‹ Traité des maladies de la prostateChapitre 7 sur 61 · CONSIDERATIONS GENERALES · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS GENERALES

Physiologie vrinaire. — La vessie est une poche musculomembraneuse servant de réservoir à l'urine et d*organe excréteur à ce liquide. C'est une sorte de vase intermédiaire entre le rein et l'extérieur.

On conçoit de suite, en jetant un coup d'œil sur l'appareil urinaire, combien un pareil organe était indispensable ; sans lui, en effet, l'urine, filtrant incessamment au travers du rein, se serait écoulée sans obstacle à l'extérieur, d'une manière continue. 11 y aurai; eu, à l'état normal, ce qui existe dans les cas d'exstrophie vé.'iicaie, où la paroi antérieure de la vessie faisant défaut, et l'urine n'étant, par conséquent, plus retenue, impr^ne sans cesse la tumeur et les tissus environnants.

Yi^. 2. — Formes diverses d'épilhélium vésical. (Beale, lip. 74, p. 3i7.)]

La muqueuse de la vessie est recouverte d'épithélium pavimenteux stratifié, dont les cellules superficielles sont remarquables par l'irrégularité de leurs formes, irrégularité qu'on avait considérée faussement, autrefois, comme le signe caractéristique

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de la cellule cancéreuse. C'est à cet épithélium que la vessie doit de ne point être traversée par les liquides qui y séjournent. Cette imperméabilité de la vessie est si importante, au point de vue chirurgical^ que nous devons nous y arrêter un instant.

Cette question a été le sujet d'opinions diverses parmi les physiologistes qui s'en sont occupés. Les uns, avec Ségalas père et fils, Bérard, Longet, Bert, Brown-Sequart, Gubler, admettent l'absorption par la vessie ; les autres, avec Civiale, Susini, Kuss et Duval, la rejettent» Mais AUing, auquel nous devons* un travail bien lait sur ce sujet, a montré que ces deux opinions extrêmes n'étaient pas inconciliables ; qu'il fidlait seulement distinguer les cas, et que le désaccord proWent surtout du ter* ndn sur lequel les observateurs se sont placés*

U résulte des expériences d'AUing :

1*" Que la vessie saine n'absorbe pas d'une façon appréciable les substances médicamenteuses ou toxiques ;

2^ Que l'urèthre sain les absorbe parfaitement bien ;

3*" Que la vessie enflammée les absorbe d'une façon très-no« table;

ht"" Que dans la thérapeutique on peut mettre à profit cette pro^ priété d'absorption par la vessie enflammée, avec un avantage réel, à la condition de prendre certaines précautions, .

On admettait autrefois, et c'est encore l'opinion émise par Kuss et Duval dans leur Traité de physiologie, que, quand la vessie saine absorbe, c'est que la muqueuse en est déchirée quelque part ; mais, au dire d'Alling, ces observateurs s'en sont laissé imposer par l'absorption de l'urèthre, dont ils ne se méfiaient pas, absorption que la nature moins résistante de l'épithélium cylindrique et pavimenteux de cet organe explique parfaitement.

Alling, qui connaissait très*bien les sensations dues à l'absorption de la morphine, parce qu'il est très-sensible à ce médicament dont il a lait un usage fréquent, s'est inJBcté dans la vessie saine S centigrammes de morphine et n'en a ressenti aucun effet. H en a été de même pour Susini^ qui, quoique trèsHSUSceptible pour l'iodure de potassium, n'en a éprouvé aucune manifestation, après s'en être injecté 4, 6 et 10 grammes dans

CONSIDÉRATIONS OÉNteALES. M

la T6Sf4e. Le résultat Ait le mâme pour lui avec la belladone et le oyano«ferrure de potassium.

L'épithélium vAsical est, d'ailleurs, réfractaire à l'absorption, même après la mort. On a pu, dans une vessie d'animal vivant, injecter du cyanure de potassium, puis, après l'avoir sacrifié, mettre la vessie à découvert et appliquer uq sel ferrique sur sa face externe, sans produire du bleu de Prusse ; celui-ci n'apparaissait que quand la vessie avait été éraillée au moyen d'un instrument introduit par le canal.

Dans les vessies enflammées, l'absorption s'opère, au contraire, d une façon notable. Croyant que cette propriété n'appartenait pas plus aux vessies malades qu'aux vessies saines, la plupart des médecins avaient abandonné les injections médicamenteuses calmantes dans la cystite. Mais les résultats obtenus tenaient à ce que les injections n'étaient pas faites dans des conditions favorables. Pour qu'elles soient utiles, ces injections doivent être concentrées ; très-peu de liquide, beaucoup de médicament ; 3, 4, 5 centigrammes de morphine que l'on renouvelle plusieurs fois par jour. Hicks, qui a opéré de cette façon, en a retiré des avantages réels.

Kuss traitait un vieillard calculeux ayant un catarrhe vésical avec ténesme. Il fit dans la vessie des injections d'infusion de belladone, pendant trois jours, sans provoquer aucun effet toxique. 11 y substitua alors une solution filtrée d'une partie d'opium dans cent parties d'eau, injectée après chaque miction ; il n'y eut aucun effet toxique général, mais le vieillard no tarda pas à se plaindre d'un engourdissement au périnée et de la perte totale du besoin d'uriner.

AUing a fait de nombreuses expériences dans lesquelles il injectait du chlorhydrate de morphine dans la vessie des malades atteints de cystite. 11 commençait par une injection de 6 centi*grammes qu'il renouvelait jusqu'à trois fois par jour, en emr ployant une solution au 2S*, c'est-à*dire de 2 milligrammes par goutte, 6 centigrammes par 30 gouttes. Pour faire ces injection», on vide au préalable la vessie ; on adapte la seringue de Pravaz, grand modèle, remplie de liquide, aune bougie à boule perforée; on amorce et on introduit la boule dans la vessie ; il ne reste

ti considébâtions générales.

plus qu'à y pousser le nombre de gouttes voulues, en faisant exécuter au piston autant de tours que de gouttes. Du reste, un curseur qui monte ou descend sur la tige du piston sert à marquer au préalable le nombre de gouttes que l'on veut introduire, en sorte qu'au lieu de tourner le piston, on n'a qu'à le pousser, manière d'opérer plus commode et plus sûre.

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