‹ Traité des maladies de plomb ou saturninesChapitre 26 sur 51 · RECHERCHES CHIMIQUES · texte numérisé non relu

RECHERCHES CHIMIQUES

La chimie a été mise à contribution pour éclairer l'anatomie pathologique de la colique de plomb. On a essayé de retrouver ce poison, cause des accidents, a l'aide de l'analyse chimique dans les liquides et les solides do l'économie.

Plusieurs auteurs, entre autres Wilson et Dubois, ont avancé qu'on apercevait dans le canal intestinal des traces

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de poussière saturnine ; c'est une assertion toute gratuite qui ne peut reposer sur aucun fait positif. Tous les observateurs modernes qui ont examiné avec attention les voies digestives , n'ont jamais rencontré la moindre trace de poussière de plomb à la surface de la muqueuse intestinale. 11 en doit être ainsi, car la colique n'est pas produite par le contact immédiat du plomb sur la muqueuse digestive; il faut qu'il soit absorbé afin de donner naissance à cet empoisonnement.

M. Orfila tout dernièrement, après avoir pratiqué un grand nombre d'expériences sur les animaux vivants, a prouvé que l'on pouvait apercevoir sur la muqueuse de l'estomac les préparations saturnines que l'on y avait introduites comme poison et qui y avaient séjourné trop peu de temps (deux heures) pour qu'elles eussent pu être absorbées. Mais les préparations de plomb n'étaient plus visibles , lorsque ce poison, par un séjour assez prolongé (quatre jours) dans l'estomac , avait pu y être absorbé et produire un empoisonnement par absorption. [Annales a" Hygiène et de Médecine légale , janvier 1809.)

Spangenberg, qui a transmis à Ilsmann plusieurs observations intéressantes d'empoisonnement saturnin par absorption, prétond avoir observé des globules de matières fécales, recouverts de litharge, chez les individus atteints de colique saturnine. Evidemment, il y a encore ici confusion de l'empoisonnement du plomb par absorption , avec l'empoisonnement par irritation. Certainement si l'on faisait avaler à un chien une grande quantité de litharge , on pourrait peut-être reconnaître le poison dans les vomissements et les selles , parce qu'il aurait traversé en partie le canal alimentaire sans être absorbé; mais par cela même, il ne pourrait donner naissance à la colique saturnine.

M. Mérat est le premier qui ait tenté avec Barruel des

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expériences chimiques dans le but c|e découvrir le plomb dans l'économie des individus atteints de colique de plomb.

«Les urines d'un homme atteint de colique saturnine recueillies avec soin pendant les trois premiers jours de son entrée a la Charité, furent traitées par l'hydrosulfure d'ammoniaque. Ce réactif ne donna pas le plus léger nuage , et n'opéra aucun changement dans l'urine. La liqueur fut essayée avant qu'il y eût le moindre dépôt. » ( Traité de la Colique métallique. )

« Les excréments du même individu laissés dans un même vase jusqu'au milieu du huitième jour de la maladie, époque où le troisième purgatif avait déjà fait tout son effet, et où le malade n'éprouvait plus de douleurs, pesaient environ six livres : ils furent mis dans un grand creuset de liesse , placé au milieu des charbons ardents; par l'action d'un feu continué trois heures de temps, ils furent réduits en un charbon assez compacte et peu brillant. Ce charbon incinéré a produit quarante-quatre grains de cendre : quatre onces d'eau distillée, versées dessus, ont donné un liquide clair, diaphane, sans odeur, et d'une saveur légèrement salée; elle n'a point verdi le sirop de violette. Cette eau, évaporée dans une capsule, a donné douze grains de inuriatc de soude pur. Après ce lavage a l'eau distillée , la cendre fut mise en digestion avec de l'acide nitrique affaibli et bouillant. La liqueur passée, il est resté sur le li!tre six grains un quart d'une poudre composée d'une portion de charbon non décomposée, et d'alumine provenant du frottement d'une spatule de fer, avec laquelle nous avions gratté le creuset. Nous versâmes, goutte à goutte , de l'hydrosulfure d'ammoniaque , qui donna lieu h un précipité noir-jaunâtre : ce précipité, mis sur un filtre, fut bien lavé et séché; il avait, après sa dessiccation parfaite, une couleur jaune -vcrdàtrc. Nous avons de nouveau dissous, dans de l'acide nitrique, cette poudre desséchée; la

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