CONSKOUTIPS AUX AFFECTIONS DES VOIES URINAIRES
Sous ce titre, nous comprenons un ensemble de phénomènes morbides plus ou moins graves, indices de l'influence pernicieuse qu'exercent les maladies de l'appareil urinaire sur l'organisme tout entier, et démontrant comment ces maladies, â*abord locales pour la plupart, en arrivent peu à peu à troubler toutes les fonctions et, par suite^ à menacer l'existence même du malade. Ce n'est presque jamais, en effet, le rein excepté, Taffection elle-même, qu'elle siège sur Turèthre, la prostate ou la vessie, qui tuera le malade ; mais ces organes, parties intégrantes d'un appareil compliqué, auquel est dévolu l'une des fonctions les plus importantes de Téconomiei n'accomplissant
TROUBLES Gto&RAUX. U9
plus régulièrement les actes auxquels ils étaient destinés, il en résulte un trouble profond de la fonction elle-même. Or, cette fonction, son but est de débarrasser l'organisme des déchets de la nutrition et de la désassimilation de nos tissus, c'est-à-dire des matériaux dont l'oxydation a servi à l'entretien de la vie. Dès lors, ces déchets non expulsés s'accumulent dans le sang qui les entraîne et les fait pénétrer dans l'intimité des organes et des tissus les plus éloignés du centre circulatoire, de manière à en imprégner les éléments anatomiques qui en sont vite saturés. Non-seulement les divers appareils, maïs aussi tous les systèmes : circulatoire, nerveux et même musculaire, et par suite toutes les grandes fonctions, sous l'influence de ce contact morbide, sont profondément troublés. Ce trouble, qui n'est probablement que la manifestation extérieure des efforts auxquels se livre l'organisme pour se débarrasser des principes morbides qui viennent gêner la régularité de ses fonctions, se présente sous diverses formes : la fièvre caractérisée par du froid, suivi de chaleur et de sueur, sueur critique qui juge l'accès, en entraînant avec elle les éléments morbifiques dont l'organisme se trouve par cela même débarrassé. Il en résulte que, étant donné un malade affecté d'une maladie des voies urinai res, accompagné de fièvre, il faudra chez lui provoquer, par tous les moyens appropriés, une sudation dont l'apparition sera souvent le salut. Les troubles gastro^intestinaux^ sous bien des rapports, analogues à la sueur de l'accès fébrile. Ils sont, en effet, encore constitués par un flux qui délivre l'économie des principes morbides ; seulement ce flux ne se manifeste plus sous forme de sueur du côté de la peau, mais du tube digestif sous celle de vomissement ou de diarrhée. En troisième lieu, viennent les phlegmasiesj quelquefois spontanées, plus souvent consécutives aux opérations pratiquées sur l'un des oi^anes de l'appareil urinaire ; phlegmasies qui ne sont, elles aussi, que la conséquence d'un flux, flux qui s'accomplit dans l'intérieur même des tissus, et qu'on désigne plus particulièrement à cause de cela, sous le nom de fluxion. Mais ici la production morbide n'étant plus, comme dans le cas précédent, rejetée à l'extérieur^ on voit quel danger fait courir au malade un pareil mode d'élimination,
H. Picard. 19
»$• TBOIiaUS GÉNÉRAUX.
puisqu'il a pour conséquence une désorganisation plus ou moine étendue et profonde des tissus mêmes du malade.
Je n'allongerai pas davantage ces généralités ; toutefois, avant de les terminer, je dois faire remarquer que la fièvre comme les troables gastro-intestinaux ou les phlegmasies n'apparaissent que quand déjà raSection urinaire est assez avancée pour donner lieu à une rétention d'urine dans les organes. Ce qui vient à l'appui des idées exprimées dans les lignes précédentes, que ces diverses manifestations morbides ne sont que le résultat de l'effort fait par l'organisme pour se débarrasser des produits morbides qui n'ont pu être excrétés ou qui ont été résorbés.
Ce que je viens de dire ne s'applique point aux paraplégies urinaires^ qui semblent différer complètement, au point de vue du mécanisme de leur production, encore peu connue d'ailleurs, des affections précédentes.