‹ Traité des maladies des artères des veines (volume 2)Chapitre 22 sur 50 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

Un homme robuste , âgé de trente à. quarante ans, éprouvait depuis quelques mois une difficulté extrême de

respirer, une vive douleur et un sentiment de suffocation. à la partie supérieure du thorax, une toux constante d'irritation , et une expectoration copieuse d’un mucus clair et écumeux. Tous ces symptômes semblaient dénoter une phthisie pulmonaire commencçante, à l’exception de l’état de l’expectoration et de l'absence de la fièvre. Son pouls était régulier et sans intermissions. Pendant un violent accès de toux, il rejeta une grande quantité de sang et se sentit sur le point de suffoquer ; quelques minutes apres , il survint une seconde évacuaion de sang encore plus abondante , et le malade expira à l'instant. En soulevant le sternum, on s’aperçut qu’une partie de l'extrémité supérieure de rot OS, ainsi qu’une portion de la première côte et de la face inférieure de la clavicule droite , avaient été détruites , et que le reste de ces os concourait à la formation des parois de l’anévrisme. La tumeur avait le volume d’une orange ; elle remplissait le haut du thorax; et naissait de la partie supérieure de la courbure de l'aorte, Elle était entourée de couches épaisses concentriques. de coagulum, et de la partie postérieure de sa base provenaient les artères innominées, carolide gauche et sous-claviere, La maladie ne s’étail point manifestée au dehors , mais elle s ’étendait en arrière , en formant un large kyste su adherait d une manière tresintime à la trachee. Il n’y avait point de coagulum dans sa partie la plus distendue ; elle communiquait à la trachée par une ouverture qui paraissait en partie le résultat d’une escarre et d’une ulcération. Cette ouverture était assez large pour admettre une plume à écrire, et c’était par elle que le sang s’était répandu. Les poumons étaient sains; mais leurs cellules étaient très-finement injectées?

DES ARTERES ET DES VEINES. 109 et le péricarde (1). Quand il provient de l’aorte descendante , il se répand pour lordinaire dans les cavités de la plèvre , dans l’œsophage

par le sang, qui, de la tumeur , s’était épanché dans la trachée-artère.

(1) TSHRN ATION ‘XY.

Un soldat, âgé de trente ans , était tonrmenté NUS cinq mois par une difficulté extrême de respirer. fl avait une toux légère et une expectoration constante d’un mu= éus clair et écumeux. Son pouls était fréquent, mais non intermittent. On ne s’était aperçu d’aticun accroissement des symptômes, lorsqu'un jour, après avoir mangé de bon appétit, il poussa un profond soupir et expira à l'instant, A l’ouverture du cadavre, on trouva un large anévrisme occupant la totalité de la courbure et une grande partie de l’aorte ascendante, et commençant à un demi-pouce au-dessus des valvules semi-lunaires. Le sac s’étendait dans toutes les directions, mais plus par ticulièrement en bas’; et son origine ; au-dessus des val= vules, était en contact avec le péricarde , dans la cavité duquel il s’était ouvert par une fente assez large pour laisser passer les trois doigts. Dés branchesartérielles considérables, fournies par la courbure de l’aorte, naissaient de la partie supérieure du sac , qui contenait environ une pinte de sang concrété , et une grande quantité de coagulum lamelleux. La trachée adhérait fortement au sac; le péricarde était rempli de sang. |

J’ai disséqué un autre anévrisme occupant la totalité

‘Lio VOL MALADIES ou dans le médiastin postérieur: Les sÿmptômes qui accompagnent les anévrismes du ‘thorax, par suite de la pression de li tumeur sur les organes de la respiration , sont pris souvent pour ceux de la phthisie pulmonaire ou de quelque autre maladie des poumons:

Il est cependant une circonstance , indépendamment des autres, qui, dans quelques cas, peut nous aider à établir notre diagnostic.

Danslaphthisie, l’'expectoration est ou purulente ou épaisse et en grumeaux, tandis que dans les anévrismes qui ne sont point accompagnés de maladie des poumons, du moins autant que je l’ai pu observer , elle est toujours claire et écumeuse. | Plusieurs affections ayant leur siége dans le thorax, peuvent être regardées comme des anévrismes de l’aorte, à cause de la pulsation contre nature qui les accompagne. Les principales de ces maladies sont : 1° un déplacement du cœur par des collections de ma titre purulente ou de sérosité dans le côté gauchedu thorax, qui, chassant cet organe de sa position naturelle, le poussent contre le côté de fa conrbure de l'aorte , et qui s’était ouvert dans le péxicarde d’une manière si semblable au precedent que je crois inutile d’en rapporter ici les détails. °

DES ARTERES ET DES VEINES. 111 droit de la poitrine , vers le sternum ou les cartilages des côtes; 2° des tuméfactions des glandes bronchiques ou l’existence de tumeurs dans l'intérieur du thorax qui, étant adhérentes aux gros vaisseaux sanguins , offrent des pulsations à la base de leurs cols; 3° enfin un accroissement du tissu musculaire du cœur :

qui produit dans différentes parties de la poitrine des pulsations violentes et contre nature. Quand une pulsation de ce genre est la suite d’un déplacement du cœur, on la reconnaît par Pabsence du mouvement de cet organe dans sa place ordinaire. Lorsque des tumeurs ou des glandes engorgées existent à la ‘partie supérieure du thorax , leur surface est “en général plus irrégulière que celle d’un anévrisme. Enfin un accroissement du tissu musculaire du cœur est annoncé et par la violence particulière de ses pulsations , et par les effets qui en résultent sur les organes de la respiration , et qui sont tout différens de ceux que produit la pression d’un sac anévrismal. Une grande attention sur ces diverses: circonstances nous aidéra pour distinguer, des anévrismes de l'aorte, les trois maladies dont je viens de parler; et’ les autres symptômes qui les accompagnent seront suffisans dans ‘la plupart des cas pour établir le diagnostic.

Ni: .. MALADIES ‘

Lorsqu'un anévrisme naît de l’aorte vers le tronc de l'artère cœliaque , il contracte des adhérences avec les viscéres environnans, et quelquefois il s'ouvre dans l'estomac ou le duodénam. Il est’ accompagné d’un malaise fréquent, surtout lorsque l'estomac est rempli d’alimens, et sa pression occasionne lés mémes symptômes que ceux de Vobstraction du pylore.

Diverses maladies présentent des pulsations à l’épigastre qui peuvent les faire prendre pour desanévrismes de l'aorte ou de l’ar= tère coeliaque. Des tumeurs provenant du diaphragme, du pancréas, du pylore, du mésentère , et adhérentes à l'aorte et aux gros vaisseaux sanguins, produisent quelquefois

une pulsation à l’épigastre. Les symptômes propres à ces maladies sont, dans la plupart des cas , assez fortement marqués pour les faire distinguer des anévrismes, et la pulsation, dans les premières , est plus générale et plus étendue que dans cette dernière affection. La veine cave inférieure est parfois dilatée d’une manière contre nature : on a observé alors une pulsation ondulatoire à l’épigastre{1). Le coeur, dans d’autres circonstances , est poussé

(1) Foyez Burns y Observations on some of the most

DES ARTÈRES ET DES VEINES. 113 en bas par des collections de fluide ou par des — tumeurs duthorax ; et c’est à l’épigastre que se font sentir ses pulsations. L'absence du mouvementdu cœur dans sa position naturelle et la gêne de la respiration suffiront pour faire connaitre la cause de ce sÿmptôme., Dans les adhérences étendues. du péricarde, le cœur , en se contractant , élève le diaphragme, et le le foie est poussé. contre les muscles abdominaux , de manière à produire une pulsation ar épigastre. Le même effet a lieu quand Paction violente du cœur est causée par Vaccroissement de son tissu musculaire. Llexiste quelquefois à al épigastre uge pulsation. indépendante de toute maladie organique. Elle s’offre en général chez les sujets nerveux ‘et hypoepaliiagives > et eae est spake parla gué-

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frequent and important DISEASES of the HEART ; on | Aneurism, of the thoracic Aorta ;,on pretérnatural: pulsation onthe epigastric:region; and on unusual origin .and distribution of. some, of the large arteries of the human body » Observations sur quelques-unes des maladies les plus. fréquentes.et les plus, importantes di cœur, sur J'anévrisme de..l’aorte thoracique , sur’ les pulsations contre nature à la région épigastrique , sur l’origine et la distribution extraordinaires de quelques grosses artères du corps.humain , etc, nr ae , 1809,

page 265. | “osé Far I. 8

114. WMV MALADIES rison des maladies qu’elle accompagnait (1).

J'aipeñsé;dans plusieurs circonstances, qu elle était une süite de la distension de Féstoiiac par Pair, ét qu'alors cé viscére était poussé contre lés muscles abdominaux par la pulsation dés gros vaisseaux sanguins. L’éructation de Paitcoñténu dans lestomac diminuait, à ce'quê Fat ‘ut, Ja ‘pulsation (2). 77" #9 Ties anboricines des membres sont Moins sajets tte’ céux du thorax « ou de? abdornen à être pris pour d'attrés maladies. TL én est cependant gaiine sont pas’ accompagnés de pul- -sations, el‘qu’on peut régarder comme des tu-

: meurs: de divers’ cing pute autre pair, > |

r a Fans aile BRIVS) arts) 154 5 Bupa, Medical Transactions ; published by the college of physictans in London , etc. , vol. 1v, page 271. — Argens, Edinburgh Medical Tie Durer Journal, vol. wy se BAS SAO! TASTE aS TRY 4586 Asia

(2) tin tn: anévrisme Se”mianifeste dus tee à il ressemblevsouvent à un abées ;\et äl y ‘a des ‘Caso -on Va incisé comme’ ‘tele ‘Cate’ ouverture ne ‘devient pas toujours funeste ‘si Von ‘a'soin ‘de la fermi: ävéc des bandeléttes 'ag¢lutinatives: , et même on pett fr équemment prolonger la vie\dans’ Tes anévristties' qui ‘de S6nt ouverts extérielirernient en 2 sur picto ‘dés on-donne-ynnouveau : digs de fore” ‘en'lés recouvrant d’un i sd de Parise! nr GAP,

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