‹ Traité des maladies de la prostateChapitre 16 sur 61 · GANGRÈNE DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

GANGRÈNE DE LA VESSIE

Lêl gangrène de la vessie est rare, parce qu'on oppose presque toujours & l'inflammation de cet organe un traitement assea imnpt et assez énergique pour ne pas lui permettre d'arriver jusque-là. Cependant Tardieu l'a vue survenir à la suite d'une cptite. La rétention d'urine peut être aussi la cause d'un spha^ oèle de la vessie. Morgagni parle d'un paysan jchez lequel il ren* flODtra la gangrène la plus considérable qu'il eût observée^ et tfà n'avait pas rendu ses urines plusieurs jours avant sa mort* Cboppart a ouvert le corps d'un individu mort d'une gangrène de la partie latérale gauche de la vessie, à la suite d'une réten* tun d'urine consécutive à une tuméfaction de la prostate.

Barement tout le globe vésical est frappé de gangrène ; on Tobserve surtout au col, au bas-fond et au sommet.

Chez les fenunes^ c'est ordinairement à la suite de l'accouchenieat et, par conséquent .aussi, vers le col ou le bas-Ibnd qiie la

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lésion se produit. Elle est la conséquence d*an aocoachement laborieux, quand la tête de l'enfant reste trop k>ngt»aip6 an détroit inférieur du bassin, et comprime le col de la vessie contie le pubis. La perte de substance qui en résulte est la cause k plus fréquente des fistules vésico ou uréthro-vaginales.

Cependant, môme dans Taccouchement, on peut voir 8urve> nir la gangrène dans un autre point que le col. Ainsi, Chopparl rapporte une observation de G. Hunter, dans laquelle cet acddent se produisit au sommet de la vessie ; il y eut épanchemont d'urine, plusieurs jours après l'accouchement, dans le bassio, et la femme mourut, ce qui permit de constater le siège de k lésion. Choppart suppose avec raison, et ceci revient à ce que noiu avons dit plus haut, que, chez cette femme, la gangrène n'a pas été la conséquence directe de l'accouchement^ mais d'une réteo* tion d'urine consécutive à ce dernier travail.

C'est probablement delà môme manière qu'il faut expliquer k gangrène de la vessie rapportée par le même auteur^ et qui se produisit chez une femme, à la suite d'une rétroversion de l'utérus, chargé du produit de la conception. Il en résulta probablement une rétention d'urine, à moins toutefois que k compression n'ait été suffisante à amener la mortification de l'organe.

La vessie peut encore, chez l'un et l'autre sexe, être atteinte de gangrène par suite du séjour prolongé d'un corps étranger; telle est une sonde qu'on a laissée trop longtemps dans la vessie ou dont la pointe, en pressant sur la paroi postérieure de cet organe, y a produit une ulcération et une perforation consécutive à la gangrène. Morgagni rapporte trois exemples de femmes qui eurent une gangrène vésicale causée par la présence, dans cet organe, d'épingles à cheveux qu'elles y avaient introduites»

U n'est pas possible de décrire la manière dont la lésion se produit, puisqu'on ne peut la constater qu'une fois accomplie, et sans avoir pu suivre sa marche. Aussi, à part peut-ôtre l'odeur de l'urine, qui est infecte, n'existe*t-il aucun signe local et subjectif capable de faire reconnaître la maladie. C'est tout an plus si, par les antécédents et l'état actuel du malade, on pourra savoir à quoi s'en tenir sur sa maladie.

y Pronostic. — Il est toujours fort grave, car, si l'urine s'épanlie dans l'abdomeD, c'est une mort h peu près certaine comme résultat, et si la gangrène fait communiquer la vessie avec un antre organe, tout en permettant k l'urine de s'écliapper au dehors, on aura tous les désagréments d'une fistule urinaire dif- Seile à guérir.

Le traitemertl consiste à s'opposer aux progrès de l'inflammation par tous les moyens possibles ; puis, si la terminaison par gangrène est fatale, à placer une sonde à demeure dans la vessie, ou mieux encore un siphon, et à pratiquer au besoin sur les rtgions environnantes de larges incisions qui permettent à l'urine infiltrée de s'échapper.

Si une fistule persiste, c'est à son traitement qu'il faut recoulir, traitement que nous indiquerons en décrivant spécialement

a sortes d'alTections.

Les blessures de la vessie peuvent être produites comma telles des autres organes, par des instruments piquants, trai^ dtants oa contondants. Mais si la forme de ces instruments est

Krente, on comprend facilement comment ici, bien plus îu'ailleurs, le résultat de leur mode d'action devra différer, , puisque nous avons affaire à un organe creux, à une cavité close i ipeu près de toutes parts, à une véritable sphère organique. Que ' la blessure soit faite par un instrument piquant ou tranchant, une ou plusieurs parois de cette sphère seront traversées en ■ même temps que les tissus avoisinants; qu'elle ait, au contraire, IBur cause une chute, un éboulement, ou un instrument contondant, alors, h moins que celui-ci très-mince ne frappe par une de ses extrémités, les tissus circonvoisins, la paroi abdomitiile eu particulier, pourront paraître à peine lésés ou complètement sains, et cependant la vessie être gravement atteinte et même rompue. D'où la distinction à faire entre les plaies proyrement dites et les ruptures de la vessie. Toutefois, comme

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noos venons de le dire et comme nous le verrons tout à l'heur sonvent nn instrument contondant contusionne et perfore to à la fois la vessie et les tissus ci rcon voisins.

!• Les plaies de la vessie peuvent être simples, uniques, c*es à-dire n'intéresser qu'une seule des parois de l'organe;

2* La vessie, au contraire, peut être traversée, et alors plaie est double ;

3* Dans les deux cas précédents, la plaie peut être compliqua soit par des lésions de l'organe urinai re lui-même, soit par . présence d'un corps étranger, soit par des lésions des organi voisins *.

Quel que soit le genre de plaie auquel on ait affaire, il pei provenir d'un instrument piquant, tranchant ou contondan absolument comme pour les autres organes. Ces instrumen eux-mêmes atteignent plus souvent le sommet, le bas-fond et col de la vessie.

Causes. — Il est certains états de la vessie qui favoriseï les plaies de cet organe, tout en diminuant leur gravité. Ains dans l'état de vacuité, la vessie, au dire de Larrey, est raremei atteinte, parce qu'elle est profondément cachée derrière le pubi D faut, dans ce cas, que l'instrument pénètre très-obllquemen ou traverse la ceinture pelvienne, ou s'introduise par le plai cher du bassin. Aussi est-ce plus souvent quand la vessie e idistendue par l'urine qu'elle est atteinte par les projectile C'est ce qui arrive chez les combattants auxquels l'ardeur de lutte fait oublier le besoin d'uriner et chez lesquels, en outr l'émotion augmente la sécrétion urinaire.

Quand la vessie est ainsi distendue, elle déborde les pubis è haut, refoule le péritoine dans le même sens, en sorte que î paroi antérieure n'est plus recouverte par cet organe et toucl la paroi abdominale antérieure, ce qui permet aux projectih d'arriver directement dans la vessie sans léser le péritoine. E

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