‹ Traité des maladies de la prostateChapitre 45 sur 61 · I. GaHier-Boisùère, De la (fimite. Thèse, Paris · texte numérisé non relu

I. GaHier-Boisùère, De la (fimite. Thèse, Paris

,. J t f-ll ^-

deSCoO, dooi kt fimm sqoI â dûene» ; dîn run la mtgniiie,

efaezrantn FaiigiiisifepQÎînneïMoapteiiiairld'iioeaiigii^

de poitrine, et bioî je infire pioneocs fois par mois d'accès de

migraiiie alroces^ moa grand-père éiaift mort isudroTé par une

^oplexîe; aest-ce pas là la sacceâ&ioa indiscutable d'une goutte

IsTfée mais imtabtey et leOe qoe déjà ia^Faient ai bien remar-

ÇBé les anciens? Tons les anteors ne sont-ils pas d^acrard, d'nn

antre côCé, poor reconnaBie la nature gootteose de certaines

lonnes d'asthnœ? Troossean ne cite-i-il pas dans sa diniqoe

rUstoire d*nn professeur de droit justement rencmunè, ches

lequel les accès d'asthme aitemaîent, d^une Eiçon périodique,

aicc des attaques de goutte articulaire, et qui fut aussi atteint de

coliques néphrétiques? Enfin^ ce qui n*est pas trop surprenant,

puisque les reins sont altérés dans la goutte et la gra>eile,

n'»-t-on pas fu ces organes subir dans ces nudadies la d^ëné*

rescence brightique ? Le foie lui-même n*est-ii pas alors aussi

aUéré, et sans coosidér» les lésions dont il peut être atteint

simultanément à la goutte eUennéme, n'existe-t-il pas des

obsenrations prouvant jusqu'à Téndenoe l'alternance des coliques

hépatiques, de la goutte et de k grafdle, soit sur le même sujet,,

soit sur ses descendants ou ses ascendants? De même pour le

diabète et, jusqu a un certain point, quoique c^te manière de

voir ne soit pas admise par beaucoup de dos maîtres aujourd'hui,

pour le rhumatisme, et que nous ne r^ardions pas comme

identique la cause intime de ces deux états morbides.

Ce qui précède doit-41 s'qqpliquer exdusiTement à la graveile aiâde, c'est-à-dire à la lithiase urique et à la lithiase oxalique, qui sont souvent confondues, puisqu'elles se rencontrent presque toujours mélangées dans la même urine, et qu'elles se substituent fréquemment l'une à l'autre du jour au lendemain, et la graveUe alcaline n'esi-ellej'pas en connexion intime avec la pré» oédente? Assurément il est difficile de répondre à une pareille question dans Tétat actuel de nos connaissances; un fitiit bien certain, c'est que la substitution qui s'établit de l'acide urique à Tacide oxalique existe quelquefois pour les phosphates et constitue une sorte de graveUe alternante : un jour c'est de

PIEIIIIB DANS LB REOf. Sf8

Tacide uriqne qni se dépose de l'urine, et le lendemain dn phosphate de chaux.

Nous ayons cru devoir exposer dans les lignes qui précèdent notre manière d'envisager l'affection ealculeuse, pour bien fiiire comprendre, en commençant la description de cette maladie, que ce n'est pas uniquement l'état local qu'il faut soigner, mais qu'il e^t nécessaire d'envisager les choses de plus haut, afin de les mieux voir, et au lieu de s'attaquer à un organe en particulier, de soigner l'individu tout entier.

Quoi qu'il en soit^ fidèle au plan que nous nous sommes tracé et que nous avons exposé au début de cet ouvrage, nous envisagerons l'affection calculeuse dans le retn^ où se déposent tout d'abord ses produits, et dans la vessie où ils sont presque hta« lement destinés à tomber, trop heureux quand ils n'y sont pas retenus pour constituer la maladie que le vulgaire et les médecins eux-mêmes appellent plus particulièrement h pierre.

On comprend que l'affection calculeuse ne dépose pas impunément ses produits dans le rein, qqMls prennent la forme de sables, de graviers ou de véritables calculs. L'ensemble des phénomènes, soit anatomo-patbologiquegi soit symptomatiques, auxquels ils donnent lieU| a été désigné par les mots de néphrite calculeuse. Mais les symptômes de cette néphrite sont si nets, si spéciaux, qu'ils méritent une description séparée. Ce sont ceux de la colique néphrétique. L'hématurie se montrant souvent simultanément à l'expulsion des graviers du rein, nous en profiterons pour la décrire après la colique néphrétique. Toutefois, avant d'entreprendre cette description, nous exposerons les lésions anatomiques du rein dans l'affection calculeuse.

D'un autre côté, la maladie, en s^aggravant, engendre des lésions de plus en plus considérables qu'on a coutume de désigner par des dénominations spéciales, et dont les symptômes n'offrent pas le même aspect que les précédents. Nous décrirons

ns puau iu(E u u».

cet lésiong et ces symptômes dans les deux irtides intitulés :

Pyélile et BydronépArose.

Ahaiomie PAiBOLOGiQCE. — La {Merre dn rein oa, poar employer une désignaUoa plus vague et, par conséquent, mieux «pproprîée^ puisqu'elle ne préjuge pas le volume des cmcrfrtione, h tithiast rénale se présente sous l'afpect de sabia, de graviert^ et constitue alors la graveUe proprement dite ou de eakuli.

Le table est caractérisé par un dépôt plus ou moins épaîf, ayant l'apparence d'une poudre cristalline on amorphe qui gagne le fond du vase dans lequel l'urine eet contenue

Les graviers, de volume variable, ne sont jamais inférieurs à la grosseur d'un grain de cbènevis, ou supérieurs à celle d'un petit pois.

Les caktils atteignent un volume variant de celui que nous venons de désigner à celui d un cuif d uie ou de poule.

FV. n. -

Le nombre des calculs du rein est généralement en raison inverse de leur volume et, dans tous les cas, fort variable. On en trouve quelquefois un seul, parfois cinquante et même davantage. Cependant ils sont ordinairement peu nombreux, et c'est par exception qu'on en a rencontré une grande quantité.

Leur forme varie comme leur nombre : tantôt cylindriques ou arrondis, coniques ou réniformes, ramifiés comme du corail

PIBBBE buts LE UHX. 1:7

OU UQ ixûs de cerf; Uinidt aplatis, anguleux, aaDUlaires ou en sablier, ils sont libres ou encbatonnés. Cette poljrmoi^e des calculs rénaux est un des caractères qui les distinguent de ceux de la vessie, et se comprend quand on songe à la conformation diOérente de ces deux organes. Ils présentent souvent des couches concentriques qui semblent correspondre aux diverses époques de leur formation. Cette euperpoâtion des couches qui existe ausà dans les calculs vésicaux explique, jusqu'A un certain point, leur consistance, car elle les rend plus friables et plus facile à désagrégé.

T':g. îl. — Cakul r^ntl nmiOi d'acide uriqu», repritentj ivcc m

lulnrelln el retira lar le même individu que le préc6lenl. (R. Lerojr d'Éliolin, Tmilé de la grtiveUe, p. H9.)

Ijo surfaee des calculs rénaux est ordinairement rugueuse, couverte d'aspérités ; exceptionnellement lisse, polie, miroitante.

Leur couleur est jaune clair, jaune bronaé ou grisfttre ; quelquefois tout à fait blanche ; enfin, dans quelques cas rares, on l'a trouvée noire ou verte. Elle dépend surtout, d'ailleurs, de la composition chimique du calcul et des matériaux étrangers qui peuvent s'y trouver mélangés.

Les calculs ont une odeur particulière qu'on a comparée à celle de la menthe, du musc, du castoréum, du sperme ; mais ces comparaisons ne sont pas justes. En somme, les calculs ont une odoir fade qui n'est guère comparable.

3i8 PieilRB DANS LE RBIN.

La densité des calculs varie, comme leur dureté ; presque nulle pour certains d'entre eux, elle est considérable pour d'autres : les plus denses sont d*oxalaie calcaire , puis ceux d'acide urique; après viennent les carbonates et les phosphates.

La dureté des calculs varie avec la substance dont ils sont formés et avec la manière dont elle s*est agglomérée : un calcul d'oxalate dé chaux est plus dur qu'une pierre d'acide urique, et un calcul d'acide urique plus qu'une concrétion phosphatique.

On peut appliquer au poids des calculs rénaux ce que nous venons de dire de leur dureté. Celui-ci, en effet, variera avec sa composition et son volume, ce qui va de soi. Certains calculs pèsent 25 gr., d'autres 200, 400 et même plus; mais ces derniers chiffres sont énormes. On a vu quelquefois des calculs dont le poids variait de 20 à 30 gr., ne révéler leur présence par aucun symptôme, et n'être découverts qu'à l'autopsie.

Les calculs multiples sont polygonaux et à facettes se correspondant par des surfaces semblables, quand ils sont accolés les uns aux autrei. Dans les autres cas, ils sont anguleux^ aplatis ou sphéroïdes, de volume inégal ; un gros calcul accompagnant une ou plusieurs concrétions. Quand plusieurs calculs existent dans le rein, ils sont généralement peu nombreux.

D'une manière générale on peut dire que les qualités physiques des calculs, mais surtout la couleur, la dureté, la densité et le poids, sont en rapport avec leur composition chimique.

Les deux tiers des calculs rénaux sont formés d'acide urique ou de ses composés. Ce sont les plus volumineux, que celui-ci soit seul ou associé à l'oxalate de chaux, au carbonate ou phosphate de chaux pur ou mélangé h d'autres sels.

Ceux (Toxalate de chaux prennent rang après ceux d'acide urique. Leur surface est ronde et raboteuse, muriforme, colorée par de l'hématine. On les trouve dans la substance médullaire du rein ; ils y sont stratifiés et du volume d'un grain de chènevis. Dans les calices et les bassinet^, ils atteignent rarement le vohime des calculs d'acide urique.

Le phosphate de chaux et celui de magnésie sont rarement isolés dans les calculs. Dans les reins, on rencontre ces sub«i stances sous forme de mastio occupant les bassinets.

PBMB OANS LK tWf. m

Quant iuphtuphale ammoniaeo-matfnésien, si commun dans les couches externes des concrétions calculenses vésioales, il est relativement rare dans les reins et les direrticules des oallees, & l'état de gravelle ou de concrétions piriformes. Lorsqu'il s'y rencontre, il constitue la gravcUe blanche, que distinguent sa coloration, sa Triabilité et sa ^ible densité. Dans les calculs, les sets phosphatiques sont généralement unis & l'acide nrique.

Fig. 71. — CrliUiu d'Miiil* oriqaa.

Le carbonate de chaux constitue rarement des concrédons rénales chez l'homme; il est ordinairement alors associé au carbonate de magnésie et au phosphate ammoniaco-maguéslen.

La cytlàie a été quelquerois rencontrée à l'état de Eédimeut, de gravelle ou de partie constituante des calculs. Elle se rencontre plus souvent dans le rein que dans la vessie.

Tig. 14. — CrWani h

d'oulale de chaui. d'ouUte de chaui.

'L. Bule, Irad. OlliTÎer H Berpemu, (L. Béate, trad. Olllrler et Bergpron,

Oi;. (M.> AK- 108.)

La xanthine est très-rarement la base des calculs rénaux.

La lithiase rénale est rare dans le tis^ même du rein, si ce n'est chez les enfants et les goutteux. On l'observe dans les papilles et les tubes droits, quand elle est sous forme de sédiments ou de sable, dans les calices et les bassinets, quand elle constitue des concrétions plus volumineuses.

Les dépôts iotercanaliculaires ou infarctus se fbrment ptuldt

3S4 PBâiK lUlNS LE REB.

dans U substance médullaire que dans la substance corticale, et

âont trop peu considérables pour produire des désordres. Chez

les enfants, ils prennent la fbnne d'aigrettes qui, de la papille,

s'avancent et s'épanouissent ¥ers la substance corticale, séparés

par des bandelettes rougeâtres et violacées. Ces aigrettes sont

d*autant plus laides et plus nombreuses qu'on examine un pdnt

plus rapproché de la base des pyramides où elles se confondeDt

avec le parenchyme. On voit toutes les pyramides atteintes, et, si

on les comprime de la base au sommet, on fût sourdre une fine

poussière des papiUes, poussière qu'on retrouve dans tout l'arbre

urinaire. Celte poussière, traitée par l'acide acétique, donne de

racide urique, parce que cet acide décompose \Mraie d'anmuh

niaque ou de soude dont cette pousâère est cûmpc«e. Ces unîtes

conle^tionncnt lo rein H «m^'wr.: k tS^snSrû de l'urine.

ù< dtS=*M^^ uratique? *i> «wattaroi ^ u nrcïwiiî dans les tubes

ln>iJdu wdn amis tonne d^AHia^œiiCLlijs ùlonipês. Au micros-

' ,^ wratcs f« pi«MîMU tti^c iuas t cm,; it granulations

NvJfiw»* qui* T^^ ^^'^ rtcmiaiu ùf^r^cn .:cmiiw aia nuage, tau-

1m \^>«s formf à^ p-JiDBlaâLtt5 ii:û..;tf oses rvfrÙjçMites, ou bien

1 cc\W à^ cré^iJï *^ ir.£^iilli»îj. Li base ^tfac en être la

WAcnf>i<' ou la rbwa, fins bihttn.eîjiciiîiiî: jt scai*. Les urates

*,>n! il'^'^P^^ f*r lies ai!iife 'jf< piis SilbiVs ^a vsde uriqoe

li ?e coorrèle eiv ^ristinLi rtiidtiiècrjries. rwcai^ •ciangés en

lànies bet ««'/n***»? ** t^ *-tpii»îw Li ^ inuttg in 5» ikinnes^

L'aride iiriqn* ^^ ^ nri:i*s i** eccirrètwic t^turaxi; j*? autres c A§ ao^ Ynn^ cnctLict i 1 «^ut ruLcnui :c 7iKâi2iii>^:Sque, et

nul ^e déf*»*»^ ^"^ ^'^^^ ^ iîar.i Jg*;î^. fe osw jftj^ syuciiale-, |^« Iffi/ViWr te» r^^' I^i^2s ai.T2f II?*? ris, i» ifçCc 3. itîuîs* pri-

ii.'^cjttf^ (iJîfi^imiCâ- Iiîur :!iâH»iû ot-b£m:k : wi; «^izl sr.nxiu^ i^pe les \.\^\\\^ y^Oiitùt usa nlUJtf «iuiii^ la j:-CT:Li!â.^a. ^ I oituL; mrj^riDf '.

PIERRE DANS U RBIIf« 8BI

Les sels de chmix peuvent se déposer dans les canalicules urinifères des adultes et des vieillards, plus rarement des nouveaunés. Ils envahissent le sommet des pyramides, où leur infiltration donne lieu à des trémies blanch&tres ou blanc jaunfttre ; ordinairement ce sont des carbonates et des phosphates de chaui, rarement du phosphate ammoniaco-magnésien. Ils ne troublent pas les fonctions du rein, aussi sont-ils difficiles .à distinguer, si ce n'est quand l'urine est fortement chargée de phosphates.

Voici maintenant par quelles suites de réactions Wurtz explique que ces dépôts puissent se faire : l'urine tient en dissolution une quantité appréciable d'acide urique, grftce à la présence de phosphates alcalins ; en supposant que la proportion de ces phosphates vienne à baisser, il en résultera nécessairement que l'acide urique aura une tendance à se déposer. D'autre part, l'urine renferme un grand nombre de sels insolubles : les phosphates par exemple, qui sont dissous à la faveur de l'acidité normale de ce liquide. Mais que la petite quantité d'acide libre vienne à disparaître, le phosphate de chaux se déposera nécessairement. U en résulte qu'une très-légère variation dans la composition de l'urine peut donner lieu à la formation d'un dépôt.

Une autre cause de précipitation lithique se trouve dans la production par l'organisme d'un excès de ces matériaux insolubles. Dans quelques cas enfin, le rein élimine des produits imparfaits de la nutrition qui, en se combinant aux sels de l'urine, donnent encore naissance à des composés insolubles. C'est ainsi que l'acide oxalique, résultat d'une oxydation incomplète ou absorbé en nature, sera repris par le rein où il rencontrera les sels calcaires de l'urine, en sorte qu'il se précipitera de loxalate de chaux.

La réaction de l'urine est encore soumise à l'influence de conditions pathologiques nombreuses. Indépendamment des maladies générales et des maladies des reins ou des nerfs qui s'y rendent, on trouve souvent, dans les voies excrétoires de l'urine, des causes de l'altération de ce liquide; par exemple, une inflammation du rein qui amène la décomposition de l'urée en sels ammoniacaux, d'où il résulte une réaction alcaline qui permet

38f PliRRE DANS LE RON.

elle-même la formation d'un gel insoluble : le phosphate ammoniaco-magnésien .

Pour Bernard, Turine est une dissolution acide d*ur6edontle genre d'alimentation, les modifications dans la cireulation et h respiration, peuvent faire varier la composition. « On conçoit, dit-il, que les propriétés chimiques de l'urine pouvant varier d*un instant à l'autre, produisent cette succession d'urines de qualités diverses, et amènent dans les voies où elles se réunissent^ des réactions^ des combinaisons chimiques qui alors ont lieu en réalité au dehors de l'oi-ganisme. C'est à l'ensemble de ces phénomènes qu'il faut attribuer la formation et l'accroiffement des calculs. »

Nous venons d'indiquer la manière dont se font les dépôts, la forme qu'ils affectent, les éléments du rein qu'ils envahissent. Une fois établis, ces dépôts grossissent peu à peu, et c'est seulement quand ils ont acquis un certain volume qu'ils donnent lieu à la néphrite purulente, h la pyélonéphrite ou à ITiydroné* phrite. Dans ces cas, l'augmentation de volume s'opère sur place ; dans d*autres, les petites agglomérations formées de It sorte sont entraînées par l'urine jusque dans la vessie. De cet organe, elles sont rejetées au dehors, ou bien elles n'en sont pas expulsées et constituent les noyaux de la pierre vésicale. On comprend, de reste, que les deux manières d'être de raffecUon calculeuse puissent exister sur le même individu, c'est^4hdire qu'il y ait eu en même temps calcul vésîcal et calcul rénal. Toutefois, cette coexistence n*est pas aussi fréquente, tant s'en faut, qu'on pourrait croire, elle est même assez rare.

Après avoir étudié les diverses conséquences de la lithiase rénale, nous décrirons les propriétés physiques, chimiques et physiologiques des divers corps qui constituent cette lithiase rénale : acide urique, oxalate de chaux, xanihine, cysiine, carbonates de chaux et de magnésie^ et phosphate amm(miae&' magnésien.

La colique néphrétique, qui n*est qu'un symptôme de la gravelle, mérite, tant à cause de son importance que de sa phjsio-

PUiU DANS LS ftUM. SM

nomie particulière, une descriptioD spéciale qui va dire le sujet de cet article.

Causes. ^- Nous n'ayons pas à nous étendre longuement sur son origine^ qui est presque toigours la même, c'est^-dire le cheminementi dans l'intérieuf des uretères^ d'un calcul expulsé du rein«

Pour qu'un accèi de colique néphrétique ait lieu, il n'est paS| d'ailleurs, nécessaire que le calcul soit volumineux, attendu qu'il est d'observation journalière qu'un petit gravier peut, tout ccMiime un gros, provoquer les douleurs les plus intolérables* Bien plus, on a vu chez le môme individu un gros gravier ne iaire sentir son passage par aucune douleur, tandis qu'un autre, d'un diamètre très-inférieur, causait des souffrances insupportables. Ne trouvant pas dans les dimensions du gravier un rapport direct avec l'intensité de la douleur, on a été obligé de le chercher dans la cc»nposition et surtout dans k forme du corps étranger. 11 parait, en effet, prouvé que, plus un calcul est dur et irrégulier, plus son passage dans l'uretère est douloureux : le passage d'un gravier d'oxalate de chaux sert plus pénible que celui d'un gravier de même volume d'acide urique ; de môme, toutes proportions gardées, celui d'acide urique le sera davantage que ceux de phosphates. Cette influence de la composition des calculs sur les manifestations de la colique néphrétique n'est pas surprenante, quand on songe que c'est d'elle que dépend, en grande partie, leur forme et leur dureté* Un gravier d'oxalate calcaire est plus dur qu'un gravier d'acide urique, et celui-ci plus résistant que ceux de phosphates ; de même pour la forme ; il tombe sous le sens, en effet, que les aspérités d'un gravier d'oxalate calcaire exerceront sur l'uretère une action bien plus pénible que celles d'un gnvier d'acide urique, puisqu'elles sont plus anguleuses et plus saillantes*

Nous avons dit tout à l'heure que la cidique néphrétique était presque Umjaun la conséquence du passage au travers l'urettoe d'une concrétion venue du rein. Ces mots, presque toujours nous les avons écrits avec intention, car dans quelques ciroon* stances, rares à la vérité, mais dont la réalité ne peut être niée^ la colique néphrétique naît sous d'autres influraces* Ainsi en l'a

U4 Pmiffi DkH8 L£ BON.

vue apparaître à la suite du passage dans l'uretère de vésicules d*échinocoques, d'helminthes nés dans le rein, de caillots san« guins, d'amas de concrétions tuberculeuses crétacées.

Symptômes. — La colique néphrétique peut apparaître soudainement ou bien être précédée de prodromes. Quand ceux-ci existent, ils se manifestent par un sentiment de fdiblesse ou d'engourdissement ; quelquefois ce sont des fourmillements, des battements dans la région lombaire.

L'urine, de son côté, présente des modifications variables ; elle se supprime ou devient foncée en couleur, sanglante, riche en sédiments; quelquefois c'est tout le contraire, elle se décolore et n'abandonne aucun dépôt, ou bien elle est normale. Un mouvement fébrile plus ou moins marqué accompagne cetensemble de phénomènes. Puis, comme quand l'attaque est soudaine, une douleur, quelquefois accompagnée au début d'un pressant besoin d'uriner auquel le malade ne peut satisfaire, se fait ordinairement sentir au niveau des reins. Cette douleur dont le malade ne peut, dans certains cas, définir le siège, devient bientôt atroce, comparable à celle des plus violentes coliques hépatiques. Dans presque tous les cas cependant, elle n'occupe qu'un seul côté ; exceptionnellement, elle est bilatérale. Toujours elle s'irradie le long des nretères^ s'étend jusqu'à la vessie et même au méat urinaire qui n'est pas douloureux, mais le siège d'une sensation désagréable. Le cordon spermatique n'échappe pas à la douleur; il en est de même du testicule qui se rétracte spasmodiquement vers l'anneau inguinal. Chez la femme, la douleur s'irradie jusqu'aux grandes lèvres» Dans les deux sexes, le périnée, la cuisse ellemême et tout le membre inférieur sont endoloris et peuvent être agités de mouvements convulsifs.

Au paroxysme de la douleur, le malade, dont parfois le front se couvre de sueur, se roule dans son lit en poussant des cris de douleur ou bien, s'il est debout, il se courbe en avant pour apaiser ses souffrances, mais y parvient rarement, celles-ci étant, au contraire, exacerbées par cette position. Au milieu de ses augoisses, le malade est sollicité par des envies fréquentes d'uriner qu'il ne satisfait qu'à grand'peine, en rendant quelques gouttes d'une urme dense, épaisse, rouge, fibrineuse.

PBBRK DANS LB RBIN. S3S

Ao milieu de cette scène, surviennent d'autres accidents. Les filets sensitifs du grand sympathique se trouvent e&cités et provoquent des troubles des organes dans lesquels ils se distribuent; c'est ce qui explique les nausées et les vomissements qui viennent encore ajouter aux souffrances du malade.

La douleur, réagissant sur le système cérébro-spinal, donne au faciès du malade un aspect caractéristique : ses traits sont altérés, sa face grippée, son front couvert de sueur. Le pools devient petit, déprimé, filiforme. Toutefois il n'y a pas de fièvre, et si elle existe, elle est l'indice de quelque complication du côté des reins ou des uretères. Si la fièvre est exceptionnelle, il en est de même du délire. Celui-ci, quand il survient, ne se montre que chez les individus très-impressionnables, et encore n'est-il que passager.

L'attaque de colique néphrétique peut ne durer que peu de temps, une demi-heure, une heure. Le malade s'endort aknrs pour se réveiller ordinairement le lendemain, ne gardant de son état de la veiUe qu'une courbature au niveau de la ré^on rénale, un endolorissement de la fesse et du flanc. Mais ordi* nairement l'attaque de colique néphrétique se prolonge plus longtemps: trois à quatre heures, quelquefois vingt-quatre et jusqu'à quarante-huit heures.

Quand il en est ainsi, il n'y a que quelques rémissions passagères à la douleur qui tantôt s'apaise peu à peu pour disparaître complètement, tantôt cesse subitement pour, dans les deux cas, ne laisser aucune altération sensible.

Dans quelques cas exceptioanels dont Lancereaux a eu l'occasion d'observer un exemple, l'urine se supprime complètement, et des symptômes graves d'urémie apparaissent : la céphalée, entre autres. L'anurie n'a cependant pas toujours des conséquences graves et inquiétantes, puisque Hunneley rapporte un cas dans lequel une femme n'eut ni coma, ni vomissements, quoiqu'elle fût restée huit jours sans rendre même une goutte d'urine.

Les phénomènes urémiques ne sont pas les seuls qui puissent se montrer pendant le cours ou à la suite des coliques néphrétiques. Lancereaux a vu cinq fois des tumeurs considérables

^»»tf FIBBRK DAM8 LK RIUN.

remplir le flanc et la fosse iliaque coDsécuUvement à la colique néphrétiqueé Elles étaient formées des uretères dilatées par Turine à la suite de leur obstruction par une concrétion rénale, La maladie qui se termina toujours favorablement) c'est4i-dire par révacuation du liquide, après Teipulsion de la pierre, ne dura jamais plus de quinze jours à un mois.

On a vu encore la colique néphrétique être suivie d^une néphrite suppurative, d'une pyélite, d'une hématurie, et enfiui ce qui est plus grave, de la rupture du bassinet ou de Turelère*

DiAGNOsnc. — Le diagnostic de la colique néphrétique frau'^ chC) aiguë, telle que. nous venons de la décrire, sera facile ; les symptômes en sont en effet tellement nets, qu'ils la feront reconnaître du premier coup. Malheureusement ces symptômes ne sont pas toujours aussi accentués, et quand le malade n'ao« euse, au niveau des lombes, qu'une douleur modérée, on peut rester dans le doute. L'examen des urines pourra alort être d'un très-'grand secours au praticien, en lui permettant de faire le diagnostic sans l'aide d'aucun autre moyen. En effet, si l'urine examinée renferme des cristaux d'acide urique, d'oxalate de chaux ou d'un autre sel quelconque, mélangés à des corpuscules sanguins ou flbrineux recouverts eux-mêmes de cristaux con« crétés sous forme de noyaux calculeux, on peut affirmer presque à coup sûr qu'il s'agit d'une douleur ayant son si^e dan^ le rein , et provoquée par un gravier.

Toutefois, la colique néphrétique pourrait être confondue avec d'autres affections : la péritonite, l'étranglement interne, la colique hépatique, le lombago.

Dans la péritonite^ le faciès exprime la souffrance comme dans la colique néphrétique, mais la douleur, localisée dans le ventre que les draps eux*mêmes ne peuvent toucher sans l'exacerber, laisse libre la région lombaire. Les vomissements existent dans la colique néphrétique comme dans la péritonite ; mais dans cette dernière ils constituent un des symptômes principaux : ils sont bilieux et surtout incessants, ce qui n'existe pas dans la colique néphrétique. Du reste cette dernière affection est surtout l'apanage de l'homme, ce qui est le contraire de la péri* timite»

PiSRBB DANS LE RDN. 8S7

Dans tétrtmglement interne il existe, comme dans la colique néphrétique, de la douleur, des vomissements, de la constipation ; le pouls est petit, misérable, fréquent, pas fébrile. Mais ici la douleur, comme dans la péritonite, a son siège dans le ventre et non dans la région lombaire ; elle ne s'irradie pas à Turetëre et ne s'accompagne pas de troubles urinaires. Toutefois, ce qui est plus caractéristique, ce sont les vomissements : d*abord muqueux et alimentaires, ils ne tardent pas à devenir bilieux et stercoratix. Ce signe est sinon pathQgnomonique, au moins tout à fait particulier, car il ne peut guère se montrer en outre que dans la hernie inguinale étranglée. Dans la péritonite, dans la colique néphrétique, il peut y avoir constipation mais pas arrêt de la défécation, ce qui est le contraire dans Tétranglement interne.

Dans le lombago^ la douleur qui n'est pas aussi violente que dans la colique néphrétique, qui n'en présente pas les accès, existe des deux côtés à la (ois ; elle rend les mouvements trèsdilficiles et est exaspérée par eux, ce qui n'arrive pas dans la colique néphrétique. Elle ne se propage pas dans les uretères ni la vessie, la miction n'est ni entravée ni l'urine changée dans ses caractères ; il n'existe pas non plus de sensation désagréable au inéat.

La névralgie Héo-lombaire, décrite par Yalleix, peut être plus facilement confondue avec la colique néphrétique, parce qu'elle s'irradie, comme elle, dans le testicule et les grandes lèvres, mais les douleurs en sont généralement moins vives, les urines sont normales, le malade n'a pas rendu de graviers antérieurement. De plus il existe dans cette névralgie quatre points douloureux à la pression, qui la feront assez facilement reconnaître : l"" sur les côtés de la colonne vertébrale ; 2'' sur le milieu de la crête iliaque ; 3o un peu au-dessus du pubis, en dehors de la ligne blanche ; 4*" dans le testicule ou la grande lèvre.

Ou pourrait peut-être confondre un accès de colique néphrétique avec un accès de colique hépatique, mais si dans Tun et l'autre une douleur parfois excessive se fait sentir^ elle n'offre pas les mêmes caractères ; dans la colique néphrétique elle s'ir« radie en bas, du côté du testicule qui se rétracte vers l'anneau

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