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le bistouri, rend immédiatement le malade h la santé; car, sur la prescription réitérée de celte médication , il demande a sortir.
La comparaison que nous venons de faire de la colique saturnine avec toutes les autres maladies qui ont quelques traits de ressemblance avec elle , prouve d'une manière certaine que cette affection est spécifique, comme le disait Sloll, c'est-à-dire qu'elle a une physionomie, une marche et une durée qui la caractérisent, lors même que sa cause serait inconnue. La colique de plomb est donc une maladie à nulle kutre pareille.
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Traitée convenablement et à temps , la colique de plomb se termine le plus souvent par le retour à la santé , dans l'espace d'un petit nombre de jours. Abandonnée aux seuls efforts de la nature , ou combattue à l'aide de moyens d'une influence salutaire douteuse, cette affection finit également par guérir, mais seulement dans certains cas, dont il serait difficile de préciser le nombre d'une manière positive.
Nous ne connaissons qu'un seul cas de colique de plomb, simple et légitime, terminé par la mort. Ce cas a été observé et publié par nous il y a quelques années [Journal hebdomadaire, année 1806, n. 28). L'individu qui fait le sujet de celle observation fut pendant trois mois tourmenté de douleurs de colique excessivement violentes. Tous les traitements vantés contre cette maladie furent employés sans succès; ce malheureux, arrivé au dernier degré delà cachexie métallique, finit par succomber d'une espèce de consomption douloureuse. (Voy. Obs. xxv.)
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Dans tous les autres cas de colique rapportés par les auteurs, ou observés par nous, lorsque la mort est survenue, presque toujours cet accident a été le résultat de la paralysie ou de l'ancéphalopathie saturnines, et non des symptômes développés du côté du ventre. Dans tous les autres cas de mort où il n'y a pas eu de complication de l'une ou l'autre de ces maladies saturnines que je viens de nommer, des affections étrangères au plomb ont constamment amené cette issue fatale .
Dubois dit que dans les douze cents malades que Burette et lui ont traités h la Charité dans l'espace de treize ans, ils n'en ont perdu que vingt. Sur les dix-sept cent cinquante- cinq malades que Gardanne a observés pendant douze ans, il en est mort soixante-quatre. Mais Dubois et Gardanne affirment positivement que ce qui occasionne la mort chez les individus atteints de colique de plomb , ce sont des convulsions, l'épilepsie, la léthargie, l'apoplexie, etc. Par conséquent, suivant ces médecins, ce ne sont pas les accidents du côté du tubo digestif, qui ont amené cette funeste terminaison dans les quatre-vingt-quatre cas de mort qu'ils mentionnent.
Dehaen'perdit trois malades |sur dix-huit. Mais ces individus furent attaqués de convulsions épileptiformes etdejdélire.
Doasan, sur cinquante-sept malades atteints de colique de plomb, en perdit un , qui mourut à la suite de plusieurs attaques d'épilepsie.
Sur les dix malades de Combalusier , deux moururent au milieu des convulsions et du délire.
Parmi les cinquante-sept malades atteints de colique de plomb, qui entrèrent a l'hôpital de la Charité pendant Tannée 181 1 , et dont M. Mérat rapporte l'histoire, cinq succombèrent à la suite d'accidents cérébraux saturnins, ou d'une maladie étrangère au plomb. Dans aucun cas , la mort ne fut l'effet des symptômes de l'affection abdominale.
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M. Ândral, sur plus do cinq cents sujets atteints de colique de [plomb qu'il a observés h la Charité, dans le service de M. Lerininicr, dit qu'il ne survint que cinq terminaisons fatales. Dans ces cinq cas , il y eut soit du délire ou des convulsions, ou du coma, ou des accidents d'asphyxie, qui furent cause de la mort.
Sur nos douze cent dix-sept malades atteints de coliques de plomb, six attaqués en même temps d'encéphalopathie saturnine ont succombé; deux moururentà la suite de la paralysie saturnine des muscles intercostaux. Un troisième, atteint simultanément de pneumonie , fut conduit au tombeau par l'inflammation du poumon. Enfin, chez un seul dont nous avons parlé plus haut, la mort a été causée uniquement par la maladie du ventre; il n'y eut pas d'autre affection à laquelle on pût attribuer la mort.
Si nous réunissons tous ces cas, nous voyons que sur quatre mille huit centneuf individus atteints de colique de plomb, cent onze, un sur quarante trois environ, ont succombé. Mais chez tous, a l'exception d'un seul, on a constaté, eu même temps que la colique , l'encéphalopathie saturnine ou la paralysie de plomb des muscles respirateurs , ou enfin une affection étrangère au plomb , qui ont été les causes directes de la terminaison fatale. Ce n'est donc pas la colique qui , par elle-même, a occasionné la mort dans les cas précités. Ainsi , celte approximation de la mortalité de la colique donnée par les auteurs est erronée. Ils n'ont qu'indiqué le chiffre de la mortalité des autres maladies saturnines accompagnées de colique , et des maladies étrangères au plomb qui compliquent l'affection toxique.
Tronchin a dit, en parlant de la gravité de la colique de plomb : «/'«/ compte, malgré moi, le nombre de mes expériences par celui des malades qui me sont morts. James fait également mention d'une colique de plomb presque toujours in or-
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telle. Ces exagérations, qui ne sont appuyées sur aucun fait, n'ont pas besoin d'être réfutées.
La colique de plomb est donc par elle-même une maladie de peu de gravité, et qui ne compromet pas l'existence du malade. Mais cependant, puisque chez un individu atteint de cette affection existe le principe délétère , qui peut d'un moment à l'autre se porter sur les centres nerveux cérébrospinal, et y déterminer des accidents souvent mortels, on ne doit pas être sans inquiétude sur l'issue définitive de l'empoisonnement, lors même qu'il ne révèle son existence que par la colique.
Il s'en faut de beaucoup néanmoins que dans tous les cas où la colique a été suivie de l'arrivée de l'encéphalopathie saturnine, il y ait toujours eu mort. (Yoy. Encèphulopathie sat., t. ii.) Cette terminaison de la colique ne se trouve être mortelle que dans le quart environ des cas. Mais lorsque la colique a pour terminaison la paralysie des muscles de la respiration, constamment la mort doit s'ensuivre.
Dans nos douze cent dix-sept observations de colique de plomb , l'encéphalopathie saturnine a succédé immédiatement, c'est-à-dire a pu être regardée comme terminaison de la colique six fois. Aussi le chiffre de nos douze cas de morts, donné plus haut, se rapporte non-seulement à l'encéphalopathie considérée comme terminaison , mais encore comme maladie concomittante de la colique.
Dans les deux cas de colique que nous avons rappelés , où la mort doit être rapportée à la paralysie des muscles respirateurs , cette dernière affection ne fut pas une terminaison de la colique , mais marcha avec cette dernière. La paralysie fut la terminaison fatale de l'empoisonnement saturnin.
Examinons rapidement les circonstances qui favorisent, sur la fin de la colique de plomb , le développement des autres affections saturnines , mortelles , qui sont alors des
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terminaisons do l'empoisonnement, mais non de la colique.
11 faut appréhender surtout cette terminaison dans les cas de colique de plomb chronique. Le poison, par son long séjour, ayant pris, pour ainsi dire, droit de domicile dans l'économie , on doit craindre qu'il n'étende d'un moment à l'autre sa sphère d'action sur les centres nerveux , dont l'exercice normal est si nécessaire au maintien de la vie. Ainsi donc , toutes les influences diverses qui peuvent retarder la guérison de la colique* rendront par cela même son pronostic grave, puisqu'elles peuvent contribuer au développement de l'encéphalopathie saturnine ou de la paralysie des muscles respirateurs.
Lorsque la colique, au lieu de se prolonger indéfiniment, vient à cesser brusquement au milieu de son cours ou avant le temps ordinaire de sa durée moyenne, il est également assez commun de voir des effets graves se produire sur les centres nerveux cérébro-spinal, en vertu d'une espèce de métastase.
Les rechutes annoncent assez souvent un pronostic grave; car elles prouvent l'action puissante que le plomb exerce sur l'économie, et par conséquent combien il peut lui être facile d'envahir le cerveau, etc.JQuelquefois aussi, il arrive que la rechute de l'empoisonnement n'est point constituée uniquement comme pendant la première attaque par la colique, mais que d'autres maladies saturnines, telles que l'encéphalopathie, se déclarent alors.
La colique qui récidive offre -t -elle plus de danger que celle qui se développe pour la première fois ? On ne peut rien établir de positif relativement à cette question. Nous avons vu la colique , dans l'un et l'autre cas, devenir chronique , rechuter ou s'associer aux autres formes de l'empoisonnement saturnin les plus meurtrières.
Il y a des circonstances au milieu desquelles s'est déve-
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loppée la colique , qui semblent contribuer a augmenter son danger. Ainsi lorsqu'on vient à contracter cette maladie au milieu d'un foyer actif d'émanations très-abondantes , le poison s'étant introduit en très-grande quantité dans l'éeonomie, on doit craindre une terminaison moins prompte, et une plus sûre facilité d'extension de l'action toxique du poison , puisqu'il se trouve accumulé dans les liquides et les solides.
La violencs ou la légèreté des symptômes ne fait varier le pronostic que du plus au moins. Il y a néanmoins des cas de colique très -intense , qui se terminent d'une manière heureuse et prompte, tandis que des coliques légères ont une issue funeste, et une longue durée, toute chose en apparence étant égale d'ailleurs. A quoi attribuer cette différence?
Nous n'avons pas remarqué que la colique fût plus ou moins grave suivant qu'elle se montre sous telle ou telle forme. Henkel et Stoll , au contraire, pensent que les malades qui ont des vomissements, 'guérissent plus promptement et plus aisément, qu'il en est de même de ceux qui ont le ventre libre, et' qu'au contraire, ceux qui n'ont ni vomissements ni garde-robes ont plus de peine à guérir, quoique souvent ils souffrent moins que les premiers. Henkel va même jusqu'à dire que si le vomissement n'a pas lieu spontanément , et qu'il n'y ait que des nausées , Fépilepsie se déclare. Enfin les vomissements qui ont lieu au début de la maladie sont regardés par quelques auteurs comme d'un mauvais augure. Toutes ces prédictions ne sont nullement fondées , aussi ne reposent-elles point sur des faits scrupuleusement recueillis. Nous le répétons , après l'examen trèsattentif d'un grand nombre d'observations , nous n'avons pas vu que les vomissements , et que la constipation plus ou moins forte du ventre , pussent faire prévoir une issue heureuse ou malheureuse de la colique, et que le trailemeut fût plus tôt ou plus tard couronné de succès.
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Le traitement fait varier considérablement le pronostic. Le plus souvent certaines médications enlèvent en peu de jours la colique; par conséquent la durée de la maladie étant considérablement abrégée , il y a moins de chances pour voir survenir à la fin du cours de la colique des accidents saturnins du côté du cerveau et de la moelle. Cependant il faut le dire, il est des cas malheureux où, malgré les apparences les plus heureuses, on est trompé dans son espoir, l'issue est funeste. Ainsi quelquefois la colique marche assez rapidement à l'aide d'un bon traitement vers la guérison , et sa terminaison est une encéphalopathie saturnine mortelle, ou une paralysie de plomb des muscles de la respiration. Enfin dans quelques cas, heureusement fort rares , la colique offre un pronostic assez grave , en ce sens qu'aucun traitement ne peut parvenir à en arrêter le cours. Pendant que l'affection se borne au ventre, le danger pour le malade ne sera pas grand , ou du moins sa vie ne sera pas compromise le plus ordinairement. Mais il y a à craindre qu'à la longue le poison ne vienne enfin h envahir d'autres organes, comme le cerveau, ce qui amènerait des accidents très -graves, et assez souvent la mort.
Telles sont les principales circonstances qui peuvent faire prévoir, le plus souvent, une fin funeste de la colique de plomb , en contribuant au développement des autres formes de l'empoisonnement saturnin. Mais, nous le répétons, il est des cas en assez grand nombre, où le pronostic est excessivement insidieux. Ainsi, tantôt le malade atteint de colique de plomb ne se trouve point au milieu des conditions que nous venons d'indiquer, comme favorables au développement des maladies saturnines mortelles; et, au grand étonnement de l'observateur, cet individu succombe attaqué d'cncéphalopathie ou de paralysie. Tantôt , au contraire, le patient, en raison de la position dans laquelle on le trouve placé , est h 20
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menacé à tout moment d'être foudroyé par ces terribles accidents cérébraux, etc. ; et cependant il revient complètement à la santé , au sortir de sa colique.
Le pronostic a une gravité quelquefois assez grande dans le cas de colique, compliquée d'inflammation ou de lésion organique des voies digestives et urinaires. En effet, on ne peut, le plus souvent, combattre la colique qu'après avoir anéanti la complication , ce qui est quelquefois difficile , même impossible. Parfois aussi , le traitement de l'une des deux affections augmente la gravité de l'autre , ce qui fait que ce que l'on gagne d'un côté on le perd de l'autre. Il y a des cas plus heureux où la colique fait disparaître avec elle les phénomènes phlegmasiques qui existaient avant elle ; mais alors on a pu faire usage du traitement ordinaire de la colique.
Les autres maladies étrangères au plomb, qui compliquent la colique, et qui siègent ailleurs que dans le ventre, n'offrent pas, en général, un plus gran d danger que si elles s'étaient développées chez des individus non atteints de colique. Cependant, dans quelques cas, on ne peut encore faire marcher de front le traitement des deux affections , ce qui retarde la guérison delà colique, et par suite facilite le développement d'autres accidents saturnins.
La colique, suivant quelques auteurs, ne se termine pas seulement par le retour à la santé , une autre maladie saturnine ou la mort : on a encore signalé quelques accidents critiques.
Henkel, dans son Histoire des Maladies des Métaux , parle de crises de La nature qui se trouve en état de se débarrasser du poison. Il rapporte l'observation d'un fondeur atteint d'une colique de plomb violente, qui se termina le septième jour par l'apparition, à deux ou trois travers de doigt audessous du nombril du côté droit, d'une tumeur rouge, dou-
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lourcusc , qu'on crut pouvoir regarder comme critique, ce qui obligea à prendre des moyens pour l'amener à suppuration.
Fischer a prétendu qu'une éruption exanlhématique pouvait guérir brusquement la colique de plomb.
Lepois parle de sueurs et d'bémorrhagies comme crises de la colique.
Nous avons constaté , le troisième jour d'une colique saturnine très -violente, survenue chez un peintre en bâtiments , l'arrivée d'un érythème sur l'abdomen. L'éruption ne modifia nullement la marche et l'intensité de l'empoisonnement saturnin. Cet individu a fréquemment la colique de plomb , et presque toujours une éruption érythémateusc la complique.
Dans un autre cas de colique de plomb , qui se déclarait pour la première fois , nous avons noté l'apparition d'un érythème à l'abdomen, le deuxième jour de la maladie. L'af-v feelion cutanée disparut avant l'entière cessation de la colique.
Dans un troisième cas de colique nous avons pu observer le développement d'un abcès dans la fosse iliaque droite, les derniers jours de la persistance de la maladie.
Enfin, nous avons vu, dans cinq cas de colique de plomb exempte de complication, des hémorrhagies nasales survenir, sans que ces épistaxis aient rien changé à la marche de l'affection.
Nous ne pouvons regarder comme critiques ces phénomènes morbides que nous venons de signaler, et qui se sont développés pendant le cours de la colique. En effet , la guérison de cette dernière n'a pas coïncidé avec l'apparition instantanée de ces accidents. Ce sont de simples complications , et non des phénomènes critiques. Ces réflexions s'appliquent également à la paralysie , que quelques auteurs des siècles
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précédents ont considérée comme une crise de la colique
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