure méthode est la suivante : on vide la vessie, ce qui indique si la tumeur est la conséquence d'une rétention d'ui ine ; puis on la remplit de nouveau pour voir si cette saillie ne reparaît pas avec un volume plus considérable. Eo outre, le mouvement de déplétion et de rëplétion de

116 JNFUMMATIONS DE U VBS8IE.

la vessie permet de sentir si la saillie qu'on a quelqaefois pa reconnaître pendant la manœuvre précédente suit le mouvement de l'organe.

Pronostic. — Le pronostic est très-grave, tant à cause de la maladie en elle-même que surtout de celle dont ces abcès sont la conséquence ; car, en général, dans ces cas, la vessie est en fiort mauvais état. Ces collections purulentes sont surtout dangereuses quand les parties voisines viennent à s'enflammer et que le pus s'ouvre une issue dans le bassin, parce qu'alors une péritonite promptement mortelle survient aussitôt. Comme dans presque tous ces cas il y a mélange du pus et de l'urine, on conçoit quels ravages un épanchement de cette sorte est capable de causer et à quelle rapide gangrène il peut donner lieu. Le danger eet beaucoup moindre quand l'épanchement n'a lieu que petit à petit, et la guérison n'est pas alors tout à fait rare. Voici, en efiet, conunent les choses se passent quand il en est ainsi : l'urine n'arrivant qu'en petite quantité dans le tissii cellulaire sous-péritonéal, n'est pas suffisante à y provoquer une phlegmasie intense ; mais assez pour amener dans ce tissu un épanchement de lymphe plastique qui forme, à l'arrivée d*ane nouvelle quantité d'urine, une barrière infranchissable, en sorte que ce liquide se trouve enfermé dans une sorte de cavité communiquant avec la vessie. Telle est l'origine de certaines poches urineuses que beaucoup d'auteurs rapportent avoir rencontrées sur le cadavre.

Du reste, les abcès de la vessie ne s'ouvrent pas que dans lin» térieur du bassin, mais encore à l'extérieur ; ainsi, on a vu le pus, après des adhérences préalables, s'ouvrir une issue à l'hypogastre, aux aines, à l'ombilic ; quelquefois il chemine encore vers l'intérieur, mais pour passer dans une cavité voisine autre que le bassin ou la cavité péritonéale ; tels sont le vagin, la matrice, le rectum, le colon. Dans tous ces cas^ il peut persister, pendant un certain temps ou même toujours, une fistule qui fasse communiquer la vessie avec ces différents organes ou avec l'extérieur.

Traitement. — Supposé que le diagnostic d'un abcès de la vessie ait pu être fait, il faut, quand l'opération est praticable.

ir aussi vite que possible. S'il fait saillie à l'hypogastre, le mn, que sa rapidité d'action rend alors si utile, devra être ' fiétéré. Toutefois, il ne faut pas se dissimuler que c'est là uoe ' opération périlleuse, puisqu'on risque un épanchement puruleot dans la cavité du péritoine, ou au moins la blessure de cette enveloppe. Aussi, les caustiques mériteraient-ils la préférence, si leur action pouvait être rapide. C'est qu'en effet ils provoquent des adhérences entre les différents tissus, adhérences qui prA- , servent etie péritoine lui-même et la cavité qu'il limite.

Malheureusement, la lenteur de leur action forcera à les Iai»> KrâecAté.

L'aspiration nous o9re aujourd'hui un meilleur mode de trottaient, puisqu'avec l'aiguîUe nous pourrons aller, jusque daiiB h profondeur des tissus, à la recherche du pus, sans courir lucnn risque de les blesser sérieusement. C'est donc à l'instni- Dent de Dieulafoy, et mieux à celui plus portatif de Polain qa'U faudra avoir recours dans ces circonstances.

Si le pus s'est épanché dans l'une quelconque des cavités internes, on agira comme dans le cas de rupture vësicale; ausd n'avoDS-nous pas h nous étendre sur les moyens mis alors en .Bttge, puisque nous en parlons en traitant de ces ruptures.

^Abcés du tissu cellulaire pe'rtve'sical. — La suppuration ne pas toujours limitée aux parois mêmes de la vessie et, quelfois, elle se propage au tissu cellulairej qui les enveloppe. Les deux foyers peuvent alors communiquer ; mais leur coexistence n'est pas nécessaire, et il n'est pas tout à fait rare de voir le pus ne se former qu'à l'extérieur. Je ne parle pas ici des skÈs siégeant en arrière de la vessie et dont l'origine est une irritation de la prostate ou du tissu cellulaire qui enveloppe cette glande, les ayant décrits suffisamment dans mon Traité des maladies de la prostate, maïs de ceux qui se développent dans le lissu cellulaire interposé à cet organe et à la paroi abdominale.

Ces abcès naissent tantôt sous l'influence des mêmes causes que les précédents, tantôt à la suite de t'inflammatioa d'un organe voisin : le rectum chez l'homme, l'utérus chez ta femme. Quelquefois on les a vus apparaître consécutivement à un phlegmon de voisinage : de la fosse iliaque, du ligament large ou, ce

118 IlfFUmUTIONS DE LA VBSSIB.

qni est plus rare, sans cause appréciable. Assez souvent ils sont la conséquence d'une maladie générale, comme la fièvre typhoïde.

Les symptômes ne diffèrent quelquefois pas, au début du moins, de ceux d'une péritonite partielle. Le plus souvent une douleur, plus ou moins vive, limitée à la région hypogastrique, ouvre la scène, bientôt suivie d'une rétention d'urine plus ou moins complète qui, bien plus que le symptôme précédent, attire l'attention du malade et du médecin. Peu à peu la région prévésicale s'emp&te; elle devient chaude et même plus ou moins rouge. Enfin apparaît à cette place même une tumeur, plus ou moins volumineuse, ordinairement médiane, rarement plus proéminente d'un côté. Cette tumeur, située entre la sym»' physe et l'ombilic, plus haute que large, se limite facilement anmoyen de la palpation. Elle n'est pas mobile sur les parties sous-jacentes, et peut être sentie par le toucher vaginal oarectal.

Les abcès prévésicaux se terminent par résolution, induration ou suppuration.

La résolution est, bien entendu, la meilleure issue de la maladie, celle qu^il faut désirer et chercher. L'induration est suivie, conune la résolution, de l'apaisement de tous les symptômes. Cependant il ne faut pas oublier qu'il existe là un dépôt de matière plastique et des tissus qui, n'étant pas dans leur état normal, peuvent s'enflammer sous Tinfluence de la cause la plus légère^ et donner lieu aux symptômes primitifs.

Quand la maladie se termine par suppuration, l'abcèi' s'ouvre de la même manière que les précédents et dans let mêmes organes. C'est tantôt à l'hypogastre, et alors il en résulte une fistule dont l'occlusion s'opère toujours spontanément tan» tôt dans la vessie, et le pus s'élimine par i'urèthre sans plu» d'accident. Dans des cas moins heureux, l'ouverture a lieu dans le rectum, le vagin ou l'intestin grêle, entraînant avec elle une fistule d'une guérison ordinairement difiScile. Quand l'issue du liquide purulent s'efiectue dans la cavité péritonéale, elle a pour conséquence presque fatale une péritonite snraigué ei nécessairement mortelle. Heureusement la terminaison, par

nPlAMBUTIONS DE U flSSIB. 119

flOfarUire du foyer dans la ca?it6 péritonéale, n'est pas fré-foeote, et si la pénétration du pus dans Forgane creux. ?oUin ou u sortie à rextérieur est fâcheuse au point de vue de la fistule consécutive, il n'en est pas moins vrai que le plus souvent elle n'entratne pas la mort du malade.

Les inflammations prévésicales exigent un traitement analogne à celles de toutes les autres phlegmasies : repos, diète, «Oà pour l'état général ; quant à l'état local, on le combattra par des applications de sangsues, des frictions d'onguent merculiei bdladoné, recouvertes de cataplasmes tièdes^ des lavements huileux ou miellés pour combattre la constipation, des grands biÎDS. Si la suppuration s'établit malgré cette médication, on ouvrira l'abcès en incisant sur la ligne médiane et couche par couche la paroi abdominale antérieure au-dessus du pubis dans l'espace de trois centimètres environ. Si le phlegmon avait pour origine l'inflammation du vagin ou de l'utérus, il ne faudrait (18 craindre, au dire de Bemutz, d'établir une communication entre l'ouverture abdominale et le vagin en perforant ^ au Doyen d'un trocart, l'un des culs^de-sac de cet orgaoCi et de pisser un drain dans le trajet.

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