‹ Traité des maladies de la prostateChapitre 50 sur 61 · I . Gallois, Be VoouMe de thaux, Paris · texte numérisé non relu

I . Gallois, Be VoouMe de thaux, Paris

Mi PIBRRE DANS LB Rmf.

transformer soit en partie, smt en totalité, en acide oxalique. Chez le même sujet, un jour c'est Tacide urique seul qui se produira, tandis que le lendemain ou à un autre moment de la journée, les reins excréteront à la fois de l'acide urique et de l'acide oxalique, pour ne donner ensuite que de l'acide oxalique. Ainsi s'explique la coexistence presque constante de l'adde urique ou des urates et de l'oxalate de chaux.

Quand on considère la relation si intime existant entre la formation de l'acide urique et de l'acide oxalique, on voit de suite combien étaient et sont encore peu dans la vérité les auteurs qui admettent une diathèse oxalique distincte de la diathèse urique.

Toutefois, l'oxalate de chaux contenu dans l'urine ne semUe pas provenir uniquement d'un défaut d'oxydation de Vuiée, mais aussi de la transformation de certains corps : l'amidon, le sucre, les sels végétaux, les sels formés par ces acides; la créatine, la leucine, la tyrosine, la guanine, l'acide lactique, qui, traités par le permanganate en solution alcaline, donnent aussi de l'acide oxalique.

On peut dire, en se plaçant à ce point de vue, que, théoriquement, toutes les foi? qu'il y a oxydation anormale des matières grasses et sucrées, il se forme de l'acide oxalique. Quant à la cause qui retarde l'oxydation de ces matières, elle est peu connue. Toutefois, quand on envisage les choses chimiquement, on s'aperçoit que, dans tous les cas où l'oxygène n'est pas en rapport avec la quantité de graisse à brûler, il se forme de l'acide oxalique, un corps ternaire répondant à un corps ternaire. It s'ensuit que, dans toutes les affections pulmonaires, il y aura production d'oxalate de chaux. La présence de ce sel dans l'urine d'un individu atteint de tuberculose miliaire servira à distinguer cette maladie de la fièvre typhoïde. Si les phthisiques ne présentent pas d'oxalate de chaux dans leur urine^ cela tient à ce qu'ils n'absorbent plus les matières grasses, l'huile de foie de morue, en particulier, qui se retrouve alors en nature à la surface des selles (Â. Robin .)

Une fois apparu dans les urines, l'oxalate de chaux peut donner naissance à la lithiase rénale. Ce corps même, après l'acide

PIERRE DANS LE REIN. ^gs

urique, est celui qu'on rencontre le plus souvent dans les reins. Mais alors il prend plutôt la forme de sable ou de graviers, rarement celle de calculs, car il est exceptionnel de rencontrer dans le rein des concrétions d'oxalale de cbaux dépassant le volume d'un grain de sable ou de chènevis. Ce sable ou ces graviers sont constitués par des agglomérations de cristaux en sablier, ou d'altères (fig. 79) qu'on rencontre alors dans les tubes rénaux beaucoup plus fréquemment que les cristaux octaédriques. II n'est pas rare que ces dépôts d'oxalale de chaux s'enveloppent d'acide urique et d'urates qui forment des calculs dont ils deviennent le nucléole. D'autres fois ces cristaux s'agglomèrent ensemble pour constituer des concrétions plus considérables et passer h l'état de graviers. Ceux-ci sont le plus souvent sphériques, h surface lisse, d'une coloration grise, mais quand ils deviennent plus volumineux et passent à l'état de calculs, ils prennent une coloration gris bleuâtre et se couvrent d'aspérités semblables à celles de la surface des mûres, d'où le nom de calculs mth-aux, sous lequel on désigne souvent les calculs d'oialate de cbaux. Les calculs dont nous parlons prennent surtout une coloration brun foncé due à un dépôt sanguin qui s'est formé à sa surface. A l'étal de calcul, l'oxalate de chaux ne se dépose plus dans les canalicules du rein, mais comme l'acide urique dans les calices et les bassinets. De même que les sables et les graviers, les calculs oxaliques sont rarement formés d'oxalate de chaux pure ; le plus souvent, celui-ci est mélangé à d'autres substances ; le noyau peut être constitué par de l'acide urique autour duquel l'oxalate de chaux s'est déposé; dans d'autres cas, le noyau calculeux est constitué par une agglomération de cristaux d'oxalale de chaux enveloppés de phosphates de chaux, non pas que l'urine ammoniacale laisse déposer du phosphate ammoniaco-magnésien, mais parce qu'elle n'a conservé qu'une faible acidité ou parce qu'elle est légèrement alcaline. On sait, d'après ce qui précède, que le même individu peut, en raison d'une manière d'être spéciale, d'une dialhèse si l'on veut, voir succéder chez lui la gravelle urique à la gravetle oxalique, et à celle-ci un dépôt de phosphate de chaux ; de même que cet ordre peut être renversé, en sorte que c'est l'acide oia-

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liu re»te, comme dans le cas de gravelle urîque, les boissons prise» en grande quantité auront sur i*urine un eiSdl fort avan-

tageux eu diminuant leur densité. Ces boissons seront constituées par de l'eau rougie avec du vin de Bordeaux. A la place deau simple, on pourra employer celles de Contrexéville, d*Évian, de Saint-Galmier, d'Orezza. Comme tisanes, il faudra défendre l'eau sucrée avec du sirop d'orgeat, de groseilles ou de cerises ; celles à la queue de cerise et au chiendent seront bien préférables, surtout si on les acidulé, comme Golding Bird, avec de l'eau régale, les acides minéraux n'ayant pas ici les inconvénients des acides végétaux ; seulement cet auteur emploie l'anis ou la mélisse à la place des queues de cerises ou du chiendent; il en sera de même d'une macération légère de quinquina.

L'alimentation, tout en n'étant pas excitante, devra être réparatrice et variée ; on choisira donc dans les viandes et les légumes que nous n'avons pas défendus tout à llieure, ce seront les mets les plus convenables.

Parmi les règles hygiéniques auxquelles on astreindra le malade, devront figurer en première ligne l'exercice au grand aîr, au bord de la mer, les bains froids, l'hydrothérapie, de manière à provoquer une respiration puissante et une hématose énergique. Toutes les distractions, si ce n'est dans des lieux surchauffés et chargés d'acide carbonique, comme les théâtres, seront, dans les cas qui nous occupent, d'excellents modificateurs, car la tristesse et tous les sentiments dépressifs semblent avoir une influence dans la genèse de Toxalate de chaux. Aussi fandra-t-il bien souvent ajouter à la médication précédente des agents modificateurs du système nerveux : le bromure de potassium principalement. D'un autre côté, on combattra raffaiblissement du sujet au moyen des amers, du quinquina, du fer. Ce traite^ ment, à la fois fortifiant et sédatif, sera aussi le meilleur à opposer aux pertes séminales dont sont si souvent atteints les individus qui souffrent de la gravelle oxalique. Aussi l'oxalate de chaux, constaté chez un sujet affecté d'incontinence spermatîque devrat-îl faire porter un pronostic plus grave que sll n'en existe pas dans l'urine ou le sperme.

Il faudra aider le traitement précédent par quelques purgatifs légers, administrés de temps & autre. Ces purgatifs seront les mêmes que ceux employés contre la gravelle urique, c'est-à-dire

S92 PIERRE DilNS LE REIN.

les eaux de Pullna, de Soulzmatt, de Friedericshall, un verre le matin à jeun, tous les quatre ou cinq jours.

Cette médication sera aidée par une station aux eaux minérales. Gallois', dans le travail remarquable qu*il a fait paraître sur le sujet qui nous occupe, a conseillé les eaux bicarbonatées sodiques, celles de Vichy en première ligne, par conséquent. Faute de pouvoir aller à la source, on les prendra chez soi, à la dose de deux ou trois verres par jour. Bouchardat, de son côté, a retiré de très-bons effets de l'eau de Contrexéville, qui est alcaline calcique. Il a vu, à la suite d'une saison, où ces eaux avaient été largement prises, des graviers qui avaient séjourné longtemps dans les reins être expulsés .

Les eaux de Vichy agissent plutôt comme modificatrices, en favorisant l'oxydation complète des matières albuminoldes^ et aussi en régularisant les fonctions hépatiques, car nous avons vu que l'acide oxalique peut dériver de la créatine. Les eaux de Contrexéville ont surtout une action mécanique, en entraînant tous les obstacles qui peuvent obstruer le filtre rénal.

GRAVELLË ALGAUNE.

Phosphates.

Le phosphore forme avec l'oxygène trois combinaisons Ph*0, Ph*0^ Ph*0% toutes trois acides, c'est surtout à la dernière que nous avons affaire.

L'acjde phosphorique n'est pas libre dans l'urine, mais combiné adeux bases alcalines, potasse et soude, et à deux bases terreuses, chaux et magnésie. L'urine normale renferme quatre fois plus de bases alcalines que de bases terreuses, et deux fois plus de magnésie que de chaux. Chez l'enfant, la proportion de phosphate de magnésie l'emporte; chez le vieillard, c'est le phosphate de chaux.

Les phosphates alcalins sont solubles dans l'eau, et ne sont précipités ni par l'ammoniaque, ni par les autres alcalis.

Les phosphates terreux sont insolubles dans l'eau, mais solubles dans les acides minéraux, même l'acide carbonique,

i. GaUois, loc, cit.

l'ILdue DANS LE REIN. 393

dont ils sont précipités par laminoniaque. Ils sont soiubles dans les matières atbuinînoîdes, la caséine surtout.

La majeure partie des phosphates provient de ceux renfermés dans les aliments insérés, le reste est dû à l'oxydation du phosphore des matières albuminoïdes.

Tous les phosphates contenus dans le corps sont tribasiques, h base variable.

Les phosphates ne se déposent pas dans l'urine normale ; mais, aussitôt qu'elle vieillit, elle devient alcaline et laisse déposer du phosphate triple ammoniaco-magnéaien mélangé & du phosphate de chaux.

Le phosphate ammonîaco-magnésien, quand il cristallise vite, se dépose sous forme de plumes étoilées ou isolées ; si, au contraire, ia cristallisation s'opère lentement, par décomposition spontanée de l'urée, ce sont des prismes à plusieurs pans terminés par des angles et des facettes abruptes (fig. 18). Dans les mêmes circonstances, le phosphate de chaux se dépose sous la forme de poudre amorphe ou de globules arrondis dont l'accoleraent constitue des sabliers. Le phosphate de chaux peut s'obtenir cristallisé, en ajoutant du chlorure de calcium k l'urine.

Le phosphate de magnésie cristallise en étoiles, quand on ajoute de l'ammoniaque k l'urine. Les rayons de l'étoile sont accolés à leur origine à une petite masse ovale. Le phosphate de magnésie se présente quelquefois sous la forme de beaux prismes triangulairesà extrémités obliquement tronquées; dans quelques cas, les cristaux sont cubiques, d'autres fois ce sont des octaèdres provenant du rajiprochement des angles.

Les phosphates terreux sont précipités de leur dissolution par la chaleur, ce qui pourrait faire croire à la présence de l'albumine, mais la distinction s'établit facilement an moyen de l'addition à la liqueur de l'acide nitrique qui dissout les phosphates mais non l'albumine.

L'urine renferme trois formes différentes de phosphate de soude ; un acide (Ph Wa 0*0*), un neutre {Ph Na' HO'), un alcalin (Ph Na' 0'). Le phosphate acide donne à l'urine sa réaction acide. Il existe dans l'urine de l'urate acide de soude k l'état de dissolution, eu même temps que du phosphate de soude neutre.

iii PIERRE DANS LE REIN.

Or, l'excès d*acide uriquede Turate acide s'empare d'un équivalent de la soude du phosphate neutre qui devient, dès lors, du phosphate acide lequel communique à l'urine son acidité.

Le trouble des urines alcalines est dû en partie h la présence des phosphates insolubles dont on découvre les cristaux en faisant usage du microscope. Ce trouble disparaît, d'ailleurs, par l'addition de l'acide le plus faible, Tacide acétique, par exemple.

Dosage. — On commence par aciduler les urines avec quelques gouttes d'acide chlorhydrique, de manière à dissoudre les phosphates qui pourraient s'être déposés.

Trois solutions sont nécessaires pour le dosage des phosphates: 1® solution d* acétate durane ; 2° solution d'acétate de soude; y solution de ferro ctjanure de potassium. Je n'indique pas les proportions de chaque solution, parce qu'on trouve ces solutions parfaitement préparées chez Dorvault, à la Pharmacie centrale.

On prend SO c. c. d'urine filtrée et débarrassée d'albumine, qu'on additionne de 5 c. c. d'acétate de soude, et qu'on chauffe modérément dans un cristallisoir. D'autre part, on introduit la solution d'acétate d'urane dans une burette de Mohr, et on laisse tomber cette solution goutte à goutte dans le cristallisoir qu'on a soin de remuer.

De temps à autre, avec l'extrémité d'une baguette de verre, on prend une goutte de la liqueur contenue dans le cristallisoir, puis immédiatement après, avec l'autre extrémité de la baguette, une goutte de la solution de ferrocyanure de potassium, et on mélange ensemble les deux gouttes dans une soucoupe. Cette opération est recommencée jusqu'à ce que le mélange, au lieu de rester blanc, prenne une coloration brun&tre. A chaque prise de goutte, il faudra essuyer la baguette de verre.

La solution d'acétale d'urane est dosée de telle sorte que chaque centimètre cube de cette solution précipite 5 milligr. d'acide phosphorique.

De cette manière on a obtenu la somme de tout l'acide phosphorique contenu aussi bien dans les phosphates terreux que dans les phosphates alcalins.

Pour avoir la proportion de chacune de ces espèces de phosphates, on agit de la manière suivante : un volume d'urine ^

PIBRRR DANS LE RKIN. 895

à celui de tout à l'heure, c'est-à-dire 50 c. c, étant donné, on y verse après filtration de l'ammoniaque ou une solution de potasse, et on laisse reposer pendant 10 ou 12 heures. Las phosphates terreux étant ainsi précipités, on les recueille sur un filtre. Quand ils sont bien égoutés, on verse dessus une quantité d'acide acétique suffisante pour les dissoudre.

On répète sur cette dissolution les mêmes manœuvres que tout à l'heure, c'est-à-dire qu'on y laisse tomber de l'acétate d'urane, et qu'on essaye le mélange avec la solutiou de ferrocyamire.

Si on retranche la quantité d'acide phospborique donnée par cette opération de celle de l'acide phospborique totale, on a le poids de cet acide contenu dans les phosphates alcalins. .

Physiologie. — Jamais on ne rencontre le phosphore à l'état de liberté soit dans le corps, soit dans l'une des excrétions, à moins qu'il n'ait été ingéré comme médicament ou poison. Mais à l'état de combinaison, il entre pour une très-large part dans la composition de l'organisme, et joue un rôle très-complexe dans les phénomènes de la vie. On le trouve non-seulement chez l'homme, dans les os, le cerveau, les excrétions et le sang, mais dans toute la série animale.

Le phosphate de chaux se rencontre dans tous les tissus. Les cendres de l'urine en contiennent de 2 à 3 0/0 ; celles des excréments renferment 12 0/0 de phosphate ammoniaco-magnésien ou phosphate triple. Ce phosphate se trouve généralement dans les liquides de l'économie, quand ils ont subi un commencement de décomposition ; alors il se dégage de l'ammoniaque qui, en présence du phosphate de magnésie, donne naissance à du phosphate ammoniaco-magnésien.

La quantité des phosphates alcalins varie avet; la nature des aliments ingérés et la somme du travail musculaire. La propor« tion en est moins élevée chez les herbivores que chez les carnivores. Les fibres musculaires sont très-riches en phosphates alcalins. Ceux-ci proviennent surtout du blé, des graines de céréales. Les cendres de sang humain en renferment 10 0/0. Berzélius en a trouvé 2,94 p. 1,000 dans l'urine; Breedet J* Winter évaluent l'adde phosphcn'ique éliminé par ce liquide

.194 PfEBRS l>A.1& LE KH.

dans les âl heores^ de 3 gr. 3 à i er. 80, ce qui donne pour tous les sels pfaosphatîqiies la somme de 7 gr. 20 à 9 gr. 60. Plrkes évalue la quantité d'icide phûsphoriqne pure rendue dans les 24 heures, à 3 a:r.

L'urine e-icrétée après le repas est celle qui contient le plu? de phosphates^ maïs ce n'est pas là une proportion constante. Celle du matin en renferme le moins.

La plus grande partie des phosphates alcalins provient de la nourriture insérée ; le reste est le produit de Toxydation du phosphore des matières albuminoïdes-

Les phosphates terreai ne sont qu en quantité peu considérable dans l'urine normale. Ce liquide en contient I à (,3 pour 1 ,000 : les matières solides ! ,5 à 2 0 0 Cette proportion subît peu de variations qui semblent être indépendantes des transformations chimiques de Porranisme. La proportion des phosphates terreux de Turine est de dea\ parties de phosphate de chau\ pour une partie de phosphate de magnésie, qui sont tenues en dissolution par le phosphate acide de soude.

P'itholo^fiit. — n seoible ^jn^ l élimination des phosphates par Turine soit en proportion directe de Factiïité du cerveau. Bence Jones a trouvé que la quantité des phosphates diminuait dans le delirium tremens et les autres délires, dans les inflanmiations aign^ du système nerveux ; mais les expériences de Beale, qui semblent plus concluantes, lont conduit à un résultat tout contraire. D^ns la pneumonie, Voeel a montré que la quantité des phosphates diminuait de plus de moitié; Hariey a constaté le même effet à la suite d'une fracture du crine. !dalheureusement, ces expériences sont fautives, parce qn*on n'y a pas tenu compte : 1* de la quantité d acide phosphorique en combinaison avec les alcalis, qui a été excrété dins les vingt-quatre heures; 2* de la quantité d acide phosphorique ingéré avec les aliments, dans le même laps de temps. Pouc être plus exact, il faudrait évaluer en même temps les phosphates terreux de Turine et les phosphates excrétés avec les matières fécales.

L-^s phosphates terreux ne paraissent pas varier^dans les états pathologiques, quand même les phosphates alcalins sont augmentés. Comme ils proviennent des aliments et aussi de la dési-

PtKHRE V\tS LE REIN. 387

grégation des tissus, surtout de celui des os, on comprend qu'ils augmenteut dans certaiues de leurs maladies, le racbitisme, l'ostéomalacie.

La gravelle phosphalique se compose de graviers de phosphate de chaux, de magnésie et de phosphate ammoniaccK magnésien. Ces derniers sont de beaucoup lés plus fréquents; ce sont ceux qui forraent la boue grisâtre et visqueuse que l'on voit souvent dans les urines alcalines et surtout ammoniacales. Celte boue se compose de prismes triangulaires.

Les graviers de phosphate de chaux sont, comme les précédents, solubles dans les acides même faibles, l'acide acétique en particulier; ils se distinguent des graviers de phosphate ammoniaco- magnésien, en ce que, traités par la potasse, ils ne laissent point échapper d'ammoniaque.

La gravelle phosphatique, qui est presque toujours secondaire, et la conséquence d'une décomposition spontanée de l'urine avant son émission, peut-elle être ^rimiViue, c'est-à-dire provenir d'une élimination spéciale ou d'une élimination accrue d'un résidu normal? Celte question est résolue d'une manière négative par presque tous les médecins français : Toute la patkogénie de la gravelle phosphatique se réduit donc pour nous, dit Desnos, à la présence d'une inflammation siégeant en tm point quelconque de la muqueuse des voies urinaires et modifiant les sécrétions de celle membrane. Albert Robin partage à peu près la même manière de voir; pour lui, l'alcalinité de l'urine est absolument nécessaire à la formation des dépôts phosphatiques. L'usage des fruits acides coutenanl des citrates, des malales, des urtrates de soude, qui produisent du carbonate de soude en s'oxydant, provoque cette sorte d'alcali iiile. Le carbonate de soude est, en eiïct, un sel très-alcalin; il eu résulte que l'usage des eaux de Vichy ne devra pas être pousoé trop loin, sous peiue de donner lieu à celle même alcalinité el à un dépôt de phosphate de chaux, comme le prouve, d'ailleurs, la cliuique. Cette alcalinité provient parfois d'un élat générai el est alors produite par un alcali fixe ; elle se montre dans les dyspepsies, les maladies du système nerveux : le tabès dorsalis, l'ataxie. En etTet, quelques auteurs, Bouchardat, Leroy d'Étiolles,

in PWIRB DAXS VÊ wtm.

admettent qae la graTelle [diosphatiqne peut a^oir pour immédiate une augmentation de la proportion des pboeplialei

contenus dans l'urine ; un excès de sécrétion de ehaux ei de magnésie^ dit Leroy d'Etîolles. Cette origine de la gra?elle pbosphatique est admise timidement, il est vrai, par les auteon étrangers, Benee Jones en Angleterre, Hosentein en Allemagne. Ce médecin parie d'une diatbèse pbosphatique en verto de laquelle, par suite d'une excitation anormale du système nerveux, les phosphates en excès dans ^intérieur du corps s'accumuleraient dans les canalicules urinifères et dans les bassinets. Mialhe, de son côté, parle d'une graveUe diathésiqm uniçuemeni composée par des phosphates terreux, c'esi-à-dire de phosphates de chaux et de magnésie. Cette gravelle reconnaîtrait pour cause une lésion du système nerveux qui préside aux fonctions chimiques, s'accomplissant dans les glandes rénales pendant l'excrétion de l'urine.

Un médecin distingué, qui observe à Contrexéville, le docteur Debout, a eu l'occasion d'observer plusieurs fois l'espèce de gravelle pbosphatique dont nous nous occupons ici. Ce fut toujours sur des individus affaiblis par une sorte de dénutrition, eo particulier des ofGciers de marine, épuisés par la diarriiée de Cochinchine. Le même observateur rapporte deux observations qui donnent à cette assertion une certitude absolue : Tune, daod laquelle il s'agit d'une femme tuberculeuse, dont les reins reBfermaient des calculs rénaux volumineux composés de phosphaté de chaux, quoique ses urines eussent toujours conservé leur acidité normale et jamais présenté aucune trace de catarrhe. La seconde observation provient aussi d'une tuberculeuse dont les urines restèrent toujours normales.

Gravelle secondaire. — La gravelle pbosphatique secondaire est beaucoup plus fréquente que la précédente, qui est, à vrai dire, exceptionnelle. Elle résulte de la fermentation ammoniacale de l'urine, dont l'urée se transforme en carbonate d'ammoniaque* Pour cela, il sufGt à ce corps de fixer deux équivalents d'eau, ce qu'il fait toujours quand il se trouve en présence d'un ferment. On a beaucoup discuté sur la question de savoir quel était ce ferment. Pasteur soutient qu'il est formé de globules

PHaRB DANS LE RKm. 39i

assez semblables à ceux de la levure, mais bien plus petits, leur diamètre étant de 0"",0013. Ce ferment se développerait plus facilement dans un milieu alcalin que dans un milieu acide.

Sous rinfluence de ce ferment, la moitié du carbone de Turée fixe deux équivalents d'oxygène et se transforme en acide carbonique, tandis que deux équivalents d'hydrogène se oombinenl à Tazote d'après la formule suivante i

Urée l H* Azt 0«

-hH3 -f- 0«

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carboB. d'aunoa.

Mais le carbonate d'ammoniaque ^développé dans Turine lui communique une réaction alcaline ; or, les phosphates ne restant à Tétat de dissolution que dans une urine acide, se déposent; d'un autre côté, le phosphate de magnésie, en présence de Tanimoniaque, du carbonate d'ammoniaque, ne peut rester isolé; il s'empare de cet ammoniaque pour former du phosphate triple ammoniaco-magnésien, qui se dépose en même temps que du phosphate de chaux, et constitue les calculs de la gravelle phosphatique secondaire.

La réalité du ferment admis par Pasteur est loin d'être acceptée par tous les auteurs qui se sont occupés des urines ammo* niacales. A. Robin et Gosselin^ font remarquer qu'on trouve des urines alcalines chez des malades qui n'ont jamais été sondés^ et que, si la présence du ferment de Pasteur dans les urines ammoniacales est un fait parfaitement exact, il lui faut des con-» ditions pathologiques spéciales, une afTection générale ou une suppuration de la vessie pour que ces organismes puissent prendre naissance dans les urines. Ces lésions ne sembleraient agir que comme causes prédisposantes propres à favoriser le développement du ferment de l'urine. Seulement, ce ferment ne vient pas directement de Tintérieur, mais probablement des voies res* piratoires et circulatoires. La preuve, c'est que bien des gens s'introduisent dans la vessie des sondes malpropres qui n'ont

i. Depuis le Mémoire publié dans \es Archives de médecine par ces deux auteurs, A. Robin, dont la comp^^ence en ces matières ne peut être discutée, est re? eno aux idées de Pasteur*

^Jixrû^a (^heairmi!!^. Ir im intr? <!dr^. Lis urines cemea

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h ^^x^^ùfxkitL çrif!ét5Mit>^. >!grtifTTffni»!it inie p«Dizr la plupart ^ ^a:^ ^ ^TVi^ËA: pcijï^hiiàrpk». ne inSt cepai<iuit pas i le$ <»p4>pi» VjC» ^''I3j>' Ti.mi'èrg st^^uifsigSe, Duie certains ca^, ea rffet, OQ ^oir. ipçanKr^ «a?!» sn^^ii** rfins des orines plos fM vana& ^tt^à^i âanâ d'sntr^. Les dépAts p&asphatîqiies piemot naœaïKe âans nae anœ alciMne. ahement avec d^ àk^Ai ffudiA^ ariqae appciraûssant dans une mine aôoe. Cfê tuU n^ ^x^^nneDt p^a à renccrotre des cas de eiaveile phntyhatiqae secondaire, car ils n ont enère été obserfês que dans cciii de çravetle phr/sphatiqne primitive; or, il est positif qn*un excès Ah lAtmphsLtes terreui, qu'il ne iant pas confondre avec un dépôt de$i mêmes seb. peut exister dans l'urine sans que ce liquide sKJt pour cela devenu alcalin.

1^ gravelle phospbatîque secondaire se forme, d'après ce que nou« venons de dire, dans toutes les parties de l'appareil luînaire, y compris le rein ; elle a pour origine toutes les causes locales tendant à décomposer lurée. Si elle prend naissance dans le rein, c'est parce qu'un des tubes de cet organe se trouve iKiuché par un bouchon de mucus, depithélium, de pus ou de feang ; quelquefois, c'est par suite de la constriction inflammat^iire de ces mêmes tubes. Si le gravier prend naissance dans le bassinet, ce n'est pas toujours à un empêchement absolu au couTH de Tiirinc ; maisà une interruption légère due à du mucus, par exemple, qu'il faut l'attribuer. Pour peu qu'il existe une pr^'diHposition du sujet, le moindre obstacle peut devenir la cause d'un gravier. La preuve, c'est que souvent les dépôts calculeux Hont limités à un rein qui en renferme beaucoup, tandis que rniilrc rein, ni la vessie n'en renferment pas trace. 11 résulte du mécntiisme de formation des calculs phosphatiques rénaux, tel que nous venons de Texposer, qu'on doit attacher une très-

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graode importance à la manière dont s'effectue la fonctioD rénale, et qu'on doit veiller attentivement à ce qu'elle s'accomplisse avec régularité. Celte réOexion est d'autant plus juste que les mêmes causes qui donnent naissance dans le rein aux calculs pbosphaliques peuvent être aussi l'origine des calculs uriques, oxaliques et autres. Que des crintaux de ces différents matériaux se soient, en effet, formés, et qu'ils soient arrêtés dans un tube rénal, par un des bouchons dont nous avous parlé plus haut : mucus, épilhélium, pus ou sang, et ces cristauï s'aggloméreront de manière à constituer un calcul.

Pour les calculs phosphatiques rénauï, comme, d'ailleurs, pour les calculs phosphatiques vésicaux, la cause la plus triviale leur donne naissance. Une particule de mucus, un fragment microscopique d'albumine, une agglomération de cellules épithé- Uales suffisent h. provoquer un dépôt phosphatique. Ouelquefois, il est impossible de trouver les noyaux de ces calculs. Ceux-ci ont très-souvent pour origine un corps étranger venu du dehors. Beaucoup ont pour centre un calcul d'acide urique ou d'oxalate de chaux. Et quand même le malade souffre moins de sa diatbëse urique ou oxalique, il se dépose néanmoins des phosphates, parce que l'inflammation vésicale persiste.

Outre les calculs formés de phosphate ammoniaco-magnésien, on trouve dans la vessie et aussi très-souvent dans le rein, des calculs composés uniquement de phosphate de chaux simple mélangé à du sable fin. Ces calculs sont facilement reconnaissablés à première vue : leur surface est lisse, brillante comme du sucre ; leur consistance est très-friable et permet de les séparer couches par couches, comme un oignon.

Procédé pour reconnaître les calculs formés de phosphates de chaux et de magnésie. — Ces calculs sont infusibles, et comme ils ne renferment qu'une très-petite quantité de matière organique, la chaleur ne leur fait presque pas subir de modifications. Solubles dans les acides minéraux, ils ne le sont que lentement dans l'acide acétique. La dissolution acide traitée par l'ammoniaque laisse déposer du phosphate de chaux amorphe. Si à la dissolution acétique on ajoute un peu d'oxalate d'ammoniaque, il se dépose de l'oxalate de chaux. Un calcul formé d'un mélange [1. Picard. in

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de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésieii est fusible. 11 se dissout dans les acides, et quand, dans celte dissolution ) on verse de rammoniaque, il se forme un préciiuté de phosphate ammoniaco-magnésien en cristaux étoiles, mélangés à du phosphate de chaux amorphe, souvent en si petite quantité qu'il n'est pas précipité par Toxalate d'ammoniaque. Les calculs formés de phosphate ammoniaco-magnésien ren« ferment toujours une assez grande quantité de mucus et de matières organiques.

Carbonates.

Les carbonates alcalins, celui de soude, en particulier, se rencontrent à Tétat normal dans Turine des herbivores ; on y trouve même du carbonate de chaux. Chez Thomme, rurioe normale ne parait pas en contenir ; cependant, à la suite d'une ingestion abondante de fruits, tels que cerises, groseilles, fraises, raisins, oranges, qui renferment des citrates, des tartrates et des malates, on peut découvrir des carbonates dans l'urine, l'acide de ces sels étant transformé par l'oxydation en acide carbonique qui, par des combinaisons subséquentes, se transforme en carbonates. Ces carbonates sont à l'état de liberté dans l'urine, et ont pour base la chaux, la magnésie, la potasse, la soude.

Ces mêmes carbonates alcalins ou terreux proviennent, dané d'autres cas, de la décomposition par la chaleur des sels à acides organiques : oxalates et lactateâ contenus dans l'urine ; aussi^ quand les réactifs chimiques décèlent leur présence dans le résidu de l'évaporation de l'urine, ne peut*on affirmer qu'ils entraient préalablement dans sa constitution, si on n'était pas certain d'avance que le liquide analysé ne renfermait aucun de ces sels.

Le caractère distinctif des carbonates, c'est de faire effer* vescence au contact des acides par dégagement de l'acide carbonique. Celui d'entre ces derniers dont on se sert pour cet usage est l'acide chlorhydrique ; il suffit d'en verser quelques gouttes sur un résidu pour voir l'acide carbonique se dégager. Toutefois, il est nécessaire d'avoir, au préalable, mouillé ce dépôt avec de

PIERRB DANS LB RCIN. lOt

Teau distillée. D'un autre côté, pour reconnaître que c'est bien de Tacide caribonique qui se d%age, on dirige le gaz vers un tube rempli d'eau de chaux qui se trouble parce qu'il se forme du carbonate de chaux.

Les carbonates forment très-rarement des calculs, et ceux & base de magnésie et de chaux, c'est-à-dire les carbonates terreux, sont les seuls qu'on ait rencontrés jusqu'à présent. Dans tous les cas, ils ne constituent jamais à eux seuls toute laconcré' tion. Cependant le D' Uitchings en a enlevé deux ou trois qui sont déposés au musée de l'université d'Oxford. De son côté, le D'Thudichum dit avoir trouvé des calculs prostatiques entière^ ment formés de carbonate de chaux.

Ces calculs qui sont blanch&tres, très-friables, se reconnais* sent à la réaction précédente, c'est-à-dire à l'effervescence qu'ils produisent au contact des acides.

GRATBLLS IHDlFFÉfiEIlTE.

Cystine.

La cystine a été découverte en 1803, par Wollaston^ dans un calcul uréthral d'enfant. En 1823, Marcet la rencontra dans un calcul du rein, dont il décrivit la structure ; mais, dès Tannée 1 821 ^ Prout en avait donné l'analyse ; toutefois, c'est à Berzélius qu'on doit d'avoir démontré qu'elle n'est pas un oxyde ^

Propriétés physiques et chimiques^ — La cystine n'a jusqu'à présent été trouvée que chez l'honune et chez le chien, sous forme de concrétions rénales et vésicales» ou en suspension dans l'urine. MuUer n'a pas pu en découvrir dans le cerveaU| mais Shérer en a extrait du foie d'un homme mort de typhus ; elle était accompagnée de leucine et de quelques autres substances. Dans l'appareil urinaire, elle est toujours à l'état solide et cristallisée. Quand elle est suspendue dans l'urine, sa quantité est très-minime, et elle se dépose, aussitôt ce liquide refroidi , sous forme de lamelles ; pour peu qu'elle devienne plus abondante, il en résulte des calculs.

Pour obtenir la cystine à l'état de pureté, on fait dissoudre

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