‹ Traité des maladies de la prostateChapitre 43 sur 61 · I . Loc. cit · texte numérisé non relu

I . Loc. cit

TBOOBLBS GÉNÉRAUX. 319

Mais, comme le fait très-bien remarquer Chareot, d'autres expériences existent qui paraissent plus concluantes par rapport au sujet dont nous nous occupons. Ne sait-on pas, en effet, qu'une pression exercée par les doigts sur l'utérus, l'intestin ou la vessie, a pour conséquence une paralysie des membres inférieurs ? Or, est-ce qu'il n'y a pas pression des organes urinaires, quand ils sont enflammés? Est-ce que la circulation sanguine n'y est pas arrêtée? Est-ce que les nerfs eux-mêmes ne sont pas comprimés par suite de cet arrêt de la circulation? Et dès lors quelle différence y a-t-il entre cette compression physiologique et la compression mécanique exercée avec la main ?

Il se produirait là quelque chose d^analogue à ce qui a lieu d'après ceux qui admettent la théorie de répuisement nerveux. D'après cette manière de voir, les nerfs qui se rendent aux organes malades, continuellement surexcités par la maladie de ces organes, ne seraient plus capables de conduire Tinflux nerveux qui part de la moelle, absolument comme les rameaux nerveux dans lesquels on fait passer un courant électrique continu.

Pour Jaccoud, la paraplégie purement fonctionnelle ne serait pas encore prouvée ; il doute que dans ces cas la moelle soit tout à fait intacte. Cependant le cas de Graves, dans lequel un marin vit la paraplégie dont il était atteint cesser spontanément après le passage de quelques bougies qui dilatèrent un rétrécissement, et ceux de Stanley, semblent prouver qu'il s'agit bien réellement d'une paraplégie fonctionnelle.

Charcot range dans une troisième catégorie les paraplégies par propagation directe qui diffèrent complètement des précè* dentés. Un organe de l'appareil urinaire, la vessie ou le rein, étant enflammé, la phlegmasie envahit de proche en proche les plexus ou les nerfs environnants qui, susceptibles d'engendrer des douleurs considérables, ne le sont plus pour laisser passer l'influx nécessaire au mouvement.

La paralysie peut encore survenir par un autre mécanisme \ c'est quand l'inflammation, au lieu de suivre directement le trajet des nerfs, se propage par le tissu cellulaire ou les veines jusque dans l'intérieur du canal spinal où il envahit la moelle.

Page 1