FISTULES URINAIRBS DE U VESSIE
Voici, dans ce cas, comment on procède : un avivement est pratiqué à droite et un autre à gauche, ou en avant et en arrière, sur les parois de l'anneau vulvaire, et des points de suture métaQîques sont passés dans les plaies ainsi obtenues, de manière à rapprocher les deux surfaces cruentées et à oblitérer le vagin. Les fils doivent dépasser de beaucoup en avant et en arrière le bord des plaies, de manière à comprendre une grande épaisseur de tissus et à pouvoir rester longtemps en place^ sans cependant omperles lèvres de la plaie.
Quand Turèthre n'existe plus, il est nécessaire de ne pas compléter Tavivement à la partie supérieure, afin de conserver un pertuis par lequel l'urine puisse s'écouler. '
Dans la seconde espèce d'épisiokleisis on fait passer l'urine et les r^les par le rectum, au moyen d'une ouverture que, conmie nous venons de le dire, on crée, si elle n'existe pas déjà. On eonrt en effet, la chance, par ce procédé, de voir les urines retenues par le sphincter anal, ne s'écouler qu'au moment de la défécation.
Le premier soin du chirurgien, dans cette opération, doit être de clore l'urèthre, quand il existe ; il y parvient, soit par des cautérisations directes, soit par la suture. Quand l'urèthre n'existe pas, il avive, comme dans l'opération précédente, tout le pourtour de l'orifice vulvaire, sans laisser de pertuis à la partie supérieure, pour la sortie de l'urine. La fistule recto-vaginale est, bien entendu, laissée telle quelle ; c'est le meilleur moyen qu*elle persiste. On n'a, d'ailleurs, essayé de la créer qu'une seule fois, et c'est à M. Maisonneuve que sont dues ces tentatives, qui n'ont pas réussi, la fistule s'étant oblitérée spontanément.
On s'est élevé contre les opérations que nous venons de décrire, en disant qu'elles supprimaient la fonction génératrice et qu'elles ne réussissaient pas.
Pour ce qui est de la fonction génératrice, l'objection ne paraît pas très-fondée ; car il n'y a pas d'alternative : ou la conserver avec son infirmité, ou la perdre avec la guérison de cette dernière. Bien peu de femmes hésiteront assurément à se débarrasser, même à ce prix, d'une infirmité dégoûtante, qui les rend
186 iTJMEUaS DE U VESSIE.
à charge aux autres et à elles-mêmes, sans compter qu'alors les rapports sexuels deviennent difficiles.
Quant à la seconde objection, peut-être serait-elle plus foihdée ; car l'opération ne réussit pas toujours, et, quand il en est ainsi, ce n'est, le plus souvent, qu'à la suite de tentatives plus ou moins répétées. Du reste, l'opération ii'est pas très-dangereuse, puisque, sur cent quatre cas, Le Double ^ ne signale que sept morts. Cependant, môme quand elle réussit, il ne faut pas se le dissimuler, cette opération n'est pas exempte de quelques inconvénients ; l'urine, en effet, stagne dans le vagin ; elle n'a plus, quand même l'écoulement s'en ferait assez bien, la régur larité normale de son cours, en sorte qu'elle laisse souvent dépo* ser des graviers qui, dans quelques cas même, ont ulcéré la cicatrice.
Quant à l'incontinence d'urine, elle ne parait être que trèsrarement la conséquence du kleisis génital, quand l'urèthre persiste.
Pour ce qui est du choix du procédé, on doit préférer l'avivement des surfaces antéro-postérieures à celui des surfaces latérales du vagin, parce que, dans l'état normal, les premières sont accolées l'une à l'autre, ce qui n'existe pas pour les secondes.
La vessie offre à l'étude du pathologiste plusieurs espèces de tumeurs. Les unes prennent naissance à sa surface interne, proliférant de la muqueuse dont elle est tapissée ; d'autres sqjit fournies par l'hypertrophie de la prostate, dont les lobes viennent faire saillie dans sa cavité, ensemble ou séparément. Mais, outre ces tumeurs qui occupent l'intérieur de la vessie, on en rencontre d'autres siégeant dans Tépaisseur môme des parois de cet organe, ou entre lui et ceux qui l'environnent. Les premières constituent les fongus, les autres sont de nature diverse et sont formées par des abcès dont nous avons déjà parlé, des
i. Le Double, loc, cit.
TOHKimS OB U VB&6IB. iS7
hernies, qui feront le sujet de l'article suivant, et enfin de$ kystes hydaiiques, dont nous dirons quelques mots après avoir décrit les fongus.
FONGUS DE L.V \'£SSIE
DÉFnnrioN. — Il est difficile de définir exactement ce que c'est qu'un Ibngus de la vessie ; car c'est \k une dénomination vague sous laquelle les auteurs ont évidemment confondu un grand Dranbre de tumeurs d'espèces différentes. Aussi pourrait-on dire iDJourd*hui, comme du temps de Cboppart, que ce sont des excroissances charnues, vasculeuses, cellulaires et membraneuses, qui s'élèvent de la paroi interne de la vessie. De cette E^on on ne préjugerait rien et on resterait dans le vague du mot fongus lui-même.
Toutefois, depuis longtemps, ce mot ne sert pas à désigner une tanneur de nature maligne. Breschet, dans Tarticle fongus du rieux Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, dit : I L'urèthre et la vessie sont parfois remplis de végétations vasculeuses et celluleuses bien distinctes des camosités sarcomateuses ei de fépaississement squirreux des parois decescanauxm (1816). De son côté Boyer, dans sa pathologie cbirurgicale, définit ainsi le fongus : a II se forme assez souvent dans rintérieur de la vessie, comme dans les fosses nasales, dans le vagin et dans le rectum, des tumeurs ou excroissances charnues auxquelles on a donné le nom de fongus. Ces tumeurs qu'il ne faut pas confondre avec tépaississement squv^reux des parois, etc. » (1831).
Comme on le voit, Boyer n'hésite pas non-seulement à séparer ces tumeurs du cancer, mais encore à les comparer à ceUes qu'on rencontre si souvent dans les fosses nasales, et qu'on désigne sous le nom de polypes. C'est ainsi que nous les comprenons nous-mème et que nous les décrirons.
Quant aux tumeurs cancéreuses de la vessie, nous en parlerons à l'article cancer de la vessie.
A5AT0MIE PATHOLOGIQUE. — Lcs fongus dc la vcssio sont loin d'être rares ; mais on les trouve plutôt chez l'homme que chez la femme ; l'adulte n'en est pas exempt, toutefois c'est surtout chez le vieillard qu'on les rencontre, parce que ces sortes de
IH TUXEtms DE LA VBBIIK.
productions naissent de préférence dans les i Chez le vieillard les fongus se montrent, assez souvent, eo dehors de la pierre ; chez l'enFaiit, c'est le contraire, presque toujours ils coïncident avec un calcul. Dans tous les cas, les caW culs rugueux et bosselés produisent plus souvent un fongos qoe ceux dont la surfoce est lisse et arrondie.
Quand un calcul précède la pierre, c'est lui qui en devient le plus souvent l'origine. Il existe alors, en effet, ordinairement de la difBculté d'uriner, de la rétention partielle d'urine suivie de la décomposition de ce liquide qui devient ammoniacal et par conséquent alcalin. Mais comme les phosphates ne peuvent rester dissous que dans une urine acide, ils se déposent et forment des calculs, le plus souvent ammoniaco-magnésiens, parce que, en présence de l'ammoniaque du carbonate d'ammoniaque produit par la décomposition de t'urée, le phosphate de magnésie devient ammoniacal. Aussi, quand on a l'occasion d'eiaminer des fongus, les voit-on, à certains moments, recouverts d'une effloresceoce blanche, de cristaux phosphatiques ; ce qui fait
TUKEKÎIS DE U VESSIE. m
•mpreodre comment certaiaeâ pierres sont incrustées dans les ' ngxis vésicau^.
FIg. 60. — FoD^ui de la leasie.
a 4, iiiêUir«; b b, corps caierueui ; r c, rtatlemeat bulbaire; j, lunieun viUeiiM?;
ik, tomenn ea farmo de poljpct; h h. nriQu^i île iteui pvlltei citïI^s rontenne»
Aâ le* pwda de l'urèllue. (CiTiale, Itnladits dei uryants gtntlo-urinairts, t. III.]
An dire de Civiale, tes fongus tendraient à s'atrophier ou au moias à rester stationnaires, quand ils sont indépendants de la farmation de la pierre. C'est ce que tendrait, jusqu'à un certain pÛDt, à prouver l'observation de Deschamps qui, ayant extrait, pBT la taille, une pierre à un enfant de douze ans, sentit avec k doigt une tumeur située dans la cavité de ce viscère. Cette tumeur, qui avait été aussi perçue par Boyer et Choppart, fut laissée en place, et cependant le malade ayant guéri n'en ressentit aucun mal dans la suite. Si les tumeurs fongueuses de la vessie ont une origine papillaire, dans beaucoup de cas, cette dispariUon spontanée ne surprendra pas outre mesure. On voit,
190 TUMEUns DE LA VBflirE.
en effet, sur le gland des tumeurs de cette nature disparaître spontanément après la guérison des affections qui les engendrent : irritations mécaniques ou consécutives à un vieil écoulement. Ces tumeurs peuvent se former dans tous les points de la vessie ; cependant elles se rencontrent surtout au trigone et au col.
Les fongus de la vessie sont sessiles ou pédicules, quoiqu'ils aient plus souvent cette dernière conformation.
La consistance de ces tumeurs est variable ; on en rencontre qui sont extrêmement molles et n'Opposent aucun obstacle à l'introduction de la sonde ; d'autres, au contraire, ont pu faire croire, par leur dureté, à la présence à*une pierre.
Leur forme est ordinairement arrondie; mais quelquefois elles sont triangulaires, aplaties ou en forme de touffes et de choux-fleurs.
Il n'existe le plus souvent qtt*un seul fongus; mais, dans d'autres cas, on en trouve plusieurs : deux ou trois, quelquefois même la surface interne de la vessie en est entièrement parsemée. Desault a eu l'occasion d^eXftminer une de ces vessies. Mais quand il n'y a qu'une tumeur, elle peut acquérir un volume considérable ; ainsi, chez une femme, on en a vu une qui atteignait la grosseur d'un œuf de dinde. Fabrice de Hilden a observé une de ces tumeurs tellement volumineuse qu'elle remplissait presque toute la cavité vésicale.
Au point de vue de leur nature, les fongus de la vessie différent aussi bien que par leur forme, leur consistance et leur volume.
Les fongus les plus fréquents paraissent être formés par des tumeurs villeuses, tumeurs que Louis a comparées à la houppe dont les femmes se servent pour se poudrer, et Hutchinson à la plante marine appelée coralline.
Les anatomo-pathologistes ont désigné ces tumeurs par des dénominations diverses, suivant l'idée qu'ils se sont faite de leur composition élémentaire. M. Molinier* leur donne le nom d'angiomes i)illmx, parce qu'il les considère comme formés de
{. Molinief, Dû fbngus de la vessie. Thèse, Paris, 1870;
TUStEURS DE U VESSIE,
lisseaui prenant l'aspect de villosités ; les A uglais les ont atipeltïs .'lifpes viUeua:. Vircbow les range dans la classe des tumeurs 'ipidUârts cerruquensa ou vilieuses.
TotMor fon^cuM ils la t«i«i« d'niw [wlile fille it ninq an», dont une parti* fuit niBh ka ilehon du aiiat, niu U foniie da einMaroluliou*. Cella tumeur éuit Irtiiow, Kar le ehinirgien Ji^lln flerketl la ti^aipoe wm» le Dom de polype fibreui. 'ItiJ», lÊAladttf dri orgimn ■jinilo-iitdiniref, p, IIS.)
OuDÎ qu'il en soit de ces déslgnatioiiâ, toue les auteure accordent que le caractère extérieur doTDÎDQnt de ces tumeu» «l de se présenter sous forme de vîllosités; ils ne difièrent que sur la manière dont elles se forment et leur constitution intime.
Dans tous les cis, elles se présentent à la vue suus trois formes différentes :
1' Comme un polype solide, à surface frangée, formé de tillosités délicates ;
3* De villosités isolées sans base polypolde ;
y Sous l'aspect de touffe pédicnlée, formée d'un tissu tftche, rKOuvert dune espèce de chevelu et contenant un peu de matitee sdide. C'est la forme type.
J92 TUmniS DE LA
Si on eiamine une de ces tumeurs, on Toit qu'elle se présente sous la forme d'une masse molle, comme pulpeuse et plus ou moins affaissée dont on ne se rend pas compte. Dans l'eau cette masse augmente de volume, se hérisse d'une multitude de filaments qui se redressent et flottent dans le liquide ; d'où leur aspect de houppe à poudrer.
Les filaments forment des lanières déchiquetées ; leur base se continue comme une sorte de fibre blanche qui s'implante sur la muqueuse ou sur un pli de cette muqueuse. Ces fibres forment en divergeant les lanières dont nous venons de parler, et qui sont plus larges en haut qu'en bas. Les bces de ces lames fibreuses sont recouvertes par une membrane mince et par dfes villosités, ces \illosités, attachées à la base de cette lame, lui forment une sorte de collerette. Les lames fibreuses s'entrecroisent souvent et prennent alors l'aspect d'une éponge dans les aréoles de laquelle on trouve des villosités.
Quand on examine les villosités au microscope^ on voit que leur extrémité est occupée par un vaisseau, et si on fait une coupe de ces villosités, on s'aperçoit qu'elles émanent du tissu aréolaire sous-muqueux, en sorte qu'on peut suivre la trace des fibres de ce tissu jusque dans la racine des villosités.
Avant qu'on ait fait agir sur elles les réactifs, les villosités paraissent remplies par une masse dense, d'aspect granuleux, de couleur jauneyj)âle ou foncée. Si on les traite par l'éther, on voit apparaître une anse vasculaire formée par un capillaire colossal, doublée d'une couche très-dense et serrée de cellules à noyaux, tandis que la graisse disparaît.
Pour Baxton, les villosités seraient formées par trois vaisseaux principaux reliés entre eux par de nombreux capillaires. Une membrane fine entoure le réseau tout entier, et quelques cellules mal déGnies sont interposées aux capillaires.
Pour Virchow, comme nous l'avons déjà dit, les tumeurs villeuses de la vessie ne sont autres que des fibromes papillaires verruqueux ou villeux. On s'est demandé commentées tumeurs pouvaient naître dans la vessie, alors que celle-ci ne renferme pas de papilles. Mais si les tumeurs papillaires se montrent de préférence sur les parties membraneuses pourvues de papilles, il n'en
est pas moins vrai qu'on les voit apparaître aussi sur les tissu3 qui n'en renferment pas ; telles sont la vésicule biliaire, les membranes synoviales qui ne contiennent pas de papilles et sont cependant par excellence le point d'élection de ces excroissances. Pour qu'une tumeur papillaire puisse se former sur une membrane, il suffit que celle-ci appartienne au tissu conjonctif, quoique cependant on rencontre de ces prodsictions sur le tissu cartilagineux qui n'en renfenne pas. De ce qui précède, il résulte que les tumeurs villeuses, qu'elles siègent dans la vessie ou dans d'autres organes, ne sont pas un résultat de l'hypertrophie, mais celui d'une néoformation.
Tout à fait au début de l'apparition des villosités, on voit ipparattre un bourgeon amorphe, homogène ou granulé, dans lequel les cellules ne se montrent que plus tard. A ce moment, la verrue s'accroît par suite de l'augmentation des cellules et finit par former de grandes papilles ou villosités. Ces papilles elles-mêmes peuvent donner naissance à d'autres villosités et brmer dès lors des villosités énormes.
Cette évolution, tous les auteurs s'accordent sur ce point, est analogue à celle qui s'opère dans la formation du placenta. La partie villeuse du chorion est le résultat physiologique de la néoformation papillaire, car eu somme le placenta n'est qu'une grosse tumeur papillaire.
D'après Vircho^ , ce ne seraient pas les vaisseaux qui repousseraient les papilles, car Icxistence des vaisseaux serait précédée, contrairement à ce que pensent plusieurs micrographes, par le développement du tissu connectif et d'une grande quantité d'épiderme ; les vaisseaux ne se développeraient que consécutivement.
Les tumeurs papillaires peuvent conser\'er les caractères du tissu connectif jusqu'à une époque avancée ; mais, à la longue, elles sont susceptibles de devenir dures, résistantes, sclérotiques, cartilagineuses, ce qui explique en partie la différence de consistance qu'on a souvent trouv<';e aux tumeurs vésicales.
Un point sur lequel tout le monde est d'accord, c'e^t la facilité avec laquelle saignent ces tumeurs, et les hémorrhagies fréquentes dont elles sont la conséquence. Ces hémorrhagies sont
H. PlCABD. 13
194 TUMBURS DE LA VSâSIK.
d'autant plus abondantes et fréquentes dans la vessie, que Tépithélium, dont les tumeurs papÛlaires sont recouvertes sur les muqueuses^ est mou, et qu'il est ici continuellement baigné d'urine. Néanmoins les vaisseau! des tumeurs papillaires sont toujours recouverts d'une membrane adventice*
En somme, les tumeurs dont nous venons de donner la description ne difTèfent pas des papillômes, papillômes que nous avons vus naître ordinairement sur la muqueuse uréthrale de la femme^ quelquefois sur celle de l'homme, sur les grandes lèvres ou sur le gland. Elles paraissent, dans ce cas> avoir pour cause efficiente, comme quand elles croissent sur la vessie> une irritation quelconque, vieux écoulements, catarrhe ou pierre.
Mais les tumeurs papillaires ne sont pas les seules qui puissent se montrer dans la cavité vésicale. Ainsi Broca rapporte qu'en 1863, à la Salpètrière, il fît l'autopsie d'une femme atteinte d'hématurie depuis plus de dix ans-, et sur le bas-fond de la vessie de laquelle il trouva une petite tumeur rouge^ parfaitement circonscrite^ nettement pédiculée, grosse comme une noisette, limitée à la membrane muqueuse et exclusivement constituée par un lacis de vaisseaux capillaires dilatés.
Broca donne cette production comme un exemple de tumeur érectile. Toutefois, sa description n'est pas assez étendue pour qu'on puisse affirmer, d'une manière absolue, que telle était bien sa nature. Les tumeurs papillaires ont, en effet, pour signe extérieur des hémorrhagies fréquentes, et pour caractère micros*copique d'avoir des vaisseaux très-dilatés.
D'autres tumeurs, mieux connues et plus fréquentes que les tumeurs ércctiles, peuvent encore se montrer dans l'intérieur de la vessie. Ce sont celles qui viennent de la prostate. Nous avons vu, en parlant des raMadies de celte glande, que l'hypertrophie se présentait le plus souvent sous forme de tumeurs. Or celles^ <À viennent faire saillie sous le trigone vésîcal dont elles écartent les fibres pour apparaître dans la vessie. Là elles forment une et ordinairement plusieurs tumeurs qui sont constituées par des fibres musculaires lisses, entremêlées de quelques glandules prostatiques : ce sont des myômes dans lesquels on ne trouve plus quelquefois aucune trace deà trabécales
TUMEURS D£ LA VESSlfi. SftS
giaiidalaires ; Vircho\^' cite une tumeur de ce genre, grosse comme une noix, dans laquelle il ne trouva plus trace de glandules.
Ces tumeurs occupent plutôt la partie médiane de la vessie que les parties latérales, et semblent naître de ce qu'on a appelé, i tort, le lobe médian de la prostate. Elles débutent par une saillie ronde et aplatie qui s'élève peu à peu et finit par former one tumeur sphérique ou sphéroïde qui proémine de plus en |ilus dans la vessie.
Les tumeurs ont, en général, une large base ; quelquefois elles prennent la forme poljpeuse et celle d'un véritable champignon.
Ces tumeurs sont ordinairement trèsnienses, résistantes au toucher ; la surface en est unie ; cependant quelques points peur vent présenter une certaine mollesse, être un peu dépressibles et plus ou moins grenus*
La couleur des myômes est blanc grisâtre, parfois brune plus ou moins foncée.
Les myômes peuvent s'inGltrer de matières calcaires ou se pétrifier complètement au centre des lobules ou dans toute la masse, ce qui rend compte des cas dans lesquels on les a trouvés cutilagineux, osseux, durs comme du bois. Quelquefois ils s'infiltrent de graisses ; d'autres fois la transformation muqueuse s'associe à la dilatation de vaisseaux et amène la formation de kystes qui renferment un liquide muqueux, d'où le nom de kystes muqueux qui leur a été donné par Cruveilhier.
Causes. — Nous n'avons pas à nous étendre sur les causes des fongus de la vessie ; nous les avons, en effet, indiquées dans ce que nous avons déjà dit de leur histoire. Toutes les maladies anciennes de la vessie, principalement le catarrhe de cet organe eu la présence d'un calcul, peuvent leur donner naissance. C'est qu'en effet l'irritation de la vessie en est la cause efficiente la mieux caractérisée; comme cela a lieu, du reste, pour les autres muqueuses, surtout quand il s'agit de tumeurs papillaires. Aussi, comme conséquence, les fongus sont-ils beaucoup plus fréquents chee le vieillard que chez l'adulte, et chez ce dernier 4(118 tbez l'enfant. Ceci dit surtout pour les fongus tirant leur
or^ne d^one hypertrapUedeh prastHe, patsqoe eette maladie ne se présente qœ dans fe dernier tiers de h lessie.
?ioiis de? CMiâ dire tûotefius qa'oo a reneootré des tumeurs foogneoses dans des lesâes dont T^poraiee éuh d'ailleurs tout à Êdt saine.
SfjifTUis. — Les simptdoMs des fbogns fésicaux sont communs à un grand nombre d'autres maladiis des wies urinaîres. Ils dâmtent par un emlnrras de la nûction, dlntensiië variable, qui p^it durer un an on deux ; puis il sunient de lliématurie ; très-âoat ent ITifematurie se montre an début.
Cette hématurie persiste, apparaît surtout ajurès les secousses, les efforts ; elle se présente parfois sous forme de caillots* Elle peut être intermittente ou continue, et au milieu du sang on trouve de temps en temps quelques gM>ules purulents.
D'antres fois Turine ne s'échappe plus par jet, mais en bavant. Dans ce cas, la vessie se vidant plus ou moins mal forme une tumeur de volume variable au-dessus du pubis, tumeur qu'on peut limiter à la percussion, et qui disparaît par l'introduction de la sonde.
La douleur n'est pas toujours ^[wntanëe, mais souvent provoquée par la miction ou par la pression.
Chez la femme, l'urëthre étant moins long que chez l'honmie^ on a quelquefois vu la tumeur apparaître à l'extérieur, et Baxton rapporte même avoir donné des soins à une femme qui rendit spontanément par l'urèthre une tumeur villeuse.
DiAG!«osTic. — Le diagnostic des fongus de la vessie est fort difficile, par cette raison que les symptômes auxquels ils donnent lieu sont en partie communs à bien d'autres affections de la vessie. La douleur n'existe pas toujours, au moins au début» La sensibilité de ces tumeurs est parfois si peu prononcée, que Civiale a pu en arracher avec les teuettes, pendant l'opération de la taille, sans causer une grande douleur. Cependant, au dire de Choppart, elles peuvent donner lieu à de vives souffrances quand elles sont irritées. Ce qui frappe tout d'abord c'est l'apparition des troubles de la miction. Le jet d'urine peut être interrompu et du sang s'écouler, par moments, avec des mucosités catarrhales, si la tumeur a. été irritée. Souvent, quand
TOnORS DB Lk VESSIE. 197
OD sonde les malades dans ce$ sortes d'affections, on rencontre, 10 col de la yessie, une résistance plus ou moins prononcée, ou bien si la sonde parvient dans l'organe, elle rencontre quelque* fois le fongus, pour peu que celui-ci ne soit pas trop mou ; mais e*est là, on le comprend, une sensation bien incertaine.
Malgré cette incertitude, c'est encore l'exploration de la ves<*
sie, au moyen de la sonde, qui donnera les meilleurs rensei**
gnements sur la présence d'un fongus dans la vessie. Quand
le fongus est implanté sur le col, la sonde ordinaire pourra le
faire soupçonner, mais ne l'indiquera pas sûrement, car sentant
on obstacle, on ne pourra savoir duquel il s'agit. Quand la
tumeur a pour siège l'intérieur de la cavité vésicale, la sonde
peut donner la sensation d'un corps mou qu'on déplace &cile-
ment, mais sans qu'il y ait là rien de positif. Il faudra, pour
(d>tenir des données plus certaines, avoir recours aux instra-
ments litbotriteurs, soit au lithoclaste ordinaire, soit à la pince à
trois branches. Mais une extrême douceur est ici nécessaire,
autrement on risquerait de déchirer le fongus dont la résistance
est ordinairement extrêmement peu considérable. Quand on
pratique ce genre d'exploration, soit avec le lithoclaste, soit avec
la pince à trois branches, il faut d'abord faire une injection d'eau
tiède dans la vessie, puis, l'un de ces deux instruments étant
introduit, le développer et le ramener vers le col de cet organe
en lui imprimant des mouvements de latéralité qui finissent par
y engager la tumeur quand elle est près du col. Le lithotriteur
servira plutôt pour les fongus situés plus profondément.
Quand un fongus est placé au col de la vessie, il faut, pour mesurer la profondeur à laquelle il se trouve, appliquer son ongle sur la sonde au niveau du méat, quand cet instrument a louché la tumeur. L'espace compris entre l'ongle et le bec de la sonde indique la profondeur à laquelle le fongus se trouve placé. Dans ces circonstances, il est aussi nécessaire de se servir de sondes très-longues, car conune dans les cas d'hypertrophie de la prostate, l'urèthre peut être très-allongé. Si le fongus siège au trigone, il faut enfoncer la sonde profondément pour qu'elle ne soit pas repoussée au dehors par Télasticité de la tumeur.
On a conseillé, pour le diagnostic de ces sortes de tumeurs,