OU FORMES DE LA COLIQUE SATURNINE
En raison de l'intensité, du siège de la douleur, et de la diversité des altérations fonctionnelles qui l'accompagnent; en raison aussi des complications et de la durée de cette maladie , nous allons établir plusieurs formes ou variétés de la colique de plomb.
Colique ombilicale.
Cette forme de la colique se trouve caractérisée par les symptômes abdominaux suivants: douleur à l'ombilic; dépression et quelquefois même enfoncement de cette région , avec dureté des parois abdominales correspondantes, constipation , nausées , mais rarement vomissements. Lorsque ces
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derniers existent, ils apparaissent de loin en loin, et ne consistent que dans l'évacuation d'une petite quantité de matières.
Colique épigastriquc.
Douleur , dépression et dureté des parois abdominales à l'épigastre; nausées, vomissements fréquents, abondants; anorexie et soif plus marquées que dans la variété précédente; battements de l'aorte à la région épigastrique , dyspnée et autres altérations fonctionnelles de la respiration.
Dans certains cas, jaunisse, si surtout la douleur s'étend aux hypocondres.
Colique hypogastrique.
Douleur , dépression et tension des parois abdominales, marquées surtout à l'hypogaslre. Difficulté de l'excrétion urinaire ; lénesmo vésical ; douleurs et mouvements spasmodiques vers les parties génitales.
Colique rénale.
Douleur limitée à la région rénale ou s'étendant suivant le trajet de l'uretère jusqu'à la vessie; le malade peut s'asseoir sur son séant, se ployer sans souffrir; il y a une grande diminution de la sécrétion urinaire, et quelquefois suppression complète pendant plusieurs jours. A l'aide du cathétérisme , en s'assure qu'il n'y a poin,t d'urine dans la vessie. On observe ordinairement, en même temps que cette variété, la colique hypogastrique.
Nous n'avons pas remarqué que les autres symptômes de
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la colique, étrangers au ventre, variassent dans leur expression , leur fréquence, etc. , suivant l'existence de telle ou telle variété de colique abdominale.
Le plus souvent, il est facile de distinguer ces diverses variétés de colique caractérisées comme nous venons de l'indiquer. Cependant, dans un certain nombre de cas, il n'est plus possible de faire une distinction aussi nette. Ainsi, on observe des vomissements dans la colique hypogastrique , rénale ou ombilicale; réciproquement dans les coliques gastrique et ombilicale, on peut constater une diminution de la sécrétion urinaire et de la dysurie. Quelquefois aussi la douleur de l'épigastre et de l'hypogastre ne se trouve point accompagnée de vomissements, de trouble dans l'excrétion urinaire.
Ces diverses variétés de colique de plomb existent le plus souvent simultanément, réunies au nombre de deux, trois ou quatre; l'une d'elles a ordinairement ses symptômes plus violents que les autres. Assez rarement , elles apparaissent isolément; quelquefois dans ces cas, il arrive qu'elles se développent successivement de manière que lorsque l'une cesse, l'autre se montre , et ainsi de suite.
Colique légère, — modérée, — violent':.
Nous avons déjà indiqué, p. 198, ce que l'on devait entendre par colique légère, modérée et violente. Nous ajouterons seulement que , dans le cas de colique violente , non-seulement la douleur a plus d'acuité, mais tous les autres symptômes sont plus vivement prononcés que dans le cas de colique modérée ou légère.
Sur nos douze cent dix -sept malades, nous avons rencontré quatre cent quatre-vingt-dix-sept cas de colique violente, 1. 16
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quatre cent treize cas de colique modérée, et trois cent sept cas de colique légère.
Colique aiguë.
Le plus souvent la colique de plomb se montre avec les caractères d'une maladie aiguë. C'est celte forme qui a servi de type à notre description.
Colique chronique.
Quelquefois cependant il arrive que cette maladie prend l'allure des affections chroniques ; elle tourmente les malades des mois, des années entières, mais sans présenter, en général, cette violence, attribut de la colique aiguë.