‹ Traité des maladies de la prostateChapitre 6 sur 61 · H \N ATONIE · texte numérisé non relu

H \N ATONIE

il en est tout autrement; le ti^su cellulaire, plus serré, s'oppo^ au déplacement facile de la muqueuse.

La muqueuse vésicale se compose : !• d'une couche fibreuse formée de fibres conjonctives entrecroisées et mêlées de qnetqoes fibres élastiques ; 2* d'un épiihélium stratifié de 0"" 07 à 0*",! d'épaisseur, dont Jes éléments profonds sont, eo général, fusiformes, coniques, cylindriques, tandis que les superficiels, plus résistants, sont arrondis, polygonaux oa aplatis. L'importance de cet épithélium est considérable aa point de vue physiologique, puisque, à Tétat normal, c'est lui qui s'oppose à l'absorption de Turine.

La question de savoir si la muqueuse vésicale possède des glandes est encore cr)ntroversée. Haller^ Iluschke, Kolliker, Virchow en admettent, tandis que Sappey les rejette. Cruveilhicr la croit fournie de petites glandes en grappe, et d'après Kolliker lui-môme celles-ci existeraient, dans le bas-fond, sous forme d'utricules piriformes, simples ou agrégées (glandes en grappe simples). Elles ont un diamètre de 0"",09 à 0"",05, et une embouchure de 0'"",03 à O"",! de largeur.

Un épithélium cylindrique les tapisse on dedans et un mucus transparent forme leur rx)ntenu. Dans certains cas pathologiques, d'après Virchow, qui les admet aussi en ce point, ces glandes acquièrent (à et là de plus grandes dimensions et s'emplissent d une matière muqueuse blanchAtre.

f^s artères de la vessie viennent de Vh y pogas trique ; quelquestmes de leurs branches terminales s'anastomosent, au niveau du col, avec dos vaisseaux ayant leur origine dans l'urèthre.

Ces vaisseaux forment, dans la muqueuse, un réseau capillaire très-riche, surtout au niveau du bas-fond. Ce réseau s'anasloniose, à son tour, avec d'autres branches vésicales fournies par rhémorrhoïdalc moyenne chez Thomme, l'utérine che« la femme, et, dans quelques cas, la honteuse interne, l'obturatrice et même Tischiatique ; ce sont ces derniers vaisseaux qui fournissent le sang aux parties antérieures et au col de la vessie. De cette disposition dtt réseati capillaire de la vessie, il résulte que Tune des artères venant à s^oblitérer, son oblitération n'a aucune influence sur la nutrition de l'organe.

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A ces artères si multipliées correspondeat des veines ea nombre double, chaque artère ayant deux veines collatérales. Non-seulement les veines sont plus nombreuses que les artères, mais elles sont aussi plus volumineuses. Elles prennent leur source dans la muqueuse, reçoivent ultérieurement le sang des autres tuniques de Torgane, et viennent aboutir à un large plexus, situé en avant de la vessie, dans lequel s'abouchent ces veines avec celles de la face dorsale de la verge.

Ce plexus toujours très-développé et renfermant du sang uniquement veineux, offrirait, au moment de TérectioUiles particularités suivantes, si Ton en croit Eckhard. Ce physiologiste a décrit en 1863, sous le nom de nerfs érecteurs, des neris dilata* teurs qui, partant du plexus hypogastrique, longent les parois latérales de la vessie et vont se ramiûer, en formant des plexus terminaux, sur les artères caverneuses. Si on excite le bout périphérique de ces nerfs, préalablement coupés, on voit la verge se tuméfier et entrer en érection vraie. En même temps, si Ton coupe la verge, on voit le sang s'écouler rapidement de l'orifice du vaisseau avec une teinte vermeUle, semblable à celle du sang artériel. Diaprés Eckhard, le nerf honteux serait l'antagoniste des nerfe érecteurs. Il résulte de ceci que, pendant l'érection, le plexus vésical reçoit, par la veine dorsale de la verge, du véritable sang artériel et en plus grande quantité. Or, comme l'anastomose du plexus avec la veine caverneuse est intime, il en résulte que des érections répétées peuvent devenir l'origine d'une dilatation permanente des veines du col de la vessie et en amener l'état variqueux.

Chez la femme, le plexus vésical est notablement moins développé que chez l'homme ; cependant, comme chez ce dernier, il s'anastomose avec les veines des organes génitaux externes et avec celles des plexus péri-utérins.

Vaisseaux lymphatiques. — Il existe dans la vessie deux plans de vaisseaux lymphatiques : le plus profond, dans la couche musculaire ; Tautre, dans la muqueuse. Les lymphatiques de la tunique musculeuse rampent d'abord sous le péritoine où ils s'anastomosent entre eux, avant de s'enfoncer dans la couche musculaire. De très-petits ganglions, situés également

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soos le péritoine et accolés aux parties latérales de la vessie près des artères ombilicales, se voient, en général, sur leur trajet. Les vaisseaux lymphatiques traversent ces ganglions et sedirigent en dehors et en arrière pour se terminer dans les ganglions bypogastriques.

Les vaisseaux lymphatiques de la muqueuse ne sont pas suffisamment démontrés pour Sappey : « On voit, il est vrai, dit cet auteur, des lymphatiques sur la surface externe de la vessie, mais tous proviennent de la prostate, qui en possède un grand nombre, ou des vésicules séminales qui n'en sont pas richement dotées. Pour établir qu'ils tirent leur origine des parois vési* cales, il faudrait les injecter sur la surface libre de la muqueuse et les suivre de là jusqu'aux ganglions ; or j'ai constanunent échoué dans cette tentative et je ne crois pas que d'autres aient été plus heureux. »

Herfs. — Les nerfs communiquent à la vessie la sensibilité, sensibilité générale et spéciale, et le mouvement qui consiste dans la cotitraction de ses parois musculaires, pour en chasser le contenu. Leurs rameaux passent par le plexus hypogastrique et arrivent à la vessie en suivant le trajet des artères ; là, ils se ramifient, les nerfs moteurs dans la couche musculaire, les nerCs sensitifs dans la muqueuse.

Liégeois prétendait qu'il existe, au niveau du renflement bmbaire, un cenire analogue au centre cilio-spinal, qu'il désigne sous le nom de centre génito-spinal et même uro-spinal, et d*où partiraient les jnerfs destinés à animer la vessie ; cette théorie n'a pas été adoptée, contrairement à celle de Budge qui est admise aujourd'hui par tous les physiologistes. Cet expérimentateur place le centre d'innervation de la vessie, principalement pour ce qui est du mouvement, dans les organes suivants :

V Les pédoncules cérébraux;

2*" La moelle ;

3* Le grand sympathique; ' 4» Le plexus hypogastrique ;

8* Les nerfs sacrés.

Les pédoncules et la moelle paraissent commander et les autres conduire l'influx nerveux.

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