PIERRE DASS U VESSIE
mêmes circonslaoces, en expulsa un nombre identique. En sorte que, comme dit Toiet, il semble que ces individus renferment une véritable carrière.
Les calculs multiples sont, d'ailleurs, de volume inégal et emboîtés réciproquement.
liCs pierres multiples sont moins communes chez les enfanU que chez les adultes.
^^ Leâ pierres multiples ne sont pas nécessairement de même nature. Ainsi, on trouve sur le même sujet des pierres d'acide urîque, d'urate d'ammoniaque, de phosphate ammoniacomagnésien. Les pierres murales elles-mêmes peuvent être multiples dans la vessie.
Poids et volume des calculs. — Le poids des calculs, à volume égal, varie nécessairement avec la densité des éléments qui les composent : l'oxalate de chaui étant d'un poids spécifique plus élevé que i'acide urique, et ce dernier plus dense que les phosphates. Toutefois, une foule de circonstances, la superposittoa variable des couches, la quantité de mucus qui entre dans les calculs, la manière plus ou moins nette, plus ou moins tranquille dont les dépôts se sont formés, font qu'il n'y a rien d'absolu dans ce que nous venons de dire sur le poids, par rapport à la densité. D'un autre côté, il est bien certain que plus n calcul sera volumineux, plus son poids sera élevé.
Quant au volume des calculs vésicaui, il est essentieUemeut
H. PltABO. ïî
Fig. 84.
. (Bede.,
418 PlUIRK DANS lA VBMB.
variable : depuis la granulation qui s'échappe aree l^urine jusqu'à la pierre pesant plusieurs livres- On trouve des graviers dont les dimensions sont comparables à un grain de miUet, d'orge, à un pois, à un noyau de datte ou d'olive ; d'autres atteignent la grosseur d'un abricot, d'une pèche, d'un œuf de poule, d'autruche. On en a vu dont le volume égalait celui d'un melon ou d'une tête d'enfant.
Le poids des calculs est proportionné à leur volume, mais surtout à la densité des matériaux dont ils sont formés ; ainsi^ on a vu des calculs pesant neuf, treize, quinze et seize onces, ayant à peu près le même diamètre que d'autres atteignant vingtsept et quarante*quatre onces (Giviale). Le même auteur cite un cas dans lequel il y avait peu de différence, eu égard au volume, entre un calcul de dix onces seulement et un autre du poids énorme de trois livres et trois onces.
La plupart des calculs retirés de la vessie diminuent de poids par l'évaporation ; nous disons la plupart, car cette influence ne s'exerce en aucune façon sur quelques-uns d'entre eux.
Après les diverses qualités physiques des calculs vésicaux que nous venons de passer en revue, il nous reste à examiner leur configuration extérieure et intérieure, dont Timportanoe eet considérable.
(Jonfiguratian extérieure des calculs. Forme. — • La forme des calculs est ordinairement arrondie, plus ou moins sphériqiM ou ovoïde. Toutefois, dans bien des cas, cette forme est iirégn* lière, rugueuse, creusée de sillons ou perforée. On a vu la surface interne de la vessie tapissée d'un si grand nombre de paillettes cristallines d'acide urique, que l'urine rendue ne contenait plus trace de ce corps constituant. Ces paillettes, au liea d'être disséminées.» peuvent se réunir pour constituer un calcul brillant cristallin, quelquefois lamelleux ou d'apparence fibreuseï Il en est de même bien souvent de l'oxalate de chaux. Cependant les calculs d'o^^alate de chaux sont ordinairement ovoïde», parsemés d'aspérités à leur surface, ce qui les a fait comparer au fruit du mûrier, d'où le nom de calculs muraux. Ces aspérités sont d'ailleurs quelquefois très-prononcées ccmime rocailleuses^ ou effilées comme des épines.
PlCHRE DAItS LA VE9SIE. 41)
Lephoaphatt calcaire n'est que tout à fait eiceplionnellemeot criâtallisé.
Le phosphate ammoniaco'ma^néxien est cristallisé, même quand il remplit W interstices laissés par les autres calculs. Quand il est isolé, les calculs qu'il forme sont plus ou moins rugueux, à la manière du plâtre. Comme cet agent, il enduit «niïent les parois vésîcales à la manière d'un véritable crépissage.
La cystine présente toujours un aspect cristallin, mais dont les cristaux sont accumulés en masses plus ou moins confuses.
Chez certains individus, la pierre se présente fous forme de pftle : c'est ordinairemenl alors du phosphate ou de l'oxalale de chaux; quelquefoi? de l'acide urlqueuniii un urale et agglomérés par une substance amorphe qui se convertit à l'air en écailles dures. Les malades, porteurs de mauvaises vessies, rendent souvent des quantités énormes de cette matière plâtreuse; il en est de même des femmes atteintes de fistules vésico-vagîsales. Cette matière plAtreuse, formée de phosphate ammoniaco* magnésien mélangé à une petite quantité de carbonate de chaui, se présente sous la forme de plaques ou de vers. Dans certains cas, celte apparence vermiforme est lellemeiil prononcée, qu'on a pria la substance expulsée et étirée pour des poils. D'autres foià, cette matière gluante revfituit la forme d'un kyste au pourtour duquel un calcul était suspendu.
La forme de la vessie influe sur celle des calculs; ceci est incontestable, el chez les vieillards, dont la prostate est grosse, et qui sont, par couséquent, munis d'un bas-^ond vésical, oq
4i0 MKRRE DANS U VBSfilfi.
trouve souvent, en arrière de la glande, un calcul dont la forme est absolument celle de la cavité ainsi constituée.
Quand il y a plusieurs calculs dans la vessie, ils se correspoQdent ordinairement par des surfaces semblables, sans que ce soit )à une forme absolue ; car souvent, quand les pierres ne soat qu'au nombre de deux ou trois, il n'en est pas ainsi.
On rencontre dans la vessie des calculs qui, au lieu d'être raboteux, sont au contraire parfaitement lisses et brillants comme de la porcelaine.
La couleur est la moins importante des propriétés des calculs, si l'on en croit Civiale. Dans tous les cas, pour les juger parfaitement, il faut les casser et non pas les scier. Les pierres vésicales peuvent être blanches, grises, jaunes, roses^ rouges, brunes, vertes, bleues, ardoisées, noires; mais ces teintes sont toujours mélangées, si ce n'est le blanc et le noir, ce qui communique au même calcul des teintes variées.
Le blanc, quelquefois tout à fait pur, aussi brillant que celui de la neige, est le plus souvent coloré en gris, jaune ou vert. U est plutôt caractéristique des calculs de phosphate anunoniaco-magnésien, seul ou mélangé au phosphate calcaire; cependant, d'autres calculs, particulièrement ceux d'urate de chaux, peuvent tirer sur le blanc; ceux d'urate d'ammoniaque sont gris cendré.
Le noir appartient surtout à l'oxalate de chaux. )1 est répandu uniformément dans toute la masse, ou bien seulement disséminé par points. Quelquefois, il constitue seulement l'enveloppe du calcul, sous la forme d'une couche mince et uniforme.
Le jaune est très-commun ; il est par taches disséminées, ou colore entièrement le calcul, comme ceux de cystine, par exemple.
Le brun de teinte variable, constitue la coloration d'un grand nombre de calculs, principalement de ceux d'acide urique, qui sont brun acajou.
Le bleu est une couleur extrêmement rare pour les calculs vésicaux; ceux qu'on a rencontrés étaient formés d'urate d'ammoniaque. Cette coloration provenait-elle d'une ferracyanure ou d'une des matières colorantes de l'urine, c'est ce
PIEBBE DASS U VESSFB. m
qu'il est difficile de dire, les aoalyses de ces calculs étant déjà anciennes.
Le rouge, assez fréquent dans les calculs rénauT, est rare dans ceui de la vessie. Le roupe vif apparlîent au sable urique ; il est ta conséquence de la coloration communiquée à ces cristaux par les matières colorantes de l'urine ; mais il se retrouve rarement avec une intensité aussi grande dans les véritables calculs d'acide urique. L'urate d'ammoniaque présente quelquefois une teinte rouge sale. La coloration rouge peut être disséminée par place ou par veines ondulées; c'est ce que l'on observe quelquefois dans les calculs composés de pbospbates mélangés à de l'urate d'ammoniaque.
Le rose qu'on observe rarement n'est pas ordinairement étendu à la surface, mais forme plutAt la teinte des matières contenues dans l'intérieur du calcul.
Pour en finir avec la couleur des calculs de la vessie, nous devons dire qu'on a rencontré dans cet organe des pierres brillantes comme du verre ou du vernis, irisées comme l'opale ou la perle.
Dans quelques cas, la surface des calculs est recouverte d'une couche lisse, polie, d'un blanc laiteux, opalin ou jaua&tre, semblable à du mastic de vitrier. La couche dont nous parlons est ordinairement due à du phosphate calcaire. Quelquefois, cette substance revét l'apparence de la corne, de l'ivoire, de lonyi. Enfin, on a vu des pierres dont la surface avait la couleur et le brillant de l'or et du mica.
Odeur. — Je n'ai pas à m'étendre ici sur l'odeur des calculs dont j'ai assez parié à propos de ceux du rein ; les pierres de la vessie étant semblables, sous ce rapport, à celle de cet oi^ane. Ce que je puis ajouter, c'est qu'un calcul desséché qui a presque perdu son odeur, peut en partie la retrouver quand on le plonge dans l'eau.
La consislance des calculs vésîcaux est tantôt si peu considérable que la mollesse de ces productions atteint presque la fluiditéj tantôt, au contraire, si considérable, qu'elle est supérieure h celle du marbre. La même consistance n'eïiste pas, d'ailleurs, dans toute la masse du calcul, soit que sa surface soit moins
kn PVBU DA11S LA flKK.
consistante que son centre, on que ce dernier soit mon, tandis que les couches extérieures sont résistantes. Généralenient, quand un calcul est mou, soit dans ses couches superficieDes, soit dans toute sa masse, sa consistance est comparable à celle de Targile, et alors il éclate en se séchant, soit par fragments, soit par écailles.
Certains calculs présentent quelquefois une firiabilité telii qulls s'écrasent entre les doigts. L'interposition entre les mole* cules constituantes de ces calculs, soit de mucus, soit de phos«> phate ammoniaco-magnésien, explique cette firiabilité.
A côté de ces calculs mous et friables, on en rencontre dont la dureté est telle qu'ils résistent aux efforts des lithoclastes les plus solides. Le Fort a extrait, par la taille, un calcul d'oxalate de chaux peu volumineux, sur lequel les mors de son brise* pierre avaient toujours glissé sans même y laisser leurs traces. Les calculs d'oxalate de chaux sont, en effet, les plus durs qui existent ; mais quand on a pu les entamer et les réduire en frag* ments, chacun de ceux-ci n'offre plus une résistance comparable à la masse non désagrégée.
Après les calculs d'oxalate de chaux, les plus durs sont ceux d'acide urique, nous l'avons déjà dit plusieurs fois. Mais il faut distinguer les calculs polis des calculs rugueux et couverts d'aspérités, les premiers étant beaucoup plus résistants que les seconds.
Les calculs d'urate d'ammoniaque, de phosphate ammoniacomagnésien, ne sont pas durs.
En général, le centre d'un calcul est toujours plus consistant que la périphérie.
La différence de consistance des calculs dépend de la manière dont ceux-ci se sont formés. Les dépôts sédimenteux dont les molécules forment un magma hétérogène d'éléments figurés, mucus, ou épithélium, de phosphate et de carbonate de chaux mélangé à du phosphate ammoniaco-magnésien, ne peuvent avoir la même consistance qu'une masse homogène cristalline d'acide urique ou d'oxalate de chaux dont les diverses parties constituantes s'enchevêtrent parfaitement l'une dans l'autre.
D'un autre côté, on peut dire qu'une pierre est généralement
PIEBBE DAÎïS U VESSffi. ia
d'sntont plus dure qu'elle est plus récente, ce qui se conçoit, les couches exlernes d'un vieux calcul élant, ordinairement, constituées par du phosphate ammoniaco-mapnésien et calcaire mélangé; le centre, au contraire, par le noyau venu du rein, acide urique, urate ou oxalate de ehaax cristallisé.
Configuration intérieure des calculs vésicaux — La configuration intérieure des calculs est au moins aussi intéressaute à étudier que l'extérieure.
Quand on voit un calcul vésïcal dont l'origine n'est pas secondaire, c'est-à-dire la conséquence d'une inflammation des voies urinaircs, par suite d'une décomposition ammoniacale de l'urine, on le trouve presque toujours composé de deux parties parfaitement distinctes : fune externe enveloppante, c'est tècorce; Foutre interne enveloppée, c'est le noyau.
T\g. SG. — Calcol milral. (BejJe, Dcr furinf, p. 155.]
écoree, — L'écorce des calculs est gramileuse mi lamelleuse. L'écorce granuleuse est l'apanage des calculs d'cïalate de chaux. La manière dont les cristaux d'oxalate de chaux se sont déposés sur la concrétion primitive qui constitue le noyau de ces calculs, explique la forme de ces derniers. Quand les masses cristallines sont rapprochées les unes des autres, elles ne laissent entre elles que des espaces insignifiants ; le calcul, quoique à surface inégale, est cependant assez lisse, comparable à une peau d'orange. Si, au contraire, les mêmes masses cristallines sont restées éloignées l'une de l'autre, elles peuvent grossir séparément et constituer ces formes particulières dont nous avons déjà parié : tuberculeuse, rocailleuse, en épine. Ces différentes masses, dont la dureté est considérable quand on les prend séparément, peuvent se désagréger quand on les saisit en masse,
4» PUBU SAXs u nss».
siiî?aDt qoe la matière qui les unit leur donne plus ou moins de
cohésion.
D'autres calculs ont encore l'écorce granuleuse, ceux d'acide nrique, quoique bien plus rarement. Par contre, l'écorce des calculs pbospbatiques est très-souveol constituée de cette facoo; mais ses aspérités n'ont pas la régularité de celles des calcuk d'osalate de chaux.
L'écorce lamelleuse esl bien plus commune que la précédente. Elle se présente sous la forme de couches emboîtées les unes dans les autres, à la manière des tuniques d'un oignon. Ces diverses couches sont très-rapprocbées, appliquées l'une sur l'aulre, ou très-distantes, laissant entre elles des vides plus ou moins étendus. Les couches ne sont pas toujours continues, et des lignes irradiantes les coupent quelquefois. Ces lignes semblent, dans certains cas, se diviser vers la superficie où eli« recouvrent les mamelons de cette dernière.
Les pierres dont nous parlons peuvent être composées d'une substance intrinsèquement très-résistante; màu la disposition de cette substance à la surface de la pierre fait comprendre que celle-ci est peu résistante et pourquoi sa désagrégation est facile à obtenir avec le brise-pierre.
Les diverses couches recouvrant un noyau n'ont pas toujours une couleur identique dans un calcul formé d'une seule substance. De même, les couches de composition semblable u'ont pas toujours la même couleur dans une pierre recouverte de lames dont la composition diffère. Généralement, la teinte s'éclaircit du centre à la circonférence.
Deux couches formées d'une même substance pourront trèsbien ne pas avoir non plus la même densité, celle-ci étant plus considérable au centre qu'à la circonférence du calcul.
HEURE DA.'fS U VESSIE. W
En général, les diSérentes couches qui recouvrent un noyau varient régulièrement entre elles ; on donne à la pierre qu'elles servent à former te nom de calcul alternaîit.
Parmi les calculs composés de deux substances, les plus fré~ quenls sont ceux formés d'un noyau d'acide urique recouvert d'oialate de chaux ou d'oialate de chaux recouvert d'acide urique. Quand le noyau est d'oxalate de chaux, il forme des stries rayonnantes; s'il est d'acide urique, il constitue des enveloppes.
Les phosphates calcaire et amnioniaco-magnésien forment l'enveloppe d'un grand nombre de calculs. Cette enveloppe peut £tre continue ou les matériaux calcaires boucher simplement les interstices laissés par la substance fondamentale des calculs. Les phosphates recouvrent quelquefois les calculs d'acide urique ou d'oxalate de chaux, ou ceux formés de ces deui substances mélangées, de sorte qu'au lieu d'être composé de deux substances, le calcul en contient trois.
Les calculs couî-titués par quatre substances sont bien moins fréquents que les précédents. Brugnatelh a vu deux calculs dont le noyau était formé de phosphate calcaire très-blanc, recouvert d'oxalate de chaux brunAtre, par-dessus existait de l'urale d'ammoniaque dans l'un, de l'acide urique dans l'autre. Dans un autre calcul, le mèrne auieur a trouvé un noyau d'oxalate calcaire, par-dessus une couche jaune d'acide urique, puis une autre blanche de phosphate calcaire, et une quatrième rose d'urate d'ammoniaque.
La gradation entre les couches est ordinairement insensible ; dans tous les cas, le passage de l'une à l'autre ne s'opère pas brusquement. La plupart du temps on trouve, entre deux couches manifestement différejites de composition, d'autres couches qui, par des dégradations insensibles, passent peu à peu de l'une à l'autre (Civlale). Ainsi, supposons un calcul d'acide urique recouvert de phosphates à sa surface, on voit l'acide perdre sa forme cristalline et prendre l'aspect pulvérulent, ce qui annonce qu'il cesse d'être pur; puis il devient de plus en plus t«rreu\, jusqu'à ce qu'il soit remplacé peu à peu par les phosphates qui sont tout à fait purs à l'intérieur.
4Si PBni D4!IS Là
La rapidité avec laquelle eroisseni les coaehea des cakols nous est inconnue, car une fouie d'influences plus ou moins passagères et assez fugitives pour que nous ne puissions les saisir accélèrent ou ralentissent leur accroissement. Toutefois od peut dire qu'en général plus les couches sont lisses et polies, moins leur accroissement s'est fait lentement ; il en est tout autrement quand elles sont rugueuses et friables. Et ce qui prouve que dans ce cas l'accroissement des couches a été rapide, c'est qu'on trouve généralement le calcul très-volumineux, oe qui doit en faire craindre la récidive. Ce que nous disons ici s'applique surtout aux calculs phosphatiques dont Taugmentation de volume se fait avec une rapidité extraordinaire, une concrétion de ce genre pouvant atteindre en très*peu de temps, trois oa quatre mois, un volume considérable.
Si on ignore les causes qui font qu'un calcul crott {dus ou moins vite, on peut dire néanmoins que la roulante de sa surface paratt tenir, en partie du moins, aux occupations du malade, et que plus ces dernières exigent d'activité et de mouvements, moins les couches enveloppantes sont r^;ulières. On pourrait dire aussi que, dans ces circonstances, l'accroissement du calcul est prompt, parce que la vessie se trouve irritée, et provoque le dépôt de phosphate calcaire et ammoniaco-magnésien qui se forme très-vite, ainsi que nous venons de le dire.
Noyau. •— On donne le nom de noyau au centre du calcul, centre constitué par une masse qu'il est impossible de diviser en couches, parce qu'elle est homogène.
Le noyau est l'agglomération généralement cristallisée, rarement amorphe, quelquefois constituée par des éléments figurés étrangers aux calculs, qui, formée primitivement dans le rein, descend dans la vessie en provoquant quelquefois les aoc6s douloureux que nous avons étudiés sous le nom de colique néphrétique. Cette agglomération est toujours peu considérable, quelquefois même on ne parvient pas à la distinguer, parce qu'elle est intimement confondue avec les couches enveloppantes ; cette disposition est fréquente dans les calculs d'acide urique cristallisé et de cystine.
Un noyau tranche sur le reste du calcul non-seulement par
PIERRE DUn U TfSSIE. m
son aspect, p&r m forme bf en limitée, mais tusd par m eoaleiir et sa constitution trts-souvent ditTérente de l'enveloppe.
n n'est pas tout à fait rare de rencontrer des noyaux calcoleux formés par une agglomération de globules sanguins unis par de la fibrine. Dans d'autres cas, le noyau est purement virtuel, car il est constitué par une petite cavité. Du reste, certains noyaux ne tiennent à leur enveloppe que par quelques filaments, quelques-uns sont même complètement isolés et mobiles.
Tig. SS. — CAleal fanné de pliosphaie unmaniaco-magiifslea, let troit noyttn Mut ennililuAi par de t'ante de ehini et d'ammoniaqDe, et ooffloWt duu une gangue d'uritei dépoiia pur coucbM eODcentrique». (Baonl Leroy, fraiti de la grmieUt, p. IG9.}
Certains noyaux n'occupent pas le centre du calcul, mais un point quelconque de sa périphérie. La position du noyau est alors eorrdlative à la manière dont se sont déposées les enveloppes et anx causes qui ont influé sur la forme de la pierre : que la vessie se soit plus contractée d'un cdté que d'un autre sur le calcul, ou qu'elle ait contenu plusieurs concrétions.
Il est tràs-rare, dans tous les cas, qu'un noyau occupe l'extrémité d'un calcul allongil.
Les noyaux multiples sont, au contraire, assez fréquents ; on en trouve souvent deux, quelquefois trois. Ils sont inégaux, placés diOftremment et généralement alors formés d'acide ou d'oxalate calcaire.
D'aprte ce que nous avons dit de la eonstitntion des noyaux