‹ Traité des maladies de la prostateChapitre 47 sur 61 · PIBRRE DANS LB HUH · texte numérisé non relu

PIBRRE DANS LB HUH

dans la sérosité tfun vmcatoire, od peut mettre en ufage le procédé du fil employé par Garrod. On dépose ce sang ou cette sérosité dans un verre de montre, après l'avoir additionnée d'acide acétique et y avoir placé un fil de soie, et on laisse évaporer dans un courant d'air pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, le fil est recouvert de cristaux d'acide urique provenant de la décomposition de l'urate de soude.

Placés sous te champ du microscope, les cristaux d'acide urique se reconnaissent à leur forme (fig. 76), à leur coloration plus ou moins rouge, à leur insolubilité dans l'eau, dans les acides acétique et chlorhydrique.

Pour doser f acide urigue, on emploie ordinairement te procédé par les pesées, qui est fort minutieux. L'acide urique étant précipité d'une quantité connue d'urine, on jette sur un filtre préalablement pesé ce liquide et l'acide qu'il contient. Laissant sécher le tout, on pèse de nouveau. La différence des deux poids donne celui de l'acide urique contenu dans la quantité d'urine employée, d'où on peut déduire celle que renferme l'urine des vingt-quatre heures.

Pour conserver les cristaux d'acide urique, on les lave avec de l'eau acidulée par l'acide acétique ; puis, après les avoir essuyés avec du papier buvard et laissés sécher sous une cloche en

présence de Tacide sulfurique^ on les place entre une plaque et nne plaquette dans du baume de Canada.

L'acide urique arrive dans le rein à Tétat éHuraie aleaSny urate de sotide^ et peut être entraîné avec l'urine sans subir au préalable aucune décomposition. Il se dépose alors, dans certains cas, au fur et à mesure que Turine se refroidit, sous li forme d'un nuage blanc qu'on redissout facilement en chauffant de nouveau l'urine dans laquelle il est contenu, ce qui le distingue des phosphates terreux. Examiné au microscope, ce dépAC se présente sous forme de grains très-petits, amorphes, èpus ou réunis en amas plus ou moins considérables.

La soude n'est pas la seule base à laquelle s'unit l'acide urique pour former des sédiments, car on la rencontre souvent encore combinée à l'ammoniaque^ la chaux et la magnésie. De tous ces sels qui ne sont jamais très-abondants dans les calculs, F urate d'ammoniaque est assurément le plus commun. Il peut à lui seul, quoique rarement, constituer entièrement des calculs, contrairement aux autres urates, qui sont toujours mélangés à l'acide urique ou à d'autres sels.

De tous les calculs rencontrés dans les voies urinaires, ceux d'acide urique sont les plus nombreux, puisqu'ils forment environ le quart du nombre total. Ces calculs sont souvent en grand nombre dans le rein, surtout au niveau des infundibula, à Tembouchure des tubuli. Leur séjour cause, en général, de vives douleurs dans ces organes, jusqu'à ce qu'ils soient expulsés dans la vessie oîi ils séjournent et s'augmentent souvent. Ils prennent alors une forme ovale ou aplatie sur leurs deux faces. Celles-ci sont lisses, d'autres fois rugueuses ou mamelonnées ; souvent de couleur brune, variant du bistre au rouge foncé; leur centre est quelquefois très-blanc.

Les calculs d'acide urique se recouvrent fréquemment d'an dépôt phosphatique, parce qu'une fois implantés sur un point, ils y provoquent une inflammation dont la conséquence est une urine alcaline qui précipite du phosphate terreux. Si, alorsj de l'ammoniaque se dégage, une petite partie du calcul peut être dissoute, mais cette dissolution s'arrête bientôt, parce qu'il se dépose des phosphates terreux à la surface.

PnHIII MM LK REfll. 3I»7

Les calculs d'acide urique soDl insolubles dans Teaa booillante ; solubles dans la potasse, solution qui laisse déposer des cristaux d*acide urique, reconnaissables à la fonnation de la murexide, quand on y ajoute un excès d'acide.

Les calculs formés d'urates contiennent presque toujours des cristaux d*oxalate de chaux. L urate d'ammoniaque le plus commun d'entre eux, soluble dans Teau bouillante, mais très-peu dans Teau froide, laisse dégager de l'ammoniaque quand on le bit bouillir avec du bicarbonate de potasse.

Pmtr analyser un calail composé d'acide urique ou d'urates, on commence par le réduire en poudre, puis on le dissout à chaud dans une solution de soude ou de potasse caustique, pas lr(^ concentrée, au vingtième environ. On maintient à l'ébuUition tant qu'il y a d^gement d'ammoniaque rougissant le tournesol. L'alcali dans cette opération dissout l'acide urique. On filtre la liqueur sur nne toile pour en séparer les résidas indissous. On fait passer un courant d'acide carbonique dans le liquide pour saturer l'alcali, et il se dépose de l'urate acide de potasse ou de soude presque insoluble. On recueille les cristaux sur un filtre ou mieux sur une toile, on les lave à l'eau froide et on les exprime. Pour obtenir l'acide urique, on dissout à chaud dans nne solution de potasse au 1/30, on filtre à travers une toile, et on ajoute de l'acide chlorhydrique pur et dilué en excès. L'acide urique se dépose, et an bout de vingt-quatre heures on peut le recueillir sur un filtre.

Physiohyie. — La quantité normale d'acide urique rendue dans les urines n'est pas très-considérable^ mais les auteurs ne sont pas exactement d'accord sur la moyenne éliminée chaque jour*.

Becquerel l'a évaluée à 0,52 centigr.

Lehmann 0,S0 —

Rank 0,70 —

Beale 0,30 ou 0,40

Garrod 0,5176.

Quoi qu'il en soit de ces chifires, on a trouvé l'acide urique

1. Femet, De la âiaihése urique. Thèse d'agrégation. Paris, 1869.

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Void cTiinnynt Dnnus eiptîqae a fernE^ûa : raxjgëne, en paanint par les» capûlaxres, caiLi kâqœk îi est amené par k ÉADg, dècniû les tîâass en ôrùiant j«xr carbone et leur h3pdnh gèœ, dont ia comninaisna avec cet axyzine prodnîÈ de Tadde carfaûoiqae et de reao« qui âoct eihalés par le poumoa; ceOe-ci ajaat, cûuune lucâ FaioiKs £t aa Cûmmeiioaiiait de cet oafTa^, pour propriété de dévoser an defaoïs les produits

L'aiDle defiail être rejeté sous Ibnne d'ammaiiîaqiie, nuis cefan-d a'extite pas à l'état de liberté da&s réoooûaiie; aussi, eo ^éseoce de Fadde carbonique, i'aiote élimine de œ corps les éléments de Tean, pour se traadbrmer en orée qui, sokaUe et inerte, est rejetée par les reins. L'adde nriqœ se forme dans les mêmes cooditioni qœ l'orée, seulement Toxydation n'atteint pas son terme final.

L'acide orique se formant par suite de Toxydation des matières azotées, on doit se demander si c'est aux dépens des matières albuminoîdes alimentaires ou des tissus de l'organisme.

Il'après Liebig, l'acide urique se produirait par suite de l'iction de l'oxygène sur les tissus contenant de la protéine. Si l'oxygène est très-abondant, il se forme, comme nous l'avons vu, de Turée à la place de l'acide carbonique, d'où cette conséquence que la quantité d'urée sera d'autant plus abondante que les globules banguins seront plus nombreux, que la respiration sera

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plus active, et que les matières non azotées^ ayant moins d'affinité pour l'oxygène, seront en plus grande quantité*

Mais à cette théorie on peut objecter que les oiseaui ne rendent pas d'urée, mais beaucoup d'acide urique, puisque leurs excréments en sont en grande partie formés. Cependant, chez ces animaux, la respiration est excessivement active. D'autre part, comme l'a fait remarquer Lehmann, si une alimentation non azotée donne moins d'acide urique, une alimentation azotée augmente à la fois Tacide urique et l'urée.

Pour la plupart des auteurs, l'acide urique a une double on* gine : l'une dans les éléments azotés des tissus, l'autre dans les matériaux alimentaires riches en azote qui échappent à l'action assimilatriçe primaire ou subissent des transformations incomplètes qui ne leur permettent pas d'être converties en parties constituantes du sang. (G. Bird.)

D'après la théorie de Liebig, l'urée et l'acide urique devraient être en raison inverse l'une de l'autre.

D'après Thucidum^ ces deux produits seraient, au contraire, en raison directe; tandis que, si l'on s'en rapporte à Bodeker, cette proportion n*aurait rien de constant.

Certains auteurs et Robin, entre autres, pensent que l'acide urique provient de la désassimilation du tissu fibreux, parce qu'il est peu vasculaire et qu'il ne renferme pas d'acide urique.

Pourquoi les produits azotés sont-ils expulsés tantôt sous forme d'urée, tantôt sous celle d'urate? On ne le sait pas au juste. On ignore aussi pourquoi il existe un rapport entre l'acide urique et l'acide oxalique.

Voici toutefois l'opinion de Bence Jones : Toutes les matières albuminoîdes de l'alimentation passent par l'état d'acide urique; d'où il suit qu'une molécule d'albumine, absorbée par le sang, devient partie intégrante des tissus, pour être transformée en acide urique, puis en urée et acide carbonique, et enfin en urée, acide carbonique et eau. Mais la même molécule peut parcourir un cercle moins étendu, ne pas faire partie intégrante des tissus, se transformer en acide urique et être expulsée au dehors sous forme d'urée, d'eau et d'acide carbonique. L'acide urique proviendrait donc, d'après l'auteur dont

n. Picard. 2\

«tf PmMME MK LE ■».

nous eipofiODs les idées, toat à la fois des tissus et des aUments.

Aujourdliui on admet que l'urée, et par eonséquent Tacide urique, se forme aux dépens de toutes les matières albuminoldes : celles des tissus, la myosine en particulier ; odles du sang, et enfin celles des aliments.

Lm matières albuminoldes , d'après les théories les plus récentes, dissoutes par le suc pancréatique, passeraient dans la veine porte, puis dans le foie, où eUes se dédoubleraient en glycose, graisse et en corps quaternaire, le glyeocoUe. Cduv-d formerait en partie les tissus, en partie l'urée et l'acide urique, surtout si l'oxydation n'était pas suffisante.

L'acide urique s'élimine par le rein, qui est Torgane par exeel* lence d'élimination des matières azotée«(, sous forme d'urates, d'urate de soude. Cl. Bernard a vu l'urée s'éliminer par le tube digestif, mais il n'a pas fait la même observation pour l'acide urique. D'après Favre, la sueur ne cotitiendrait jamais ni acide urique, ni urates ; mais cette assertion est un peu trop affirmative^ au moins pour les rhumatisants et les goutteux.

Du reste^ la quantité d'acide urique rendue dans les Vingts» quatre heures, varie beaucoup avec Tège et le sexe *.

Chez Tadulte, Oïl a trouvé une moyenne de ... . 0,83

Chez la femme 0,64

Chez les vieillards de 84 à 86 ans 0,43

Chez les enfants à Tâge de 8 ans 0,25

Les variations de Tacide urique dues à un état pathologique, sont peu déterminées. L^acide urique augmente dans la fièvre et les maladies fébriles ; pendant la période de chaleur des fièvres intermittentes, au début de la fièvre typhoïde; dans les maladies inflammatoires.

11 en est de même des urates dans la période consécutive a Tanurie du choléra et dans les maladies des appareils circulatoire et respiratoire : la bronchite, la phthisie. Ils semblent diminuer dans l'emphysème et les maladies étendues de la peau.

L'acide urique augmente^ au contraire, dans les afiections du foie et de la rate, contrairement à ce qui arrive dans la maladie

4 * FVrttet, he. tH.

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de Bright; dans les maladies débilitantes, la syphilis^ par exemple.

Quand Talimentation est mauvaise, sa proportion augmente rapidement.

Dans l'atrophie musculaire il n'y a pas de changement.

Les canses susceptibles d'augmenter la proportion d'acide urique dans le sang et, par suite, de donner lieu à toutes les conséquences résultant d'un pareil excès, peuvent être rangées dans deux grandes catégories * :

1* Celles qui exagèrent la production de cet acide ;

2* Celles qui entravent son élimination.

1* Les causes qui exagèrent la production de l'acide urique proviennent :

a) De la quantité excessive de matériaux absorbés. Il s^ensnit une combustion incomplète, et il se forme de l'acide urique au Heti d'urée. Il est évident en effet que plus on absorbera d'ail-» ments azotés, c'est-à-dire d'aliments quaternaires ou album!* noTdes, moins l'oxydation eti sera facile et plus leur transformation finale en urée éprouvera d'obstacles à son accomplissement, d'où formation d'acide urique.

b) De la diminution de l'oxydation. Dans ce cas, tes matières élaborées ne subissant pas une oxydation régulière, donnent de l'acide urique au lieu d'urée.

r) D'une alimentation exagérée qui est, comme chacun sait, la cause la plus fréquente de la goutte et de la gravelle ;

rf) De l'abus des corps gras qui, par leur affinité pour l'oxygène, nuisent à l'oxydation des matières azotées ;

e) Dé l'abus des boissons fermentées : le vin et la bière ayant beaucoup plus d'influence que les boissons distillées, l'eau-de-vle et le rhum ;

/) De la vie sédentaire, de l'êxèrcice insuffisant qui, par suite du défaut d'action mifeculaire, exercent une influence intime pèii connue ;

y) De la suppression des fonctions cutanées qui, en retenant les matériaux azotés, engendre la dyspepsie ;

\, Femel, lor. ciï.

A Des aniiOMs de» âkoctiinis reasiraunie^ qni a unt pasyé'at leur?* ine indiience arès-manTuée. On pent ranser hit le même rane les iravaur intHlwinpir, [e^ ^ansÉitmà moiaiei^ ie chagrin^ ies rmnbieà <iu ^âème ae-Teox, les mauvaises cogastioiiSy ritonie <ies fftnrrinn.^ .inimaie^ &l lÀoeraL

â* Lk •.'onditioiis «^ amsu^eait L'èjiminaiinn de i adiie onque iont nnmhrpnfies.

E y a ceileà «pii aeisent sor :e ron^ comme ia îw^^a^fi^ de Bridit. par ŒLonpie.

De même qoe la majame de Btighk la gmute agit sur les rans et ^ troave linâ intimemefU liée à L\idiectioa caicnieuse. Cette maladie dounaat ieu à on excès d\iciiie msipie dans le sanç^ il a'est pas éCDmianc ipi «m rencontre i&s setiiments cristallîsés oa omorpiies, oa même des caicuis d'acide inique oa d'oratesy eiiez les ^utteux. Cette vioexistemre est âréquente, d^iprès Garrod; oa peut d'après le même auteur établir^ comme rè^e, que les :Hijets qui dans leur jeunesse ûot été alfisctes de gravelle oa de calculs^ deviendront ^utteux dans La àuite. Cette opinioa était celle de Svdenham^ qui souflrait de ces deux a&ctions.

Il n'est pas rare non pliis de rencontrer des cristaux oa même des calculs d'oxaiate de ciiaux dans L'or ine des goutteux ; Taeide oxalique étant un des produits ie plus Êurilement formés à la suite de la décomposition de Tacide orique. Oa voit^ d'aillears^ soovent les couches d^urates alterner, chez le même malade et dans le même calcul, avec celles doxalate de chaux.

Ces idées de Garrod août pas été admises par toosles médeeins^ surti'jut en France ; mais nous devons, sur ces qoestioBS, nous en rapporter davantage aux médecins d*outre» Manche, qui ont bien plus souvent Toccasion d^observer la goutte firanefae.

D'autres causes innés à l'individu peuvent être l'origine d'ao excès d'acide orique dans le sang, ce sont : [hérédité, ies pn^ dispositûms partktdières, F âge du mcdaàe, car on les rencontre particulièrement à la période moyenne de la vie et sartoat dm l'homme*

li'après Bouchardat, limxi[fii4mct des bcissofis poorrait ansd favoriser la formation de sédiments d'acide uriqi^. Quand les urines sont rares, dit cet auteur, Tacide urique et les onUes

PIERRE DSm LE REIN. S7S

ont beau ne pas augmenter, qu'il s'en dépose néanmoins dans les organes, d'où natt la gravelle urique '•

Si, d'autre part, une trop grande quantité d'acide urique existe dans le sang, il ne peut être éliminé par les reins, et alors il est susceptible de se déposer, dans l'urine, sous forme de calculs et de graviers. Mais il n'en est pas toujours ainsi, et d'autres tissus peuvent encore servir de réceptacle à l'acide urique en excès, quand il ne reste pas dans le sang. Trois espèces d'accidents peuvent résulter de la manière différente dont se conduit l'acide urique :

l"" Des dépôts d'urates dans les voies d'excrétion de ces produits : calculs et graviers.

2"" Dépôt de ces mêmes produits dans les tissus ou les organes ;

3* L'acide urique restant dans le sang produit les effets dus à son excès dans ce liquide.

D'après Garrod, l'excès d'acide urique dans le sang pourrait persister quand bien même il s'éliminerait sous forme de graviers. Bail a démontré la vérité de l'assertion de Garrod avec une évidence qui ne peut être contestée, en faisant voir dans la sérosité d'un vésicatoire, chez un homme qui rendait fréquemment des graviers, quoique n'ayant jamais eu d'attaques de goutte, des quantités considérables d'acide urique.

Ce qu'il y a de certain, c'est qu'au moment de l'attaque de goutte, la quantité d'acide urique augmente sensiblement dans le sang et, qu'au contraire, dans l'intervalle des attaques l'urine en contient davantage; c'est alors par l'intermédiaire de ce liquide que le sang se débarrasse. Du reste, s'il est incontestable que la goutte et la gravelle sont sœurs, il n'en est pas moins vrai qu'elles coexistent exceptionnellement en même temps sur le même individu ; seulement elles se succèdent.

C'est le plus souvent la gravelle qui apparaît la première, pour céder la place à la goutte articulaire. Rarement il y a alternance de ces deux manifestations de la diathèse goutteuse chez le même individu, et rarement aussi on voit les individus atteints de goutte chronique rendre des graviers. Cependant sur 1028

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