‹ Traité des maladies de plomb ou saturninesChapitre 27 sur 51 · COLIQUE SATURNIN · texte numérisé non relu

COLIQUE SATURNIN

liqueur filtrée était transparente, et il resta sur l'entonnoir un peu de soufre. Voulant reconnaître si celte liqueur contenait du plomb , nous y ajoutâmes quelques goulU s d'acide sulfurique; il se rassembla aussitôt un dépôt blanchâtre, qui nous fit croire quelques instants h son existence : nous mîmes ce précipité sur un filtre, et nous le lavâmes avec de l'eau distillée; la liqueur d'où nous avions séparé cette substance donna par le prussiate de chaux, un peu de prussiate de 1er, dont la base Venait probablement du frottement de la spatule de 1er contre les parois du creuset : le précipité resté sur le filtre était blanchâtre et luisant ; traité par l'acide sulfurique en excès, il s'y est dissous. La liqueur lut partagée en deux portions : lune, traitée par Phydrosulfure d'ammoniaque, n'a plus donné qu'un précipité blanchâtre, lequel n'était que du soufre ebassé par un excès d'acide contenu dans le nitrate de chaux ; l'autre portion, traitée par l'oxalale d'ammoniaque, a procuré un dépôt bleu d'oxalate de chaux : d'où nous concluons que ce précipité blanc, occasionné par l'acide sulfurique, n'était qu'un sulfate de chaux et non de plomb. Pour nous en assurer encore davantage, nous rassemblâmes tous nos précipités, nous les limes sécher, et nous cherchâmes â les fondre au milieu d'un charbon creusé convenablement , et â l'aide du feu d'un chalumeau. Nous ne pûmes d'abord y parvenir; il fallut y ajouter quelques grains de borate de soude. Après le boursouflement de ce fondant, il se forma un bouton grisâtre; lorsqu'il fut refroidi, nous le prîmes; il était assez léger; sa cassure était poreuse el blanchâtre, son goût salé, etc.; en un mot, nous ne pûmes reconnaître aucune trace d'un métal. »

Il était très important d'essayer h poursuivre le plomb jusque dans le sang et dans les organes les plus éloignés du corps, où il paraît cire porté par l'absorption. On conçoit à l'avance la difficulté de pareilles recherches. Comment ,

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en effet, aller rechercher de très-faibles quantité* de plomb, portées dans toutes les parties du corps avec le sang, après avoir été absorbées par l'organe sur lequel elles ont été déposées ? Mais, à l'époque où nous vivons, est-il possible de reculer devant la diiliculté d'une entreprise qui , couronnée de succès, peut jeter quelque lumière sur plusieurs maladies ?

Pour que ces expériences fussent faites avec tout le soin désirable, nous avons du avoir recours à l'habileté obligeante de plusieurs chimistes.

MM.Tiedman etGmclin, après avoir fait avaler de l'acétato de plomb à plusieurs chiens , disent avoir retrouvé ce sel dans les veines mésaraïques et dans les veines spléniques de ces animaux. Cette expérience nous a fait penser que les réactifs chimiques pourraient bien faire découvrir le plomb dans le sang des individus., atteints de colique saturnine. Eu effet, puisqu'il est certain que le plomb est absorbé dans le cas de colique saturnine, et que cette substance, mise en contact avec la muqueuse digestive des chiens , se retrouve après un long trajet, il y a, rationnellement parlant, quelque espoir de le retrouver dans le sang des individus affectés de colique saturnine. Dans cette pensée, le 19 juin 1855, je remis a M. Chevalier deux bocaux contenant du sang, extrait de la veine cave inférieure et du cœur droit d'une part, et do l'autre, de la veine-porte inférieure du nommé Béchet, mort la veille, atteint d'une colique et d'une encéphalopathie saturnines. (Voy. t. 11.)

Voici le résultat de l'expérience de M. Chevalier : « J'ai » examiné le sang contenu dans deux bocaux, et qui prove- » naitdu nommé Béchet. Unepartiedu sérum, essayée par les » réactifs qui décèlent le plomb, n'a donné aucun des carac- » tères qui font reconnaître ce métal, qui alors aurait été à » l'état salin. Une autre portion du sérum ayant été évaporée,

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> son résidu a été charbonné et incinère. L'examen desceni dres a démontré qu'elles ne contenaient pas la moindre » trace ni de plomb, ni d'onde de ce métal. »

l'ai essayé de constater la présence du plomb dans les urines de douze de nos malades atteints de colique légère ou violente. Dans ce but, d'après le conseil de M. Guibourt, nous déposions dans un matras du sulfure de fer délayé avec de l'eau; puis nous ajoutions de l'acide sulfurique; de l'hydrogène sulfure se lbrmc.it et se dégageait par un

tube de verre recourbé , qui venait plonger dans un bocal contenant l'urine de nos malades. Nous n'avons pas vu une seule fois le moindre précipite noir ire de plombée

former pendant cette expérience. In tube capillaire trèsfin, plongé dans un flacon d'eau de GouLrd . puis agité dans ces urines, donnait lieu immédiatement a la formation d'une petite quantité de sulfure de plomb , qui venait a sur- :r à la surface du liquide.

J ai fait la même expérience sur la salive de nos malades, recueillie plusieurs jours de suite dans le même vase. Nous n'avons pu découvrir non plus la moindre trace de plomb dans ce liquide. Si nous avions expérimenté sur la salive des ouvriers malades, se trouvant encore au milieu de leurs travaux, nous eussions inévitablement mis a nu du plomb, puisque la salive et les cracbats de ces individus sont mélangés depai «abomines, qu'on peut quelquefois reconnaître à

l'œil nu , et qui occasionnent cbez eux un goût sucre , styptique , astringent. (Voy. p. 9. A L'époque ou nous mettions un courant de gai hydrogène sulfuré avec la salive, les malades n'éprouvaient plus de croùt sucre; car on n'apercevait plus de m de plomb dans la salive; elles avaient

déjà été absorbées par la muqueuse buccale, ou entraînées e dans l'estomac.

Nous ne reviendrons pas ici sur les moyens de constater

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