‹ Traité des maladies de la prostateChapitre 38 sur 61 · INCONTINENCE D'URINE · texte numérisé non relu

INCONTINENCE D'URINE

Déhnition. — On donne ce nom à une maladie caractérisée par l'évacuation involontaire de l'urine.

On distingue, suivant la lésion qui la produit, plusieurs espèced d'incontinence d'urine.

I • Celle qui a lieu par lésions du sphincter du col vesical, de

INCONTINENCB ITllUNe. S77

la prostate ou du système nerveux central, qui soustrait le sphincter vésical à l'empire de la volonté ;

2* L incontinence due à une trop grande distension de la vessie, sous l'influence d'une lésion du système nerveux central, distension qui donne lieu à une réaction de la poche urinaire sur son contenu, en sorte que celui-ci s'échappe par rcgoigement. C'est une incontinence compliquant une rétention ; nous en avons déjà parlé dans l'article précédent.

3* L'incontinence nocturne d'urine ou essentielle.

INCONTINENCE d'oRIGINB LOCALE.

1* Toutes les causes qui peuvent altérer, en tout ou en partie, le col de la vessie exposent à une incontinence d'urine à laquelle il est souvent fort difficile de remédier. On voit cet effet se produire quand, dans l'opération de la taille, on a prolongé rincLsion trop près de l'orifice uréthro-vésical ou quand, en enlevant une pierre trop volumineuse, on a déchiré cet orifice. Cette lésion se répare par les seuls efforts de la nature, le col reprenant petit à petit le ressort qu'il avait perdu. Encore cette guérison arrive-t-elle plutôt chez les jeunes gens et les enfants que chez les vieillards, qui risquent de conserver une infirmité contre laquelle viennent, à cet âge, échouer tous les traitements.

Un effet analogue a lieu chez les femmes quand on leur a trop énergiquement dilaté l'urèthre, soit pour 1 extraction d'un calcul, soit dans tout autre but. Le canal perd alors sa contractilité et se trouve dans l'impossibilité absolue de revenir à ses conditions normales. Il se produit, d'ailleurs, un résultat semblable chez Thomme, dans quelques cas de dilatation brusque de l'urèthre et du col vésical.

L'incontinence d'urine peut être la conséquence d'un accou* chement laborieux, et cela de plusieurs manières différentes. D'abord, et c'est le cas le plus grave, quand la tête ayant séjourné longtemps au détroit inférieur^ contre le col de la matrice, y a déterminé une escharre, et, par suite, une fistule vé^ico-vaginale qui laisse contiuuellement couler l'urine. Mais pour se produire dans des circonstances analogues, l'incontinence d'urine n'exige pas d'aussi graves délabrements, et il sufiQt que le col

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vésical fM)it contus au moment du passage de renfant. Quelque^ fois môme ce phénomène se produit avant raccouchement et à la fin do la grossesse, alors que la tôte presse sur le col quelque temps avant le terme.

Les affections organiques du col de la vessie peuvent être Torigine d'aandents semblables. Il en est de môme des cancers du rectum chez Thomme et du vagin chez la femme; cancers qui, en envahissant tôt ou tard les parois vésicales, peuvent donner lieu & un écoulement d'urine continuel qui vient compliquer la nialudic en la rendant plus insupportable encore.

Il crit inutile de parler ici des individus qui sont affectés d'incontinence d'urine par exstrophie vésicale; elle s'explique d'cllo-mômo. On voit quelquefois Tincontinence d'urine survenir choz 1p8 vieillards atteints d'hypertrophie de la prostate. Alors, en effet, le lobe moyen peut s'insinuer, comme un coin, entre les lobes latéraux, les écarter d'une manière permanente et, on s'opposant h leur rapprochement, donner lien h une incontinence purement mécanique.

Une autre cause agissant d'une manière identique, c'est un calcul qui s'engage dans le col vésical, le tient entr'ouvert et permet, par conséquent, à l'urine de s'échapper continuellement.

2* Les causes faisant partie de cette seconde catégorie sont la conséquence do maladies générales dans lesquelles il y a incontinence par regorgement. C'est, qu'en effet, dans ces affections, la vessie ayant perdu en partie sa sensibilité, se laisse distendre jusqu'à son extrême limite, c'est-à-dire jusqu'au point où étant incapable de recevoir une plus grande quantité d'urine, sa résistance à la distension l'emporte sur la puissance contractile du iH>l, en sorte que l'urine s'écoule goutte à goutte, à mesure qu'elle arrive du rein.

Ces phénomènes se produisent chez les personnes frappée< d'apoplexie, quand elles ont la vessie paralysée. Chez ces malades, Turine no ci^mmence à ^'écouler spontanément qu'au bout de quelque^? jours* Aussi, dans ces sortes de cas, faut-il se méfier et ne |vis rester sans sonder les malades, car si la vessie ne se distond ji^as davantage, Hirine qui y séjourne se décompose, produit du ctrbonale d'ammoniaque qui irrite Torgine^ TeiH

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flamme, et peut môme en occasionner la rupture. En somme, c'est donc beaucoup plutôt à une rétention qu'à une incontinence qu*on a affaire. Les mêmes phénomènes se présentent quelquefois au bout de quatre ou cinq jours dans les commotions de la moelle, et doivent être combattus de la même manière*

L'incontinence d'urine observée chez les saturnins est la conséquence d'une paralysie vésicale.

On voit aussi l'incontinence d'urine se montrer dans les fi^ vres pernicieuses et dans les fièvres continues. Elle constitue alors un signe fftcbeux, car elle indique que le système nerveux n'a plus d'action sur les fibres musculaires organiques.

L'incontinence d'urine apparaît quelquefois pendant une syncope, une attaque d'épilepsie, mais alors c'est un accident passager n'offrant pas par lui-même un grand danger et cessant avec la crise qui lui a donné naissance. Il en est de même à la suite de l'ivresse.

L'incontinence existe aussi chez certains vieillards, qui, sans avoir une hypertrophie prostatique, ont le col induré; la même chose a quelquefois lieu chez les sujets plus jeunes à la suite de cystites prolongées. Quand il en est ainsi, l'incontinence est très-incomplète, légère et constituée seulement par les dernières gouttes d'urine qui ne sont plus expulsées par le coup de piston et qui, s'échappant quelque temps après la fin de la miction, peuvent faire croire à un rétrécissement.

Si un calcul peut donner lieu, comme nous l'avons vu, à une incontinence par effet mécanique, il la produit plus souvent d'une autre manière. C'est alors par la fatigue du col que ce symptôme se produit : cet organe, épuisé par les efforts qu'il a faits pour se débarrasser de l'urine contenue dans la vessie, se trouve impuissant à réagir sur ce liquide et le laisse s'écouler spontanément.

INCONTINENCE d'oRIGINE GÉNÉRALE OU ESSEMTUELLE.

3* L'incontinence nocturne s'appelle ainsi parce que c'est pendant la nuit, au milieu du sommeil de ceux qui en sont atteints, qu'elle se produit; quoique, dans quelques cas, on l'ait vue apparaître même pendant le jour. Cette dénomination d'in-

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