‹ Traité des maladies de la prostateChapitre 44 sur 61 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

AFFECTION GALGULEUSE

On désigne sous le nom d^affection calculcuse une maladie dans laquelle l'économie, en vertu d'une manière d'ôtre innée ou acquise, produit ou abandonne, en plus grande proportion qu'à Tétat normal, certains matériaux que l'urine entraîne et laisse déposer, sous forme de sable, de gravier ou de oaleul^ dans un des points de son parcours du rein à l'extérieur.

Ces matériaux, constitués par différentes substances, sont t C acide urique et ses composés j foxalate de chattx^ les earbonatm de chaxix et de magnésie, les phosphates de chaux et ammoniacù^ magnésien^ la cystine^ la xanthine. Enfin on a rencontré encore des concrétions urinaires formées de silicis et de fer^ mais les cas en sont extrêmement rares.

En réfiéchissant à la composition des substances précédentei) on voit que les unes sont acides, les autres alcalines el les troi-' siëmes neutres. L'affection calculeuse donne donc lieu, au point de vue des réactions chimiques, à des produits parfaitement déterminés, qu'on a di\isës en produits acides, alcalins ei irn différents.

Considérant les choses à un autre point de vue, on voit encore que ces mêmes productions sont : les unes minérales, les autres organiques, en sorte qu'il ne serait pas moins juste, ni moins philosophique de les diviser en deux grandes classes : Us carbo* nates et les phosphates, c'est4-dire les substances minérales,

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9tS AFFfCTlKI Cà'i^JLSDSE.

eoDStitiiaDt la première; Paâde urique, Fojalaie de choHx, la cystme, la xanthine étant raogés dans la seconde. Ces deux classes elles-mêmes pourraient être snbdÎTisées en deux ordres : l'un comprendrait les substances ternaires^ l'autre les subsinrces quaternaires ; l'acide urique, la cystine, la xantbine étant les substances quaternaires de la seconde classe ; le phosphate ammoniaco-magnésien constituant la substance quaternure de la première. Quoique la magnésie et le phosphore ne soient pas des principes inunédiats dans le sens propre attaché à ces mots, il n'en est pas moins certain que le phosphate dont nous parlons est un composé quaternaire salin. Mais les corps quaternaires de la seconde classe, si nous poussons plus loin Tanalyse, pourront eux-mêmes être rangés en deux ordres; l'un comprenant les corps quaternaires simples : acide urique et xanthine, qui ne renferment que du carbone, de l'oxygène, de rhydrogène et de l'azote, et la cystine qui, outre ces divers principes immédiats, contient du soufre.

Mais, d'un autre côté, ces produits, comme nous l'avons dit dans la définition, sont constitués par du sable, des graviers ou des calculs. Cette forme tout à fait caractéristique et qui frappe les malades et les médecins encore plus que leur composition, puisque d'après cette apparence l'un et l'autre jugent tout d'abord l'affection, a influencé beaucoup sur les mots dont on se sert souvent pour désigner la maladie dont nous nous occupons et qu'on appelle vulgairement la gravelle. Or, d'après ce que nous venons de dire des réactions données par les produits de cette gravelle, nous pouvons les diviser en graveUe acide, gravelle etlcaline, gravelle indifférente; c'est Tordre que nous suivrons dans notre description.

Mais revenons à cet état général qu'on désigne sous le nom à' affection calculeuse. Dans sa pathologie générale, Chomel donne de la goutte la définition suivante : « C'est, dit-il, une disposition en vertu de laquelle plusieurs organes ou plusieurs points de l'économie sont à la fois ou successivement le siège d'affections spontanées dans leur développement et identiques dans leur nature, lors même qu'elles se présentent sous des aspects divers. » Et comme ajoute fort bien, à la suite de cette

AFKBCTKm CàLCULKOSB. SiS

eitation, le IV Gftitier-Boissière dans sa remarquable thèse sur la gouUe % a il existait primitivement, chez les individus frappés par cette maladie, une prédisposition tenant à une certaine eonformation qui leur a été transmise par leurs parents, ou qu'une manière de vivre contraire à leur complexion leur avait directement attirée » •

Eh bien, Taflection calculeuse, c'est-à-dire cette maladie gêné* raie qui fait que 1 homme forme et rend des concrétions, est l'une de ces affections spontanées dans leur développement, et identique à la' goutte, par sa nature, dont parle Chomel, affection spontanée qui ne se montre, comme le dit Galtier-Boissière, qu'en vertu d'une prédisposition spéciale, héréditaire ou acquise.

Ceci revient à dire que l'affection calculeuse n'est pas une entité morbide simple, toujours limitée et toujours identique à elle-même, conservant soit d'une génération à une autre, soit sur le même individu, son type primitif; mais, au contraire, l'une des manifestations d'une manière d'être, d'un état particulier de l'économie sous l'influence desquels' peuvent nattreune foule d'affections se transformant, l'une dans l'autre, chez plusieurs générations successives ou sur la même personne. Cette manière d'être, cet état particulier, on les a désignés sous le nom darthriiisj mot employé trop largement et peut-être abusivement par les anciens, abandonné pendant un temps, et enfin remis à juste titre en honneur de nos jours.

Et, en effet, saas parler de la goutte et de la gravelle dont la filiation a toujours été admise, et qui est incontestable, n'est-il pas établi aujourd'hui qu'une foule d'affections se montrent sous l'influence de l'état dont nous parlons? Sans nous arrêter aux idées de Bazin, peut-être trop absolues, sans admettre avec aussi peu d'hésitation que ce médecin remarquable la parenté de ses arthritides avec la goutte ou le rhumatisme , qu'il considère comme une seule et même maladie, il n'en est pas moins certain que le psoriasis, le lichen et l'eczéma, l'acné même, sont des affections dont certaines formes coïncident ou alternent souvent avec la goutte et la gravelle. Mais, en dehors des affections

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