‹ Traité des maladies de plomb ou saturninesChapitre 43 sur 51 · OBSERVATION XXVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVIII

Colique violente. — Pouls fréquent. — Rechute après quinze jours. — Retour des arcés de colique la nuit. — Limonade sulfurique. — Guérison.

Adnys, d'une forte constitution, tempérament sec, habituellement bien portant, d'une vie assez régulière, après deux mois de travail dans une fabrique de céruse par le procédé hollandais, fut atteint de la colique saturnine, dont il fut débarrassé àl'Hôtel-Dieu d'Orléans, par M. Ranque. Au bout de huit jours de traitement, il était parfaitement guéri.

Après la sortie de l'hôpital, Adnys, sans retourner à la fabrique de céruse, vint à Paris. Il séjournait depuis quinze jours dans cette ville, lorsque, sans cause connue, il fut repris de tous les symptômes de la colique. Alors il entra à l'hôpital de la Charité le 11 décembre 1806, salle Saint-Louis, n. Si.

Etat actuel. Douleur vive, continue, mai? exacerbante, à l'ombilic, décrivant une ceinture complète autour du ventre et de la partie du tronc correspondante, diminuée par une forte pression, et augmentée, au contraire, par une légère. Au moment des accès, le malade se pelotonne , se cramponne aux barreaux de son lit, puis se livre à un mouvement de balancement énergique : tantôt il s'enfonce profondément les poings sur le nombril, se met en double, se couche à plat-ventre, etc. Le venire e?t dur, et cependant il ne parait ni rétracté ni bombé; éructations fréquentes, borborygmes, ni nausées ni vomissements. Constipation depuis trois jours. Anorexie, soif vive. Langue blan-

châtre, humide; haleine saturnine très-prononcée; goût sucre; dents noirâtres; les gencives sont teintes en bleu. Celles de la mâchoire inférieure ont perdu de leur étendue , les languettes interdentaircs ont disparu en partie; aussi présentent-elles maintenant un bourrelet saillant; on dirait qu'elles ont été taillées à pic , cependant on n'observe aucune ulcération. Les gencives de la mâchoire supérieure sont considérablement amincies. Insomnie. Bon état des voies respiratoires et urinaircs. Pouls à quatrevingt-seize, irrégulier, grêle. Bonne chaleur de la peau; absence de céphalalgie.

Limonade sulfurique (deux pots d'orge avec un demi-gros d'acide sulfurique pour chacun).

Le malade est très-agité toute la nuit; il trouble la salle par ses cris. A la pointe du jour, la douleur et l'agitation diminuent considérablement.

Le 12, à la visite, le malade est assez calme dans son lit ; de temps en temps seulement, il éprouve quelques tranchées. Tout le reste de la journée, même état. Limonade sulfurique deux pots. — Bain savonneux.

Le soir, la douleur et les accès de colique reviennent encore avec plus de violence que la veille, et continuent toute la nuit pour cesser encore presque complètement le lendemain matin , à la pointe du jour.

Des vomissements fréquents ont eu lieu la nuit; la bassine du malade est toute remplie d'une matière épaisse, poracée, trèsfétide.

Le i3, toute la journée, le malade est assez calme.

Limonade sulfurique; le soir, retour des accidents. Le malade, dont le faciès est grippe et tout bouleversé, se trouve en proie à la plus violente agitation. Des douleurs très-vives lui font prendre les positions les plus bizarres ; il fait de grands efforts de vomissement , et de temps en temps il rejette par flots une matière verdâtre assez épaisse. On compte cent pulsations d'une très-grande irrégularité sous le rapport de la fréquence. Le tronc est couvert de sueurs.

488 COLIQUE SATURM.Nfc.

Le i4> à la visite, le malade souffre beaucoup plus qu'hier, mais incomparablement moins que pendant la nuit.

Limonade sulfurique, deux pots. Le soir et la nuit, on n'observe pas d'exacerbation plus marquée que dans la journée.

Le i5, diminution considérable des douleurs; deux selles peu abondantes, en partie solides, en partie liquide? ; les vomissements ont cessé presque complètement ; la figure du malade n'est plus aussi grippée ; le ventre est moius dur ; le pouls ne bat que soixante-douze fois par minute; les pulsations reviennent à intervalles presque égaux.

Limonade sulfurique, deux pots; une selle solide. Un peu de sommeil la nuit.

Le 16, les douleurs continuent à diminuer. Le malade les compare actuellement à des tranchées; cessation des vomissements. Pouls à soixante-cinq pulsations.

Limonade sulfurique; pas de selle.

Le 17, même état qu'hier. Limonade sulfurique, deux pots.

Le malade est obligé de sortir de l'hôpital pour affaires. On lui donne la recette de la limonade sulfurique, qu'il continue chez lui. Nous voyons à la consultation de la Chanté, ce malade trois jours après sa sortie, qui nous assure n'avoir pas souffert depuis la veille.

Colique violente. — Ralentissement de la respiration. — Arlkralgie. — Aucun traitement . — Guérison.

Adolphe François Braconnier, âgé de dix-neuf ans, taille de cinq pieds, tempérament nerveux, constitution assez forte, peintre en bâtiments, faisant souvent des excès de boissons alcooliques, n'a jamais eu pour toute maladie que la rougeole, la scarlatine, la variole et la colique de plomb. Il y a un an qu'il fut atteint d'une colique saturnine modérée, accompagnée d'une légère paralysie des poignets et de la jambe.

Le 2 décembre i856, il fut réveillé la nnit par des coliques au nombril. Le lendemain des nausées survinrent, ainsi que des douleurs dans les membres; le malade n'alla pas à la garde-robe. Les jours suivants, les accidents augmentent et se multiplient; le malade entro à la Charité, salle Saint-Louis, 55, le 9 décembre.

Etat actuel. Douleurvive à l'ombilic, s'irradiantàl'hypogastre et aux testicules. Elle rcvierttplus forte par accès; sensation d'arrachement des intestins. Le redoublement de la douleur n'arrive pas plus souvent que toutes les demi-heures. Absence de nausées et de vomissements. Constipation, éructations, borborygmes, soif très-vive, anorexie, bouche pâteuse. La pression n'augmente ni ne diminue les coliques. Le froid en accroît l'acuité. Ventre peu déprimé, mais très-contracté; langue rosée, humide, un peu blanche dans son milieu. Dents noirâtres gencives d'un bleu d'ardoise.

Pouls dur, lent, à trente-cinq pulsations; douze à quatorze inspirations par minute, régulières.

Au moment des accès, le malade pousse des cris, s'agite en tous sens, prend les positions les plus bizarres. Les yeux sontexcavés, entourés d'un cercle bleuâtre, les traits du visage fortement contractés ; il demande à grands cris qu'on le fasse aller à la garde-robe.

Quelques picotements à la plante des pieds. Orge miellée.

Le io,le 1 1, le 12, même état qu'hier.

Le i3, diminution des douleurs et de tous les autres symptômes; deux selles assez abondantes.

Douleurs dilacérantes aux genoux, aux mollets, à la plante des pieds et àlaface palmaire des avant-bras, augmentant un peupar le mouvement, diminuant par la pression, revenant plus aiguës par accès et étant alors souvent accompagnées de crampes. Le malade est autant agité par ces douleurs qu'il l'était les jours précédents par la colique.

Le 14 et le 1 5, même état.

Le 16, diminution de l'arthralgie, augmentation de la colique.

Le 17, disparition presque complète des douleurs; cinq selles. L'appétit se prononce; le poul* reprend sa souplesse et sa.

fréquence habituelles; les inspirations remontent à dix-huit. Le 18, il n'y a plus de traces de la maladie du ventre; mais l'arthralgie subsiste encore quelques jours.

Colique modérée. — Arthralgie. — Encèp halo pat lue. — Paralysie, — Jaunisse. — Insuccès des purgatifs drasliques. — Eau de Sedlitz. Guérison.

Protais, âgé de cinquante ans, d'une forte constitution, d'une vie fort régulière, n'ayant plus d'ouvrage à faire pour sa profession de tisserand , travailla chez un broyeur de couleurs. Après huit mois de séjour dans cet établissement, il commence à ressentir quelques doule urs à la plante des pieds. Plusieurs jours après, des douleurs dans le ventre, vagues, fugaces, apparurent, ainsi que des nausées. Prolais s'aperçoit dès lors qu'il n'allait pas aussi facilement à la garde-robe. Les jours suivants tous ces accidents allant en augmentant, il entra, le 28 octobre 1837, à la Charité, salle Saint-Michel, n. 5.

Etat actuel. Sensation de déchirement à l'épigastre et à l'ombilic, revenant plus forte par crise. Alors le malade s'agite un peu, se tourne souvent dans son lit, se couche à plat-ventre, se plaint et pousse quelques cris. Le ventre se trouve sensiblement déprimé; il est dur, contracté.

Nausées, quelques vomissements; éructations, borborygmes; goût sucré dans la bouche ; anorexie, un peu de soif; constipation depuis six jours. Dents noirâtres, gencives teintes en bleu; légère teinte jaune terreuse de la face et du tronc.

Les urines sont excrétées facilement et en quantité convenable. Respiration libre ; pouls dur, vibrant à trente-cinq pulsations. Bonne chaleur de la peau. Insomnie. Le malade affirme que depuis hier, les douleurs vives qu'il ressentait dans les membres inférieurs ont disparu.

Huile de croton, deux gouttes dans durobde sureau; ni selles ni vomissements.

Le 29, la douleur s'étend un peu dans les hypocondres; celle de l'épigastre parait un peu plus aiguë; deux gouttes de croton furent prescrites, mais on oublia de les l'aire prendre au malade.

Le 5o , jaunisse; la peau de la face , du tronc et la conjonctive sont colorées en jaune foncé, tirant sur le vert. La teinte jaune terreuse ne peut plus se distinguer. Les urines ont un aspect jaune verdûtre : elles exhalent une odeur bilieuse, la chemise du malade, plongée dans ce liquide, en se desséchant conserve une teinte jaune.

Même état des autres symptômes.

Deux gouttes de croton prises devant nous. Ni vomissements ni garde-robes.

Le3o, diminution considérable de la colique, mais arrivée de douleurs déchirantes à la partie postérieure de la cuisse, que n'augmentent ni ne diminuent le mouvement et la pression, revenant par crises et jetant le malade dans une agitation pareille à celle dont il était pris lorsqu'il souffrait assez vivement dans le ventre.

Deux gouttes de croton , lavement des peintres, deux selles.

Le 3i, la colique diminue toujours; l'ictère reste le même ; mais les douleurs névralgiques des cuisses augmentent; aujourd'hui elles ont envahi la plante des pieds.

Eau de Sedlitz, deux à trois selles.

Le premier novembre, aucun changement. Bain sulfureux à la suite duquel tout le tronc et les membres se recouvrent d'une couche de sulfure de plomb.

Le 2, diminution des douleurs des membres inférieurs; augmentation de la colique. Bain sulfureux.

Le 3, la névralgie des membres diminue, mais la colique augmente toujours.

Le 4? il n'y a plus de douleurs dans les membres; mais les accidents du côté du ventre sont aussi prononcés qu'au moment de l'arrivée du malade à l'hôpital.

Les jours suivants on emploie alternativement, sans succès, l'huile de croton, dericcin, le jalap, etc. Le 52, diminution aux

492 COLIQUE SATURNINE.

trois quarts de la douleur et évacuation d'une grande quantité de matières fécales sans remèdes.

Le j5, disparition complète de la colique. L'ictère commence à diminuer.

Le i5, réapparition brusque de la colique, sans douleurs dans les membres; huile de croton, deux gouttes.

Le 16, délire, attaque d'épilepsie, coma, délire. Lavement purgatif.

Le 17, délire tranquille et furieux ; on ne fait aucun traitement.

Le 18, disparition des accidents cérébraux.

Le 19, la colique a encore une certaine acuité ; on la combat inutilementàl'aidedes opiacés,des purgatifs drastiques, des sangsues, etc. Aucune médication n'a d'influence sur cette affection. Le malade maigrit considérablement. Enfin, le 5 décembre, à la suite d'une bouteille d'eau de Sedlitz, qui procure trois à quatre selles, cessation presque complète des accidents du côté du ventre. Mais le poignet et les doigts du bras gauche fléchissent un peu.

Les jours suivants, disparition complète de la colique et de tous les accidents du côté du ventre; mais développement de la paralysie des muscles extenseurs du poignet et des doigts.

ARTHRALGIE SATURNINE.

DEFINITION

Nous donnons le nom d'arthralgic (i) saturnine à une affection de nature névralgique , que produisent les préparations de plomb après leur absorption dans l'économie. Voici ses principaux caractères :

Douleurs vives dans les membres , sans rougeur ni gonflement, ne suivant point exactement le trajet des cordons nerveux anatomiques ; continues, mais devenant plus aiguës par accès ou crises , diminuées par la pression , augmentées par les mouvements, accompagnées de divers troubles de la motilité, tels que crampes, dureté et tension des parties endolories. Ces douleurs névralgiques peuvent d'ailleurs se montrer au tronc, et même dans la plupart des organes de la vie de relation.

Ainsi , cette affection se trouve caractérisée par une exaltation de la sensibilité , et une perversion de la contractilité des parties qui en sont le siège.

' (1) De v.pQpov et ul'/Oi {douleurs névralgiques des membres). L'expression de â.pBpov signifie chez les Grecs, tantôt articulation, tantôt membre; c'est dans ce dernier sens que nous l'employons pour former le mot arthralgie.

4i)4 ARTHRAIGIE SATURXI^E.

Les ailleurs n'ayant point dirigé spécialement leurs recherches sur cette maladie saturnine, n'ont point essayé d'en donner une définition quelconque.

La plupart des auteurs qui ont écrit sur la colique de plomb , et qui ont mentionné des douleurs dans les membres des individus atteints de celte affection, n'ont point cherché à donner un nom à cette maladie. Sauvages désigne ces: douleurs des membres, sous le nom de rhumatisme mctaUlque. Cette dénomination est vicieuse, car, comme nous le démontrerons plus tard , l'arlhralgie saturnine diffère totalement du rhumatisme. Cette affection correspond en partie h la rachialgie saturnine d'Astruc.

Lo plus grand nombre des observateurs qni ont publié des travaux sur la colique saturnine, ont parlé des douleurs qu'éprouvent dans les membres les individus affectés de cette colique.

.Etius dit que ceux qui avalent de la litharge et de la céruse ressentent des douleurs brûlantes dans les articulations.

Citois , dans sa dissertation , fait mention de douleurs atroces à la plante des pieds , aux cuisses et à la région sacrée , alternant avec la couleur du ventre.

Stockhuscn cherche à prouver que l'ardeur des jointures , et la douleur même des muscles, est produite par le transport du poison du ventre vers les membres.

On lit le pasfiagp suhanl dans la Colique des fonderies, 4é

Henkel : « Les douleurs îles membres ne doivent pas tant être regardées comme un accident de la colique des fonderies, que comme la maladie elle-même qui a changé de face , et qui n'a lieu que lorsque les douleurs ont cessé dans les entrailles. »

Huxham , Dehaen , Dubois et Gardane regardent les douleurs des membres comme les avant-coureurs , le premier degré de la paralysie; par conséquent ils ont confondu ces deux maladies saturnines , qu'ils considèrent d'ailleurs comme des effets consécutifs de la colique de plomb.

Astruc insiste beaucoup, dans sa thèse, sur le siège et la nature des douleurs qui occupent les lombes; il fait observer qu'elles se propagent jusque dans les parois du thorax, les membres supérieurs et inférieurs.

Bonté avait remarqué que les membres participent aux douleurs du ventre, et sont quelquefois en élat de crampes qui font beaucoup souffrir.

Nous lisons dans Stoll, qu'après l'arrivée des accidents saturnins du côté du ventre, les membres, les bras , les cuisses et les jambes commencent aussi h devenir douloureux, comme dans un rhumatisme très-aigu. Chez les uns , c'est un lombago ; chez les autres , une sciatique qui s'étend jusqu'aux malléoles; chez d'autres, les articulations des doigts, des mains et des pieds sont plus affectées que les muscles , tandis que ceux-ci le sont plus que celles-là chez d'autres individus. Quelquefois le mal ne consiste que dans la lassitude des membres, un sentiment de fourmillement.

Desbois (de Rochefort) signale aussi, dans la colique de plomb , des douleurs rhumatisantes qui paraissent aigué's , et des sciatiques.

On trouve dans l'ouvrage de M. Mérat le passage suivant , relativement à la maladie dont nous traçons l'histoire : « On voit des douleurs -dans les membres accompagner la

4g6 ARTIinALGIE SATURNINE.

colique de plomb ; elles cèdent aux médicaments , qui guérissent le fond de la maladie. Ces douleurs ont ordinairement leur siège dans les membres supérieurs , quelquefois dans les cuisses et les jambes. »

M. Palais compare à un rhumatisme les douleurs des membres , qu'il a observées en même temps que la colique. 1 Nous trouvons dans la clinique de M. Andral ce passage fort remarquable :

« Le plus commun des désordres nerveux de la vie de relation , produits par les molécules saturnines , consiste dans des douleurs que les malades ressentent dans les membres et surtout dans les bras; ces douleurs précèdent souvent la colique; quelquefois elles constituent le seul accident, et les fonctions du tube digestif ne se troublent point; d'où il faut conclure, contre l'opinion de quelques auteurs, qu'elles ne sont point purement sympathiques de i'affection intestinale. ( 5e édit. ) »

Le même observateur dit plus loin que ces douleurs sont souvent accompagnées de paralysie du mouvement.

MM. Renauldin , Canuet , Thomas et de Bouteville reconnaissent que le plomb peut porter son action délétère directement sur le centre nerveux cérébro-spinal , et donner naissance à des douleurs des membres , sans produire la colique. Mais ils n'ont pas distingué entre elies les maladies diverses qui peuvent être le résultat de l'influence du plomb sur le système nerveux de la vie de relation; ainsi, ils réunissent les douleurs des membres, le délire, l'épilepsie, le coma et la paralysio dans la même affection, qu'ils appellent encéphalite saturnine.

M. Grisolle a signalé avec soin les douleurs des membres, des lombes, du thorax et de la tête, qu'il a observées chez les individus atteints de colique saturnine.

Tels sont les documents que renferment les annales de la

CAUSES. 4lJ7

science sur une des maladies saturnines les plus fréquentes.

On le voit , les auteurs ne nous en ont pas donne une description détaillée. S'imaginant la plupart que les douleurs des membres ne sont qu'un effet sympathique ou un appendice de la colique saturnine, leur attention n'a pas été suffisamment fixée sur elles ; aussi n'ont-ils fait , pour ainsi dire , que les mentionner sans les décrire.

Après la colique , l'arthralgie est la maladie saturnine la plus fréquente. Nous avons eu occasion d'observer sept cent cinquante-cinq fois cette affection. Dans deux cent un cas, elle a traduit seule l'existence de l'empoisonnement saturnin; dans tous les autres cas nous l'avons vue associée soit à la colique , à la paralysie , ou à l'encéphalopathie saturnines.

La présence simultanée de la colique et de l'arthralgie dans le cas d'empoisonnement saturnin est si fréquente, qu'elle doit déjà faire présumer que ces deux affections ont , sous le rapport de leurs causes , la plus grande analogie. Il va sans dire que toutes les deux sont le résultat de l'absorption des molécules saturnines dans l'économie. Mais cette absorption a-t-elle lieu dans les mêmes circonstances? c'est ce que nous allons examiner.

Percival rapporte qu'un individu qui avait eu les membres inférieurs brûlés avec de l'eau bouillante, éprouva des douleurs atroces dans les membres inférieurs, pour avoir appliqué de l'eau de Goulard sur les parties privées de l'épidémie par la combustion.

Nous avons vu l'arthralgie saturnine se déclarer en même temps que la colique chez l'homme qui avait fait usage d'un collyre d acétate de plomb, et dont nous avons rapporté l'histoire. (Voy. p. 62.)

4o8 AItTIIRALGIE SATURNINE.

Le sujet de noire observation xxn de colique saturnine fut atteint d'arthral^ïepour avoir employé l'acétate de plomb en injection dans le vagin.

Dans plusieurs observations de colique occasionnée par l'ingestion des préparations de plomb dans les voies digestives sous forme de médicaments , de boissons ou d'aliments , dont nous avons fait l'analyse (p. G4 et suiv. ), l'arthralgie s'est déclarée en même temps , avant ou après la maladie du ventre.

Les individus qui contractent le plus souvent l'arthralgie saturnine sont les ouvriers occupés h travailler le plomb pour les besoins des arts.

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